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ISBN : 2350873773
Éditeur : Editions Héloïse d'Ormesson (25/08/2016)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Hiver 1867, la famine frappe la Finlande. Marja abandonne ferme et mari avec Mataleena et Juho, ses deux enfants, pour tenter de rejoindre Saint-Pétersbourg et ses promesses de vivres. Mais la route est longue jusqu’à la capitale de l’Empire russe et nombreux sont ceux qui, poussés par la faim, se dirigent vers le sud. Le froid mordant, la fatigue et la peur tentent d’avoir raison de l’humanité de ceux qui se battent pour leur survie, réduits à des spectres faméliqu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
mesrives
  28 avril 2017
La faim blanche est un récit d'Aki Ollikainen sur l'hiver 1867 en Finlande. 
Un hiver terrible, glacé, froid, et noir où sévit une famine dramatique : depuis plusieurs saisons les greniers se vident car les récoltes sont insuffisantes et les conditions météorologiques défavorables n'arrangent rien (été pluvieux).
Le gouvernement du Grand Duché de Finlande observe mais laisse la situation s' enlisée, les importations sont bloquées ...
Un cortège interminable de paysans affamés, faméliques, affluent sur les routes en direction de régions plus clémentes amenant avec eux le typhus, le scorbut...
L'auteur, Aki Ollikainen, nous fait vivre de l'intérieur l'insoutenable dérive physique et morale de cette population acculée à une errance interminable sur les chemins enneigées et ténébreux de cet hiver interminable.
Nous suivons dans ce périple hivernal une famille dont le seul choix est celui de partir car il y a des bouches à nourrir : Marja, l'épouse de Juhani, s'y résigne car elle espère un avenir meilleur pour sa fillette Mataleena, et son dernier né Juho.
Mais ce périple hivernal et surhumain grâce à la plume poétique de l'auteur et son talent se transforme en une odyssée blanche au milieu d'étendues glacées où l'espoir est encore tangible.
Je suis sortie glacée et émerveillée par les tours de passe-passe de l'auteur.
Littéralement soufflée par l'univers onirique qu'il a réussi a créé dans un tel contexte !
La personnification de la faim en chat noir, griffant et griffu, lacérant les estomacs vides, la mort, elle, serpent visqueux à l'oeil doré, attendant tapi dans un recoin, l'instant fatidique pour assuré sa morsure létale.
Les visions, les rêves et cauchemars de Marja dus à l'épuisement physique sont aussi réels que les embûches et les épreuves rencontrées dans sa traversée abyssale.
Et puis il y a aussi ces deux mondes qui se côtoient, s'affleurent et parfois se rencontrent : celui du petit peuple, celui de Marja et celui des bourgeois, des notables qui se cachent derrière la fumée de leur pipe en porcelaine et la buée qu'ils dégagent sur les carreaux de leurs fenêtres.
Une odyssée blanche qui se transforme miraculeusement en conte lumineux avec l'arrivée de l'été.
« Le flanc de la barque a cédé. Elle n'a pas survécu à l'hiver. Les planches n'ont pas résisté au poids de la neige. le garrot à oeil d'or file hors de son trou et survole l'esquif défoncé. le bruit du battement de ses ailes se déploie au-dessus du lac, jusqu'à ce que le vent le dissolve dans un parfait silence. Soudain, résonne le cri nuptial d'un plongeon arctique solitaire. »
Belle performance pour ce premier roman de Aki Ollikainen publié en France en 2016 (2012 en Finlande) qui nous immerge dans l'espérance de jours meilleurs et la détresse de tout un peuple au bord de l'agonie, terrassé par la faim blanche, une des plus grandes famines qu'il ait connu : « les années de grande faim » de 1866 à 1869.
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nadiouchka
  06 février 2019
La Finlande. le terrible hiver 1867 avec pour conséquence principale une famine qui ravage le pays.
Aki Ollikainen, nous en parle dans « La Faim blanche » (« Nälkävuosi »), blanche comme la neige qui recouvre de son linceul immaculé le paysage mais aussi les êtres qui sont encore vivants, mais pour combien de temps.
