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ISBN : 2226393226
Éditeur : Albin Michel (23/08/2017)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 151 notes)
Résumé :
Bakhita, née au Darfour au milieu du XIXe siècle, est enlevée par des négriers à l'âge de 7 ans. Revendue sur un marché des esclaves au Soudan, elle passera de maître en maître, et sera rachetée par le consul d'Italie. Placée chez des religieuses, elle demande à y être baptisée puis à devenir soeur.
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Critiques, Analyses et Avis (79) Voir plus Ajouter une critique
Ptitgateau
  17 septembre 2017
Une petite fille, une petite africaine qui aurait pu être heureuse dans son village, entourée de ceux qu'elle aime, seulement voilà, la vie en a décidé autrement, mais la vie est parfois d'une cruauté sans borne et espérer être heureux au Soudan en 1865, c'était compter sans ces négriers cupides qui faisaient commerce de leurs frères humains.
Bakhita est né dans ce Soudan où l'on prostitue les filles, où on les vend comme esclaves, où on pratique à grande échelle, la castration des garçons, ou l'on sépare les familles,...
Bakhita, à qui on a volé l'identité ( elle ne se souviendra plus de son vrai nom), à qui on a volé la joie de vivre, à qui on a interdit de penser, d'espérer, bakhita, traitée plus bas qu'un chien comme tous ces gens expédiés en caravanes vers d'autres souffrances.
Certaines scènes de cette première partie sont vraiment insoutenables, et resteront gravées à jamais dans ma mémoire, toutefois, très attachée à cette jeune fille, j'ai cheminé, dans la deuxième moitié du récit avec celle qui grandit, fait des rencontres, s'attache aux enfants, et passe d'esclave à servante dévouée à son entourage, à un Dieu qu'on lui enseigne, même si, et cela se conçoit, elle restera marquée et sera assaillie par des rêves et des visions de cauchemar, paralysée parfois par ses anciennes terreurs qui se manifesteront souvent, perturbée jusqu'à sa mort par les souffrance endurées dans son enfance.
On remarquera que Bakhita, qui n'a pas été éduquée, si ce n'est à force de coups de fouets, a perdu la mémoire de son enfance, n'a pas reçu d'instruction, ne saura jamais lire et aura bien des difficultés à maîtriser une langue. il semble d'ailleurs que son langage soit fait d'emprunts à plusieurs langues qu'elle a dû pratiquer durant son parcours.
On notera également que quelques années après son installation en Italie, Bakhita informe une religieuse de sa situation d ‘esclave, et la religieuse lui répond qu'elle sait, sans autre commentaire. J'en déduis donc que dans un pays où à cette époque, on a déjà proclamé l'abolition de l'esclavage, on continue à considérer les gens enlevés par des négriers comme esclaves et que leur affranchissement doit faire l'objet d'un procès. La bonne société serait donc restée longtemps complice de ces pratiques… ?
Le récit est merveilleusement bien écrit, je crois avoir affirmé dans un commentaire de citation que cette écriture souvent très poétique, m'a permis de supporter ces quelques scènes difficiles à lire, même si le style se relâche un peu dans la deuxième partie .

Je laisse donc à mes amis lecteurs la possibilité de lire cette pépite de la rentrée littéraire, de cheminer à leur tour avec une femme qui termine sa vie comme elle le mérite mille fois puisqu'étant devenue croyante et pieuse, et qu'aujourd'hui encore, elle existe par les témoignages que l'on a conservés.
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celdadou
  08 octobre 2017
Bakhita , quel livre poignant , Véronique Olmi nous fait une description saisissante de la vie de cette jeune fille .
Comment rester indemne après cette lecture.
Ce livre est si bien critiquer que je vais me baser sur quelques thèmes qui me semblent enrichir les autres commentaires .
On est donc au Soudan dans les années 1865.Bakhita , jeune villageoise se fait enlever afin de devenir esclave à l'âge de 7 ans .
Elle prendra son entité , aura une amnésie de sa petite enfance certaine due aux chocs post traumatiques qu'elle vivra tout au long de sa captivité.
Ce qu'elle n'oubliera jamais , c'est qu'elle a une soeur jumelle.Cette gémellité , elle la recherchera chez tous les maitres ou elle passera .Elle sera toujours proche voir fusionnelle d'une jeune fille .Comme si cette relation lui donnait la force de survivre malgré les sévices psychologiques et physiques ....Elle aura la force de ne pas se laissé mourrir et ne baissera jamais les bras ..
Les rencontres avec les jeunes l'aide à avancer et à rebondir.
Elle aide ses enfants , les protège mais sans s'en rendre compte ..elle réussi à combattre face a cette brutalité humaine ..quelle soit chez les adultes ou chez les enfants.
un autre thème que je voulait mettre en avant , c'est la mise en avant de l'esclavage entre personne de même couleur , de même race , de même religion.
