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EAN : 9782376863601
128 pages
Editions ActuSF (21/05/2021)
4.02/5   32 notes
Résumé :
Chidera est une enfant malheureuse, mal aimée par ses parents. Elle rencontre un jour des esprits dans la forêt, qui vont tracer un tatouage sur sa main, et lui transmettre leur art Uli. Désormais, la magie des dessins de Chidera va, elle, métamorphoser la tristesse en joie.

Un récit plein de tendresse et de bienveillance par l’autrice de Binti, Nnedi Okorafor, superbement mis en images par Benjamin "Zariel" Chaignon.
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Nnedi Okorafor nous embarque dans un conte africain plein de poésie. Les éditions ActuSf accompagnent cette magnifique histoire avec de superbes illustrations de Zariel (Benjamin Chaignon), ce qui fait de ce livre un petit bijou !

Chidera est une jeune enfant triste et malheureuse. Coincée dans un quotidien sans saveur et sans amour, Chidera va voir son destin changer par une rencontre avec les esprits de la forêt qui vont lui offrir le pouvoir de la magie du dessin.

Nnedi Okorafor maîtrise le conte et nous immerge totalement dans sa magie. La Fille aux mains magiques est un très court récit plein de poésie et de tendresse que j'ai pris énormément de plaisir à découvrir. Une jolie parenthèse qui transpire le voyage qui fut très agréable et plein de beaux messages !
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Après Jean-Laurent del Socorro (« La guerre des trois rois ») et Alan Moore (« L'hypothèse du lézard »), c'est au tour de Nnedi Okorafor de faire son entrée dans la toute nouvelle collection graphique d'ActuSF avec « La fille aux mains magiques ». Marc Simonetti et Cindy Canévet laissent quant à eux leur place à Zariel, auteur de l'ovni graphique et littéraire « Zombies – Mort et vivant », publié l'an dernier chez le même éditeur. La novella se déroule au Nigéria et met en scène une jeune fille, Chidera, dont l'enfance est particulièrement malheureuse. Coincée entre une mère déprimée et un père colérique, la petite fille ne brille ni par sa beauté ni par son intelligence mais fait preuve de beaucoup de bonne volonté, aussi vit-elle très mal le manque d'intérêt de ses parents. Un événement va toutefois venir bouleverser son quotidien : sa rencontre dans la forêt avec trois esprits féminins qui vont éveiller chez elle un don jusqu'à présent endormi : celui du dessin. Pour Chidera c'est une vraie révélation, et son talent va peu à peu avoir des effets bien au-delà des simples supports sur lesquels elle s'essaye à la peinture. J'avais découvert Nnedi Okorafor il y a longtemps avec « Qui a peur de la mort », puis plus récemment avec l'excellent recueil « Kabu Kabu », et cette nouvelle oeuvre ne fait que renforcer tout le bien que je pense du travail de l'autrice. Loin de l'ambiance oppressante de « Qui a peur de la mort », qui abordait des thèmes rudes comme l'excision ou le viol comme arme de guerre, « La fille aux mains magiques » est un texte très positif qui prend des allures de contes d'apprentissage. Bien que parfaitement adapté à un lectorat adulte, la novella peut ainsi tout à fait être lue par de plus jeunes lecteurs qui ne trouveront dans le texte qui bienveillance et incitation à la création.

Comme la plupart des textes de l'autrice, l'histoire se déroule au Nigéria, et les particularités propres à la culture et aux paysages africains participent à stimuler la curiosité du lecteur. Nnedi Okorafor y décrit succinctement le quotidien d'un petit village nigérian : les spécialités culinaires, la socialisation des femmes au puits ou au marché, l'habitat, les croyances et traditions… On est finalement très proche ici de certaines nouvelles au sommaire « Kabu Kabu » qui faisaient la part belle à un Nigéria fantasmé, où les esprits arpentent quotidiennement la terre et abreuvent ses habitants de leur magie, de même semble-t-il que de « Binti », que je n'ai pas encore eu l'occasion de découvrir. L'autrice accorde une place particulière dans son récit aux personnages féminins puisque, outre l'héroïne, plusieurs jeunes filles ou aînées du village vont participer à l'épanouissement de Chidera. le surnaturel est quant à lui peu présent, quand bien même son intrusion est à l'origine des changements dans la vie de la jeune fille, et ne revêt à aucun moment une forme effrayante ou dérangeante comme c'est souvent le cas dans ce type de récit. A l'exception du père de l'héroïne, les autres personnages sont d'ailleurs du même acabit et adopteront tous une attitude bienveillante et compréhensive qui fait un bien fou au lecteur. Les dessins eux, sont un peu particuliers et, si je n'ai été que peu sensible aux illustrations en noir et blanc de l'artiste, je dois reconnaître que les quelques planches en couleur m'ont fait beaucoup d'effet tant elles retranscrivent à merveille l'ambiance et la positivité du texte. Illustrations et narration s'équilibrent parfaitement tout au long de l'ouvrage et la combinaison des deux permet indéniablement de renforcer l'immersion dans cette Afrique ou modernité et traditions coexistent et s'entremêlent, notamment par le biais des femmes.

