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ISBN : 2330017537
Éditeur : Actes Sud (06/03/2013)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 169 notes)
Résumé :
Un petit garçon né avec les lèvres scellées vit aujourd'hui avec un léger duvet sur la bouche, une hypersensibilité à tout déplacement d'air. Après la disparition de sa mère, il passe de longs moments sur la terrasse d'un grand magasin, là où serait morte l'éléphante Indira. On dit que ce bel animal, mascotte d'un lancement promotionnel, devint un jour trop gros pour quitter les lieux.
Un matin, cet enfant solitaire découvre le corps d'un homme noyé dans le b... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  04 mars 2015
Ainsi va la vie...je dois refermer ce roman poétique et tendre, m'éloigner du petit joueur d'échecs et de son univers attachant. C'est incontestablement un signe de réussite, de bonne pioche pour moi quand je quitte à regret un livre, quand la force de l'imaginaire combinée au talent littéraire d'un auteur m'ont happée au point d'éprouver ce petit pincement caractéristique de l'attachement. Je continue de découvrir les oeuvres de Yoko Ogawa, et assurément celle-ci rejoint mes préférées : Cristallisation sécrète et Parfum de glace.
Je n'aime pas trop divulguer le contenu d'un roman, ici moins encore que d'habitude. Il suffit à mon sens de savoir qu'il n'est nul besoin de connaître les règles du jeu d'échecs pour savourer ce récit et qu'il est en revanche préférable d'avoir gardé un accès privilégié à son âme d'enfant pour se laisser entraîner avec délices dans les méandres de la vie de cet enfant hors du commun, né avec les lèvres soudées, de ses sept ans à sa disparition.
Son handicap a contribué largement à développer une vie intérieure riche et une force de concentration exceptionnelle qui vont lui permettre de s'épanouir et de voguer sur l'océan des échecs en devenant, sans se précipiter, un " petit Alhekine ", son surnom en référence au grand champion d'échecs russe.
" Les échecs constituaient une symphonie grandiose composée par l'esprit de deux adversaires qui s'affrontent et se confondent. "
C'est bien ainsi que j'ai ressenti ce récit, une symphonie dédiée à l'imagination fertile, à l'évasion sans entrave par l'esprit, que l'on retrouve bien sûr incarnée par le petit joueur d'échecs lui-même qui ne joue que recroquevillé dans l'espace confiné d'un automate et par ses quelques amis marquants coincés eux aussi par des barrières physiques qu'il faut découvrir au fil de la lecture pour les apprécier.
" Devant l'échiquier personne ne peut tricher avec soi-même. "
Alors, " Partez voguer sur l'océan des échecs ", le rêve vaut le détour.
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le_Bison
  27 septembre 2013
Que tu sois passionné(e) d'échecs ou que tu n'y connaisses rien à ce jeu. Pas grave, là n'est pas le plus important. Si le mouvement des pièces te parait aussi irrationnel qu'insolite, et que tu ne sembles capable de comprendre les déplacements qu'avec trois verres de vodka glacée, tu penses ne rien pouvoir comprendre à ce roman. Détrompes-toi, il suffit juste d'avoir gardé une part d'enfance au fond de ton âme, et de croire en la poésie. Cela faisait quelques temps que Yôko Ogawa ne m'avait pas tant ému dans un de ses romans.
Je me souviens du « maitre et le tournoi de go » de Yasunari Kawabata. Déjà, il n'était pas nécessaire de comprendre le jeu pour en goûter sa saveur. Les parties étaient décryptées, et le suspense haletant. Ici aussi, il est question d'un maître, un homme au coeur pur et au ventre plus que proéminent. Et là aussi, la poésie du jeu sert de trame à cette histoire sur la différence, sur le respect des autres, et sur l'amour et la mort.
Le petit joueur d'échecs est un enfant différent des autres. Une difformité qu'on a voulu masquer, puis corriger. Mais cela reste graver au fond de soi. Il faut avoir un coeur pour oser ouvrir ce livre. Mais dès ce premier chapitre, tu sens que ce roman est pour toi, qu'il a été conçu pour que tu voies ce jeu différemment, pour que tu t'imprègnes de son essence sucrée préparée par le maître, pour que tu verses quelques larmes salées à chaque drame inévitable dont tu perçois à l'avance. Lorsque la dernière page se tournera, tu caresseras de nouveau la couverture, tu essuieras la dernière larme qui perle sur ta joue, et tu rangeras délicatement le livre parmi d'autres Ogawa, en remerciant l'auteure d'un tel moment de bonheur.
Pourquoi est-ce que ce roman m'a touché ? Les échecs ne sont pas en cause, mais ce petit garçon, marqué et solitaire, ce maître, immobile et obèse, cette jeune fille, immaculée et belle, ces vieillards en fin de vie. le lien entre les générations, entre l'amour et la mort, entre les pions et le roi. Jamais tu n'as vu le déplacement d'un cavalier chevaucher les cases de l'échiquier de façon si poétique, jamais tu n'as croisé la diagonale d'un fou aussi impétueux, jamais tu n'as traversé la verticalité d'une tour aussi majestueuse, jamais tu n'as fait choir ton roi aussi violemment. Ces échecs sont une ode à la poésie et au silence.
