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Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)
ISBN : 2742781781
Éditeur : Actes Sud (02/03/2009)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 127 notes)
Résumé :
Un enfant révèle l'existence d'un instrument de musique unique au monde.
Dans un bureau de dactylographie, une employée s'attache à la portée symbolique des caractères de plomb de sa machine.
Avec discrétion, un jeune garçon se mêle au groupe qui ce jour-là visite sa région. Dans l'autocar, un vieux monsieur très élégant s'intéresse à l'enfant. Cet homme est un ancien poète...
Une petite fille devenue muette retrouve sa voix devant la féerie d'u... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
carre
  09 mars 2014
Sept nouvelles pour découvrir un auteur, ça peut paraitre léger, mais comme je n'y connais rien en littérature japonaise, cela me semblait une bonne introduction.
Et bien m'en a prit car j'ai découvert un univers sensible, attachant et parfois involontairement drôle (le voyage à Vienne et sa chute surprenante).
Des histoires simples à travers un regard bienveillant, sur ces personnages.
Il y a une forme de tranquillité, d'apaisement, de lenteur que l'auteur assume parfaitement alors que notre monde veut tout et tout de suite. Ogawa nous parle de transmission, d'héritage avec un raffinement délicat.
La mer que chantait le grand Charles (pour les anciens) est calme et ça fait un bien fou. Voilà un beau voyage littéraire offert par Yoko Ogawa avec ce recueil de nouvelles.
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Moovanse
  05 juin 2015
« Me sont venus à l'esprit le toucher granuleux des terres sablonneuses, l'ondoiement de la marée ou l'obscurité des grands fonds que la lumière n'arrive pas à percer. Sa voix qui résonnait là, mouillée, venait coller à mes tympans. »
« La Mer » !
Un titre, tout court, tout seul, tout nu. La bretonne se déplie instinctivement et le désir s'emballe, puisque pour Elle, la mer, c'est son air, son souffle, son vivant. Elle prend ! … et forcement Elle se dit qu'elle va, une fois de plus, tanguer dans ce bleu tempétueux qui la grise, se cogner aux embruns chagrinés de sel, se mouiller les yeux d'un reste de soleil couchant amourachant la grève …
Et, Non ! « La Mer » de Yôko Ogawa, ne parle pas de mer, ou si peu :
Cette phrase, mise en en-tête, et ce soupir océanique : une brise échouée dans sa première nouvelle, un souffle de vent inspiré qui magnifie l' « instrument », lui offrant par là même sa musicalité, son âme et son unicité.
Ce seront quasiment les seules douceurs marines du livre … tant pis pour la bretonne, les cormorans et les sirènes, tant mieux pour ces fulgurances poétiques !
Alors d'autres horizons s'entrouvrent.
Moins larges, moins vifs, moins acérés.
Les espaces se resserrent, la discrétion s'installe, le pastel prédomine. Feutré. Fragile.
Un vol de papillon, une nymphe de libellule, un piaillement de poussin …
7 nouvelles.
L'écriture y est minutieuse, narrative, lente, presque détachée …
« La Mer », sous la plume nipponne, se tranquillise et devient Lac, silencieux, quasi-immobile. Surface lissée sans lyrisme qu'Ogawa éclaire savamment de petites « tâches de soleil tamisé », lumières inattendues, tendres et voluptueuses. Troublant.
7 nouvelles de consistance, de longueur et de qualité inégales à mon goût.
J'y retiendrai surtout
- l'incroyable originalité et le charnel de « Butterfly » (rendre « érotiques » et sensuels des caractères de machines à écrire … Qui y aurait pensé ? L'auteure l'a fait et de quelle manière ! D'un tremblement d'ailes de papillon, d'un frissonnement, d'un tâtonnement hésitant jusqu'au nectar … fondant !),
- le charme du « camion de poussin », nouvelle plus qu'émouvante, rencontre sublime de deux voix perdues dans leurs silences. Une délicatesse à laquelle j'ai facilement succombé, aussi légère qu'une libellule.
« La Mer », c'est pour moi au final des impressions contradictoires comme il est dit dans « Tendres plaintes » : « le tranchant et la douceur, la magnificence et la grâce, la pureté et l'ombre »,
l'ordinaire qui de temps en temps crée l'enchantement de l'extraordinaire.
