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ISBN : 2253091766
Éditeur : Le Livre de Poche (17/10/2018)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 25 notes)
Résumé :
« Faire durer le suspense comme Shéhérazade, en évitant de me mettre à dos les soignants, c'est le mieux que je puisse espérer, si j'ai bien compris la nature de ma maladie. » Dans cet essai très personnel, Ruwen Ogien suit et questionne avec humour et perspicacité le parcours du malade, les images de la maladie, les métaphores pour la dire, pour l'oublier ou pour en faire autre chose qu'elle n'est. Ne dit-on pas souvent qu'elle serait un défi à relever, un test pou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  12 juillet 2017
Témoignage émouvant de ce parcours éprouvant et du combat qu'a mené Ruwen Ogien sur quelques années vécues au rythme des analyses et des traitements agressifs contre son cancer du pancréas.
C'est l ‘occasion de réflexions à la fois intimes, personnelles et professionnelles, philosophiques, sur la condition de malade dans notre monde occidental. Ce mélange des genres donne un ton presque confidentiel, éloigné d'un traité érudit sur le sujet. Il n'y a pas la rigueur et la méthode analytique cadrée des thèses , et cela renforce le sentiment de connivence avec le lecteur.
Dès l'entrée en matière, les questions affluent. Et l'un d'elle, fondamentale, et pourtant sans réponse : qu'est ce que ça veut dire « être malade »?
« Qu'est-ce que signifient ces mots « malade », « maladie »? Est-ce qu'on est malade quand on est alcoolique ou sourd-muet? Est-on « malade » quand on souffre d'une entorse à la cheville ou d'une piqûre d'abeille?
Et quand on est obèse ou chauve ou trisomique? »
A ces questions sans réponse, succède une diatribe contre le dolorisme. Ce qui ne nous tuerait pas nous rendrait plus fort. Les « avantages » liés à la souffrance, les bénéfices que peut occasionner la maladie : foutaises, nous dit le philosophe. Et pourtant la formule nietzschéenne fait florès : on la trouve aussi bien au début de Conan le Barbare et à la fin des Bronzés 3,
« ce qui n'est pas un label de qualité, mais une manifestation impressionnante de son pouvoir de pénétration dans tous ls esprits, même les moins versés dans la philosophie ».
Pour l'auteur,
« la souffrance physique est un fait brut qui n'a aucun sens, qu'on peut expliquer par des causes, mais qu'on ne peut justifier par des raisons.
Ruwen Ogien traite aussi de la relation patient-soignant, de son enfer pavé de bonnes intentions. du statut particulier que confère la maladie, qui devient un filtre inéluctable à toute relation sociale, et qui génère des codes de communication particuliers, et des théories comportementales qui ne donnent pas beaucoup de marge dans le cheminement d'une maladie chronique.
C'est d'autant plus compliqué que le statut de malade est en train de devenir une condition sociale, en particulier avec ces maladies de civilisation que sont le diabète ou l'hypertension, dont on ne guérira pas mais qui vont modifier le regard de la société sur la personne concernée.
La dernière partie est un journal, qui témoigne du caractère non linéaire du cheminement de ces mille et une nuits, au rythme des nouvelles plus ou moins rassurantes des résultats d'examen .
Un beau testament

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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topocl
  23 avril 2017
Je suis assez étonnée du torrent d'éloge qui a salué ce livre à sa sortie. Est-ce simplement qu'on ne tire pas sur une ambulance? Je ne sais. Toujours est -il que le livre ne va pas beaucoup plus loin que le thème annoncé: fustiger les doloristes, tout ceux qui disent que la douleur grandit l'homme , ces paternalistes de la médecine, ces annonciateurs de paradis terrestre ou céleste bien-pensants, qu'ils se réclament de la religion ou du développement personnel.. Idée louable s'il en est, mais qui n'est finalement ni démontrée, ni analysée.
Ce livre d'un philosophe devenu "malade de longue durée" est comme un écrit assez scolaire, un peu éparpillé, auquel l'expérience propre et tragique de l'auteur peine à donner toute la profondeur qu'on en attendait. C'est un amalgame de petites notations, de réflexions assez éparses, de références bibliographiques assorties de commentaires (et une citation de roman n'a jamais prouvé quoi que ce soit), accompagné de quelques portes ouvertes enfoncées, de tartes à la crème de la médecine sans compassion (dont il sait reconnaître qu'elle n'est pas universelle), et de généralités mal assumées. Ne va-t'il pas jusqu'à reprocher à la médecine de rejeter d'un bloc toutes les thérapeutiques alternatives, parallèles etc... (ne date-t'il pas un peu, là, Ogien?) pour raconter un peu plus loin, dans un paragraphe d'ailleurs hilarant une séances de reiki, une arnaque grandiose, un piège grotesque dans lequel il s'exaspère d'être tombé ?
