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EAN : 9782370733740
235 pages
Éditeur : Allary Editions (19/08/2021)
4.08/5   30 notes
Résumé :
Parce que son voisin, comme le fruit d'un arbre, est tombé raide mort à l'arrêt Popincourt, Pierre se retrouve à errer sur la ligne du bus 69. "Fantôme urbain", comme il se définit lui-même, c'est un type plus très jeune et pas encore très vieux qui cherche des réponses dans de grands verres de lait glacé.
De laverie automatique en comptoir de bar kabyle, la liberté guide ses pas. Fumer des cigarettes avec les tapins de la rue Blondel, monter une mayonnaise p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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ODP31
  13 septembre 2021
Le petit Oiseau est sorti !
Faut-il vivre en marge de la société pour être libre ? Vous avez deux heures si vous n'avez pas grand-chose à faire ou à lire. Un peu comme Pierre, un ravi du banal, qui s'accomplit dans une monotonie que l'auteur nous invite à autopsier.
Certains sont acteurs de leur vie. Pierre, lui, préfère la place du spectateur vautré dans son canapé. Un contemplatif de l'inutile.
Les personnages de Florent Oiseau sont toujours des oisifs assumés aux CV déplumés. Se serait-il appelé Lion, qu'il aurait peut-être imaginé des avatars plus féroces.
Pierre, rentier frugal, amateur de plaisirs simples, comme taper la causette avec les tapineuses du coin, suivre les programmes d'une machine dans une laverie automatique ou se faire réquisitionner par une actrice célèbre pour monter une mayonnaise, est témoin de la mort soudaine d'un homme à un arrêt de bus.
Cet évènement complique sa vie et bouscule son karma de koala. Quand il découvre que le bonhomme était son voisin et qu'il ne l'avait jamais vu, Pierre se sent pousser par un effet miroir ébréché à rechercher ce qui animait le défunt before son trépas. Il rencontre la veuve, les amis et tente de remonter le fil de son dernier trajet… à bicyclette ou en autobus. Ce poète de quotidien, qui a appelé sa fille Trieste, va en profiter pour interroger son inexistence et les caprices de la fatalité.
Ne fuyez pas. le récit ne vous fera pas tomber du nid mais les bons mots de Florent Oiseau vous feront piailler de rire. Il a le sens de la formule pour magnifier l'ordinaire, le goût pour les dialogues imparables, des citations qui pousseraient Jean D'Ormesson à la résurrection pour compléter sa collection. C'est beau de s'émerveiller devant l'écoulement d'un caniveau. Pourquoi rechercher le sublime au bout du monde, quand un trajet en autobus mériterait un classement à l'Unesco ?
J'ai retrouvé avec plaisir la prose de son précédent roman, l'excellent « les Magnolias », mais cette histoire anorexique m'a vraiment laissé sur ma faim. J'ai eu la dalle côté rebondissements et je regrette aussi que les personnages secondaires traversent le roman comme des ombres chinoises, défilé de figurants, (riz) cantonnés à donner la réplique.
Les bons mots sont alignés, comme des idées recyclées et exhumées de vieux carnets, mais le fil qui les unit ne trouve jamais le trou de l'aiguille pour piquer ma curiosité.
L'humour maintient le héros et le lecteur en vie mais ce roman casanier aurait mérité de maturer. Les fruits tombent des arbres… quand ils sont mûrs.
Cueillette un peu trop verte à mon goût.
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La_Bibliotheque_de_Juju
  22 août 2021

Pierre.
Pierre, c'est un type normal. Un mec un peu banal. Qui fout pas grand-chose en réalité. Un peu largué, un peu seul sur la Terre ...

Pierre, c'est nous, dans nos petites contradictions, dans nos drôles d'habitude, dans nos aspirations perdues quelque part dans la vraie vie.
Un jour, parmi tant d'autres, il assiste à la mort d'un habitant du quartier, là, à l'arrêt du bus. Comme le fameux fruit qui s'éclate au sol. Comme une déflagration silencieuse qui ne bouleversera pas la marche du monde. Une vie qui s'arrête là, brutalement, sans préavis. Et Pierre, ça va le toucher. Ça va le faire réfléchir.
