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Sébastien Cagnoli (Traducteur)
EAN : 9782234069473
528 pages
Éditeur : Stock (07/09/2011)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 226 notes)
Résumé :
Les "vaches de Staline", c'est ainsi que les Estoniens déportés en Sibérie désignèrent les maigres chèvres qu'ils trouvèrent là-bas, dans une sorte de pied de nez adressé à la propagande soviétique qui affirmait que ce régime produisait des vaches exceptionnelles.
C'est aussi le titre du premier roman de Sofi Oksanen, dont l'héroïne, Anna, est une jeune finlandaise née dans les années 1970, qui souffre de troubles alimentaires profonds.
La mère de cell... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
mariech
  22 mai 2012
Les vaches de Staline est le premier roman de Sofi Oksanen , écrit avant Purge .
Comme Anna dans le roman , Sofi O. est née en Finlande de père finlandais et de mère estonienne .Le récit alterne entre l' Estonie et la Finlande pendant les années 50 jusqu'au années 90 .
La période la plus terrible se passe en Estonie à la fin de la guerre lorsque l' Estonie devient communiste , dénonciations , déportations massives sont le lot des personnes qui se révoltent contre Moscou , les partisans de l' Estonie libre , considérés comme ennemis de l'état , comme fascistes , et cela sans nuances , les enfants , amis même lointains sont tous déportés. La mère d' Anna a vécu son enfance pendant cette période de terreur , au début des années 70 , elle rencontre un Finlandais de passage à Tallin , à ce moment il y a beaucoup d'échanges entre la Finlande et les pays communistes .Katariina va se marier avec 'le renne' et va empêcher sa fille de parler estonien , de dire qu'elle est d'origine estonienne . Les deux cultures sont antinomiques et cla va provoquer bien des dégâts chez Anna qui souffre de graves troubles alimentaires .
De chaque côté de la frontière , c'est l'incompréhension , les malentendus . Quand elle voyage en Estonie , Katariina doit apporter des cadeaux pour tous les membres de sa famille mais aussi des pots de vin pour passer la douane et ne pas s'attirer d'ennuis , tellement de cadeaux , qu'elle en arrive au paradoxe de devoir se priver tout en vivant dans une société d'abondance ., elle suscite la rancoeur , la jalousie , personne ne la croit quand elle dit qu'il y a du chômage en Finlande , que c'est vrai qu'on n'y connaît pas de restrictions , qu'on trouve de tout dans les magasins mais que tout coûte cher . En Finlande , on ne peut pas parler des années sous Staline , les gens ne peuvent pas croire que tout cela a existé .
Anna navigue difficilement entre ses deux mondes , puis lorsque le bloc communiste s'effondre , il lui reste un sentiment intense de nostalgie , le monde de sa mère , le monde quelle a connu enfant , n'existe plus , tout s'occidentalise , les panneaux publicitaires , les MacDo envahissent l' Estonie , Anna ne retrouve plus les bonbons de son enfance .
Même le magasin du village devient un Spar , il y a quelque chose du film ' Goodbye Lénin ' dans ses pages .
J'ai beaucoup aimé ce roman même si l'écriture hachée rend parfois la lecture ardue , certains passages sont peu clairs et on a du mal à s'y retrouver , mais dans l'ensemble , j'ai passé un bon moment de lecture , ce livre est un témoignage plus qu'un roman . J'ajouterai que je l'ai trouvé moins noir que Purge , car à la fin du roman , il y a une note d' optimisme , Anna n'est pas guérie de ses troubles alimentaires mais elle en a pris conscience .
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Roggy
  30 juillet 2017
Sofi Oksanen signe un premier roman rude, âpre, en prise directe avec les destins, celui d'une mère et de sa fille.
Deux parcours marqués par les changements politiques d'une nation en désagrégation. Pour la mère la lutte pour l'intégration passait par « oublier et cacher » son identité de peur d'être stigmatisée et refusée. Pour la fille cela signifie ne pas comprendre qui elle est et somatiser sa quête d'identité et son refus d'oublier ses vraies origines par une plongée vertigineuse dans la boulimarexie.
Certains passages très crus sur les dessous de la boulimie/anorexie, sont durs à encaisser, on étouffe, on ressent le mal-être et la douleur.
Sofi Oksanen a le sens de la construction croisée, stratifiée, pour mieux nous alerter que le présent se nourrit du silence des générations précédentes.
Cette quête de passé et d'identité presque incongrue dans ce décor, vibre d'une vitalité et d'une force véritablement poétique, alliage réussi de ce roman original et poignant.
