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EAN : 9782330005238
256 pages
Éditeur : Leméac (Editeur) (07/03/2012)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 103 notes)
Résumé :
Huit touristes étrangers sont pris en otages. Après une importante mobilisation médiatique, l'attention de la presse internationale se détourne. Seule une ONG présente dans la région poursuit sa mission et parvient à introduire un minuscule enregistreur dans une boîte de premiers soins transmise aux otages.
L'opération réussie, les écoutes commencent. A des kilomètres de là, un casque sur les oreilles, un jeune homme mobilise toute son attention sur des voix ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  25 juillet 2012
Des touristes japonais sont pris en otage dans un pays étranger. Ils ne se connaissent pas, sont presque là par hasard, concours malheureux de circonstance lors d'un voyage d'été. Mobilisation médiatique certes, mais très vite l'attention des journaux se retournent vers d'autres évènements plus croustillants que le sort de huit malheureux pèlerins. Cependant, une ONG réussit un introduire un enregistreur vocal. Cela donnera huit récits. Chacun des otages donnera un petit moment de sa vie, fait marquant ou anodin mais qui chamboula le cours de leur histoire. Puis les autorités interviennent, le massacre est évident. Pas de survivants. Sauf, cette petite bande magnétique qui sera diffusée sur les ondes hertziennes. Huit otages, huit récits, huit jours.
Cette histoire de terrorisme, de prisonniers ou d'ONG est presque anecdotique. Elle sert juste à relier entre-eux, ces neuf récits. Neuf ? Huit otages + Un traducteur qui se prêtera également au jeu. Il s'agit bien d'un jeu, celui qui a été donné aux otages de se raconter, juste pour passer le temps et ne pas sentir l'inquiétude se refermer sur leur monde. Qu'il s'agisse d'un moment d'enfance, d'une rencontre incongrue ou inspirée, ces témoignages sont souvent empruntes de nostalgie, d'émotion et de tendresse. Ils sont les liens privilégiés entre les générations, entre les Hommes et apparaissent souvent comme des moments de solidarité entre chacun.
Je suis un grand admirateur de Yoko Ogawa, depuis les origines de ses traductions. J'avais, dès le départ, été enchanté par sa première nouvelle, « la Piscine ». J'en garde encore des images fortes, malgré les années qui se sont écoulées depuis, et malgré tous les romans et autres nouvelles de l'auteur qui se sont vus défilés sou mes yeux. Son dernier recueil de nouvelles, « Tristes Revanches », m'avait légèrement désappointé. Dans « la lecture des otages », j'y ai retrouvé tout mon plaisir. L'auteur excelle toujours aussi bien dans la mise en place de ses « petites » nouvelles, y mêlant onirisme et fantaisie. Ici, la poésie prend le dessus, avec la simplicité de l'âme humaine. Pour tout vous dire, cela m'a fait penser à un autre recueil de Hiromi Kawakami, « le temps qui va, le temps qui vient ». Il y avait ce même souci du détail dans une histoire totalement banale qui enchanta mon esprit. Si moi-même, je devais mettre sur papier ce genre d'histoire sans intérêt, cela serait d‘un ennui quasi mortel, mais sous la plume talentueuse de Yoko Ogawa, cela devient des instants de pure magie et de poésie.
« le soir venu je buvais un peu de whisky en regardant les fenêtres des appartements d'en face dans la cour. Je contemplais distraitement les silhouettes qui se reflétaient furtivement sur le rideau.
C'était ça, ma vie. »
« La Lecture des Otages » est un pur single malt qu'aucun blend ne serait rivaliser, une version troublante et sensuelle qui se reflète dans mon verre.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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daniel_dz
  03 mai 2020
Neuf personnes racontent chacune un souvenir marquant de leur vie. Neuf univers différents, poétiques, intimes, à mi-chemin entre un monde de contes et la réalité. Une douce lecture d'évasion, que je vous recommande chaudement, en vous conseillant d'aborder ce livre comme un recueil de nouvelles plutôt que comme un roman.