[...]
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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gouelan
  29 août 2016
Le petit joueur d'échecs est né les lèvres soudées, comme s'il voulait rester silencieux et garder tous les secrets au fond de son esprit.
De son handicap naîtra un don extraordinaire, celui de la concentration et de l'imagination. Il fait peu de rencontres, mais elles sont décisives. Comme aux échecs, il ne choisit pas le chemin du plus fort, mais celui qui émet la mélodie la plus douce, qui crée le poème le plus léger.
Il vit comme effacé au monde, mais ceux pour qui il n'est pas invisible sont éblouis.
Recroquevillé sous sa table d'échecs, invisible aux regards, l'infini s'offre à lui. Le monde des échecs lui permet de voyager, de ressentir les émotions, d'établir un lien avec les personnes, sans qu'il ait besoin de mots ou de regards.
Il vit dans le monde des échecs, car c'est l'endroit qui lui convient. Oublier sa propre personne, dépasser les limites de son corps, et se sentir libre.
Si les échecs sont un miroir de ce qu'est l'homme, comme le dit le maître de l'autobus, le petit joueur d'échecs est immense, malgré sa petite taille.
Un roman puissant qui nous fait entrevoir le monde des échecs comme un miroir de la vie. Yôko Ogawa a beaucoup de talent pour nous transporter aussi loin dans l'imagination et dans l'émotion, même si comme moi, on n'y connaît rien aux échecs.
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paroles
  04 février 2014
J'ai rêvé...
J'ai rêvé d'un petit personnage caché dans un automate qui jouait aux échecs, ou était-ce un éléphant ? J'ai rêvé que des pions humains se déplaçaient sur un échiquier géant ou étaient-ce des vieillards ?
Quel rêve étrange, étrange et doux...

Je ne connais strictement rien aux échecs. Même après la lecture de ce roman, je n'ai fait aucun progrès dans ce domaine. Mais qu'importe, ce n'est pas nécessaire.
Par contre, en poésie, j'y ai fait des pas de géant. J'ai été profondément émue par l'écriture de Yoko Ogawa et par l'histoire insolite de ce petit garçon touché par la grâce du jeu.
Ce petit garçon silencieux a sept ans quand il rencontre un homme obèse vivant dans un autobus immobile et passionné de pâtisserie et d'échecs. Petit à petit, une grande amitié et un profond respect réciproque uniront ces deux personnes. Grâce aux conseils du gros homme, le petit garçon deviendra expert au jeu.
Des particularités, cet étrange enfant en a. Il est né les lèvres soudées et une opération lui a laissé une vilaine cicatrice, cachée par un léger duvet. Ses amis imaginaires sont l'éléphante Indira, qui a vécu sur le toit d'un magasin et une jeune fille Miira coincée entre deux murs. A l'âge de onze ans, à la mort de son maître, il décide de ne plus grandir car "grandir est un drame". Enfin, il joue aux échecs caché dans un automate, son seul moyen de communication ou presque.
Pour lui, chaque partie d'échecs est une transcription poétique, car l'important n'est pas de gagner mais de faire la partition la plus harmonieuse possible. "Il valait mieux chercher le meilleur chemin que le plus fort."
Il n'a pas besoin de voir ses partenaires. Il a seulement besoin d'entendre la petite musique que fait le déplacement des pièces sur l'échiquier. "Sur l'échiquier apparaît tout du caractère de celui qui déplace les pièces... Sa philosophie, ses émotions, son éducation, sa morale, son ego, ses désirs, sa mémoire, son avenir, tout. On ne peut rien dissimuler. Les échecs sont un miroir qui donne une idée de ce qu'est l'homme."
Ce qu'il apprendra de la vie (bonheur, malheur, piège, etc.), ce sont les échecs qui lui enseigneront au fur et à mesure des rencontres avec ses partenaires.

J'ai adoré ce roman avec tous ces personnages attachants qui existent tous avec leurs manques ou leurs différences. J'ai aussi été troublée par tous ces décors détournés de leur fonction première et qui apportent un côté magique à l'histoire. J'ai plongé avec bonheur dans cet univers onirique, dans cette écriture envoûtante et si gracieuse.
Et bien sûr, je vous souhaite un excellent voyage au pays des rêves...