Il manque ici une structure, une pensée réellement élaborée, que la douloureuse expérience personnelle, décrite sans tabou (ou sans trop de tabous), ni misérabilisme, ne suffit pas à remplacer. C'est au final la partie sur le rôle social de la maladie (le malade comme exclu du champ social, du champ du travail, et qu'il faut à tout prix y ramener), c'est à dire celle qui exclue le plus l'expérience personnelle (je dirais tripale) de l'auteur, qui m' a le plus intéressée. Faut-il en conclure que la subjectivité n'est pas forcément la meilleure conseillère du philosophe? Que, tout philosophe qu'il soit, la pensée qu'il pourrait être malade un jour ne l'avait jamais effleuré? Qu'accaparé malgré lui par sa propre réalité, il abandonne la hauteur philosophique pour une dissertation existentielle? Ou simplement que Ruwen Ogien est une Shéhérazade terrifiée, qui choisrt de discourir, et peu importe le sens, pour repousser sa fin?
Tout ce qu'on peut lui souhaiter, c'est qu'au moins, l'écriture de ce livre lui ait fait un peu de bien.
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Lesvoyagesdely
  03 février 2017
Voilà un livre bien atypique. Ce n'est certes pas sa couverture bleue nuit intense et sobre qui est des plus tentantes. Mais ce titre qui revêt bien des souvenirs. Une histoire très connue. Pourtant si l'idée de ce titre est ingénieuse, elle m'a aussi paru trompeuse, on n'y fait référence qu'une fois. D'ailleurs ce livre s'adressera plutôt à un public averti cherchant une réflexion philosophique, métaphysique sur la maladie, la mort.
La force de ce livre est d'aborder plein d'idées, de pensées, de les soumettre au questionnement, de le faire avec malice et en même temps, on voit que ce cancer le ronge de plus en plus.
La maladie comme un crime, comme un métier, se voir comme un déchet social, le profit dans la profession médicale et ses dangers, nos différentes appréhensions, le système, les différences de traitement, ce que permet le meilleur accès à la technologie, les différences selon la classe sociale, les différences selon les gens bien attentionnées qui nous entourent et nos moyens financiers, etc. Plein de réflexions pêle mêle sur la maladie, le cancer avec des citations d'auteur, sans doute un travail de recherche, et des exemples de films, séries.
Ce livre s'adresse à un public cherchant une réflexion profonde et enrichissante sur la maladie, ses conséquences, ce que peut provoquer un cancer, toutes ses choses qui tournent dans la tête et plus encore. Des gens s'intéressant à la philosophie.
Ce livre ne s'adresse pas à des gens qui veulent une histoire touchante, il pourrait être trop indigeste, pas vraiment touchant.
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tilly
  05 avril 2017
Ce n'est pas un livre sur l'insomnie...
D'ailleurs, l'insomnie est-elle une maladie ? C'est l'une des premières questions que le philosophe pose : c'est quoi être malade. Pas si facile de répondre.
Pour circonscrire le propos de son essai, Ruwen Ogien choisit (si l'on peut dire) de parler de ce qu'il connait : la longue maladie dont on ne guérit pas, l'affection longue durée inscrite sur la carte vitale, celle dont il est atteint depuis quatre ans, le cancer.
Pas gai ? Non, mais pas triste non plus.
J'avais déjà lu "Mes mille et une nuits" le jour où Ruwen Ogien est venu sur le plateau de La Grande Librairie ; comme je ne regarde pas régulièrement l'émission, c'est au hasard d'une recherche de chaîne que j'ai croisé le regard intense et le sourire lumineux de l'auteur qui ne peut plus rien cacher de sa fragilité physique. Son livre n'est pas un roman, mais lui est héroïque.
Pas la peine de tourner longtemps autour du pot : ce livre je ne l'avais pas choisi par hasard. D'habitude je ne lis pas de philosophie. J'ai hésité à mon tour à partager ce que j'ai éprouvé à cette lecture (que du bon). Je me suis demandé si quelqu'un qui n'a pas été touché par une maladie grave a envie de savoir ce qui y est dit. Eh bien oui : que l'on soit proche d'un malade, malade soi-même, ou heureusement sans aucun rapport ni de près ni de loin avec ça, Mes mille et une nuits est un livre à lire pour comprendre les malades, les soignants, se comprendre, faire face à sa peur de la maladie, de la douleur.