J'avais relaté sur Babelio tout le plaisir que j'avais ressenti en lisant mon premier livre de Yôko Ogawa, « Le petit joueur d'échecs ». Je suis ravi d'avoir retrouvé dans « Les lectures des otages » tout ce qui m'avait séduit dans ma première lecture: de la poésie, de la douceur, du rêve issu de cette façon qu'a Yôko Ogawa de transformer des personnages réels en personnages de contes. J'ai également retrouvé des relations humaines magnifiques de sensibilité et de respect, dans certains textes comme « Les biscuits Yamabiko », « La virtuose du consommé » ou, surtout, « Le loir hibernant », avec son épisode touchant d'intimité d'un jeune homme qui participe à une course en portant un vieil homme sur son dos (je vous laisse découvrir les détails…).
Je mettrai également en avant « La salle de propos informels B » pour ses quelques pages décrivant un groupe de personnes qui se réunissent régulièrement pour faire vivre des langues menacées de disparition. La beauté de la sonorité d'une langue y est évoquée avec une magnifique poésie. « De ses lèvres légèrement entrouvertes s'échappait un souffle ininterrompu, continu à l'infini, comme le fil d'un vers à soie au travail », pour ne citer qu'une belle phrase.
Avec beaucoup d'enthousiasme, je vous recommande ce livre de Yôko Ogawa et mon petit doigt me dit que cela ne sera pas le dernier.
Mais considérez-le comme un recueil de nouvelles plutôt qu'un roman. En effet, les huit premiers textes ont été publiés en quatre livraisons de septembre 2008 à septembre 2010 dans la revue Chûo kôron. Dans son commentaire du 27 août 2012, traversay indique que Yôko Ogawa les a par après rassemblés dans ce roman, transformant les narrateurs en otages et ajoutant un neuvième souvenir, celui d'un membre de la brigade antiterroriste qui allait tenter de les secourir. Je ne suis pas parvenu à recouper cette information, mais elle me semble parfaitement plausible. Je reconnais que, considéré comme un roman, cet ouvrage est quelque peu décevant; mais considéré comme un recueil de nouvelles, c'est un régal !
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Mimeko
  22 août 2016
Après la prise d'otages qui a mal tourné, puisque les séquestrés sont tous morts lors de l'opération destinée à les sauver, l'ensemble des récits rédigés par chacun des otages est enfin mis à disposition.
Les Lectures des otages est un recueil de neuf nouvelles, comme autant de témoignages ou plutôt de souvenir marquant pour chacun des protagonistes. Il y a peu de rapport ou de lien entre toutes ces nouvelles si ce n'est une description sensible et poétique de l'éphémère, éphémère d'un souvenir, d'une sensation, d'une poursuite ou d'une rencontre.
Des petites tranches de vie faites d'impressions intimistes ou nostalgiques,
Yôko Ogawa parvient avec une prose poétique mais toujours sobre à disséquer des moments simples de façon à la fois lyrique et ordinaire leur conférant leur caractère extraordinaire.
Mais ces thèmes du quotidien sont aussi une limite, car ayant fini ma lecture, j'ai dû reprendre la liste des nouvelles pour me souvenir de certaines d'entre-elles.....et une bonne chose, dans Les Lectures des otages, pas de sujet dérangeant....
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nounours36
  25 décembre 2014
Sept touristes japonais et leur guide ont été pris en otage dans une région montagneuse et désolée. Après une centaine de jours de négociations, L'assaut d'une brigade anti-terroriste est ordonné, la cabane où ils sont retenus prisonniers est totalement détruite, il n'y a aucun survivant. Seul un enregistrement clandestin atteste de leur existence en ces lieux, Enregistreur qui avait été discrètement fourni par une ONG avec un dictionnaire caché dans un purificateur d'eau réapparait.