Commence alors une odyssée de l'inutile, un voyage vers l'essentiel, sur la ligne 69, dans ces rues, dans ces quartiers où nos contemporains se croisent, se délitent, s'ennuient, aiment parfois et courent après quelque chose d'incompréhensible. Galerie d'instants, de personnages, d'êtres humains, ceux qu'on croise tous les jours. Comme une salade de fruits, jolie, jolie, un tableau vivant de ceux qui s'accrochent aux branches pour ne pas tomber trop lourdement.
De restos un peu miteux, en parcs délabrés, le merveilleux s'immisce partout pour qui sait le voir. Florent Oiseau contemple l'ordinaire du haut de son infinie tendresse, avec une ironie mordante qui touche au tragi-comique.
Ce roman est un périple parisien dans tout ce que la ville a de plus ordinaire, de plus hors du commun. Florent Oiseau ouvre grand les yeux sur nos petits travers, nos existences si fragiles, comme le font les poètes.
Il y a de la mélancolie, il y a de l'aigre doux chez cet écrivain qui, de livre en livre, trace un sillon à la fois original et universel. Il y a de la vérité dans ce roman, encore une fois. de celle qui touche le lecteur, lui arrache un sourire, une grimace, une émotion.
Définitivement, je suis sous le charme de cet auteur, qui écrit comme nul autre les choses simples, donnant au banal ses lettres de noblesse et faisant de l'oisiveté un sport national, de la contemplation, une raison d'exister un peu plus.
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Litteraflure
  10 septembre 2021
Florent Oiseau s'est égaré.
Il est tombé dans le travers des auteurs talentueux qui allient le sens de l'humour et celui de l'observation. Mais au fil du temps, ils n'écrivent plus de livres, ils enquillent les sketchs, avec une obsession : faire ricaner le public.
Avant lui, Arnaud le Guilcher, Fabcaro, ou JM Erre ont commis la même erreur : privilégier la posture au détriment de l'histoire. Dans « Les Magnolias », Florent Oiseau avait accompli un miracle : émouvoir, faire rire sur un sujet grave, la maladie de sa grand-mère.
Il n'y parvient pas cette fois-ci. Son sujet (la mort d'un voisin) est surtout le prétexte à des statistiques loufoques, des blagues potaches (bus 69, Jean-Luc…) et des pensées de basse volée. Ce bouquin appartient à la catégorie « littérature de confinement » : on parle de soi, de son voisinage, de son quartier, en essayant d'être le plus spirituel possible. C'est un peu court, jeune homme. Facile, aussi. Florent Oiseau, par excès de confiance, se regarde écrire. Ça donne des phrases comme celle-là : « (…) toute sortie était définitive et j'ai su m'en accommoder malgré le peu d'accointances que j'entretenais avec le caractère définitif des choses ».
C'est dommage parce que la lecture de cet ouvrage offre de grands moments de bonheur (pages 18, 49,78, 119, 152, 171, 205) qui justifient ma clémence. J'ai une tendresse particulière pour le voyage à Trieste (p174-180) où l'auteur montre qu'il excelle dans l'aigre-doux et que s'il s'en donnait la peine, il pourrait nous pondre quelque chose de savoureux. Sans rancune Mr Oiseau, j'attends le prochain avec impatience.
Bilan : 🔪🌹
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pilyen
  07 septembre 2021
Avec un titre qui pourrait le placer inconsidérément auprès des oeuvrettes ( le mot pourtant est un peu trop fort) d'une Virginie Grimaldi ou d'une Aurélie Valognes, "Les fruits tombent des arbres " se révèle autrement plus intéressant voire beaucoup plus littéraire ( ce n'est pas difficile me direz-vous) que beaucoup de romans paraissant cette rentrée ( et encensés par une critique qui a du faire ses classes dans une école de pub).
Il n'y a pas que le titre qui lui donne un air de feel good littérature, il y a aussi le contenu. Mais là où d'autres vous consternent, la lecture du quatrième roman de Florent Oiseau vous laisse le sentiment d'avoir passé un moment extrêmement agréable en compagnie d'un jeune écrivain drôle, profond malgré des allures légères et surtout qui sait écrire.