Se basant sur un fait historique méconnu (au milieu du XIXe siècle), l'auteur nous a livré un premier roman court mais d'une beauté glaciale.
C'est l'histoire la plus sombre de ce magnifique pays, un récit qui arrive à être un peu poétique. « La mort est blanche. Aux enterrements on se drape de noir. Ceux qui vivent se revêtent de noir. La mort aussi est en noir, engoncé dans les plus beaux vêtements qu'il possédait de son vivant, mais son visage est toujours blanc. Quand son âme le quitte, seul reste le blanc. » (p.35)
On suit Marja qui se voit obligée de laisser son mari Juhani mourant et part avec ses deux enfants : sa fille Mataleena et son fils Juho. Son idée est de prendre la route vers Saint-Pétersbourg où elle espère de meilleures conditions de vie (ou de survie) : « Marja ne peut imaginer que quiconque soit livré à la faim dans la ville du tsar. À Saint-Pétersbourg, il y a du pain pour tous sans qu'on ait besoin d'y mélanger de l'écorce, du lichen et encore moins du foin. Mais Saint-Pétersbourg est loin. Ce n'est pas derrière la prochaine colline, ni après le village suivant. Mais loin, en Russie. » (p.62)
Et en écrivant ce mot « route », cela m'évoque immédiatement Cormac McCarthy. Mais le sujet m'a aussi fait penser à « Vongozero » de Yana Vagner (chroniqué depuis un certain temps mais qui m'est resté en mémoire). La différence est qu'ici, le drame est bien présent et non post-apocalyptique.,
La route est implacable – peu de personnes viennent en aide même en voyant les enfants. Et le premier drame survient, suivi d'un autre.
C'est terrible, impitoyable – ça vous prend aux tripes malgré les magnifiques paysages enneigés. On traverse des endroits tels que Vääräjärvi ou Katajanokka. Pour le lecteur, ce n'est pas la faim qui tord le ventre, c'est le désarroi de ces êtres.
Dans cet ouvrage, l'auteur décrit en parallèle ces miséreux affaiblis squelettiques, souvent malades du scorbut ou du typhus,qui tracent la route et des notables de la ville. Avec ces deux mondes si différents, on ressent de la révolte et on ne ressort pas du tout indemne de cette lecture : elle continue à nous hanter car elle est très éprouvante. Ce froid est si cruel, intense et le destin de ces malheureux si incertain que l'on ressent de l'angoisse chaque fois que Marja tente d'obtenir de l'aide, trop souvent en vain : il y a trop de mendiants comme elle !
Voyage tragique – Espoir ? Mort ? Voyage de la dernière chance ?
C'est un récit très puissant bien que l'ouvrage ne soit pas bien épais et se lise en peu de temps. Aki Ollikainen, journaliste et photographe professionnel nous décrit à la perfection cette longue marche de la faim dans des paysages à couper le souffle. On passe de l'angoisse à la colère – de la tristesse à l'inquiétude – on voit la méchanceté des uns et l'égoïsme des autres….
J'ai relevé deux critiques qui résument bien ce livre qui a obtenu un succès bien mérité à sa parution :
« Dans des pages bouleversantes par leur simplicité, par une forme de pudeur aussi, Aki Ollikainen, sans jamais émettre le moindre jugement, raconte le drame de la famine, telle que l'affrontent Marja et ses enfants. » (Sylvie Bressler , 15 septembre 2016).
« Pour son premier roman (…) Aki Ollikainen se penche sur une des pages les plus sombres de l'histoire de la Finlande. Il signe un récit poétique: une ode à la détermination de l'être humain, prêt à tout pour continuer à vivre et rester debout, même au prix de son humanité. » (Anne-Françoise Hivert – Libération).