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gouelan
  08 janvier 2018
Sept nouvelles poétiques.
"Boîtes de pastilles", avec la rencontre d'un vieil homme solitaire et d'une jeune fille muette. Ils collectent les mues d'insectes et s'émerveillent devant un camion qui transporte des poussins. C'est une histoire belle et légère comme les ailes de libellules et les plumes multicolores. Leur complicité à ces deux-là est émouvante, elle se passe de mots.
"Le guide", est à nouveau une belle rencontre entre un jeune garçon et un vieil homme. Les deux personnages savent observer, regarder en silence, s'émouvoir. Mettre un titre sur les souvenirs est le métier du vieil homme. Son magasin est une « titrerie » tout simplement. C'est un poète qui n'écrit plus mais qui, par la voix, transmet le titre des souvenirs à ses clients. Ainsi ils ne tombent pas dans l'oubli. Un peu comme le titre d'un roman nous permet de revenir plus facilement au souvenir de notre lecture, même lorsqu'elle est lointaine.
Les autres nouvelles sont autant de touches de poésie, de couleurs et de sons. Un rythme lent, des histoires légères, qui s'arrêtent en détail sur des instants simples, leur donnant de la lumière et parfois faisant sourire.
Des histoires de souvenirs, de transmission, d'amitié et de tendresse. À lire tout doucement.
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Chrisdu26
  22 avril 2014
« C'est dans les mots ordinaires que se trouve la vérité ».
Il est 7 heure du matin, le soleil se lève et je suis nue face à cette étendue d'eau salée, l'iode, la brise matinale, le silence, les pieds dans le sable, le vol apaisant des goélands, l'horizon à perte de vue, la force tranquille : « La Mer ».
Avez-vous déjà ressenti cette plénitude en regardant cette immensité ? Ce mouvement perpétuel, cette musique berçante et répétitive du ressac des vagues, ce néant bienfaiteur qui vous emplit d'espoir. Il n'y a que la mer et vous, elle vous submerge, vous envahit et vous flottez dans une sérénité sans pareil. Voilà ce que j'ai ressenti au plus profond de moi en plongeant mon regard dans « La Mer » d'Ogawa.
« En tous cas on peut être heureux qu'il existe dans un endroit lointain pour se souvenir de vous ne serait-ce qu'un instant, vous ne croyez pas ? »
Yoko Ogawa écrit avec puissance et réserve à la fois. Elle a ce don particulier de transformer un moment ordinaire en un instant extraordinaire. Ses mots restent en suspend et viennent perturber votre imaginaire. Des images, des souvenirs et des tranches de vie nous frôlent avec délicatesse et nous transmettent une certaine quiétude et humilité bien représentative de la culture au Japon. Sept nouvelles poétiques, sept vagues, aussi douces que merveilleuses, viennent s'échouer en beauté à nos pieds :
Toutes débordent de tendresse et de poésie mais deux m'ont particulièrement touché et procuré un plaisir immense : une dactylographe japonaise prête à jouir en observant les doigts du gardien caresser les caractères de sa machine à écrire et une saynète très courte, un chauffeur d'autobus et sa boite de pastilles au parfum de votre choix, bonbon placebo contre tous les maux.
Après un plongeon dans les eaux calmes et troublantes de cette auteure, Le_Bison réfléchit encore à comment caresser le mot « Vagin » tandis que Jacky caresse le mot « Espoir ».
« La mer » de Yoko Ogawa : Effet papillon garanti !

Lien : http://marque-pages-buvard-p..
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le_Bison
  14 avril 2014
La mer, des poussins et des papillons. Trois papillons qui virevoltent autour de moi. Peut-être même plus, dans le bureau de dactylographie Butterfly. Un vieux poète, une jeune fille muette. Sept petites nouvelles – deux d'entre elles font même moins de 4 pages – pour retrouver l'univers poétique de Yoko Ogawa. Des histoires tendres, pleines d'humanisme, des rencontres et des souvenirs.
