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Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)
EAN : 9782742772230
244 pages
Actes Sud (03/01/2008)
3.94/5   956 notes
Résumé :
Une aide-ménagère est embauchée chez un ancien mathématicien, un homme d'une soixantaine d'années dont la carrière a été brutalement interrompue par un accident de voiture, catastrophe qui a réduit l'autonomie de sa mémoire à quatre-vingts minutes. Chaque matin en arrivant chez lui, la jeune femme doit de nouveau se présenter - le professeur oublie son existence d'un jour à l'autre - mais c'est avec beaucoup de patience, de gentillesse et d'attention qu'elle gagne s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (196) Voir plus Ajouter une critique
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sur 956 notes
Quatre-vingts minutes pour appréhender le monde c'est peu. Pourtant c'est ce qu'il reste de mémoire immédiate, après un accident de la circulation, à un mathématicien âgé lors de la rencontre avec sa nouvelle aide-ménagère.

La jeune femme peu troublée par le mode de communication du vieil amnésique, des formules mathématiques le plus souvent, y trouve même un grand intérêt, et accède à sa demande de venir accompagnée de son fils âgé de dix ans. C'est ainsi qu'au fil du temps se noue une relation, tendre et enrichissante, entre un ancien professeur de mathématiques au seuil de la vieillesse, une aide-ménagère approchant de la trentaine et un écolier du primaire, et ça malgré le couperet des quatre-vingts minutes obligeant sans fin à tout recommencer.

Poétique et apaisante, une belle fable sur la beauté des mathématiques, la mémoire, la transmission, la curiosité du monde et des autres : la formule préférée du professeur — celle qu'il n'oublie jamais et qu'on ne doit jamais oublier.
Quatre-vingts minutes pour découvrir, et aimer... pour l'éternité.
 
Challenge MULTI-DÉFIS 2018
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Additionnez un ancien docteur d'université spécialisé dans la théorie des nombres de soixante-quatre ans, une aide-ménagère mère célibataire approchant de la trentaine, son fils écolier de dix ans.
Sans liant, vous obtiendriez un huis-clos grumeleux, à la consistance molle, sans grande saveur !

Retranchez la mémoire du professeur - bloquée en 1975 à la suite d'un accident de voiture et dont l'autonomie est de quatre-vingts minutes, pas une de plus.
Le mélange devient légèrement astringent.

Incorporez délicatement patience, endurance, attention à volonté et une pincée d'amour essentiel jusqu'à ce que l'huis-clos se raffermisse grâce à la confiance que mère et fils parviennent à instaurer progressivement.
( Je ne peux vous révéler comment l'amnésie est mise sous contrôle, il faut bien sûr observer l'alchimie en cours d'élaboration...)

Décorez ensuite avec des chiffres, des formules mathématiques décortiquées.
Servez avec un coulis de base-ball.

Vous obtenez alors une magnifique histoire à l'arôme subtil de tendresse, qui réussit ce tour de force, cerise sur le gâteau japonais, de faire apprécier la beauté cachée des mathématiques. Une réussite !
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Waouh !!! J'ai des étoiles plein les yeux et de la joie plein le coeur. Quelle magnifique découverte !
2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29, 31... ainsi démarre la farandole des nombres premiers
3,141592653589... transcendant, irrationnel, je fais de grands yeux ronds
2,718281828... ça y est : je m'envole vers l'étoile du berger
i si petit, m'emmène dans l'immensité de l'imaginaire
Mais dans la formule du professeur c'est
le 0 qui est le plus beau !

Concision mathématique n'est pas dureté
Mais harmonieuse beauté

La rencontre magique d'un vieux professeur, d'un petit garçon de 10 ans, d'une maman et d'un joueur de base ball portant le numéro 28, un nombre parfait.
Parfait comme ce petit livre qui dans mon firmament vient rejoindre pas moins que la planète du Petit Prince.