Deux ans après le drame, cet enregistrement refait surface, il rassemble des lectures semble-t-il : des textes énoncés à haute voix par chacun des otages pour surmonter la peur et tenter d'échapper à l'ombre béante de la mort. Une diffusion de ces textes va être effectuée par une radio. Huit émissions pour raconter la vie, la transmission que feront les huit otages.
Quel point commun entre ces récits, quel message essayent-ils de faire passer?. Nous retrouvons dans ces personnes kidnappés une décoratrice d'intérieur, un professeur de la filière de pâtisserie, un écrivain, un chargé de cours à l'université d'ophtalmologie, un directeur d'usine de machine de précision, un employé de société commerciale, une femme au foyer, un guide de tourisme. Il n'existe pas, ou je n'ai pas trouvé de liens entre la prise d'otages et ces huit récits. Avaient ils conscience d'une possible fin dramatique ?
On pourra trouver une mise en abîme dans ce récit. Chaque otage laisse une trace, une parole, de sa vie, comme les gens qui s'expriment dans l'une des « langues en situation critique ». Ces récits sont celui de rencontres, de moments nostalgiques, de tendresse. Un moment privilégié où chacun se raconte, ou l'on voit les traces du temps des émotions, des bonheurs et des tristesses également. A aucun moment l'on ne rencontre une crainte, ou une peur dû à leur situation.
Le fait de connaître la fin tragique de ces otages, m'a mis mal à l'aise dans la lecture de ces récits de fragments de vie . On a l'impression de vivre plusieurs réalités. Une qui semble superficielle et qui est la narration de la prise d'otages et des conséquences, et une réalité tout autre que font revivre ces voix. On dépasse la réalité du monde ( la sauvagerie de l'attaque) pour approcher un monde sensible, d'émotions mais irréel malgré tout.
Ogawa tout en nous racontant des histoires banales, nous entraîne dans des mondes différents avec des réalités nostalgiques et pleines de tendresse et pourtant avec une fin inéluctable. Un simple hommage rendu à des otages : ‘C'est ainsi que les otages ont lu chacun leur propre histoire.‘ .
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Rhodopsine
  04 mai 2016
Des otages isolés du monde, oubliés peu à peu du reste du monde. le dénouement ne laisse pas de doute, annoncé dès les premières pages. Chaque soir, l'un d'eux lit le souvenir qu'il a rédigé dans la journée. Détail qui a son importance: il ne s'agit pas d'une conversation à bâtons rompus, mais bien de textes écrits puis lus.
Il en résulte neuf nouvelles (chaque otage a la sienne, puis le traducteur ajoute la dernière), ultimes témoignages d'une vie. Que retenir de ce "misérable petit tas de secrets"? Pas de grands événements, mais des instantanés délicats, fugaces, des rencontres, des moments presque oubliés.
Un recueil de nouvelles un rien décalées, qui pose aussi une question: quel serait mon récit?
Et encore une fois, merci au traducteur , Martin Vergne, d'ouvrir la porte de la tour de Babel!
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critiques presse (2)
Culturebox   29 mai 2012
L'écriture est imagée, précise, sensuelle et troublante.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Telerama   07 mars 2012
Yokô Ogawa admire Haruki Murakami, et cette révérence est palpable à tous les coins de mots. Sa langue est simple, hypnotique, presque ricanante, et toujours inquiétante.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   29 septembre 2014
On dit souvent qu'il existe dans le monde trois personnes qui ont le même visage que soi-même. En dehors des grands-mères mortes, on ne m'a jamais dit que je ressemblais par exemple à une actrice, une présentatrice télé ou une athlète. Lorsque le sujet de la ressemblance vient sur le tapis, il s'agit toujours d'une grand-mère morte, et leur nombre dépasse largement trois. Et pourtant, pourquoi sont-elles mortes? Pourquoi est-il interdit qu'elles soient vivantes? Parfois je trouve cela curieux. Simplement, si on y réfléchit bien, la proportion de la population qui a une grand-mère bien portante n'est certainement pas si importante. Parce que pour tout dire, une grand-mère est une vieille dame qui n'en a plus pour longtemps à vivre.
