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ISBN : 2226393226
Éditeur : Albin Michel (23/08/2017)

Note moyenne : 4.46/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Bakhita, née au Darfour au milieu du XIXe siècle, est enlevée par des négriers à l'âge de 7 ans. Revendue sur un marché des esclaves au Soudan, elle passera de maître en maître, et sera rachetée par le consul d'Italie. Placée chez des religieuses, elle demande à y être baptisée puis à devenir soeur.
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Critiques, Analyses & Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Ptitgateau
17 septembre 2017
Une petite fille, une petite africaine qui aurait pu être heureuse dans son village, entourée de ceux qu'elle aime, seulement voilà, la vie en a décidé autrement, mais la vie est parfois d'une cruauté sans borne et espérer être heureux au Soudan en 1865, c'était compter sans ces négriers cupides qui faisaient commerce de leurs frères humains.
Bakhita est né dans ce Soudan où l'on prostitue les filles, où on les vend comme esclaves, où on pratique à grande échelle, la castration des garçons, ou l'on sépare les familles,...
Bakhita, à qui on a volé l'identité ( elle ne se souviendra plus de son vrai nom), à qui on a volé la joie de vivre, à qui on a interdit de penser, d'espérer, bakhita, traitée plus bas qu'un chien comme tous ces gens expédiés en caravanes vers d'autres souffrances.
Certaines scènes de cette première partie sont vraiment insoutenables, et resteront gravées à jamais dans ma mémoire, toutefois, très attachée à cette jeune fille, j'ai cheminé, dans la deuxième moitié du récit avec celle qui grandit, fait des rencontres, s'attache aux enfants, et passe d'esclave à servante dévouée à son entourage, à un Dieu qu'on lui enseigne, même si, et cela se conçoit, elle restera marquée et sera assaillie par des rêves et des visions de cauchemar, paralysée parfois par ses anciennes terreurs qui se manifesteront souvent, perturbée jusqu'à sa mort par les souffrance endurées dans son enfance.
On remarquera que Bakhita, qui n'a pas été éduquée, si ce n'est à force de coups de fouets, a perdu la mémoire de son enfance, n'a pas reçu d'instruction, ne saura jamais lire et aura bien des difficultés à maîtriser une langue. il semble d'ailleurs que son langage soit fait d'emprunts à plusieurs langues qu'elle a dû pratiquer durant son parcours.
On notera également que quelques années après son installation en Italie, Bakhita informe une religieuse de sa situation d ‘esclave, et la religieuse lui répond qu'elle sait, sans autre commentaire. J'en déduis donc que dans un pays où à cette époque, on a déjà proclamé l'abolition de l'esclavage, on continue à considérer les gens enlevés par des négriers comme esclaves et que leur affranchissement doit faire l'objet d'un procès. La bonne société serait donc restée longtemps complice de ces pratiques… ?
Le récit est merveilleusement bien écrit, je crois avoir affirmé dans un commentaire de citation que cette écriture souvent très poétique, m'a permis de supporter ces quelques scènes difficiles à lire, même si le style se relâche un peu dans la deuxième partie .

Je laisse donc à mes amis lecteurs la possibilité de lire cette pépite de la rentrée littéraire, de cheminer à leur tour avec une femme qui termine sa vie comme elle le mérite mille fois puisqu'étant devenue croyante et pieuse, et qu'aujourd'hui encore, elle existe par les témoignages que l'on a conservés.
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tynn
11 septembre 2017
De la liberté à la sainteté *
Voici un livre qui a toutes les raisons de faire parler de lui en cette rentrée littéraire: le destin hors norme d'une africaine en biographie romanesque, un contexte historique documenté, une thématique humanitaire particulièrement éprouvante et une réflexion sur l'éducation et la spiritualité.
En s'inspirant de l'authentique parcours d'une religieuse soudanaise canonisée en 2000 par Jean-Paul II, Véronique Olmi donne un éclairage particulier à l'esclavage du XIXème siècle, le situant dans une géographie plus insolite que celui communément relaté par le commerce triangulaire avec les Amériques.
Dans les pas de cette enfant du Darfour subissant une razzia vers 1875, à l'âge de sept ans, c'est un véritable chemin de croix que le lecteur vit par procuration. le récit de l'enfance de Bakhita est d'une violence terrible et assumée par la romancière, et sans doute d'une réelle crédibilité. On respire un peu mieux en l'accompagnant dans ce qui sera la chance de sa vie: être vendue au consul italien de Khartoum, l'accompagner en Italie où elle recouvre sa liberté et découvre la foi, ou plus exactement sa propre et magnifique humanité.
Je n'ai pas décroché de cette lecture, entre noirceur et fulgurances de beauté et de poésie.
Cohabitent au fil des pages une grande brutalité et une douceur, une sérénité instinctive dans la simplicité de coeur de Bakhita. L'écriture est comme un flux ininterrompu, la narration vient par vagues, riches, descriptives, foisonnantes. On est bercé, emporté par ce lyrisme qui sait se faire léger et poétique.
Terrible et impressionnant destin et très beau travail d'écriture.