L'idéal est de ne pas raconter grand chose de ce roman qui suit les pas d'un quarantenaire divorcé, sans trop de libido, qui déambule dans un Paris d'aujourd'hui ( décrit très finement) à la recherche de ces hasards absurdes ou minuscules qui font le sel de la vie pour qui sait regarder et écouter. Et sous la plume aussi délicate qu'inspirée, ce petit périple aux allures d'inutile, devient une odyssée personnelle, véritable miroir de nos existences urbaines malmenées. On a tous quelque chose de ce Pierre, on admire la tendresse avec laquelle il aborde les choses toujours avec une grande philosophie teintée d'ironie, d'humour et de dérision. Sous la plume d'autres auteurs s'essayant à ce genre assez prisé en ce moment de cette littérature de l'ordinaire mais "qui fait du bien", cela s'enfonce dans le gnangan, le forcé, l'écoeurant à cause d'un trop plein de guimauve, de clichés. Chez Florent Oiseau, véritable funambule littéraire, nous sommes sur un fil, prêt à basculer à chaque seconde dans les travers décrits plus haut, mais jamais, il ne dévie de sa trajectoire, ne tombant jamais de son fil narratif, tenu jusqu'au bout avec un talent rare. Ca ressemble à un roman léger mais très vite le goût diffère et ça devient un roman réussi, habile, quasi jubilatoire, qu'on l'a envie de partager, de faire déguster comme une friandise délicieuse qui ne pourra qu'ensoleiller nos vies parfois un peu moroses.
Pas encore sous les radars des critiques harnachés ( acharnés ?) à promouvoir toujours les mêmes plumes répétitives et pas toujours talentueuses ou passionnantes, sortez des sentiers battus et cueillez ces "fruits qui tombent des arbres", véritable roman goûteux de cet automne.

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Bazart
  19 août 2021

Cet été, on a eu la joie de découvrir avant la rentrée le roman *Les fruits tombent des arbres *, le nouveau roman de Florent Oiseau, le quatrième roman d'un auteur qui sort ce jeudi 19 août en librairies
On avait déjà adoré les deux premiers romans de Florent Oiseau, toujours chez Allary Je vais m'y mettre et de Paris Venise ...Son troisième roman, les Magnolias nous avait enchanté
Florent Oiseau commence à imposer un univers bien reconnaissable et identifiable, entre poésie du quotidien et formules bien senties sur l'absurdité de ce monde et un regard mi doux mi mélancolique posé sur des attachants anti héros
Les fruits tombent des arbres continue de creuser son sillon avec un livre qui nous explique mine de rien, sous couvert du portrait d'un quinqua un peu paumé un peu oisif, comment cuisiner une omelette aux champignons, enfourcher un vélo, sauter dans un bus et observer le monde et ceux qui l'habitent.
Pierre, cet homme perturbé par la mort soudaine d'un de ses voisins sur la ligne 19 nous montre un quotidien finalement pas si ordinaire qui ne l'est tant que ça.
Entre humour et émotion Les fruits tombent des arbres *, nous montre une grande humanité avec ce ton entre légèreté et profondeur, tendre et libre.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
ODP31ODP31   14 septembre 2021
Dès que tu lui posais une question sur un pays, il répondait toujours la même chose. " La Sierra Leone, ça relève de l'intime." Jamais un détail sur la culture locale, jamais une précision météorologique, gastronomique, anthropologique, jamais une photo de lui dans une forêt tropicale ou devant une pyramide. Que de "l'intime" et des épingles sur son globe terrestre. Il avait cet air de ceux qui sont revenus de tout sans être jamais allés nulle part.
(page 175)
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ODP31ODP31   13 septembre 2021
Un clochard remontait la rue, habillé d'une grosse doudoune d'hiver. Le thermomètre de la pharmacie à l'angle de la rue indiquait trente et un degrés. Si les clochards portent leurs manteaux en été, ce n'est pas parce qu'ils ont froid, c'est parce qu'ils n'ont pas d'endroit pour les ranger.
(page 159)
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Flo_herissonFlo_herisson   09 septembre 2021
Un homme ne peut pas savoir ce que le ventre d'une femme représente, engendre, induit, provoque, combien c'est une zone sensible et omniprésente. C'est la matrice de la douleur, de la vie, du désir, et de la fin. Une femme aime et meurt toujours de son ventre.
