AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)
ISBN : 2742769099
Éditeur : Actes Sud (15/09/2007)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 85 notes)
Résumé :
Quelque temps avant son mariage, une jeune femme rencontre un enfant et son père, qu'elle retrouve un soir plongés dans la contemplation d'un restaurant scolaire. Quand l'homme lui raconte pourquoi l'image d'un réfectoire le soir évoque pour lui le souvenir d'une piscine sous la pluie, la mélancolie s'installe tel un lien dont elle ne pourra plus se défaire...

Une jeune femme apprend la mort d'un camarade. Elle le connaissait peu mais cet accident la... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
YoakeKonjiki
  12 novembre 2016
Je sais que Yoko Ogawa est un auteur connu et apprécié sur Babelio, ce qui me fait grandement plaisir. Je me permets de me joindre au concert de louanges. J'adore depuis longtemps Yoko Ogawa. Rares sont les auteurs qui parviennent dans chacun de leurs livres à émouvoir et plaire tout autant que lors de la lecture du premier roman. Yoko Ogawa est de ceux là, ce qui est d'autant plus prodigieux qu'elle explore avec ténacité les mêmes thématiques dans son oeuvre. le parcours de femmes fragiles, qui cherchent à donner un équilibre à leur vie, l'attention aux moindres détails créant et défaisant des équilibres instables, la difficile protection du souvenir, la communication avec l'autre, la description obsessionnelle de procédés industriels et les énumérations, sont autant de thèmes que l'on retrouve dans ce livre.
En effet, le personnage principal de ceux deux récits est celui de deux jeunes femmes. La première s'installe dans une maison nouvelle où elle va faire la connaissance d'un homme obsédé par le réfectoire de la cantine, qui val lui confier peu à peu la raison de son obsession. La seconde nouvelle voit une jeune femme retrouver K, un camarade de classe du lycée, à la veillée funèbre d'un camarade. Elle développe peu à peu une étrange attirance pour le couple que forment K et sa femme, ancienne bibliothécaire du lycée.
Si elle se concentre sur des thèmes familiers dans ce récit, Ogawa parvient à chaque fois à toucher par l'originalité du récit, la beauté de son style ciselé où on sent le texte respirer. Certaines phrases restent en tête, comme celle-ci "J'avais l'impression d'entendre la discrète respiration de la nuit." Les sentiments du personnage sont toujours décrit dans leur finesse sans jamais entrer dans des digressions psychologiques stériles. Quelques phrases courtes et joliment formulées permettent de mettre à jour tout l'écheveau des sentiments, sans pour autant lui faire perdre de sa complexité. Dans un thé qui ne refroidit pas, les sentiments du personnage principal restent ambigus: pourquoi ressent-elle le besoin de se rendre chez K et sa femme? L'auteur, sans donner de réponses, explore ce que ressent son personnage et laisse au lecteur le soin de comprendre les émotions. Ogawa sait mieux que nulle autre partir d'une situation anodine pour installer une tension narrative et émotionnelle. La lecture est fluide, sans à coups. C'est extrêmement captivant de sentir derrière chaque action et petit fait du récit une portée symbolique forte, comme autant de messages laissés par Ogawa à notre attention (comme ici la symbolique de la plante tue-lion)
Je ne saurait que conseiller à tous ce livre beau, sensible et élégant !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
MarianneL
  31 août 2014
Les lecteurs de Yoko Ogawa retrouveront dans les deux courts récits de ce recueil, la nouvelle éponyme et «Un thé qui ne refroidit pas », qui font partie des premiers publiés par l'auteur (1990-91, en français chez Actes Sud en 1998), un univers très familier, dans lequel une femme, dans une situation de changement et d'isolement momentané, fait une rencontre marquée par la mélancolie et une incertitude mystérieuse.
De ces deux nouvelles, «Un thé qui ne refroidit pas» laissera une empreinte plus durable ; ici l'objet de la mélancolie, le passage du temps et la disparition, frappent le lecteur comme une bourrasque dès la première phrase.
«Cette nuit-là, j'ai pensé pour la première fois à la mort. La nuit était froide, le vent glacial et cinglant. Jusqu'alors, je n'y avais jamais réfléchi de manière aussi méthodique.»
À l'occasion de l'enterrement d'un camarade de classe, tandis que les images frappées d'étrangeté du décès de son grand-père lui reviennent en mémoire, la narratrice rencontre un autre de ses anciens camarades, K. Alors que sa vie de couple a un goût d'inachevé, elle rend visite à K et à son épouse, un moment qui semble l'emporter hors du temps et du quotidien.