(* un des chapitres du livre)
Rentrée littéraire 2017
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liliaza
20 juin 2017
Bakhita c'est l'histoire d'une vie. Mais pas n'importe quelle vie. C'est l'histoire d'une jeune fille capturée pour devenir esclave très très jeune. C'est l'histoire de son combat pour survivre. C'est une histoire triste. Une histoire forte. Une histoire d'amour pour Dieu, presque une ode à la vie. Je ne connaissais pas Véronique Olmi dans le sens où je n'avais lu aucun de ses livres. Je ne sais pas si c'est sa façon de faire mais l'écriture est d'une rare beauté. Comme vous l'aurez deviné j'ai eu un réel et énorme coup de coeur pour ce livre. Je n'arrivais à la lâcher de peur de perdre Bakhita. Même en sachant son histoire et sa fin on ne peut que vivre sa vie à ses côtés. On veut la protéger.
Bakhita est une femme qu'on connait mal. En tout cas je ne la connaissais pas. Mais maintenant c'est choses faites et je suis admirative. Elle voulait juste survivre en étant la meilleure esclave possible. Elle a choisit de troquer son esclavage par une prison. Mais c'était un choix, une rencontre avec Dieu. Elle a choisit la liberté mais en prenant une décision qui changé pas mal de choses. Un des aspects que j'ai le plus apprécié dans ce roman c'est que la notion de viol y est absente. le viol est là mais il est suggéré en une phrase et non raconté. J'apprécie cela. A l'heure actuel tout film historique se sent obligé de mettre une scène de viol. Tout comme les scènes d'amour entre les personnages rien ne vaut la suggestion. Il est très difficile de juger un livre qui raconte une histoire vraie. Seule l'écriture, la façon de voir la vie est très importante. Et là je trouve que c'est fait avec brio. Je lirais d'autres livres de cette auteure pour voir si c'était juste Bakhita qui me plaisait ou si c'est vraiment l'auteure.
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montmartin
02 septembre 2017
Après" le jour d'avant " de Sorj Chalandon mon premier coup de coeur de cette rentrée littéraire, une deuxième lecture et un nouveau coup de coeur pour Bakhita de Véronique Olmi. Voilà une rentrée littéraire qui tient toutes ses promesses.
Elle ne sait pas comment elle s'appelle, elle a laissé son prénom au bord de la rivière. Elle voit les deux hommes, elle ne se méfie pas. Une fillette c'est ce qui se vend le plus cher, ils voient qu'elle est belle, une beauté de harem. Ils lui disent qu'elle se nomme Bakhita, son nouveau nom, elle entre dans le monde de la violence et de la soumission. Bakhita comprend que la fuite est du temps perdu, le monde des esclaves est le sien maintenant. L'argent circule, un nouveau maître à chaque fois, l'esclave une espèce animale qu'il faut dompter.
Dans la première partie de ce roman il y a des scènes terribles, l'écriture toute en retenue de Véronique Olmi ne nous épargne cependant aucune horreur. le monde de l'esclavage où l'on ne sait plus où sont les vivants et les morts, où la vie n'a aucune valeur et seule la mort peut soulager. Nous suivons Bakhita pendant plusieurs mois de marche à travers le soudan, les coups qui arrachent la chair, un quart des esclaves meurt en route. L'auteur nous entraîne à sa suite à Khartoum, le Nil, la mer rouge, le canal de Suez, la méditerranée, et enfin l'Italie, un pays où les femmes sans enfants ne sont pas répudiées, où les femmes peuvent sortir seules et sans voile.
Elle ne sait pas qu'elle est enfin arrivée chez elle, que son corps objet de profit et de tant de violences va lui être rendu. L'histoire vraie d'une âme simple et sensible, elle a vu le diable, maintenant elle veut voir Dieu. Elle veut devenir la fille d'un père qui ne l'abandonnera jamais. Cette seconde partie Véronique Olmi la rend plus douce malgré l'évocation de Mussolini et du fascisme où les races inférieures, les nègres et les juifs menacent la pureté du pays.
Un récit inhumain rempli d'humanité. Un livre lumineux comme Bakhita l'esclave devenue sainte. Véronique Olmi nous livre une très belle évocation d'une personne humble et discrète. Et une fois ce roman refermé, le lecteur ne sait plus si l'émotion ressentie tout au long de sa lecture vient du talent de Véronique Olmi ou tout simplement de tout ce que la vie de Bakhita nous inspire, sûrement un peu des deux.

Lien : http://notreavis.canalblog.c..
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mumuboc
21 septembre 2017
Destin d'une fillette, arrachée à sa famille à l'âge  de 7 ans par des négriers au Darfour à la fin du 19ème siècle,  cette famille qu'elle ne reverra jamais mais qu'elle n'oubliera jamais, jusqu'à ses derniers jours....... Elle traversera avec courage et force pays et épreuves mais oubliera comment elle s'appelait.