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Jacques77Jacques77   06 septembre 2021
Quand un couple se défait, qui est encore le plus amoureux ? La personne qui remplace l’autre dans la foulée, ou celle qui ne la remplace pas ? Qui cherche le plus à oublier l’autre ? Qui en a le plus besoin? Nous nous sommes séparés en octobre après quatorze ans d’amour. Le jour de Noël, la même année, elle ouvrait déjà ses cadeaux avec l’urologue. Quatorze ans balayés en une soixantaine de jours. Quatorze ans de promesses, de secrets, une fille, des réveillons heureux, des siestes au bord de rivières à notre écoute, des rires interminables, de la sagesse et du tumulte. Un restaurant rien qu’à nous rue Amelot, des promenades la nuit, du sexe comme de la bagarre, du sexe comme du miel. Des mots et des gestes, des phéromones, des sentiments, des factures payées ensemble, des grilles de mots croisés remplies ensemble, des murs repeints ensemble, l’enterrement de ma mère, celui de mon père. Une séparation. Et soixante jours plus tard, un autre. Un urologue. Parfois, je ne sais plus différencier ce que je vis de ce que je rêve. Ce n’est pas une façon de parler, la frontière est vraiment floue. Un jour, l’amour inonde vos vies, rien ne l’arrête, comme l’eau. Et le lendemain, on ne peut plus l’attraper, il est insaisissable, comme l’air. L’amour, c’est l’eau, le deuil, c’est l’air.
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Flo_herissonFlo_herisson   09 septembre 2021
J'ai fait couler du café et j'ai essayé de tartiner deux biscottes, mais le beurre n'était pas assez mou. Je me suis retrouvé avec un émietté. J'ai considéré l'espace d'un instant l'achat de margarine, avant de me raviser. Rien ne va avec la margarine, ni la couleur, ni le goût, ni la texture, ni le nom. Le sujet mériterait une étude, mais je parierais qu'on en trouvé dans qu'être vingt dix pour cent des réfrigérateurs de personnes qui se sont jetées sous un train au cours des dix dernières années.
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Vidéo de Florent Oiseau
Notre libraire Gérard Collard vous propose sa sélection de livre coups de coeur / coups de gueule à l'occasion de la rentrée littéraire. •
Vie dérobées de Leone Cinzia aux éditions Liana Levi éditions Philippe Picquier https://www.lagriffenoire.com/1081681-romans-vies-derobees.html • Mobylette de Frédéric Ploussard aux éditions Héloïse d'Ormesson éditions Philippe Picquier https://www.lagriffenoire.com/1089679-romans-mobylette.html • Ma double vie avec Chagall de Caroline Grimm aux éditions Héloïse d'Ormesson éditions Philippe Picquier https://www.lagriffenoire.com/1081517-romans-ma-double-vie-avec-chagall.html • Churchill m'a menti de Caroline Grimm aux éditions Livre de Poche éditions Philippe Picquier https://www.lagriffenoire.com/63342-poche-churchill-m-a-menti.html • Une soupe à la grenade de Marsha Mehran et Santiago Artozqui aux éditions Philippe Picquier https://www.lagriffenoire.com/1088417-litterature-anglophone-une-soupe-a-la-grenade.html • Quatre heures, vingt-deux minutes et dix-huit secondes de Lionel Shriver et Catherine Gibert aux éditions Belfond https://www.lagriffenoire.com/1088670-litterature-anglophone-quatre-heures--vingt-deux-minutes-et-dix-huit-secondes.html • Il faut qu'on parle de Kevin de Lionel Shriver et Françoise Cartano aux éditions J'ai Lu https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=1043354&id_rubrique=12 • Au printemps des monstres de Philippe Jaenada aux éditions Mialet Barrault https://www.lagriffenoire.com/1088196-romans-au-printemps-des-monstres.html • le chameau sauvage de Philippe Jaenada aux éditions Points h ttps://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=132059&id_rubrique=12 • L'Inspecteur Sadorski libère Paris de Romain Slocombe aux éditions Robert Laffont https://www.lagriffenoire.com/1089775-romans-l-inspecteur-sadorski-libere-paris.html • Avant les diamants de Dominique Maisons aux éditions Points https://www.lagriffenoire.com/1088274-romans-avant-les-diamants.html • La Dernière Balade de Jean Townsend de Fred Vermorel et Paul Simon Bouffartigue aux éditions Sonatine https://www.lagriffenoire.com/1088745-romans-la-derniere-balade-de-jean-townsend.html • Les fruits tombent des arbres de Florent Oiseau aux éditions Allary https://www.lagriffenoire.com/1088735-romans-les-fruits-tombent-des-arbres.html • Tokyo, la nuit de Nick Bradley et
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