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Mimeko
  28 août 2018
Après deux années de climat catastrophique, cet hiver 1867 s'annonce des plus difficiles pour les métayers finlandais..Laissant son mari mourrant, Marja se résout avec ses deux enfants Mataleena et Juho, à quitter le village pour aller se réfugier à Saint Petersbourg où les conditions de vie (ou de survie) paraissent moins difficiles - la Finlande est encore un grand duché rattaché à la Russie. Ce lent exode est une longue route où les enfants mangent du lichen mêlé à quelques céréales les rendant malades, luttant contre le froid, un voyage ponctué de mendicité, d'hébergement dans des granges ou sous les insultes ou le dédain de plus nantis, considérant Marja et le siens comme des malfaisants ou des fainéants,
Avec La Faim Blanche, Aki Ollikainen retrace les années de grande famine de 1866 à 1868 qui verra la mort de 270 000 personnes en trois ans (wikipedia) : entre pluies en excès favorisant le pourrissement et des températures trop basses au printemps provoquant le gel des pommes de terre, les cultures sont insuffisantes et vont jeter sur les routes une population qui se résout à mendier en ville pour survivre.
Un sujet intéressant méconnu (ou éludé) dans les pays du nord car trop douloureux mais j'ai trouvé le style très distancié et, bien que compatissante, je n'ai pas pu réellement m'attacher aux personnages, une construction également mêlant plusieurs lieux qui m'a déstabilisée je ne savais plus qui était qui et où exactement...........
Un roman intéressant sur le sujet mais un peu distant dans la narration.
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christinebeausson
  22 mars 2017
Nous sommes l'hiver 67-68 en Finlande au milieu de rien du tout, ne croyez pas que le printemps 68 sera une rupture dans la société, "matérialisant l'abandon de l'ordre ancien séculaire marqué par le poids de l'autorité, de la famille, de la morale et de la religion, et l'avènement de la société post-moderne,"
Non, nous sommes dans un autre siècle 1867-1868 !
Où sommes nous ?
Sur une route entre l'Ostrobotni
(nom d'une région côtière de l'ouest, la seule de Finlande métropolitaine à comporter une majorité de suédophones.) et Saint Petersbourg ( la Finlande fut jusqu'au début du XIXe siècle, une partie du Royaume de Suède. Elle passa sous la souveraineté de la Russie de 1809 à 1917),
pour certains,
pour d'autres à Helsinki, où un sénateur se bat contre lui même, avec ses souvenirs si douloureux, et avec ses collaborateurs contre ce gouvernement "qui conduit la voiture de l'état avec la légèreté d'un voyou sur un sentier de village ostrobotnien".
Ces années là, en Finlande a eu lieu la dernière grande famine ayant des causes naturelles en Europe, une grande catastrophe nationale où 8% de la population finlandaise meurt de faim et jusqu'à 20% dans certaines zones.
Comment en est on arrivé là ?
Merci madame Wikipedia de nous rappeler la situation :
"Les années précédentes, notamment en 1862, certaines parties du pays ont souffert de mauvaises récoltes . L'été 1866 est très pluvieux, et les cultures de base sont insuffisantes. L'hiver suivant est dur, et le printemps en retard. Dans de nombreux endroits, les lacs et les rivières restent gelés jusqu'en juin. Après un milieu d'été prometteur, le gel du 3 septembre ravagent presque complètement les grains immatures surtout dans le nord. D'autres nuits glaciales ravageront le reste des récoltes. La récolte de pommes de terre est détruite par les fortes pluies d'automne.
À l'automne 1867, les gens meurent par milliers. le gouvernement du Grand-Duché de Finlande est mal préparé pour faire face à une crise d'une telle ampleur. Il n'y a pas d'argent disponible pour importer de la nourriture, et le gouvernement est lent à reconnaître la gravité de la situation."
Peur de l'emprunt, peur d'un écroulement du mark finlandais,
Et, pratique de la distillation domestique d'alcool (les paysans gagnaient plus à distiller l'alcool qu'à vendre les céréales pour en faire de la farine).
À la fin de 1867, la crise a éclaté, le prix des céréales a augmenté en Europe. Et comme il est très difficile de transporter le peu d'aide pouvant être rassemblée dans un pays avec de mauvais moyens de transport. La famine a sévi.
Ce roman nous fait vivre cet épisode de l'intérieur.
Manger des pains de foin,
Boire de la neige pour éponger sa soif,
Grignoter des bouts de bois pour tromper sa faim.
Qu'une femme ne sache pas où elle a laissé le corps de sa fille,
Qu'elle n'ait pas inscrit le nom de sa fille sur le livre de vie !