«Ce dimanche après-midi s'est déroulé sans défaut, entre le bruit des cuillères dans le thé et celui de la mousse fondant à l'intérieur de la bouche.»
Yoko Ogawa explore minutieusement comment les détails, même les plus délicats, viennent marquer nos émotions, combien l'équilibre intérieur est fragile, et peut vaciller comme une plume déplacée par la brise, et souligne cet espace, comme une brume opaque, qu'on ne peut combler entre deux individus.
Cette lecture laissera une impression sans doute imprécise, marquée par la volonté qu'on trouve chez ces femmes d'ordonner les objets et les souvenirs, alors que le passage du temps transforment les souvenirs et les rencontres en des bulles d'étrangeté qui éclatent et se dissolvent.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Zazette97
  13 avril 2011
Publiées respectivement en 1990 et 1991, "Un thé qui ne refroidit pas" et "Le réfectoire un soir et une piscine sous la pluie" composent ce recueil de l'écrivaine japonaise Yoko Ogawa.
Dans le réfectoire un soir et une piscine sous la pluie, une femme sur le point de se marier emménage avec son chien dans la maison qu'elle rénove avant le retour de son futur mari.
Alors qu'elle s'affaire à repeindre la salle de bain, un jeune garçon et son père sonnent à sa porte.
L'homme lui pose une question avant de s'en aller, sans que la jeune femme ne sache au juste la raison de sa venue.
10 jours plus tard, elle les revoit postés devant le réfectoire d'une école. L'homme lui explique alors pourquoi le spectacle d'un réfectoire le soir lui évoque les mêmes sensations qu'une piscine sous la pluie...
Dans Un thé qui ne refroidit pas, une jeune femme se rend à l'enterrement d'un ancien camarade de classe et en sortant, revoit K. qui l'invite à dîner en compagnie de son épouse.
Charmée par le bonheur serein qui se dégage de ce couple, elle songe à son quotidien morne auprès de l'homme qui partage sa vie depuis 3 ans et décide de faire du rangement dans sa chambre.
Elle retombe alors sur un livre emprunté à la bibliothèque du lycée 10 ans plus tôt et apprend qu'il est le seul rescapé d'un incendie...
Ces deux nouvelles présentent un canevas pour ainsi dire identique. Les deux personnages féminins à l'avant-centre de ces récits sont des jeunes femmes isolées - l'une vivant seule dans une maison en attendant son fiancé, l'autre étant en ménage avec un homme qu'elle ne voit jamais - comme c'était déjà le cas dans "L'annulaire".
Toutes deux sont auréolées d'un certain mystère et trouvent un curieux réconfort dans le rangement associé à la tentative de mise en ordre de leurs souvenirs.
Des bribes de leur passé ne sont dévoilées au lecteur qu'à travers leur rencontre avec un tiers, une personne extérieure à leur entourage proche qu'elles croisent à un moment clé et qui s'avèrera déterminante pour la suite de leur vie.
On retrouve dans ces deux nouvelles ce goût de l'auteure pour ces décors nus, aseptisés par le rangement et qui permettent de se dégager d'une vue d'ensemble pour se focaliser sur certains objets significatifs.
Les thèmes abordés sont encore une fois ceux de la mémoire (principalement sensorielle), des traumatismes vécus durant l'enfance, de la solitude et de la mort, déclinés dans une écriture ciselée, méthodique, qui laisse volontiers place aux silences et aux zones d'ombres pour déboucher sur une fin propice à la circonspection.
Une fois de plus avec cette auteure, j'avais l'impression de savoir où elle voulait en venir au fil de ma lecture et puis est arrivée la chute (qui n'en est jamais vraiment une) qui m'a fait remettre en question ce que j'avais jusque là cru comprendre.
Mais comme nous le signale l'auteure, "dès qu'on essaie de définir quelque chose, la vérité se dérobe". Peut-être devons-nous accepter, dans la littérature comme dans la vie, que certaines choses nous échappent :)
J'ignore si tout cela vous paraît très clair mais il est certain que je souhaite prolonger ma découverte de cette auteure !
Lien : http://contesdefaits.blogspo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
edwige31
  11 août 2013
Yoko Ogawa a la don de transformer une rencontre anodine en un temps de pur poésie.Ce recueil se compose de 2 nouvelles.