« La fille aux mains magiques » vient enrichir la jeune collection « Graphic » des éditions ActuSF et séduit aussi bien par la bienveillance qui se dégage du texte d'Okorafor que par l'immersion renforcée dans ce Nigéria fantastique provoquée par les illustrations de Zariel. Une belle découverte, qui constitue une excellente porte d'entrée à l'univers de l'autrice pour ceux qui ne la connaîtraient pas encore.
Lien : https://lebibliocosme.fr/202..
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Un court conte plein de magie, de puissance féminine, de nature mystique et d'art, l'art qui libère et qui fédère.
Une fable qui vous accompagnera même une fois que vous en aurez oublié les détails. Parce qu'elle transporte une douceur d'espoir qui dépasse son récit.
Le tout superbement illustré, pour mettre en images et en couleurs l'histoire de cette petite fille et son trait. Un beau livre à découvrir vite si vous le pouvez.

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"La fille aux mains magiques" aborde le thème de la création. Quel déclencheur pousse un artiste à se lancer ? Combien de temps devra-t-il travailler pour perfectionner son art ? Est-ce que sa pratique aura des conséquences sur sa vie quotidienne ? Et sur le regard des autres ?

Nnedi Okorafor nous propose d'explorer ces questions aux côtés de Childera, petite fille issue d'une famille triste et pauvre. Une rencontre va lui révéler son talent de dessinatrice et ainsi changer sa vie et le regard que lui portent les autres.

Cette histoire prend la forme d'un conte, avec une touche de magie. Mais elle montre bien l'importance du travail et de la persévérance pour développer son talent.

Les illustrations de Zariel mêlent motifs ethniques et portraits de personnages proches de la BD. Son utilisation du noir et blanc est en accord parfait avec l'histoire.

Je ne me souviens plus ce qui nous a poussés à emprunter ce livre, mais tant mon loulou (qui a eu un nouveau coup de coeur) que moi sommes ravis de l'avoir découvert !
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ActuSF a encore frappé fort pour sa collection Graphic en réunissant deux valeurs sûres : l'incroyable autrice Nnedi Okorafor (que j'ai découverte avec Binti) et le talentueux Zariel, artiste ayant déjà réalisé de nombreuses couvertures pour la maison d'édition, et également auteur d'un des derniers olni de chez ActuSF, Zombies, mort et vivant. Cet ouvrage est très soigné, avec une couverture cartonnée, une bandelette marque-page en tissu, et bien sûr, de magnifiques illustrations tout au long de la lecture. Mention spéciale aussi pour le cahier graphique final, qui comporte les recherches pour les personnages, mais aussi quelques dessins colorés.

Chidera est une petite fille on ne peut plus normale : élève moyenne, fillette sans histoire, elle vit avec ces deux parents dans la pauvreté une existence triste et monotone. Jusqu'au jour où sa route va croiser celle de trois femmes chantant dans la forêt. L'une d'elles dessine une feuille sur sa main, motif qui ne s'effacera plus. Cela semble éveillé en elle un don caché pour le dessin, et à partir du moment où elle trouve un stylo par terre, elle ne va plus s'arrêter de crayonner tout ce qui lui passe sous la main.

J'ai beaucoup aimé la façon dont cette histoire nous est narrée, par un villageois, une personne extérieure à son entourage proche, mais qui semble tout de même bien la connaitre. L'histoire de cette petite fille qui se découvre elle-même et qui va pouvoir grâce à ce talent auparavant caché sauver sa famille de la misère est puissante, attendrissante et émouvante. Il aura fallu cette aide du destin pour qu'elle reconnaisse qu'elle a un don artistique, qu'elle le développe et qu'elle ose s'affirmer en tant que personne.

Elle est pour cela bien entourée : sa mère l'aide dans sa démarche et ses amies à l'école l'encourage également. Un seul élément m'a un peu chiffonnée: le père de Chidera ne l'estime pas du tout avant qu'elle découvre son talent. Il voulait un garçon et la considère avec dédain et mépris. Cela change du tout au tout quand elle commence à ramener de l'argent à la maison grâce à son art. C'est même lui qui va la pousser à aller voir l'ancienne du village pour perfectionner sa technique et apprendre à maitriser les textures et les couleurs, mais cela me mettait mal à l'aise par rapport à la jeune fille : a-t-il changé parce qu'il est heureux de la voir s'épanouir ou ne s'y intéresse-t-il qu'en tant qu'investissement ?

