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ISBN : 2330109539
Éditeur : Actes Sud (05/09/2018)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Depuis 1995, les livres de Yoko Ogawa sont traduits en français. Des nouvelles, des romans courts ou plus longs ces dernières années, nous ont peu à peu révélé les questionnements de la romancière japonaise et la singularité de son imaginaire, comme autant de transpositions du réel.
Aujourd’hui, telle une pause formelle et dans une langue beaucoup plus immédiate, Manuscrit zéro s’interpose dans l’œuvre de Yoko Ogawa. Alors que la romancière travaille à un nou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
  13 septembre 2015
Ce livre ressemble à un journal de bord, il a la forme d'un journal de bord mais ce n'est pas un journal de bord. C'est Manuscrit Zéro. En le refermant, je ne sais toujours pas ce que l'auteure veut signifier : soit le manque d'inspiration, soit l'absence volontaire d'une "histoire".
Il est beaucoup question de nourriture : des plats à base de mousses, des crevettes, un mille-feuilles au tiramisu, des beignets de tempura, des pâtes aux pousses de fougère.
Voici la recette de ce plat japonais :
- un hôtel à flanc de montagne,
- un écrivain célèbre grignotant des graines de tournesol,
- un achat de chaussures,
- une tourneuse de pages de partitions,
- un festival de bonsaïs,
- un bain d'herbes médicinales,
- des poules bantams à perruque,
- un pilleur de cocktail,
- un concours de pleurs de bébés,
- un club de récitation
- etc.
Vous secouez cet inventaire à la Prévert, vous le jetez tel un jeu de Mikado et vous avez le livre de Yoko Ogawa. Chaque enchaînement reprend subtilement un élément du précédent. Déroutants tous ces petits riens qui s'acheminent vers le mot FIN sans qu'il existe.
Prendre le Manuscrit Zéro au premier degré est envisageable mais trop simple. le lire sous la loupe de la psychologie des profondeurs serait plus adéquat.
Première lecture de Yoko Ogawa. A suivre sans bruit sur le tatami.

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Lulu_Off_The_Bridge
  06 décembre 2011
Il ne s'agit pas d'un journal intime, d'un document sur l'auteur, mais bien d'une lecture fictionnelle d'un quotidien d'écrivain. On n'apprendra pas comment elle est venue à l'écriture, les études qu'elle a suivies, ses amours ou ses morts – quoique ses morts, un peu quand même. Ce quotidien pourrait être le sien, celui d'une femme célibataire à la mère malade, timide et gauche… Bien plutôt, l'auteur ici mise en scène rejoint son personnage fétiche, la femme ni jeune ni vieille, ni belle ni laide, vaguement déconnectée, timide jusqu'à l'aphasie mais toujours de bonne composition. On ne saura pas grand-chose, d'ailleurs, de l'écrivain ni de ses écrits, sinon qu'elle en vit. Pas très bien. Toute entière soumise aux phénomènes, elle ne quitte le récit de ses déambulations que pour plonger dans l'un ou l'autre souvenirs signifiants. Comment elle a persuadé son petit frère qu'il avait en fait été jeté dans le puits à la naissance et qu'il était donc son propre fantôme, comment ce visage de bébé hurlant la poursuit depuis. Comment les plis des coudes de sa grand-mère laissaient apparaître des visages.
Au rang des motifs, on retrouve donc des thèmes récurrents chez l'auteur – les hôpitaux, le classement, l'eau, la mémoire – organisés en un grand archi-thème où chaque motif se répond et trouve dans l'autre sa suite logique. Je suis loin d'avoir lu toutes ses oeuvres, mais je n'ai pas retrouvé en revanche la froideur clinique d'Hôtel Iris ou La Grossesse, pas plus que le désespoir insondable de Cristallisation secrète. C'est dommage, c'est un peu ce que je préfère chez elle. Dans les trois quarts des textes, il ne se passe rien. Mais rien. Tellement rien qu'un se sent bête parce que forcément, on a loupé l'essentiel. le récit du festival de bonzaïs ou de la fête sportive de l'école élémentaire m'ont laissée de marbre – que voilà des thèmes particulièrement peu évocateurs. À côté de cela, il y a de vraies merveilles : le récit du chemin de mousse, la déambulation dans le festival d'art contemporain ou encore un très court texte à propos d'une paire de chaussures – bref et très émouvant parce que totalement inattendu. Ces trois textes donnent un bon exemple de cette littérature du glissement qui semble faire le coeur de Manuscrit zéro. Comment glisser du banal à l'étrange, l'improbable, le merveilleux (l'avant-dernier texte est effectivement écrit comme un conte de fées – sans fée – avec des épreuves, des créatures formidables, un chemin à parcourir, le tout dans le cadre d'une visite guidée. Excellent, excellent texte. Encore une fois : excellent texte).