L'auteure, de sa belle écriture et avec une foule de détails qui nous permettent de voyager avec Bakhita "La chanceuse....", de vivre son calvaire, ses souffrances, les tragédies dont elle est le témoin. Elle devra toujours s'arracher à des lieux et des personnes auxquels elle s'attache, toujours repartir, toujours souffrir jusqu'à la révélation qu'il existe peut être un lieu de repos, de protection, loin du monde et de la folie des hommes.
Je me pose la question à la fin de la lecture si cette femme était totalement croyante où si la religion n'a pas été une protection, un asile mais même là, où elle pensait pouvoir enfin souffler, reprendre force, elle sera à nouveau séparer des êtres qu'elle aime ou envoyer sillonner le pays pour promouvoir le récit de son histoire. C'était une façon pour celle d'échapper à l'esclavage, à la maltraitance, aux humiliations. Elle, elle ne demandait qu'à vivre simplement, entourée d'enfants qu'elle comprenait si bien, d'instinct.
Il y a des scènes à la limite du soutenable, et ses drames, l'esclavage et sa couleur de peau, ont été pour elle, jusqu'à son dernier jour, sources d'interrogations, de curiosité des autres, de remarques et de violence mais qu'elle ne comprend pas toujours, dans sa logique.
Le récit retrace l'histoire d'une partie de l'Afrique, de ses négriers, du colonialisme, mais aussi de l'église à cette époque.
J'ai trouvé l'écriture agréable, les narrations un peu longues parfois, répétitives, cela ralentit peut être la lecture. J'ai aimé suivre le destin de cette enfant, déracinée, qui toute sa vie a porté les stigmates de celle-ci, dans sa chair mais aussi dans ses pensées, dans un récit plein d'émotions mais aussi de dépaysement. 
Lien : http://mumudanslebocage.word..
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Les critiques presse (6)
Lexpress25 septembre 2017
Véronique Olmi compose un opéra sur la vie de cette ancienne esclave du Soudan, morte en 1947 à l'âge de 78 ans après cinquante-trois ans de vie religieuse en Vénétie.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro15 septembre 2017
La romancière vient de recevoir le Prix du roman Fnac pour Bakhita, l'histoire d'une esclave soudanaise devenue sainte.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Bibliobs14 septembre 2017
Déjà en piste pour le Goncourt, “Bakhita” retrace la vie d’une esclave canonisée par Jean-Paul II. Mais manque cruellement d'aspérités.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Culturebox14 septembre 2017
Bakhita, esclave soudanaise devenue religieuse, a été canonisée par le pape en 1992. Véronique Olmi scande ce destin extraordinaire dans un roman palpitant et profond, qui interroge sur la liberté, l'amour, et la foi.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Culturebox14 septembre 2017
Véronique Olmi signe "Bakhita" (Albin Michel), un roman qui raconte le destin extraordinaire d'une esclave devenue religieuse et canonisée en 1992.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaCroix08 septembre 2017
Voici l’authentique destin, la « storia meravigliosa », de Bakhita, esclave soudanaise entrée dans les ordres en Italie à la fin du XIXe siècle et canonisée en 2000 par le pape Jean-Paul II.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations & extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
celdadouceldadou25 septembre 2017
Toute sa vie, elle se souviendra de cette nuit.C'est comme un contenue mythologie.Elle en tirera une fierté dont elle sera un peu gênée , mais qui la ramener à la sauvagerie elle d'un Soudan qui fut le sien et qu'elle savait affronter.
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celdadouceldadou25 septembre 2017
ils donnent à la honte un peu de dignité .Bahkita apprend cela, qu'elle gardera toute sa vie comme une dernière élégance:l'humour,une façon de signifier sa présence,et sa tendresse aussi.
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FleursDuBienFleursDuBien25 septembre 2017
(...) et dans chaque village traversé, ce ne sont plus des questions c'est une lItanie d'espoir et de désespoir, des vies volées et puis envolées, des enfants qui n'ont plus rien de l'enfance, un effondrement de toute chronologie et de toute normalité, alors comment se reconnaître, puisque tous se perdent sitôt qu'ils appartiennent à d'autres ?
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marielitenpyjamamarielitenpyjama25 septembre 2017
Elle a eu honte. elle parle vraiment comme ça ? Comme une petite fille ? Elle a quarante et un ans, et écrite, sa vie ressemble à une comptine. Une comptine naïve et banale. Sa vie est banale, sa vie d’esclave est semblable à celle de milliers d’autres depuis des siècles, mais elle est dans ce bureau et on écrit ses mots
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marielitenpyjamamarielitenpyjama25 septembre 2017
Mais elle ne pourrait que les décevoir, parce que sa vie est simple, et ses souffrances passées n’ont pas de mots.
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Vidéo de Véronique Olmi
L'interview complète sur Fnac.com : https://www.fnac.com/rencontre-avec-veronique-olmi/cp36538/w-4 Toute la programmation du Forum Fnac Livres : https://www.fnac.com/forumfnaclivres
Plus d'info sur le Prix du Roman Fnac : https://www.fnac.com/prix-du-roman-fnac Découvrez le roman Bakhita : https://livre.fnac.com/a10311607/Veronique-Olmi-Bakhita L'univers de Véronique Olmi : https://www.fnac.com/Veronique-Olmi/ia304436
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