Tant de leçons de vie, ode à la curiosité, à la persévérance et à la générosité.
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Je vais tâcher ce soir de trouver la bonne formule pour vous dire tout le bien que je pense de ce roman et des mathématiques.
Soit un ensemble composé de trois éléments : a, b et c, figurant trois personnages jetés dans l'espace-temps d'une même histoire. Deux personnages a et b sont une aide-ménagère et son fils de dix ans passionné de base-ball, tous deux situés sur un même segment de droite, un segment de vie. Sur un autre segment éloigné, figure un troisième personnage que nous appellerons c, un mathématicien sexagénaire qui lui aussi possède sa propre histoire. Un accident de voiture a réduit l'autonomie de sa mémoire à quatre-vingts minutes. Et voilà que les deux segments se croisent un jour ! En mathématiques, on appelle cela une intersection. Dans les romans d'amour, on appelle cela un coup de foudre. Ici, ce n'est pas un roman d'amour, cependant ces deux lignes de vie qui se croisent subitement, vont former un triangle abc et construire ainsi une nouvelle histoire, bougeant les trajectoires initiales.
Vous me direz que je manque de romantisme en décrivant les choses ainsi. Mais la vie romantique a souvent emprunté des métaphores aux mathématiques. Ne parle-t-on pas de de triangle amoureux ? N'avez-vous jamais eu envie de prendre la tangente ? Et que dire de cette belle inconnue perdue dans une équation presque insoluble ? Et dans ce « presque », il y a sans doute des problèmes, des ellipses, des variables, des probabilités, des relations, des combinaisons, des constantes, des conjectures, des propositions, l'absurde comme démonstration, les limites, l'infini...
Le vieux mathématicien est ce que l'on appelle une personne dépendante, du fait que sa mémoire ainsi restreinte dans un espace de quatre-vingts minutes, limite considérablement son autonomie et nécessite les services d'une aide-ménagère. Jusque là tout va bien, sauf qu'à chaque matin, la jeune aide-ménagère doit de nouveau se présenter. C'est comme une histoire qui recommence à chaque fois, à chaque lendemain, c'est comme une récurrence... L'homme, visiblement surdoué, est enfermé dans ses raisonnements, ses travaux qui se poursuivent pour tenter de résoudre certaines énigmes, sa passion des nombres premiers... Oui, les nombres premiers peuvent susciter des regards vertigineux selon la manière dont on les approche.
L'aide-ménagère outrepasse un jour la mission qui lui est confiée en faisant venir son fils dans la maison du vieux mathématicien, par nécessité. Ce jour-là elle n'a pas trop le choix, l'enfant est malade et le vieux mathématicien, malgré son enfermement presque obsessionnel à résoudre des problèmes presque insolubles, insiste pour que cette venue se fasse, tout simplement parce qu'il a le coeur sur la main. En tous cas, il aide à résoudre à cette aide-ménagère un problème pratique qui lui paraissait presque insoluble ce jour-là...
Commence alors entre eux une étrange et belle relation où brusquement deux et deux ne font plus quatre... C'est le hasard, le choc des contraires... La magie des chiffres inversés...
Ce roman de Yôko Ogawa, - La formule préférée du professeur, m'a entraîné dans une magnifique histoire de tendresse, de transmission et de filiation.
J'ai été touché par la solitude de ce vieux mathématicien qui ne peut plus compter sur lui-même, son corps usé, son coeur seul, son coeur solitaire. Son univers bousculé, fracassé, est traversé brusquement par la tendresse d'un enfant passionné de base-ball.
Yôko Ogawa nous invite ici dans la beauté des mathématiques, mais oui je vous assure qu'elle existe cette beauté, même si a priori on peut s'en étonner.
Le charme caché des nombres. L'oasis des nombres premiers apparaît au détour d'un chemin.
Leur élégance.
Leur beauté absolue.
Les mathématiques sont comme une musique.
Ici Yôko Ogawa nous invite dans la fantaisie voluptueuse des chiffres et des règles. Et même si vous n'aimez pas les mathématiques, et même si vous en êtes allergiques, je vous assure que ce récit vous touchera.