Manuscrit zéro souffle des pistes d'écriture. L'écrivain comme un voleur, un usurpateur, quelqu'un qui se faufile là où il n'a pas lieu d'être (à l'instar des resquilleurs de cocktails, de fête d'enfants). L'écrivain comme un microscope humain qui observe d'un regard permanent et sans faille jusqu'aux éléments les plus infimes, jusqu'à ce qu'ils s'étalent et s'épanchent avant de devenir totalement autres et littéralement monstrueux. L'écrivain à mi-chemin entre maintenant et avant, plutôt plus doué pour avant que pour maintenant. Demain n'entre pas vraiment en ligne de compte / conte. Créature ultra exigeante et presque rigoriste (voir à ce sujet le texte sur les « grandes lignes » et son rapport à son correcteur, impressionnant), l'écrivain est un peu ridicule aussi. Fait nouveau, que j'ai peu trouvé dans les romans d'Ogawa, cet humour un peu gêné. Elle se peint souvent comme gauche, souris discrète et déplacée, sans répartie. Elle n'a pas le beau rôle, elle pleure devant des images de bébés et envisage d'en voler un, elle tient la chandelle, elle est toute seule, tout le temps. On la sent bien embêtée, parfois, devant la bizarrerie des autres. Clairement, ce n'est pas une héroïne, pas une « force qui va ». Un oeil grand ouvert, plutôt.
L'un dans l'autre, je ne sais pas si ce Manuscrit zéro est une très bonne porte d'entrée pour l'oeuvre d'Ogawa. Je pense qu'il rebuterait un lecteur non acquis à la cause. En raison de cette lenteur, de ces petits riens pas très passionnants si on n'y regarde pas de près. Ce n'est pas vraiment une oeuvre exigeante, cela dit – j'évite en général de commenter le style d'une traduction, mais le phrasé est simple, élégant, mesuré, sans pour autant être impersonnel. Il demande d'être attentif. Ce qui n'est pas toujours facile. Mais il se dégage de ces textes une sorte de force tranquille totalement captivante, un tempo particulier, tout en transitions douces, en instants suspendus, en accords friables entre dedans et dehors, soi, le monde, avant, après. Pas de quoi changer votre vie, mais une somme de minuscules secondes intenses, élevées au rang d'univers. Et qui donnent à penser, toujours essentiel...

Lien : http://luluoffthebridge.blog..
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Lune
  21 juillet 2011
Au degré zéro de la création se trouvent les questionnements, les errances, les angoisses, les phantasmes de tout écrivain.
Yôko Ogawa nous permet avec ce « Manuscrit Zéro » de pénétrer au plus profond de son être abyssal où nous retrouvons ce qui constitue son cheminement créatif et ses interrogations.
Non seulement la mise en question de sa nature d'écrivain (toutes les évocations des « grandes lignes ») mais aussi celle de ce qui la constitue en tant que femme reliée au monde qui l'entoure.
L'appel de la petite fille qu'elle ne retrouvera jamais et qu'elle recherche en « pillant » le monde de l'enfance (le stade oral est très présent) comme la recherche difficile de l'autre en tant que complément (l'assistant social R) et tout s'écoule entre les doigts...
Une volonté puissante de vivre est présente notamment évoquée dans le « musée contemporain » de plein air où d'autres disparaissent sans se défendre.
Un petit frère enfoui dans un puits par une petite fille de huit ans que l'adulte a perdu à tout jamais : jalousie, perversion de l'enfance, mal être qu'une analyse psychanalytique pourrait éclairer. L'inconscient, à chaque phrase, monte à la surface et offre images et êtres déformés, proches et loin d'une réalité où nous aimons nous accrocher.
Tel est ce livre, se laisser aller, prendre, laisser les doutes effleurer, laisser la plume courir sur le papier, rire aussi : prouver que le zéro est loin d'être un néant, qu'il se passe tant de choses comme ces vies au fond des mers, vies que l'on ignore, comme ces autres que l'on porte en soi (l'interview en début de livre nous le démontre).
« Tout se déroule sans tarder » dit l'auteur et le sommeil salvateur viendra peut-être, libérateur et créateur.
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edwige31
  05 octobre 2012
Cela faisait longtemps que je souhaitais lire Yôko Ogawa et je ne suis pas déçue. Il existe une certaine similitude avec l'atmosphère que l'on rencontre dans les livres de Haruki Murakami : étrangeté, une certaine lenteur, la rencontre avec des personnages improbables....