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polarjazz
  20 avril 2016
Je suis allée à la médiathèque et j'ai demandé à découvrir un auteur japonais hors Yukio Mishima et l'on m'a proposé "Le petit joueur d'échec" de Yôko Ogawa. Éditeur : Acte Sud. J'aime beaucoup la couverture : les contours effacés d'une pièce avec un jeu d'échec et un éléphant. L'éléphant Indira mort sur le toit d'un immeuble, trop corpulent pour entrer dans l'ascenseur. Il y a le Maître obèse et gourmand qui ne quitte plus son autobus. C'est la rencontre entre cet homme et un jeune garçon aux lèvres duveteuses. C'est l'apprentissage des échecs mais pas que...
C'est la densité du silence rendue par une écriture tout en rondeur. Il y a un souffle, c'est magique.
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critiques presse (3)
LaPresse   30 juillet 2013
Ce roman est une bonne introduction à l'oeuvre immense et dense de Yôko Ogawa. L'auteure japonaise, fan avouée de Haruki Murakami et de Paul Auster, continue d'exploiter les thèmes qui lui sont chers: situations étranges, difformités physiques, lieu clos, obsessions et perversions.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Culturebox   31 mai 2013
Un enfant bouche cousue, une éléphante coincée sur un toit de grand magasin, une petite fille perdue dans l'étroit espace entre deux maisons, un gros homme doux expert en pâtisserie et joueur d'échecs… Le dernier roman de la japonaise Yôko Ogawa est un conte poétique et merveilleux.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Liberation   22 avril 2013
Roman d’apprentissage, le Petit Joueur d’échecs émeut jusqu’aux larmes. S’y emmêlent plusieurs destins, êtres qui apparaissent et disparaissent sans qu’on leur en tienne rigueur, spectres qui flottent ou s’enracinent puis s’évanouissent en silence comme dans les photographies de Yuki Onodera.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   26 février 2015
- Son silence n'était pas une menace ni une manière de se montrer fort. C'était plutôt tout simplement pour s'effacer.
- Cela est en relation avec le fait d'être fort ou faible aux échecs ?
- Bien sûr que oui. Les échecs sont un jeu où chacun doit absolument déplacer une pièce. On ne peut pas passer son tour. Et même si ce n'est qu'un pion sur une seule case, les pièces bougent sur l'échiquier. Néanmoins, il faut pouvoir rester calme, on ne peut y arriver que si on est fort.
- Il était si fort que ça ? Je croyais que c'était simplement un vieux grand-père bavard.
- Mais pas du tout. C'était un joueur d'échecs remarquable, persuadé que l'on devait s'approcher au plus près de la vérité. C'est pourquoi il s'est débarrassé de son moi pour plonge dans l'océan des échecs.
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PiatkaPiatka   25 février 2015
Bâtir son propre style, exprimer sa vision de la vie, se vanter de ses propres capacités, se montrer sous son meilleur jour : tout cela est totalement inutile. Tout cela ne sert absolument à rien. L'univers est beaucoup plus vaste que soi-même. Si l'on se préoccupe de son petit soi insignifiant, on ne peut pas véritablement jouer aux échecs. Libéré de soi-même, en dépassant le sentiment de vouloir gagner, on voyage librement dans l'univers des échecs...Si l'on peut faire cela, c'est merveilleux, n'est-ce pas ?
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PiatkaPiatka   23 février 2015
Le hasard n'est jamais un allié. Même les rencontres pour lesquelles on pense avoir eu de la chance ne sont pas dues à un hasard tombé du ciel, mais à la propre force du joueur. Sur l'échiquier apparaît tout du caractère de celui qui déplace les pièces, dit le maître du ton docte de celui qui lit un serment. Sa philosophie, ses émotions, son éducation, sa morale, son ego, ses désirs, sa mémoire, son avenir, tout. On ne peut rien dissimuler. Les échecs sont un miroir qui donne une idée de ce qu'est l'homme.
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PiatkaPiatka   23 février 2015
- Si on fait le calcul, le nombre de transcriptions ( de parties d'échecs ) possible est de 10 puissances 123. Il y en a plus que le nombre de particules qui forment l'univers.
- C'est vrai ?
Apparemment surprise, Miira leva les yeux vers le ciel. Derrière la cime des arbres quelques étoiles étaient encore allumées.
- Alors, jouer aux échecs, c'est peut-être comme si on marchait en voyageant d'étoile en étoile, tu ne crois pas ?
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joedijoedi   28 juillet 2013
Sur quels critères son adversaire avait-il été choisi parmi les membres du club ? C'était une chose incertaine, mais le garçon vit tout de suite qu'il était assez fort. Alors que, concentré sur l'échiquier comme si les autres n'existaient pas, il ne bougrait pas un sourcil, ce qui lui donnait l'air insolent, quand il déplaçait une pièce, sa trajectoire était pleine d'élégance et de beauté. Ses doigts fins et souples, débordant de confiance en soi, avaient l'air d'un décor commandé en harmonie avec le remarquable ensemble de jeu d'échecs.

p. 88-89
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Vidéo de Yôko Ogawa
Second épisode de l'instant lecture consacré au roman Cristallisation secrète de Yôko Ogawa.
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