La première est celle d' une jeune femme qui fait la rencontre d'un homme et son enfant rencontre un enfant et son père. La première a lieu lors de son aménagement dans son nouvel appartement; dans un second temps, elle retrouve le père plongé dans la contemplation d'un restaurant scolaire. Lorsque l'homme lui en explique la raison, la jeune femme est entrainée dans ses propres souvenirs et dans une certaine mélancolie. le thème principal évoqué est celui de l'enfance et ses apprentissages parfois brutaux. Ce sont ces événements qui construisent (ou fragilisent) le futur adulte. J'ai retrouvé la douceur un peu amère et la délicatesse de "La piscine" (qui est évoqué d'ailleurs).
J'ai moins accroché à la seconde nouvelle, car polluée par de trop longues descriptions. Dans ce récit, une jeune femme est bouleversé par la mort prématuré d'un camarade, malgré qu'elle le connaisse peu. Lors de la cérémonie funèbre, elle reprend contact avec un autre de ses anciens camarades. Elle est amenée à rencontrer plusieurs fois sa femme et se rend compte de la profondeur et l'intimité de leur relation. La vacuité de sa vie amoureuse et quotidienne lui apparait dans toute sa cruauté, ce qui bouleversera son quotidien. Dans cette nouvelle, c'est la relation amoureuse qui est évoquée : le grand amour bien sûr, mais aussi l'érosion des sentiments par la vie quotidienne, l'habitude qui peut paralysée tout esprit critique...
Encore une fois, Yoko Ogawa, par son style subtil et délicat, transforme un moment de vie banal en un temps précieux et en choix de vie. Une lecture qui transporte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
liratouva2
  04 janvier 2011
Un thé qui ne refroidit pas, est-ce possible ?
En avez-vous jamais connu un comme ça?
Sommes –nous dans un conte féérique ?
Serait-ce une histoire de magie que cette nouvelle de Yoko Ogawa ?
C'est en tout cas un thé que la narratrice retourne souvent boire avec délices chez K., son camarade de collège et son épouse, leur très belle ancienne bibliothécaire. Auprès de ce couple, elle se sent parfaitement bien et sa vie monotone avec Sato, son mari si terne, et si souvent absent, reprend de la couleur. La preuve qu'elle va enfin se décider à améliorer son quotidien, c'est qu'un jour elle va mettre de l'ordre dans sa maison, en jetant la majorité des choses un tant soit peu usées.
le ménage par le vie et la sérénité par le ménage!
Sagesse toute féminine ou particulièrement asiatique? Mais tout ça pourquoi? Qui est cette narratrice qui se contente de si peu?
Comme toujours l'auteur est peu loquace sur ses personnages et nous les laisse à deviner.
J'imagine quant à moi cette narratrice comme une femme dans la trentaine, une japonaise somme toute assez banale, qui passe facilement inaperçue, timide et effacée à l'école, discrète et nostalgique à l'âge adulte.
Est-elle dépressAvant sa rencontre avec K, au cimetière, sur la tombe d'un ancien ami mort brutalement noyé dans sa voiture avec sa jeune femme, elle nous a raconté toutes les morts qui l'ont marquée depuis sa naissance : les poissons tropicaux de son frère, régulièrement enterrés dans leur jardin, au pied d'un fusain - la découverte des horribles planches ana tomiques de la pharmacie où elle à dû aller chercher de l'alcool servant à laver le cadavre de son grand-père - celle de son condisciple enfin, la troisième de son existence.
Curieusement, cette descente dans le quartier du cimetière en bord de mer lui procure un sentiment mystique qui ne la quitte plus et qui adoucit l'impression d'isolement qu'elle ressent de plus en plus fortement en restant chez elle auprès d'un mari qui l'agace de plus en plus.
Le seul événement un peu pittoresque de ce récit tient à ce livre de la bibliothèque du lycée retrouvé oublié dans sa chambre dix ans après. Quand elle le rend à la nouvelle responsable, celle-ci lui apprend que tous les anciens livres ont brûlé dans un incendie. le sien est le seul rescapé du désastre.
Tout ce que j'aime chez Yoko Ogawa se tient là, dans ces riens qui en disent tant et qui obligent à rester infiniment attentif au moindre détail. On sait que la romancière n'insiste pas , ne revient pas sur ce qu'elle a déjà écrit précédemment. Ce n'est pas son genre, les répétitions. Elle fait confiance à son lecteur. A lui de comprendre, de tout saisir !
La fin est habituelle, encore plus neutre et mystérieuse que le reste! Après une soirée paisible chez K, en regardant un match à la télévision et dans l'attente du retour de sa femme qui n'arrive pas, elle s'apprête à rentrer chez elle :
(...)
Peu de choses en somme, une fois de plus, le minimum, un souffle , une respiration: juste un peu de la vie d'une femme étonnée de vivre