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ster
  01 novembre 2011
J'ai mis beaucoup de temps à vraiment comprendre ce qui m'émouvait autant dans ce roman. le personnage principal, Anna, ne m'était pas particulièrement sympathique mais me touchait profondément. Derrière la dureté, l'apparente indifférence, le silence, la honte et l'anesthésie à sa propre souffrance. Anna est née en Finlande mais sa mère vient d'Estonie et sur ce passé si proche et envers ce pays si proche, il y a interdiction de parler, interdiction maternelle. le secret est total alors que les allers-retours Finlande-Estonie sont fréquents pour rendre visite à la grand-mère. La méfiance générale que la mère colporte de sa jeunesse jusqu'à celle de sa fille s'explique par les déportations d'Estoniens en Sibérie courantes dans les années 50.
Anna enfant est écartelée entre un monde d'opulence, une société de consommation où il est facile de tout avoir et un pays qui vit encore, à quelque chose près, comme au XIXe siècle et avec lequel elle entretient un rapport affectif fort. Ainsi des lieux, des goûts, des odeurs "différentes", plus authentiques, tout cela étant attaché d'une manière ou d'une autre à la figure grand-maternelle. Entre ces deux mondes, il y a Anna et une souffrance indiscernable, silencieuse. Sans mots pour la remarquer, c'est comme si elle n'existait tout bonnement pas.
En Estonie, du temps de la jeunesse de la mère (années 70), il n'y avait rien que de longues files d'attente, en Finlande, il y a tout. La souffrance d'Anna ne se manifeste que dans la rapport à la nourriture (anorexie-boulimie) et dans cette apparence de perfection (corps désirable, façade entretenue à la perfection, cachant l'effondrement et l' impossibilité d'avoir des relations de confiance avec autrui.)
Ce roman est également remarquable parc la grande attention qu'il porte aux détails sensoriels, atmosphères, goûts, matières, vêtements décrits avec sensualité, rendant des mondes lointains familiers. Il réussit également à rendre compte de l'influence de l'histoire des sociétés malades et caricaturales sur les individus (paranoïa légitime et répandue en Estonie face aux dénonciations et déportations, société de consommation en Finlande dont fait partie celle des'"putes estoniennes" par les Finlandais). L'influence de cette histoire a pénétré jusqu'au plus intime de l'être d'Anna.
Ce livre est dur sans être désespérant. Si l'enfer de la maladie dont souffre Anna est présent, le personnage n'est pas condamné, il réussit avec beauté à s'ouvrir à une autre façon de communiquer, une autre façon d'être. Parce qu'au fond, la maladie dont il est question est une maladie de l'avoir, du paraître et de la difficulté à "être" libre.
C'est un livre très attachant, d'une grande intelligence, je n'ai pas senti qu'il s'agissait d'un premier roman, ce que d'autres lecteurs ont souligné, j'ai senti au contraire un roman très maîtrisé, possédant une grande force, celle du vécu.
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sultanne
  04 octobre 2012
Votre rouge, Madame Oksanen, n'est pas le notre. Rouge sang, rouge obsédant ; votre rouge est celui de la sensualité, de la sexualité, il tire un peu, parfois, sur la pornographie.
Votre roman, Madame Oksanen, n'a rien à voir avec mes romans. Mes romans à moi rebondissent et virevoltent dans une épidémie de péripéties. Là où vous affirmez votre identité estonnienne, Madame Oksanen, vous n'échappez pas à une étrange filiation avec le roman russe : dans ce soucis du détail, je reconnais Tolstoï ; dans votre héroïne dépassée par une force intérieure qui la dévore, je reconnais Dostoïevski ; dans votre kitch du vomi, je reconnais le kitch de la merde et, par là-même, celui de Kundera. Oui, me direz-vous, mais ce n'est pas le même orifice... vous me concèderez que c'est bien la même tuyauterie... Mais ce ne sont là que mes repères de petite européenne (de l'Ouest, je le précise).
Alors bravo à vous, Madame Oksanen, non seulement parce que vous honorez le prénom que nous portons toutes deux, mais aussi, et surtout, pour le courage que vous avez eu de malmener mes petits clichés occidentaux, celui de la pute de l'est, notamment ; cliché qui perdure intact depuis la fin de la seconde guerre mondiale jusqu'à ce jour et du fin fond de la Finlande jusqu'au pays des droits de l'homme. Et cette pute de l'est, dont la taille de guêpe fait blémir la bonne mère de famille française et que nos maris engraissent allègrement et si discêtement, en bons pères de famille qu'ils sont, celle que nous regardons tous avec tant de condescendance, en bons petits occidentaux que nous sommes.
