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ISBN : 2742756280
Éditeur : Actes Sud (02/06/2005)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 326 notes)
Résumé :
Dans un ancien foyer de jeunes filles transformé en laboratoire, M. Deshimaru, taxidermiste du souvenir, prépare et surveille des "spécimens", tandis que la narratrice de ce récit, assistante et réceptionniste, accueille les clients venus confier au mystérieux spécialiste d'insolites bribes de leur histoire: des ossements d'oiseau, quelques champignons microscopiques, une mélodie, une cicatrice...
Amputée d'une infime partie d'elle-même depuis un accident du ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (64) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  25 février 2018
Dans un ancien foyer transformé en laboratoire, M. Deshimaru, spécialiste de la fabrication de « spécimens », embauche une jeune fille passée par là par hasard. Celle-ci va découvrir un univers aussi fascinant qu'inquiétant. Car la demande des clients est étonnante, et le comportement de son employeur plutôt étrange. Ce qui n'empêche pas la jeune assistante, amputée d'une phalange lors de son dernier travail, bien qu'un peu effrayée, de se rapprocher de lui...
Insidieuse et pénétrante Yôko Okawa nous plonge dans un état d'apesanteur angoissante. Chez elle la perversité n'est jamais loin qui cherche des victimes naïves pour s'épanouir. Un phénomène amplifié ici par la jeune fille ingénue qui, prenant des risques inconsidérés, recherche la proximité malsaine du naturaliste. Hélas pour elle, à ce petit jeu là, le vainqueur est souvent connu d'avance. Totalement envoûtant.
Challenge MULTI-DÉFIS 2018
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Jolap
  24 avril 2017
M. Deshimaru, taxidermiste de son état, embauche une jeune femme comme assistante. Ce n'est pas tout-à-fait un travail comme les autres. M.Deshimaru est taxidermiste du souvenir. Une bribe du passé, est consignée et répertoriée dans ce laboratoire pour le moins insolite chaque fois qu'un client en fait la demande .
Jusque-là j'ai cru à une fable poétique, une figure de style que je trouvais fort originale. Une liberté touchante qui augurait une lecture confortable. Je respirais à fond.
Mais je ne connaissais pas encore, M.Deshimaru, cet homme en grande blouse blanche qui parlait peu, ne posait pas de question à la candidate, mais précisait tout-de-même qu'aucune employée n'avait désiré rester à ce poste. Les conditions salariales sont très avantageuses, le travail n'est pas harassant, tout est lisse. Tout semble parfait. Une chance incroyable.....