La force des traditions est aussi soulevée dans ce récit. En effet, l'art développé par Chidera est tiré de l'ancien temps, celui où on dessinait encore des symboles sur les gens et les objets pour leur donner du pouvoir, de la force. Elle va à la fois s'approprier son don, mais aussi se réapproprier cette culture oubliée, effacée par la modernité, et qui cache une force insoupçonnée. C'est d'abord sur ses camarades de classe qu'elle s'entrainera, pour ensuite subjuguer les adultes. Une façon de faire ressortir ses racines et de faire renaître les croyances anciennes.

Les illustrations de Zariel parsèment le récit de ces symboles. Il représente à la fois la faune et la flore qui entoure Chidera, mais aussi les personnes qu'elle rencontre dans son « voyage ». Ces dessins sont nombreux, en noir et blanc, et ajoutent à l'atmosphère exotique et fantastique du récit. Un réel plus pour ce texte déjà très riche !

Un roman graphique court qui m'a énormément plu : Chidera, petite fille sans histoire, découvre qu'elle a un don pour le dessin et va par la même occasion raviver les traditions de ces ancêtres. Un récit plein de force, de courage et de belles émotions, enrichi par les illustrations atypiques de Zariel. Un livre à mettre entre les mains des petits et grands !
Lien : https://livraisonslitteraire..
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critiques presse (2)
SciFiUniverse
13 juillet 2021
Conte fantastique africain, le nouveau livre de Nnedi Okorafor est un petit bijou de douceur. Le destin d'une jeune fille est l'occasion d'évoquer l'art et son effet sur les gens. Le style poétique de l'autrice se combine à merveille aux illustrations de Zariel. Un superbe ouvrage !
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Elbakin.net
21 juin 2021
Mais c’est une lecture bienveillante dont on sort apaisé et avec la sensation qu’il est encore possible d’agir pour le meilleur dans la société qui nous entoure, à quelque niveau que ce soit.
Au bout du compte, il n’y a pas de petit geste !
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Il y a un proverbe que nous, les Igbos, aimons employer : nya onya by nke onye. « Une chose à soi demeure à soi. » Toutes les peintures réalisées par Chidera sur les maisons, les écoles, à l'intérieur de bâtiments administratifs ou sur les murs à l'intérieur des maisons, toutes lui appartiendront à jamais. Elle pourra toujours regarder en arrière et se dire : « J'ai fait ça. » Personne ne pourra le lui enlever. Elle possède quelque chose d'une grande valeur. Pas nécessairement ses peintures, mais ses mains magiques, celles qui peuvent créer. (p.114)
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Immobile, elle observa la femme qui dessinait. Sa main bougeait avec une précision et une vitesse d’experte. La feuille tracée était parfaite dans sa simplicité. Quand la femme eut fini, Chidera fixa sa main avec un sourire abasourdi sur le visage. Elle brillait de la même lueur que les motifs alentour. Comme si, sous l’encre noire, sommeillait un éclair.
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Qui sait ? Peut-être que je vous ai inspiré pour dessiner l'arbre près de chez vous. Ou l'insecte qui vient juste de passer, ou encore le moustique qui vous a piqué hier. Commencez par des choses simples. Même le plus magnifique des dessins débute par une seule ligne. Et cette ligne est comme une route : vous ne savez jamais jusqu'où elle vous mènera. (p.116)
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Et alors qu'elle était à l'école, une fois, un instituteur avait dit quelque chose qui lui était resté en tête : " La mer peut détruire le plus grand des navires, puis s'adoucir et nourrir les baleines et les poissons. Elle est à la fois terrible et généreuse."
Exactement comme maman, avait-elle alors pensé.
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Les enfants malheureux sont souvent le résultat de parents malheureux. Chidera ne faisait pas exception.
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Videos de Nnedi Okorafor (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nnedi Okorafor
Cette semaine, la librairie Point Virgule vous propose de passer par l'art pour soigner les cœurs et les esprits, nottament des plus jeunes, à travers divers lectures ou exercices pratiques.
- La fille aux mains magiques, Nnedi Okorafor & Zariel, ActuSF, Collection Graphic, 20€ - Le Château des Papayes, Sara Pennypacker, Gallimard Jeunesse, 16€ - Coloriages, Joëlle Jolivet, Les Grandes personnes, 10€ - L'art en bazar, Ursus Wehrli, Milan, 14,95€
Musique du générique d'intro par Timo Vollbrecht.
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