Et bien, Madame Oksanen, vous avez eu le cran de nous jeter à la figure, et sans vergogne, le cliché le plus honteux que nous entretenons depuis des décennies et de nous montrer que la pute de l'est, dans un dernier sursaut d'humanité, là où Césaire, le Grand Césaire, peut encore s'esclaffer de nous voir "remâcher le vomi de Hitler", elle, la pute de l'est, traînée dans la fange, exploitée et humiliée, roulée dans la merde de son propre bourreau, elle est capable, sans dire un mot, de se relever des années après, de parcourir à pieds les centaines de kilomètres qui la séparent de sa ville natale et, l'estomac noué de plusieurs générations meurtries, d'aller vomir sur la tombe d'un Lénine ou d'un Staline.
La puissance de vos non-dits, Madame Oksanen, me laisse sans voix et, si elle ne correspond pas à mes petits poncifs d'étudiante savante, elle a su me toucher là où sa fait hum...
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Kirsikka
  25 janvier 2016
Curieux enchevêtrements, étranges correspondances. Après Illska dont l'héroïne, Agnès, est islandaise-lituanienne, je lis l'histoire d'Anna, finlandaise-estonienne. Et cette même construction faites de flash-back et de récits entrecroisés, retour sur une période douloureuse, l'après-guerre et l'annexion de l'Estonie à l'URSS, les dénonciations, les déportations, les pillages.
Anna a grandi en Finlande, le pays de son père. Mais elle est perdue dans ce pays terne et froid, elle ne revit que lors des retours en Estonie avec sa mère, l'été.
Son monde est fait de matrones soviétiques, de chocolats bien serrés dans des boîtes généreuses, de soupe de chou à la crème aigre, de frous-frous et de maquillage de quelques kopecks, de couleurs criardes, des jambes poilues des svetlanas tatianas sous les robes en chintz, de putes russes chics, du bleu kholkoze.
Et pourtant c'est un monde de méfiance, de trafics, de démarches administratives sans fin, de corruption, il faut se méfier de tout le monde, des amies, des tantes et des cousins. Il faut savoir se débrouiller, jouer à cache-cache avec les autorités, interpréter les signes et les moindres paroles, trouver des moyens toujours plus détournés pour arriver à ses fins.
Quelle est l'identité d'Anna ? Que veut-elle ? Que ressent-elle ? Elle ne sait pas. Elle ne peut célébrer la moindre petite joie qu'avec une séance de nourriture qui sera suivie des vomissements. Elle veut être parfaite, elle s'impose une discipline de fer, chaque geste, chaque acte s'insère dans un ensemble complexe dont la logique est implacable, son Seigneur est exigeant et ne lui laisse aucun répit. Tout relâchement est dangereux, il pourrait trahir Anna, ses origines, la rendre vulnérable.
La tension de cette jeune femme lucide et intelligente se dénoue dans les dernières pages, incroyablement belles et nostalgiques de l'Estonie soviétique qui disparaît pour une Estonie moderne où tout le monde arnaque cyniquement ; et pourtant, Anna renonce aussi à la nostalgie de pacotille, à l'émerveillement touristique et factice. Elle voudrait retourner chez elle mais sait que c'est devenu impossible. Alors elle change, elle accepte ce qu'elle est, de n'être pas parfaite, elle parle de ses origines, et il ne se passe rien, elle n'a plus honte.
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critiques presse (6)
Telerama   16 novembre 2011
Son héroïne est anorexique, et le vide qu'elle cherche à faire à l'intérieur de son corps s'infiltre dans tout le roman. Il y a une grande nécessité d'éliminer, de décaper, chez Sofi Oksanen, écrivain de la réparation qui sait panser les plaies avec douceur.