Cependant, sur la poche droite, les poignées et la poitrine de la blouse de cet homme "irréprochable, équilibré" il y avait comme des traces de larmes. ah! La candidate ne sait pas pourquoi "mais elle sent l'imminence un danger qui la rend réticente";
Et là, tout doucement, la plume de l'auteur Yoko Ogawa me fait décoller, tranquillement mais sûrement.
Chaque interrogation de cette très jeune femme va être déjouée par cet homme au regard puissant.
J'ai pris de la hauteur et je me trouve au niveau des nuages. La jeune femme a maintenant pris ses fonctions, ses habitudes de travail. M.Deshimaru offre à son employée une très belle paire de chaussures en cuir noir. Il lui essaie, d'un geste ferme, sans forcer. Elles sont si adaptées "qu'on les croirait faites sur mesure". Il jette les vieilles chaussures. Et Clac elle est ferrée! Hier c'est fini. Hors d'usage. Aujourd'hui est une autre histoire.
Je continue à lire et prend de l'altitude. Je manque d'oxygène. J'étouffe. Les gestes de M. Deshimaru sont toujours fermes, et la jeune femme douce et inexpérimentée franchit les étapes de l'asservissement, puis de la manipulation, du harcèlement.
Il s'agit d'un roman court, intense. Chaque mot à sa place, une place stratégique, dépendante, magnétique.
Parfois je me dis que c'est incroyable: Que Vingt six lettres, toujours les mêmes depuis des siècles, brassées d'une façon tellement étudiée, tellement précise puissent provoquer de telles émotions, de tels ressentis, un tel mal-être, une telle ambiguïté malsaine.
Ce compte rendu ne concerne que le début du livre. Un petit livre d'une centaine de pages à peine que vous découvrirez vous-mêmes.
Je l'ai fermé. J'ai repris pied avec ma réalité. Je vous invite vraiment à monter à bord. Vous aussi vous serez probablement mal à l'aise, vous aussi vous noterez que la perversion rencontre parfois la pureté, la piétine comme on le ferait avec une vieille paire de chaussures usée, et vous direz comme moi, qu'un écrivain peut partager son talent même dans les couloirs de l'obscurité.
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sandrine57
  31 octobre 2016
''Recherchons employée de bureau aide à la fabrication de spécimens expérience, âge indifférents, sonnez ici.''
Une jeune fille fraîchement débarquée de sa campagne tombe par hasard sur cette petite annonce collée sur un pilier devant un immeuble vétuste. Elle arrive en ville après un incident dans l'usine où elle travaillait. Un petit bout de son annulaire est tombée dans une cuve de limonade, perdu à tout jamais. Quand elle sonne, c'est M. Deshimaru qui ouvre la porte. Vêtu d'une blouse blanche, franc et poli, l'homme lui explique le fonctionnement de son laboratoire. Il s'agit de préparer et de conserver des ''spécimens''. La jeune fille n'y comprend pas grand chose mais elle devient l'assistante de M. Deshimura et se familiariser avec l'endroit et le travail. le laboratoire est un ancien pensionnat de jeunes filles, désormais voué à la conservation des souvenirs douloureux que les clients viennent déposer. Consciencieusement M. Deshimura naturalise des champignons microscopiques, une mélodie, une cicatrice...Si tout cela reste un mystère pour son assistante, elle s'intéresse aux clients et à son patron avec qui elle entretient une relation charnelle dans la salle de bain désaffectée de l'établissement.
Un roman énigmatique, suffocant, teinté d'érotisme dans la veine des autres romans de Yōko Ogawa. On y retrouve cette atmosphère étrange, éthérée, parfois malsaine, ses personnages froids en apparence, aux sentiments troubles, ses lieux bizarres qui sont sa marque. Ici, le malaise s'installe d'emblée à cause sans doute de ces ''spécimens'' qu'on a du mal à appréhender et de la personnalité de Monsieur Deshimaru qu'on soupçonne du pire dès les premières pages, trop poli pour être honnête. Très vite, il domine son assistante, pervers manipulateur, sans jamais abandonner ses bonnes manières, et sans qu'elle ne réagisse. Complètement à sa merci, elle a conscience du danger mais ne cherche pas à se révolter. Par faiblesse, imprudence, apathie, désespoir ? Là où les clients se délestent du poids qui les écrase, mauvais souvenirs enfermés pour toujours dans les tubes à essai de Deshimaru, la jeune fille semble incapable d'un sursaut salvateur, paralysée par le malheur des autres, soumise à une atmosphère et à un homme, malgré une lucidité exacerbée...Un roman tout simplement fascinant.
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Chrisdu26
  17 février 2014
L'annulaire, joli symbole pour commencer la littérature japonaise.
Au japon, cette symbolique peut être perçue de manière différente et plus ambiguë. L'union, chez le plus commun des mortels, mais la mutilation de ce doigt gauche est un signe d'humiliation très ancré dans la pègre japonaise et d'appartenance chez les prostituées. Dans ce court récit, seule l'image de l'appartenance flotte comme une légère brise malsaine qui surplombe l'ambiance. Un sentiment de gêne, d'inquiétude et d'étouffement, règne tout au long de ce roman.
La narratrice, une jeune japonaise de 21 ans, amputée d'une infime partie de son corps, se retrouve par le plus pur des hasards, enfin est-ce vraiment le hasard ou le destin, à travailler chez un taxidermiste du souvenir. L'immense laboratoire, un ancien foyer de jeunes filles, abrite les spécimens. Mais dans ce laboratoire tenu par cet étrange M. Deshimaru pas d'animaux empaillés, les cas sont souvent de matière inorganique. Les visiteurs viennent se libérer d'une réminiscence, d'une souffrance, d'une cicatrice, d'une mélodie qui les empêche d'aller de l'avant. Après avoir naturalisé et préparé cérémonieusement la trace du délit, M. Deshimaru les enferme dans un tube à essai. Les cas sont référencés et soigneusement conservés par son assistante. En cas de nostalgie, les clients peuvent venir leur rendre visite, ce qui est rare car « le sens de ces spécimens est d'enfermer, séparer et d'achever ». Entre M. Deshimaru et son assistante, une étrange relation s'installe empreinte de sensualité, de désirs, de malaise, de mutisme et de trouble. le tout baigné dans une odeur nauséabonde de formol et un lourd climat d'anxiété qui règne dans ce long couloir et cette mystérieuse porte fermée à double tour.
J'avais pour règle en lisant ce livre de ne pas avoir peur de ne pas aimer. Beaucoup de négations mais ce fut libérateur afin de pouvoir le lire en toute sérénité. Ce roman m'a laissé une empreinte étrange tel celle d'un haïku : On aime la poésie qu'il s'en dégage mais il est difficile d'en expliquer le pourquoi. Ce récit a effleuré et caressé mon âme. Les deux personnages m'ont envoûté et absorbé dans leur existence dès la première seconde. Il n'y avait plus que ce petit livre, ma conscience et ce doux parfum de cerisiers du Japon. Je n'ai désormais qu'une envie, comme une urgence, replonger dans l'univers troublant de Yôko Ogawa. Cette auteure a ce don particulier de rendre les gens ordinaires extraordinaires et sa plume lyrique et troublante rend ce récit tout simplement beau et touchant.