Par la force , le courage , sa relation aux autres Bakhita aura cette force surhumaine , ce sur-moi infaillible qui lui permettra de quitter l'Afrique ,ses racines certes et d'arriver en Italie ou elle pourra commencer une autre vie ..Même si la souffrance fera partie intégrante de sa vie ...elle parviendra à s'occuper des jeunes ..toujours comme si elle était le miroir de ces jeunes perdues ...et elle se mariera avec Dieu ...jesus ...
Je recommande ce livre , qui est une leçon de vie .Mon coup de coeur de cette rentrée littéraire .
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tynn
  11 septembre 2017
De la liberté à la sainteté *
Voici un livre qui a toutes les raisons de faire parler de lui en cette rentrée littéraire: le destin hors norme d'une africaine en biographie romanesque, un contexte historique documenté, une thématique humanitaire particulièrement éprouvante et une réflexion sur l'éducation et la spiritualité.
En s'inspirant de l'authentique parcours d'une religieuse soudanaise canonisée en 2000 par Jean-Paul II, Véronique Olmi donne un éclairage particulier à l'esclavage du XIXème siècle, le situant dans une géographie plus insolite que celui communément relaté par le commerce triangulaire avec les Amériques.
Dans les pas de cette enfant du Darfour subissant une razzia vers 1875, à l'âge de sept ans, c'est un véritable chemin de croix que le lecteur vit par procuration. le récit de l'enfance de Bakhita est d'une violence terrible et assumée par la romancière, et sans doute d'une réelle crédibilité. On respire un peu mieux en l'accompagnant dans ce qui sera la chance de sa vie: être vendue au consul italien de Khartoum, l'accompagner en Italie où elle recouvre sa liberté et découvre la foi, ou plus exactement sa propre et magnifique humanité.
Je n'ai pas décroché de cette lecture, entre noirceur et fulgurances de beauté et de poésie.
Cohabitent au fil des pages une grande brutalité et une douceur, une sérénité instinctive dans la simplicité de coeur de Bakhita. L'écriture est comme un flux ininterrompu, la narration vient par vagues, riches, descriptives, foisonnantes. On est bercé, emporté par ce lyrisme qui sait se faire léger et poétique.
Terrible et impressionnant destin et très beau travail d'écriture.
(* un des chapitres du livre)
Rentrée littéraire 2017
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Levant
  27 septembre 2017
Bakhita est un roman. Même si le personnage a existé, Véronique Olmi n'en dresse pas la fidèle biographie. Elle a dû combler les zones d'ombre qui avaient obscurci la vie de son personnage. Lors de la razzia qui a fait d'elle une esclave, Bakhita n'a rien emporté, pas même le nom donné par ses parents et qui évoquait l'humeur de la terre et du ciel quand elle a vu le jour. La sidération de l'enlèvement a laissé ses yeux secs, précipitée dans une vie de souffrance, de laquelle l'amour s'est soudainement évaporé. A sept ans, son enfance avait pris fin. Bakhita est un nom d'emprunt.
Pareil ouvrage peut être taxé d'exagération pour susciter la commisération de son lecteur. Mais l'exagération sera toujours en dessous de la réalité pour dépeindre la détresse de ceux que la loi du plus fort aura broyés. L'esclavage est une dissolution de l'être humain dans la masse des choses. Il faut saluer l'intention de Véronique Olmi qui en évoquant le sort de l'une d'entre eux les exhume tous de l'oubli dans lequel ils ont été précipités.
Et d'exagération il n'est point question dans cet ouvrage. L'humilité de son discours nous dit mieux que l'éloquence l'anéantissement de la personne. Véronique Olmi a été transcendée par son personnage, portée par lui. Elle a interprété à dessein la modestie d'un vocabulaire rudimentaire, malmené par les errances entre dialectes et patois au gré du parcours dans l'inconnu de la jeune Bakhita. Elle a donné corps à ses silences porteurs de souffrance. La souffrance de l'être extirpé de son enfance, comme un second accouchement, dans le monde du cauchemar celui-là.
L'arrachement à sa famille donnera pour toujours à Bakhita la peur de l'amour. Aimer, c'est risquer de perdre. L'apprentissage de l'autre est en outre d'autant plus difficile pour Bakhita que les obstacles sont nombreux : le statut d'esclave qui colle à son histoire, la différence avec cette couleur de peau qui fait peur aux enfants lorsque parvenue en Italie, et puis ce manque fondamental d'une soeur jumelle, d'une famille, gommées du paysage affectif, et qui existent pourtant ailleurs. Sa mère, l'attend-elle toujours. Bakhita la revoit assise sur le tronc du baobab couché. Là où elle la prenait sur ses genoux. Aussi choisira-t-elle l'amour de celui que nul ne pourra lui retirer, car enfoui au plus profond d'elle-même : Dieu. Bakhita deviendra religieuse.
Avec une sensibilité à fleur de peau et un style tout en allégorie, Véronique Olmi insinue en son lecteur la souffrance silencieuse de cette femme qui toute sa vie tentera d'exister en tant qu'être sensible, modestement, bravant les entraves placées sur son parcours par un destin cruel. Depuis que des êtres sans Dieu lui ont volé son enfance. Cet ouvrage est absolument magnifique.