Lire la critique sur le site : Telerama
LaPresse   07 novembre 2011
Condensé des horreurs soviétiques au ton glacial et aux descriptions tranchantes, Les vaches de Staline n'est pas de tout repos.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Actualitte   17 octobre 2011
Une impression d’éparpillement et de confusion qui n’aide pas à s’approprier l’histoire, agace un peu quand elle n’ennuie pas, définitivement ; mais traduit sans doute avec excellence l’incommunicabilité entre les personnages.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Actualitte   07 octobre 2011
A l’instar de Purge, le fonds historique est important, imposant, omniprésent et pas vraiment immédiat dans la culture du lecteur français ; aussi devient-il parfois pesant et obscur, peu facilitateur d’une construction déjà bien anarchique. Bref, une impression d’éparpillement et de confusion qui n’aide pas à s’approprier l’histoire, agace un peu quand elle n’ennuie pas.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Lexpress   22 septembre 2011
Violent réquisitoire contre le communisme, confessions croisées de deux femmes bannies de leur propre histoire, Les Vaches de Staline commence à la manière d'un brûlant exorcisme mais finit, hélas, par donner la nausée. Parce que Sofi ressasse trop ses malheurs, tourne en rond et s'empêtre dans un scénario de plus en plus assommant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs   06 septembre 2011
Si les qualités de «Purge», à commencer par un usage tolstoïen du détail, s'y retrouvent à l'état embryonnaire, «les Vaches de Staline» tient avant tout du premier roman autobiographique à la sauce durassienne. Malgré les excès que ce genre implique, et en dépit d'une longueur aberrante (plus de 500 pages), on doit reconnaître que ces «Vaches» tiennent sur leurs pattes.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
jalibertjalibert   07 septembre 2011
J'ai cousu ma bouche et inventé pour mon corps une langue où les kilos sont des mots, où les syllabes sont des cellules, une langue où les reins endommagés et les viscères déchirés sont des règles de grammaire. Je me suis tue et j'ai parlé. Ma gorge est sèche et rugueuse, la boulimie fait de toutes choses une terre vierge, d'une forêt équatoriale un désert, ma tentative de chanter ressemble à un croassement de corneille, les mots sont confus, mes phrases n'ont pas de sens, comment pourrais-je donc comprendre moi-même, et pourtant je suis obligée d'être. Pas de moyen d'y échapper. Obligée d'exister. Obligée de le savoir. Obligée de savoir ce que je ressens. Obligée de savoir que je suis là. Obligée de comprendre que ce corps se dessèche, s'évapore, disparaît, oui, c'est ce qu'il fait, mais avec une lenteur tellement infinie que le voyage vers l'inexistence est infiniment long, et pendant ce long voyage on a le temps de penser à toutes sortes de choses, même si on n'en a pas la force, même si on essaye de ne pas penser on va tomber sur toutes sortes de gens et on se retrouve dans toutes sortes de situations, on a beau essayer de se dissoudre dans le non-penser et le non-être, ce voyage est trop long et l'accomplir requiert trop de volonté, et la volonté c'est l'être, et être c'est penser. Quel voyage sans fin.
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RoggyRoggy   31 juillet 2017
Je m’efforçais de venir à bout de la honte, de la flageller, jusqu’à ce qu’elle s’échappe en un vomissement sanguinolent où surnageait du pain français cuit au beurre avec des lambeaux de ma honte, des fœtus avortés que je jetais dans la cuvette des WC, parmi les saucisses et le suc gastrique qui dissout tout.
Ma honte n’était même pas comme celle que procure une maladie grave, dans laquelle on peut se complaire et se mortifier. Inavouable, ma honte devenait inachevée, difforme, rachitique, quelque chose d’insaisissable, même en essayant de rationner mon alimentation.

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AproposdelivresAproposdelivres   18 février 2020
MA
PREMIÈRE
FOIS, c’était différent. Je croyais que ce serait atroce, compliqué, sale et gluant. Je croyais que mes entrailles cracheraient du sang et que j’aurais deux fois plus mal au ventre. Je croyais que je n’y arriverais jamais, que je ne pourrais pas, que je ne voudrais pas, mais quand les premiers craquements de mes abdominaux me sont parvenus aux oreilles, mon corps en a décidé pour moi. Il n’y avait pas d’alternative.
C’était divin.
La flamme du briquet a fait scintiller mes yeux à l’éclat fatigué. Ma première cigarette après ma première fois. Ça aussi, c’était divin. Tout était divin.
La seule chose qui l’emportait, c’était la satisfaction et le triomphe. J’avais peut-être la voix un peu rocailleuse et éraillée, mais bon.
Et j’ai su qu’il y aurait une deuxième fois. Une troisième. Une centième. A chaque fois, bien sûr, ça ne se passerait pas comme ça. Pour certains, la première fois reste la dernière, mais pas pour ceux qui sont bons à ça et bons pour ça.
Moi, j’ai été bonne à ça tout de suite.
Certes, mon inexpérience m’a fait vomir dans le lavabo, la première fois. La deuxième fois encore. Peut-être que la lunette des WC était un peu trop basse, humiliante.
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mariechmariech   22 mai 2012
Chez moi , la vendeuse du magasin de village ajoute à l'addition la valeur des bouteilles restituées , au lieu de la déduire de la somme finale , elle fait tinter le boulier en un rapide va-et-vient , de sorte que de l'autre côté du comptoir on ne peut pas suivre .
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Pixie-FlorePixie-Flore   13 juillet 2015
La grand-mère soupçonnait tour à tour Linda et Maria, la mère soupçonnait n'importe qui, moi je me taisais et j'écoutais comment on se méfiait des uns après les autres, chacun était accusé de tous les maux, car l'être humain est fondamentalement mauvais. Et, avant tout, égoïste. Le socialisme ne réussirait jamais ailleurs que sur le papier pour la simple raison que les doigts de tout le monde ne se tendent que vers soi, vers l'intérieur, même quand la main s'avance pour donner. La mère faisait ce geste partout, tandis qu'elle écoutait les souhaits et l'amabilité mielleuse, ses doigts se crispaient comme les serres d'un oiseau de proie.
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