AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)
ISBN : 2742772235
Éditeur : Actes Sud (03/01/2008)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 476 notes)
Résumé :

Une aide-ménagère est embauchée chez un ancien mathématicien, un homme d'une soixantaine d'années dont la carrière a été brutalement interrompue par un accident de voiture, catastrophe qui a réduit l'autonomie de sa mémoire à quatre-vingts minutes. Chaque matin en arrivant chez lui, la jeune femme doit de nouveau se présenter - le professeur oublie son existence d'un jour à l'autre - mais c'est avec beaucoup de patience, de gentillesse et d'attention qu'elle... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (121) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
28 juin 2014
Additionnez un ancien docteur d'université spécialisé dans la théorie des nombres de soixante-quatre ans, une aide-ménagère mère célibataire approchant de la trentaine, son fils écolier de dix ans.
Sans liant, vous obtiendriez un huis-clos grumeleux, à la consistance molle, sans grande saveur !
Retranchez la mémoire du professeur - bloquée en 1975 à la suite d'un accident de voiture et dont l'autonomie est de quatre-vingts minutes, pas une de plus.
Le mélange devient légèrement astringent.
Incorporez délicatement patience, endurance, attention à volonté et une pincée d'amour essentiel jusqu'à ce que l'huis-clos se raffermisse grâce à la confiance que mère et fils parviennent à instaurer progressivement.
( Je ne peux vous révéler comment l'amnésie est mise sous contrôle, il faut bien sûr observer l'alchimie en cours d'élaboration...)
Décorez ensuite avec des chiffres, des formules mathématiques décortiquées.
Servez avec un coulis de base-ball.
Vous obtenez alors une magnifique histoire à l'arôme subtil de tendresse, qui réussit ce tour de force, cerise sur le gâteau japonais, de faire apprécier la beauté cachée des mathématiques. Une réussite !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          667
Kassuatheth
30 juillet 2015
Une dame très sage me disait récemment que le plus beau cadeau que l'on puisse recevoir était celui qui vient du coeur et que l'on attendait pas.
C'est ce cadeau qu'à été pour moi ce roman de Yoko Ogawa. Je l'ai vu un jour dans ma boîte à lettre. Il venait d'une petite fille adorable de 10 ans. Elle me l'avait donné parce qu'elle était certaine qu'il me plairait puisqu'il parlait d'un professeur de mathématiques. Elle avait raison. Ce roman à tout pour plaire.
Je pensais déjà qu'il y avait de la musique dans les mathématiques. Je n'aurais jamais cru qu'il pouvait y avoir aussi de la poésie. Sans vouloir offenser Saint-Exepery, je serais tenté de voir dans ce professeur, le "Petit prince des nombres". Comme dans cette merveilleuse description du désert des nombres premiers au delà du million.
Poésie dans cette relation entre cette aide ménagère et le professeur incapable de se souvenir d'un événement 80 minutes après qu'il se soit produit. Cette aide ménagère s'attache à ce vieil homme même s'il ne se souvient pas d'elle.
Poésie surtout dans l'amour incommensurable de ce professeur pour tous les enfants mais surtout Root.
En tant qu'enseignant à la retraite, je suis presque jaloux de ses capacités pédagogiques et j'aurais aimé traiter tous mes élèves avec autant d'admiration et de respect. J'ai trouvé dans ce livre la plus belle citation de toutes celles que j'ai mise sur Babelio. Lorsqu'un enseignant ou un mentor permet à un être humain de voir cette étincelle qui surgit lorsqu'on a surmonté les difficultés et trouvé la solution.
On raconte souvent que pour être heureux il faut vivre le moment présent. Imaginez que vous ne pouvez rien retenir au delà de 80 minutes, que vous devez vivre votre vie et vous épanouir à l'intérieur de ces 80 minutes. Trois êtres humains se sont attaché les uns aux autres et se sont aimés à l'intérieur de ces 80 minutes.
Je viens de le mettre parmi les 6 livres que j'apporte rais sur une île.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          5410
gouelan
10 juillet 2015
Le jour où une aide-ménagère entre dans la vie d'un professeur à la mémoire défaillante, leurs vies basculent. Elle va savoir prendre soin de ce vieil homme fragile, sensible. Elle va comprendre les codes qui régissent sa vie, sans le brusquer. Le professeur s'est égaré dans le monde des chiffres, ils sont ses seuls amis, son seul langage, la seule magie qui illumine encore sa vie. Mais, le jour où il rencontre Root, le fils de l'aide-ménagère, âgé de dix ans, un nouveau chemin s'ouvre devant lui, même si la maladie ne le lâche pas d'une semelle.
Il va partager sa passion des chiffres, sa vision du monde des mathématiques, qui pour lui détient le secret de l'univers. Les chiffres sont beaux, ils sont magiques et permettent d'exprimer et d'élucider la vérité éternelle, de lire le carnet de Dieu. Ils étaient présents dans nos vies bien avant que nous les remarquions.
Root et sa maman vont apprendre grâce au professeur. Ils vont faire confiance à leur intuition, ne plus avoir honte de leurs erreurs, de leur ignorance. C'est un véritable échange qui s'installe. Le professeur sort un peu de son isolement , de sa grande détresse. Root est aussi important à ses yeux que les nombres, et c'est peu dire, car il éprouve pour eux tendresse , respect et admiration.
Il a une manière bien à lui d‘enseigner, avec humilité et respect :
« Il ne se contentait pas d'une réponse simplement correcte, car il était capable de mettre en valeur la personne qui le questionnait. Devant la réponse vers laquelle il avait été guidé, Root était grisé non seulement par l'excellence de cette réponse, mais surtout par la pensée de la pertinence de sa propre question. »