Yoko Ogawa m'a souvent habitué à ces recueils de nouvelles, même si je me sens plus transporté par ses romans courts. Et parce que toutes les nouvelles ne peuvent pas être d'un même attrait, j'ai apprécié de fait ce recueil comme un ensemble de scénettes, vague à l'âme et partage avec les autres. Pourquoi ? Pour la simplicité des rapports humains, pour la musicalité des vagues et de la mer, pour le bruissement des ailes de papillon et des machines à écrire, pour la sensualité qui se dégage de certains idéogrammes japonais (as-tu déjà pensé à caresser le mot « vagin » ?), pour l'harmonie qui existe entre les générations (un thème récurrent chez cette auteure), pour Yoko tout simplement et sa plume délicate.
Pas la peine de te raconter toutes ces nouvelles, mais elles te feront peut-être rêver, elles pourront t'émouvoir, elles te transporteront sous les cieux d'une autre constellation. Regarde par la fenêtre : tu vois la mer ? Moi je vois ces papillons sortir de la machine à écrire…
« C'est dans les mots ordinaires que se trouve la vérité »
« La Mer », le vol des papillons, le bruissement des vagues.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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critiques presse (1)
Telerama   29 janvier 2014
Le souvenir, la transmission, l'absence de communication sont quelques-uns des thèmes de La Mer, recueil de nouvelles de la Japonaise Yôko Ogawa.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   13 mars 2014
Autrefois, un bucheron, jeté en prison pour le crime d’un rival en amour dont il était innocent, versait des larmes toutes les nuits au souvenir de son amante, et bientôt, ses larmes recevant le clair de lune sont devenues des cailloux couleur de lait qui ont rempli le lit de la rivière. Après l’exécution du bucheron, il parait que son amante, en apprenant la vérité, s’est jetée dans la rivière les mains pleines de ces petits cailloux. Aujourd’hui encore, sur le lit de la rivière là-bas, on trouve pas mal de ces petits galets blancs.
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fanfanouche24fanfanouche24   21 avril 2017
Maman n'a jamais essayé de voyager. elle n'a jamais visité de pays inconnus, ne s'est jamais extasiée devant des paysages peu communs, n'a pas non plus dormi dans des hôtels de luxe. Et pourtant, jour après jour, elle a affaire à des voyageurs au coeur joyeux. Elle marche en leur montrant des choses, leur dit au revoir lorsqu'ils partent pour une autre ville, accueille de nouveaux clients et recommence. Et nous qui restons, finalement, nous ne sommes jamais allés nulle part. (p. 115)
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fanfanouche24fanfanouche24   11 juin 2017
-Alors, qu'est-ce que vous vendez dans votre magasin ?
- Comme son nom l'indique, j'y vends des titres (...)
- Il y a toutes sortes de choses, et mon travail, c'est de mettre un titre sur les souvenirs que m'apportent les clients.
- Seulement mettre un titre ? C'est tout ?
-Tu trouves que ce n'est pas suffisant ? Mais tu sais, le travail n'est pas aussi facile que tu l'imagines. Il faut d'abord tendre l'oreille au récit raconté par les gens, et même si ça n'est pas forcément intéressant, il faut tout accepter. ca nécessite de la patience et de la largeur d'esprit. Après, il faut encore faire une analyse minutieuse qui conduit à un titre reliant intimement le demandeur à son souvenir. (p. 132)
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Chrisdu26Chrisdu26   06 avril 2014
Il fait courir ses doigts sur le -bi- blessé, sur le -kô- déséquilibré. Caresse les courbes, pince les protubérances, applique sa chair sur les interstices. Il souffle dessus, les réchauffe de ses lèvres, les lèches. Comme il s'attarde minutieusement sur les endroits qui manquent, on dirait que sa langue y adhère et on a presque l'illusion qu'elle ne peut plus s'en détacher. C'est pour ça que sa langue elle aussi a pris la couleur du plomb.
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fanfanouche24fanfanouche24   22 avril 2017
Le camion de poussins

Mais il ne disait rien à la petite fille de toutes ces considérations. Pas parce qu'il ne pouvait pas obtenir de réponses, mais parce qu'il avait l'impression que la relation était plus équilibrée entre eux s'il ne parlait pas. (p. 100)
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Vidéo de Yôko Ogawa
Second épisode de l'instant lecture consacré au roman Cristallisation secrète de Yôko Ogawa.
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