Je l'avoue aussi, c'est la narration des moments vécus que j'attendais le plus dans ce livre. Parce que je reconnaissais des situations, des sensations, des interrogations, même si ce que Ruwen Ogien supporte est infiniment plus lourd et long que ce que j'ai connu entre 2015 et 2016. Alors je l'ai lu deux fois. Et la seconde fois, j'ai mieux porté mon attention sur les développements philosophiques, les références. Un lecteur moins émotif que moi se satisfera d'une première lecture ! Les raisonnements sont naturellement intégrés aux épisodes personnels, l'écriture est facile, le ton incarné, direct, sans pathos. Il paraît que c'est ce qui rapproche Ogien de l'école de philosophie analytique, je laisse les spécialistes apprécier.
Dès le début de l'essai, Ogien annonce la couleur : la maladie n'a aucun sens, elle n'a que des causes. Non, la souffrance ne fait pas grandir le malade, non, il n'y a pas de valeur morale dans la douleur, non, la réflexion sur le sens de sa maladie n'est pas au centre des préoccupations du patient. Hors sujet, ouste : le dolorisme, la résilience, la psychologie positive. Franc et brutal, le philosophe ! Malgré tout il conçoit que pour certains (dont je ne suis pas) la valorisation de la maladie soit essentielle, alors il adoucit un peu sa démonstration.
Une fois évacuée la métaphysique, Ruwen Ogien se penche sur la psychologie et la sociologie dans la relation de soin. Il analyse la comédie (ou le drame) que se jouent médecin et patient, leurs rôles respectifs et interactions forgés par l’asymétrie obligatoire de leur communication. Il aborde la question de la justice sociale qui devrait être désormais la préoccupation première des penseurs, chercheurs et experts autour de la politique médicale.
La littérature est elle-aussi mise à contribution car la fiction a souvent aidé Ruwen Ogien pour comprendre le comportement et les sentiments de malades, et les comparer aux siens : Beauvoir, Woolf, Zorn, Hitchens, Roth, et al. (dont Proust !).
Un émouvant témoignage sur la maladie avec de la philo dedans et un essai philosophique percutant avec du vécu dedans

Lien : http://tillybayardrichard.ty..
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emilie5335
  21 décembre 2017
Il s'agit d'un essai dans lequel l'auteur, qui est philosophe, s'en prend au « dolorisme » très à la mode actuellement. D'après cette théorie, la maladie (notamment quand elle est grave) permettrait au malade de s'élever. La souffrance modifierait sa façon d'appréhender le monde et rendrait donc le malade meilleur. On entend en effet de plus en plus de témoignages de malades disant à quel point la maladie les a changés mais dans le sens positif du terme (il faut noter cependant qu'il s'agit souvent dans ces cas-là de malades guéris). Ruwen Ogien, qui peut parler de la souffrance étant lui-même atteint au moment de la rédaction de son essai d'un cancer du pancréas (dont il est décédé depuis), réfute cette théorie. Pour lui, être malade ne grandit personne et développer cette idée revient à culpabiliser tous ceux qui luttent sans ressentir cette pseudo élévation. Cet essai, s'il est parfois un peu difficile, reste globalement abordable et interroge de manière très intéressante la place du malade dans la société actuelle ainsi que la relation médecin-patient tout en évitant de verser dans le pathos en dépit de la situation de son auteur.
Lien : http://monpetitcarnetdelectu..
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critiques presse (3)
LePoint   11 mai 2017
Cet homme a donc fait de son calvaire un champ d'observation et de méditation. Aucune leçon de sagesse. Aucune variation métaphysique sur la vie, la résilience, la mort, etc. Juste un regard froid. Technique. Terrible.
Lire la critique sur le site : LePoint
Lexpress   06 février 2017
Le philosophe Ruwen Ogien livre un témoignage profond et drôle sur son cancer. Un exploit.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   25 janvier 2017
Tout en réfutant l'idée que la maladie constitue un défi enrichissant, le philosophe évoque son expérience du cancer avec distance et humour.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
LesvoyagesdelyLesvoyagesdely   03 février 2017
"Le patient se bat comme un petit soldat contre un ennemi cruel et envahissant; il triomphe s'il est assez vaillant, etc."
"Quand on a beaucoup souffert, on devient dure. Dure comme de la pierre. Pour recommencer à vivre, il faut prendre conscience de cette dureté, la combattre. Mais la dureté est plus facile, elle peut durer longtemps et être terrifiante. Pour les autres ou pour soi-même. C'est un chemin. En parcourant, le chemin, on acquiert plus de lucidité sur soi, sur le monde, et plus de générosité."
"Ces institutions semblent agir selon un principe disant que la commercialisation de la profession serait "un mal dangereux et insidieux qu'elle doit combattre.""
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emilie5335emilie5335   20 décembre 2017
Etre malade est en train de devenir mon vrai métier, mais j'aimerais bien être licencié.
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PDUM57PDUM57   24 février 2019
...la souffrance physique est un fait brut qui n´a aucun sens, que l on peut expliquer par des causes, mais qu´on ne peut pas justifier par des raisons.
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