Cet homme fragile, dont l'autonomie de sa mémoire n'est plus que de quatre-vingts minutes, dont l'énergie est accaparée par le monde des chiffres , va savoir transmettre sa passion à ce petit garçon réceptif à sa souffrance. C'est le cadeau de toute une vie, un héritage.
J'ai retrouvé dans ce roman la même émotion qu'à la lecture de « la petite fille de monsieur Linh ».
Chacun est attentif à la peine de l'autre et cherche à le consoler, à apporter ce qui lui manque dans la vie.
On perçoit aussi la beauté qui se dissimule dans les formules mathématiques, la poésie et la magie qui peuvent s'en dégager, et l'importance qu'elles ont dans nos vies. Avec des professeurs aussi sensibles que ce vieux professeur, à l'âme de poète, les cancres adoreraient les formules mathématiques. et les progrès seraient immenses !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          486
LiliGalipette
23 août 2014
La narratrice est la nouvelle aide ménagère d'un vieux professeur de mathématiques qui n'aime pas les carottes et dont la mémoire ne dure pas plus de quatre-vingts minutes. Ainsi, tous les jours, elle doit refaire connaissance avec son employeur. Pour le vieil homme, toute chose est bonne à être mise en chiffres. « Les nombres étaient la main droite qu'il tendait vers l'autre pour une poignée demain, en même temps qu'ils lui servaient de manteau pour se protéger. » (p. 17) Au fil des semaines, la narratrice et son jeune fils se rapprochent du professeur et tissent de profonds liens d'amitié. le vieil homme partage avec passion son amour pour les mathématiques et l'enfant aime apprendre auprès de cet adulte qui ne ressemble à aucun autre. « Une autre merveille de l'enseignement du professeur était l'utilisation généreuse qu'il faisait de l'expression ne pas savoir. Ne pas savoir n'était pas honteux, car cela permettait d'aller dans une autre direction à la recherche de la vérité. » (p. 91) Si le vieux bonhomme perd la tête, il ne perd jamais le compte et les formules mathématiques lui sont un précieux fil d'Ariane dans un monde qu'il ne comprend pas toujours.
Ce court roman déborde de tendresse et d'émotion. le style de Yoko Ogawa est très poétique et gracieux et, sous sa plume, les chiffres ont leur propre lyrisme : on se prend à lire les formules mathématiques avec le même souffle qu'il faut pour déclamer un bel alexandrin. Si au détour d'une page, vous prenez un papier et un crayon pour reproduire la démonstration du vieux professeur, pas de doute, vous êtes conquis. Et si vous recommencez le même exercice, c'est que vous avez compris la beauté des mathématiques. « Ce n'est pas parce qu'on donne la bonne réponse qu'un exercice est terminé. » (p. 71) Il n'est nul besoin d'avoir faire Math Sup pour se frotter avec ces formules : il faut juste aimer les jeux d'esprit et vouloir découvrir les secrets de chiffres. « On attrape les mathématiques avec l'intuition. » (p. 31) La formule préférée du professeur nous parle de mémoire, de transmission, d'héritage, de baseball et de la famille que l'on se crée pour lutter contre la solitude.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          434
Krout
30 décembre 2015
Waouh !!! J'ai des étoiles plein les yeux et de la joie plein le coeur. Quelle magnifique découverte !
2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29, 31... ainsi démarre la farandole des nombres premiers
3,141592653589... transcendant, irrationnel, je fais de grands yeux ronds
2,718281828... ça y est : je m'envole vers l'étoile du berger
i si petit, m'emmène dans l'immensité de l'imaginaire
Mais dans la formule du professeur c'est
le 0 qui est le plus beau !
Concision mathématique n'est pas dureté
Mais harmonieuse beauté
La rencontre magique d'un vieux professeur, d'un petit garçon de 10 ans, d'une maman et d'un joueur de base ball portant le numéro 28, un nombre parfait.
Parfait comme ce petit livre qui dans mon firmament vient rejoindre pas moins que la planète du Petit Prince.
Tant de leçons de vie, ode à la curiosité, à la persévérance et à la générosité.
Commenter  J’apprécie          484
Citations & extraits (130) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka25 juin 2014
- Les nombres existaient déjà avant l'apparition de l'homme, que dis-je, avant celle du monde. [...]
- Aah, vraiment ? Je pensais que c'étaient les hommes qui avaient découvert les chiffres.
- Non, c'est faux. Si c'étaient eux personne ne ferait autant d'efforts et on n'aurait pas besoin des mathématiciens. Personne n'a été témoin de leur processus d'apparition. Quand on les a remarqués, ils étaient déjà là.
- C'est pour ça que les gens intelligents se creusent la tête afin d'élucider leur mécanisme ?
- Nous les humains, nous sommes bien trop stupides pour avoir créé les nombres.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          481
clarinetteclarinette08 août 2009
-On peut exprimer les nombres parfaits comme la somme d'une suite de nombres naturels.
6=1+2+3
28=1+2+3+4+5+6+7
496=1+2+3+4+5+6+7+8+9+10+11+12+13+14+15+16+17+18+19+20+21+22+23+24+25+26+27+28+29+30+31
Il tendait son bras au maximum pour écrire la longue addition. La ligne s'étirait, simple et conforme aux règles. Il n'y avait aucun gaspillage, elle débordait d'un tension aiguisée et pure qui engourdissait. Les formules obscures de la conjecture d'Artin et l'addition qui suivait les diviseurs de 28, le tout fondu ensemble nous encerclait. Chaque chiffre formait un des points qui, reliés l'un à l'autre, constituaient la délicate dentelle qui nous entourait. Je n'osais pas bouger, de peur qu'un mouvement d'inattention de mes pieds n'effaçât un seul de ces chiffres.
On aurait dit alors, que le secret de l'univers se révélait à nos yeux. Le carnet de Dieu était ouvert à nos pieds.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
KassuathethKassuatheth30 juillet 2015
- Comme les nombres sont infinis, ils doivent donner naissance à autant de nombres premiers qu'on veut...