Lien : http://marque-pages-buvard-p..
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le_Bison
  18 février 2014
Étrange.
Comme un roman d'atmosphère.
Comme un sentiment indéfinissable.
Fascination ou simple extravagance littéraire ?
Une jeune femme découvre sur la porte d'un édifice entre délabré et abandonné une offre d'emploi pour devenir la secrétaire de M. Deshimaru, taxidermiste de « spécimens ». Dans le mot « spécimen » se cachent tous vos désirs d'oublis et de chagrin. Il n'est pas juste question d'emmener son animal mort pour le faire empailler. M. Deshimaru s'occupe de tout : des ossements, des notes de musique, des champignons… Un roman de Yoko Ogawa mystérieux et envoutant.
En confiant leurs « précieux » objets au taxidermiste, les visiteurs – ou clients – espèrent ainsi se décharger d'une partie de leur peine ou de leur angoisse. Comme de leur enlever le poids d'un deuil ou d'une blessure profonde inscrite en eux. Alors que les demandes se succèdent, régulièrement, que les objets à naturaliser s'entassent dans des tubes à essais, M. Deshimaru semble exercer sur sa jeune secrétaire un étrange envoûtement.
Il est le maître du jeu, elle se soumet totalement à ses désirs, à ses caresses, à ses demandes surprenantes dans la salle de bain désaffectée, lieu de rencontre dans l'intimité de ces deux êtres solitaires. Fascination ou malaise, je n'arrive pas à définir la frontière entre ces deux perceptions de l'amour. Mais peut-être est-ce au-delà de l'amour, vers un abandon total de la jeune femme vers cet homme.
Un roman – que je trouve – étouffant presque oppressant. Je suis un fidèle de Yoko Ogawa, depuis ses premiers romans. Je suis fasciné par ses histoires si banales et si étranges à la fois, comme envouté ou ensorcelé suivant le degrés pervers ou malsain qu'elle distille dans sa plume poétique. Mort et sexualité, perte et possession, des thèmes qui se rejoignent ici, derrière la porte du laboratoire du taxidermiste.

Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
MahaDeeMahaDee   18 mars 2017
Cela fera bientôt un an que je travaille dans ce laboratoire de spécimens. Comme ce n'est pas du tout le même genre de travail que celui que je faisais avant, au début j'étais désorientée, mais, maintenant, j'y suis complètement habituée. Je maîtrise parfaitement l'endroit où sont rangés les papiers importants. je sais taper à la machine, et, en ce qui concerne les demandes de renseignements par téléphone, je suis capable d'expliquer poliment et avec gentillesse le rôle du laboratoire. De fait, la plupart des gens qui téléphonent sont satisfaits de mes explications, et sans doute aussi rassurés, puisque le lendemain ils viennent frapper à la porte du laboratoire, leur précieuse marchandise serrée sur le coeur.
Ici, le travail n'est pas aussi compliqué qu'il n'y paraît. Il suffit d'un peu d'ordre et de circonspection pour s'en acquiter sans problème. Il est même presque trop simple.
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palamedepalamede   24 février 2018
Il l’a glissé dans sa bouche.
Il a fallu quelques secondes pour que le bout de mon doigt sente la douceur de ses lèvres. J’ai laissé faire.
Quand il a retiré ses lèvres, mon annulaire était mouillé. Le bout manquait, comme si c’était lui qui l’avait croqué.
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palamedepalamede   26 février 2018
... elles sont très agréables à cirer. Elles répondent à la bonne volonté que je leur témoigne.
- Parce que la bonne volonté ça marche avec les chaussures ?
- Bien sûr, il peut y avoir de la bonne ou de la mauvaise volonté ... C'est une question d'échange entre les choses.
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WolandWoland   25 septembre 2012
[...] ... Depuis, je n'ai pas revu la jeune fille à la brûlure. Ce jour-là, j'ai attendu devant la porte jusqu'à ce que, la pluie s'étant arrêtée, la lune fasse une vague apparition, mais ni la jeune fille, ni M. Deshimaru ne se sont montrés.

Quand je suis arrivée le lendemain matin, M. Deshimaru était comme d'habitude à la réception en train de jeter un coup d'oeil aux formulaires en buvant son café. Rien n'avait changé. Je l'ai salué, il m'a fait un signe de la main en m'interpellant. Puis il a lavé sa tasse dans la cuisine, s'est avancé sans bruit dans le long couloir, a disparu de l'autre côté de la porte du laboratoire. Il n'a pas dit une parole au sujet de la jeune fille.

J'ai réalisé soudain que le parapluie à motifs de petits chiens [= le parapluie de la jeune fille aux champignons] avait disparu. L'endroit du sol où il avait été déposé était complètement sec.

Une semaine plus tard, j'ai profité d'un trou dans mon emploi du temps pour faire le tour de toutes les pièces, à la recherche du spécimen de la brûlure.

D'abord la 303. Puisqu'elle était utilisée depuis peu comme salle de conservation, elle n'en contenait pas encore beaucoup. Seul un cinquième des tiroirs du meuble qui occupait l'espace était rempli. C'est pour cela que je n'ai pas mis longtemps à comprendre que le spécimen de la brûlure n'y était pas.

Les tiroirs, munis d'une petite poignée constituée d'une bille de verre, se succédaient à intervalles réguliers. Les tubes qui ne rentraient pas dans ces tiroirs étaient rangés dans un autre meuble accroché au mur du coin cuisine.

J'ai tiré sur la poignée du tiroir que je pensais avoir été utilisé le plus récemment. Il contenait le spécimen des os du moineau de Java. Ils flottaient dans le liquide de conservation. Je l'ai refermé sans bruit.

J'ai ouvert tous les tiroirs de la 303, mais je n'ai pas trouvé trace de la brûlure. J'ai décidé par précaution de vérifier les salles de conservation plus anciennes. ... [...]
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michelekastnermichelekastner   11 avril 2012
Il a saisi mes jambes d'une main pour m'enlever de l'autre mes vieilles chaussures par le talon. Elles ont glissé très vite de mes pieds, je n'ai rien senti.
Mes pieds nus étaient dans sa main. Il tenait mes jambes tellement fermement que je ne pouvais pas bouger. Je n'avais rien d'autre à faire que de fixer mes vieilles chaussures tombées sur le sol, le bout des pieds effleurant la jointure des carreaux. l'une était tombée à l'envers, l'autre sur le côté, et elles ressemblaient aux cadavres plumés de deux petits oiseaux.
Ensuite, il a commencé par mettre une chaussure neuve à mon pied droit. Il a pris mon talon pour faire glisser mon pied d'un seul mouvement jusqu'à l'extrémité de la chaussure. Je sentais ses doigts durs et froids sur mon talon, mais l'intérieur de la chaussure était tiède et moite. Il n'y avait aucun temps mort dans le mouvement de ses mains, comme s'il procédait à un rituel déterminé à l'avance, si bien que je ne pouvais même pas remuer le petit doigt.
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Vidéo de Yôko Ogawa
Second épisode de l'instant lecture consacré au roman Cristallisation secrète de Yôko Ogawa.
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