Lien : http://liratouva2.blogspot.c..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
MahaDeeMahaDee   16 mars 2017
J'ai emménagé avec Juju dans cette maison par un matin brumeux du début de l'hiver. En réalité, ce n'était pas un vrai déménagement, puisque je n'avais pour tout bagage qu'une vieille armoire, une table pour écrire et quelques cartons.
Assise sur la véranda, j'ai regardé la camionnette bringuebalante disparaître dans le brouillard. Juju promenait son nez sous l'auvent, près de la clôture en blocs de béton ou la porte vitrée de l'entrée, comme pour mieux s'assurer des odeurs de notre nouvelle maison, en penchant la tête et avec des petits grognements sourds.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
MahaDeeMahaDee   15 mars 2017
Cette nuit là, j'ai pensé pour la première fois à la mort. La nuit était froide, le vent glacial et cinglant. Jusqu'alors, je n'y avais jamais réfléchi d'une manière aussi méthodique.
(Un thé qui ne refroidit pas)
Commenter  J’apprécie          110
maylibelmaylibel   11 janvier 2015
Parler entraînait des regrets insupportables. C’est pourquoi je gardais toujours le silence, si longtemps que mes lèvres se desséchaient complètement. J’étais semblable à ces fleurs séchées, brunes et sur le point de tomber en poussière, oubliées pendant des mois sous l’auvent de la classe où nous les avions accrochées.
(Un thé qui ne refroidit pas)
Commenter  J’apprécie          60
Zazette97Zazette97   13 avril 2011
Mes sentiments se succédaient avec la régularité et la sécheresse du sable s'écoulant dans un sablier. C'était sans doute parce que je ne perdais rien à cause de sa mort. Celle-ci était inorganique. Il n'y avait aucune tristesse larmoyante. C'était propre et sec. (Il s'agissait pourtant d'une noyade.) Pendant ces dix dernières années, ce garçon n'avait été présent que dans mon souvenir. Il n'y a rien d'organique dans la mémoire. Et il est très difficile d'y effacer le souvenir d'une personne en particulier. Même si la mémoire est personnelle, il est impossible, volontairement, d'y mettre de l'ordre en brûlant ou en jetant certains souvenirs. C'est pourquoi, malgré sa mort, je m'en souvenais encore. p.60
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Zazette97Zazette97   13 avril 2011
Au moment où il a prononcé ces mots, après un silence alors que nous avions épuisé le sujet des chiens, je n'ai pas du tout compris ce qu'il voulait dire. Cela m'a fait l'effet d'un vers extrait d'un poème contemporain ou d'une de ces phrases qui ponctuent les contes de notre enfance.

- Une piscine, sous la pluie? ai-je répété, en insistant sur chaque syllabe.

- Oui, une piscine sous la pluie. Vous n'avez jamais nagé dans une piscine sous la pluie?

- Eh bien...J'ai l'impression que oui, mais je me trompe peut-être.

- Quand je pense à une piscine sous la pluie, je suis pris d'une nostalgie difficilement supportable. p.35
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Yôko Ogawa (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yôko Ogawa
Second épisode de l'instant lecture consacré au roman Cristallisation secrète de Yôko Ogawa.
autres livres classés : littérature japonaiseVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Yôko Ogawa

Dans quelle maison d'édition française sont édités les livres de Yôko Ogawa?

Les Editions de Minuit
Actes Sud
Le Seuil
Stock

10 questions
93 lecteurs ont répondu
Thème : Yôko OgawaCréer un quiz sur ce livre