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daniel_dzdaniel_dz   03 mai 2020
À l’époque, je travaillais comme réviseur au bureau d’édition d’une université privée.
[…]
Là, jour après jour, je plongeais dans des strates de phrases pour y chercher les contradictions, fautes, inattentions et autres maladresses. Je m’agenouillais, me faisant le plus petit possible pour arriver à m’introduire dans le moindre espace. Tourbières, sable et petits cailloux, veines rocheuses, naturellement il y avait toutes sortes de strates, mais qu’elles tentent d’érafler mes genoux ou que la boue essaie d’obstruer ma bouche, je m’adaptais toujours à leur forme. N’y avait-il pas des repentirs ? N’y avait-il pas des manques ? Je suivais avec persévérance la pensée de l’auteur. Je respirais consciencieusement pour essayer d’entrer en résonance avec le coeur de quelqu’un que je n’avais jamais rencontré. C’est ainsi que je déposais enfin ma petite pierre rouge signalant l’endroit sur lequel j’avais porté un jugement.
Quand le livre était achevé, mes traces avaient toutes disparu. Les petites pierres rouges avaient été mises de côté, tout était en ordre, les strates couchées exactement comme elles l’étaient au départ. Personne ne se rendait compte que des gens comme moi les avaient sillonnées en tous sens.
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PiatkaPiatka   17 avril 2016
Le futur, qu’il qu’il soit, n’abîmera jamais le passé enfermé au fond de chacun de nous. Il nous suffit de le recueillir doucement, de le réchauffer sur notre paume et de le lancer sur l’embarcation des mots. Et nous tendrons l’oreille au sillage de ces embarcations.
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kathelkathel   01 mai 2012
L’enregistrement n’est autre que la voix des huit personnes lisant chacune l’histoire qu’elle a écrite. On pense que le papier venant à manquer, elles ont continué sur des planches du sol ou des montants de fenêtre. Dans quelles circonstances ces choses-là se sont-elles déroulées ? On ne peut que le supposer à partir de leurs conversations, mais au moins il est certain que ces gens n’étaient pas désespérés au point de vouloir laisser un testament. Au fil de l’enregistrement, une communication semble s’établir avec le groupe des ravisseurs, tandis que la peur qui accompagne l’idée de mourir diminue progressivement. Entre les lectures, ils rient vraiment beaucoup. Et l’on devine à les écouter que même s’il y a des moments où ils sont émus aux larmes, ce n’est pas à cause du désespoir, mais que ces larmes proviennent du sentiment bien réel d’être en vie.
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DamepluieDamepluie   07 janvier 2016
Je n'avais aucune idée de ce que l'on fabriquait à cet endroit. Qu'il s'agisse du tintamarre des marteaux qui faisaient trembler l'atmosphère ou du cri d'agonie du fer que l'on découpait, l'aciérie était un lieu de destruction. Tout ce qui avait trait à un monde correct et aux bonnes manières était sur le point d'être détruit dans cette aciérie. La destruction du monde commençait sous mes yeux. Mais les gens de l'aciérie, ne sachant pas la véritable signification de la mission qu'ils remplissaient, se contentaient de lutter contre des choses dures. J'étais la seule à connaître la vérité. Aucun retour en arrière n'était permis. Comme une minuscule carie qui s'étend petit à petit et finit par atteindre tout l'os de la bouche, ce monde était en train de tomber en morceaux. C'est ce que je ressentais.
Je n'avais pas du tout peur. Au contraire, j'en tressaillais de joie. Mon humeur était d'autant plus exaltée que j'étais la seule à connaître ce secret.
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Vidéo de Yôko Ogawa
Second épisode de l'instant lecture consacré au roman Cristallisation secrète de Yôko Ogawa.
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