Ce récit à la première personne est celui d'une jeune romancière, qui nous raconte son quotidien, ses rencontres, les événements marquants de sa vie à travers diverse chapitres.Il est construit comme une succession de saynètes mais avec une certaine cohérence et continuité : certains chapitres sont éclairés sous un autre aspect par les suivants, certains personnages évoluent. Un des chapitres est dévolu à sa grand-mère, attachée à deux étranges personnages, une autre à une fête de sport dans une école maternelle où elle s'immisce, une autre à son métier d'auteur de grandes lignes, une autre à une étrange visite guidée sur l'art moderne.....Certaines sont carrément fantastiques, d'autres touchantes ou plus intimistes. J'ai trouvé magnifique celle sur sa capacité de créer les grandes lignes d'un livre et sur sa lecture de ses oeuvres sous cet forme à un vieux romancier. La toute première sur le magasin de chaussures est poignante : on ne peut que ressentir toute la détresse et la souffrance de l'auteur, devant l'inéluctabilité de la séparation et l'impossibilité désormais de partager ces moments. L'écriture est vraiment magnifique malgré sa simplicité : c'est poétique, les phrases sont ciselées, beaucoup d'émotions et de tendresse transparaissent dans ces passages.
Ce qui est marquant c'est l'apparition progressive du portrait d'une femme excessivement seule. Un peu décalée, elle fuit (ou ne peut construire de réelles) les relations humaines, car elle éprouve des difficultés à exprimer ses émotions. Elle semble donc évoluer à la marge, sans réelles attaches. A chaque fois qu'elle se rapproche d'une personne, celle ci s'éloigne plus ou moins volontairement (mort, maladie, disparition, relations amoureuse ...). Ses loisirs, ses joies sont surprenants, mais prennent sens au regard de sa profonde solitude.
Ce roman s'imprime dans votre conscience car beaucoup de tristesse et de solitude se dégagent de ce roman. Pourtant, son caractère poétique et un peu étrange lui confère une certaine légèreté et douceur.
Lien : http://toshoedwige.blogspot...
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Baluzo
  02 décembre 2018
ce n'est pas mon livre préféré de Ogawa et de loin. Les nouvelles se suivent dans une cohérence et quelques thèmes répétés intéressants: pour autant, si certaines d'entre elles sont simplement magiques ( l'avant dernière avec sa mère, les bébés sumos) , le niveau est variable ( à mes yeux ) et l'attention peut baisser.
Il reste quand même une bien belle écriture!
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critiques presse (1)
Telerama   16 juin 2011
Un livre viscéralement personnel sur le métier d'écrivain, écrit à la première personne, très belle personne.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
edwige31edwige31   05 octobre 2012
La personne chargée de rédiger de grandes lignes plonge ses pieds dans le courant, s'accroupit doucement, ramasse les petits cailloux et les glisse dans sa poche. Grâce à quoi les grandes lignes sont pratiquement terminées. Dés lorsque les petits cailloux ont été déposés parmi les deux cents caractères, le vague brouillard qui recouvrait l'endroit se lève d'un coup.
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ClaireGClaireG   13 septembre 2015
Il n'y a pas de règle établie disant que les grandes lignes doivent être plus courtes que le texte original, et dans de très rares cas, il arrive que ce soit l'inverse (p. 104).
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blandine5674blandine5674   18 mai 2014
Oui, ce lait en poudre vendu en boîte métallique piquait ma curiosité. De la couleur jaune pâle d'un poussin, la poudre ne pouvait être plus fine : son doux parfum faisait penser aux préparations pour les pâtisseries ; joues pleines de santé de bébé souriant sur l'étiquette. Combien de fois n'avais-je pas été de plonger l'index pour y goûter ?
Mais cela m'était strictement interdit par ma mère.
"Parce que tu vas y mettre des microbes."
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Malahide75Malahide75   29 avril 2016
Je me demande ce que l'on ressent à se perdre petit à petit soi-même au fond des mers, là où la lumière du jour ne parvient pas. Si la nageoire caudale se met à fondre avec le liquide digestif, ou si la tête dégénère avalée par les flots, est-on désespéré quand on comprend que l'on ne pourra jamais revenir à ce que l'on a été ? Ou le cœur est-il aussi calme qu'au plus profond des mers ? J'espère qu'au moins on ne souffre pas. Une vague sensation de chaleur aux alentours de l'anus, de gêne à la tête, et tout se déroule sans tarder. C'est ce que j'espère au moment où je m'endors.
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julienraynaudjulienraynaud   03 septembre 2018
"Restaurant spécialisé dans la préparation des mousses", était-il écrit sur un panneau.
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Videos de Yôko Ogawa (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yôko Ogawa
Second épisode de l'instant lecture consacré au roman Cristallisation secrète de Yôko Ogawa.
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