Moi-même, j'ai été touché par ce professeur qui s'émeut, pleure en découvrant un chemin nouveau, improbable, dans la somme des nombres nomades qui s'invitent et se promènent dans cette histoire.
Un enfant forcément s'invite aussi dans ce dédale des nombres prévisibles et imprévisibles.
Alors, cette formule préférée, que serait-elle ?
Malgré la mémoire du professeur qui défaille, n'est-elle pas un itinéraire pour l'aider à franchir ce mur de quatre-vingts minutes, venir à un enfant, l'écouter, savoir écouter, savoir protéger, savoir transmettre... ?
N'est-elle pas un itinéraire pour venir nous toucher au coeur ?
J'ai été touché par cette histoire qui traverse avec beauté et sensibilité trois générations, se révèle comme un hymne merveilleux à la tolérance, l'écoute, le partage, la transmission.
Je ne sais pas si vous aimerez les mathématiques après avoir lu mon billet, cependant je compte sur vous...
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Notre personnage central, une jeune femme mère célibataire, est engagée comme aide familiale chez un ancien mathématicien aux facultés de mémoire diminuées à la suite d'un accident de voiture une vingtaine d'années auparavant.
Après quatre-vingts minutes, il perd la mémoire et on doit retisser un lien avec lui.
Lien qui se rétablit chaque fois à l'aide d'un repère mathématique, la pointure de la personne, sa date de naissance...
De nombreuses aides ménagères ont abandonné mais celle-ci reste car elle ne déteste pas réfléchir à propos des nombres, elle ressent bien la personnalité du mathématicien.
Quand il apprend qu'elle a un enfant d'une dizaine d'années, il exige qu'elle le prenne avec elle après l'école, l'aide à faire ses devoirs.
C'est une belle histoire d'amitié, de respect, de soutien mutuel qui se passe au Japon où Yôko Ogawa est installée.
Les notes mathématiques ne sont pas lassantes et quand elles sont un peu trop longues, je les ai sautées pour aller à l'essentiel mais ce n'est pas arrivé souvent.
L'écriture est magnifique, le style très clair et dans ce cas, j'admire bien sûr l'auteure mais aussi la traductrice Rose-Marie Makino-Fayolle qui sait si bien transmettre le texte original.
C'est une très belle découverte grâce à mes amies babeliotes.
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Citations et extraits (205) Voir plus Ajouter une citation
- Les nombres existaient déjà avant l'apparition de l'homme, que dis-je, avant celle du monde. [...]
- Aah, vraiment ? Je pensais que c'étaient les hommes qui avaient découvert les chiffres.
- Non, c'est faux. Si c'étaient eux personne ne ferait autant d'efforts et on n'aurait pas besoin des mathématiciens. Personne n'a été témoin de leur processus d'apparition. Quand on les a remarqués, ils étaient déjà là.
- C'est pour ça que les gens intelligents se creusent la tête afin d'élucider leur mécanisme ?
- Nous les humains, nous sommes bien trop stupides pour avoir créé les nombres.
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-On peut exprimer les nombres parfaits comme la somme d'une suite de nombres naturels.
6=1+2+3
28=1+2+3+4+5+6+7
496=1+2+3+4+5+6+7+8+9+10+11+12+13+14+15+16+17+18+19+20+21+22+23+24+25+26+27+28+29+30+31
Il tendait son bras au maximum pour écrire la longue addition. La ligne s'étirait, simple et conforme aux règles. Il n'y avait aucun gaspillage, elle débordait d'un tension aiguisée et pure qui engourdissait. Les formules obscures de la conjecture d'Artin et l'addition qui suivait les diviseurs de 28, le tout fondu ensemble nous encerclait. Chaque chiffre formait un des points qui, reliés l'un à l'autre, constituaient la délicate dentelle qui nous entourait. Je n'osais pas bouger, de peur qu'un mouvement d'inattention de mes pieds n'effaçât un seul de ces chiffres.
On aurait dit alors, que le secret de l'univers se révélait à nos yeux. Le carnet de Dieu était ouvert à nos pieds.
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Une autre merveille de l’enseignement du professeur était l’utilisation généreuse qu’il faisait de l’expression ne pas savoir.