- C'est vrai... Mais avec les grands nombres... Il arrive qu'on se perde dans une zone désertique... On a beau avancer, on n'aperçoit pas l'ombre d'un nombre premier. C'est une mer de sable à perte de vue...

On croit apercevoir un nombre premier, on se précipite mais ce n'était qu'un mirage...

Jusqu'à ce qu'on aperçoive, au delà de l'horizon, remplie d'eau pure, l'oasis des nombres premiers.
Pages 89-90

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          270
gouelangouelan09 juillet 2015
- ... Ce problème est constitué de trois phrases...Tu as bien trouvé le rythme...Ce problème ennuyeux a résonné presque comme un poème à mes oreilles [...]
Le professeur ne ménageait pas ses efforts pour complimenter Root Il ne s'impatientait pas si, pendant qu'il le félicitait, le temps passait et le problème n'avançait pas du tout. Même lorsque Root s'enfonçait dans une impasse stupide, il y trouvait une petite qualité, comme on trouve une pépite dans la boue du lit d'une rivière.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          260
KassuathethKassuatheth29 juillet 2015
Quelle était la pureté de cette résolution à laquelle j'étais enfin parvenue après le chaos où je m'étais égaré? C'est comme si j'avais extrait un éclat de diamant au fond d'une caverne sur une lande déserte. Et personne ne pouvait nier l'existence de ce cristal, ni l'abîmer. Je m'adressais des louanges, riant discrètement, en proportion inverse des félicitations que le professeur ne m'avait pas adressées.
Page 83
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          260
Videos de Yôko Ogawa (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yôko Ogawa
Second épisode de l'instant lecture consacré au roman Cristallisation secrète de Yôko Ogawa.
autres livres classés : mathématiquesVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Yôko Ogawa

Dans quelle maison d'édition française sont édités les livres de Yôko Ogawa?

Les Editions de Minuit
Actes Sud
Le Seuil
Stock

10 questions
79 lecteurs ont répondu
Thème : Yôko OgawaCréer un quiz sur ce livre
. .