Il faut s'habituer aux noms pas forcément facile, les lieux, Vääräjärvi ou Katajanokka
oui peut être et il y a déjà eu les noms,
Juhani, Mataleena, Marja et Juho....
Il faut s'armer de courage, enfiler une armure pour ne pas hurler au désespoir de voir jour après jour, un peuple condamné à écosser les arbres pour en faire du pain.
Les mots de Aki sont glaçants mais les phrases parviennent toujours à nous faire voir l'envers du décor, comment la vie continue, car la vie gagne toujours, pas les individus certes mais la vie oui !
Et puis il y certains jours où nous plongeons en pensant qu'on ne remontera pas, mais souvent on se met à nager, et si ce n'est pas nous c'est nos enfants.
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majero
  29 mai 2017
C'est fort, .... fort triste mais beau!
Finlande du Nord, les années de famines ont poussé Marja à abandonner son mari mourant seul dans la métairie et elle tente avec ses deux enfants de rejoindre, au coeur de l'hiver, la ville des Tsars qu'elle n'atteindra jamais vivante malgré la charité d'aussi pauvres qu'elle.
Ollikainen nous immerge dans les hallucinations de ces spectres affamés, le chat griffant l'estomac, l'étoile 'oeil du serpent' qui attend que le corps gèle...
'Le pont est une langue avide, prête à faire basculer le marcheur dans le gosier de l'hiver pour satisfaire sa faim infinie, insatiable.'
Encore un point positif des livres audio, on peut en continuer la lecture même au milieu des larmes;-)
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critiques presse (2)
LaPresse   13 janvier 2017
Avec des phrases courtes, un sens de l'observation précis, mais pudique, et une superbe prose poétique, Aki Ollikainen nous soutire plus d'une larme.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress   24 octobre 2016
On ne peut qu'être emporté et secoué par sa poésie, sa force, son onirisme. Son étrange et fascinante beauté qu'on ne risque pas d'oublier de sitôt.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   06 février 2019
Juho est toujours hilare. Son rire trace un chemin dans le désespoir gris. Au bout ne se trouve pas la mort blanche, mais le vert tendre du printemps pétersbourgeois. Au creux du ventre vide tenaillé par la faim de Marja, la ville du tsar surgit, serrée dans un poing osseux et gelé.
P.102
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mesrivesmesrives   23 avril 2017
Un doux grésillement s'élève quand le brandon de bois touche l'eau dans le baquet. La faible lumière parvient encore à dessiner l'ombre de Juhani sur le mur en rondins lorsqu'il se redresse sur le lit, soulève la robe de Marja, pose les mains sur ses genoux et lui écarte les jambes. Marja attrape son sexe en érection. Elle en a envie elle aussi, mais sa peur est plus forte que le désir qui la brûle. Et si elle tombait enceinte? Une bouche de plus à nourrir dans toute cette misère. Elle repousse Juhani sur le matelas. Il soupire, essayant de masquer sa déception.
+ Lire la suite
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nadiouchkanadiouchka   02 février 2019
Il va falloir sacrifier la piétaille. Sinon la reine blanche va coincer son roi, et le fou, à quelques coups de là, ne pourra venir le secourir à temps.
Lars Renqvist est obligé d'admettre que sa situation sur l'échiquier semble désespérée. Teo tambourine nerveusement sur le bord de la table.
P.15
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nadiouchkanadiouchka   10 janvier 2019
Quand vous pouvez vous permettre de prendre de mauvaises décisions, vous êtes le plus seul au monde. D'un côté, il y a les gens des hautes sphères bouleversés face aux hordes de mendiants, craignant pour la tranquillité de leur petite vie molle. (...) Et de l'autre, il y a ceux qui partagent votre avis parce qu'ils sont toujours de votre avis. Ils ne savent pas penser par eux-mêmes, et il faut penser leurs idées à leur place.
P.74
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MimekoMimeko   06 mai 2018
- Je ne voulais pas être méchant. Juste dire que tu seras toujours la même.
- La même quoi ? Fille de la campagne ? Pourquoi est-ce que je voudrais rester la même ? C'est peut-être ce que, toi, tu veux; mais moi sûrement pas.
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