Ne pas savoir n’était pas honteux car cela permettait d’aller dans une autre direction à la recherche de la vérité.
Et pour lui, enseigner la réalité qu’il y avait là des possibilités intactes était presque aussi important que d’enseigner des théorèmes déjà démontrés.

- Comme les nombres sont infinis, ils doivent donner naissance à autant de jumeaux qu’on veut.
- C’est vrai. Tes suppositions sont justes. Mais (...) il arrive que l’on se perde dans une zone désertique où n’apparaît aucun nombre premier, tu sais.
- Désertique ?
- Oui. On a beau avancer, on n’aperçoit pas l’ombre d’un nombre premier. C’est une mer de sable à perte de vue. Le soleil tape impitoyablement, on a la gorge sèche, les yeux se voilent et on ne distingue rien. On croit apercevoir un nombre premier, on se précipite, mais ce n’était qu’un mirage. On peut toujours tendre la main, on n’attrapera que du vent chaud. Pourtant, on continue à avancer, pas à pas, sans renoncer. Sans renoncer, jusqu’à ce qu’on aperçoive par delà l’horizon, remplie d’eau pure, l’oasis des nombres premiers.

Le soleil couchant s’étirait jusqu’à nos pieds.

Root suivait de la pointe de son crayon les cercles entourant les nombres premiers jumeaux.
La vapeur s’échappant de la cocotte à riz arriva de la cuisine.
Le professeur avait tourné les yeux vers la fenêtre comme s’il voulait scruter le désert, mais il n’y avait là qu’un minuscule jardin abandonné, oublié de tous.
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Si l’on additionnait 1 à e élevé à la puissance du produit de pi et i, cela faisait 0.

J’ai regardé à nouveau la note du professeur. Un nombre qui jusqu’au bout reste périodique et un chiffre vague qui ne montrait jamais sa nature véritable arrivaient à un point après une trajectoire concise.

Alors qu’aucun cercle n’apparaissait, pi descendait en voltigeant d’un point insoupçonné de l’espace pour rejoindre e et serrer la main du timide i.

Ils restaient blottis sagement l’un contre l’autre, et il suffisait qu’un être humain ajoute seulement 1 pour que le monde change sans aucun signe avant-coureur.

Tout se retrouvait dans le 0.

La formule d’Euler brillait comme une étoile filante dans les ténèbres. C’était une ligne d’un poème gravé à l’intérieur d’une grotte obscure.

Frappée par la beauté tout entière contenue là, j’ai rangé le papier dans la pochette de ma carte de transport. En descendant l’escalier de la bibliothèque, je me suis retournée, mais il n’y avait toujours aucun lecteur dans le coin des mathématiques, tout était calme et silencieux, personne ne soupçonnait que des choses aussi belles y étaient dissimulées.
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- Comme les nombres sont infinis, ils doivent donner naissance à autant de nombres premiers qu'on veut...

- C'est vrai... Mais avec les grands nombres... Il arrive qu'on se perde dans une zone désertique... On a beau avancer, on n'aperçoit pas l'ombre d'un nombre premier. C'est une mer de sable à perte de vue...

On croit apercevoir un nombre premier, on se précipite mais ce n'était qu'un mirage...

Jusqu'à ce qu'on aperçoive, au delà de l'horizon, remplie d'eau pure, l'oasis des nombres premiers.
Pages 89-90

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