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lucia-lilas
  01 octobre 2017
Si l'on m'avait dit que lire une histoire de sainte me mettrait dans un tel état, je n'y aurais pas cru. Eh bien, c'est chose faite avec Bakhita qui a littéralement épuisé ma réserve de mouchoirs en papier. Attention, il n'y a aucune ironie dans mes propos et je ne veux pas dire que c'est un livre à l'eau de rose, mélo à souhait, non, pas du tout, Bakhita est tout simplement un texte magnifique, d'une pure beauté, à l'image de la femme dont il peint la destinée. C'est un roman qui m'a complètement transportée, profondément bouleversée grâce à la langue de Véronique Olmi qui a su exprimer à la fois avec beaucoup de puissance et beaucoup de pudeur toutes les souffrances de Bakhita et la terrible et semble-t-il infinie violence des hommes.
Il est d'ailleurs difficile d'imaginer toute la violence que peut subir une jeune esclave enlevée enfant à sa famille habitant un petit village du Darfour, vendue par les uns, achetée par les autres, violée, battue, mal nourrie, assoiffée, obligée de marcher enchaînée sur des kilomètres en plein désert, de dormir au sol piétinée par des bêtes, contrainte d'assister à des scènes insoutenables de torture ou de meurtre et de se séparer toujours des êtres auxquels elle parvient à s'attacher.
Une vie en forme de chemin de croix...
La mort à côté est presque un soulagement, mais de la mort, Bakhita (« la chanceuse » surnommée ainsi par ses ravisseurs musulmans - quelle ironie !) n'en veut pas et toujours, elle s'accroche à la moindre petite étincelle qui la retient à la vie, aussi ténue soit elle.
Ces moments fugaces où elle regarde le ciel, la lune, les étoiles, contemple la beauté du monde, repense à sa famille, celle qui lui a donné un nom maintenant oublié, sont magnifiques et très émouvants. Purs moments de grâce, petites fenêtres qui lui permettent d'échapper par l'esprit, très ponctuellement, à l'enfer de sa vie, à l'inhumanité qui fait son quotidien. Quelle fascinante force mentale...
C'est en visitant l'église Saint-Jean-Baptiste à Langeais, ville près de laquelle Véronique Olmi possède une maison, que cette dernière découvre, à travers quelques photos, Bakhita. Elle est littéralement happée par ces portraits au point qu'elle abandonne le livre qu'elle était en train d'écrire et se lance dans des recherches qui vont la conduire à la rédaction de ce très beau roman.
Bakhita née et enlevée au Darfour en 1876 finira par échapper à ses nombreux tortionnaires en étant achetée par le consul italien de Khartoum, Calisto Legnani, qui va l'emmener en Italie où, après moult péripéties (car être noire en Italie, à cette époque, c'est être le diable), elle deviendra religieuse. Elle sera canonisée le 1er octobre 2000 par Jean-Paul II.
Ce roman fait ainsi le portrait d'une femme inoubliable, pleine d'humanité, dévouée corps et âme aux autres, se donnant sans compter jusqu'à la fin de son existence. C'est aussi une femme immensément amoureuse de la vie, ce qui lui a donné cette force extraordinaire, cette capacité de supporter la douleur, la souffrance.
Bakhita est aussi un livre qui nous rappelle que l'esclavage existe encore, que ce qu'a vécu cette femme, certains (es) - et ils/elles sont nombreux(ses) : quarante-six millions de personnes dans le monde ! - le vivent aujourd'hui, ne l'oublions surtout pas.
Enfin, Bakhita est aussi l'histoire d'une époque terrible - finalement, toutes les époques ne le sont-elles pas ?- où se mêlent esclavage, colonialisme, racisme, nazisme, fascisme et la pauvre Bakhita, à peine sortie de l'horreur la plus complète, replonge dans la Seconde Guerre Mondiale et ses conséquences désastreuses. Elle a à peine le temps de respirer un peu que le pire, de nouveau, est là. Quel destin terrible...
Pour moi, tout ça vaut bien un prix Goncourt, non ?
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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critiques presse (8)
LeJournaldeQuebec   09 octobre 2017
L’écrivaine française Véronique Olmi raconte avec une plume extraordinairement sensible l’histoire lumineuse d’une esclave devenue une religieuse vénérée en Italie, canonisée en 2000.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaLibreBelgique   03 octobre 2017
De l’esclavage à la sainteté, Véronique Olmi raconte le roman vrai de Bakhita.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Lexpress   25 septembre 2017
Véronique Olmi compose un opéra sur la vie de cette ancienne esclave du Soudan, morte en 1947 à l'âge de 78 ans après cinquante-trois ans de vie religieuse en Vénétie.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   15 septembre 2017
La romancière vient de recevoir le Prix du roman Fnac pour Bakhita, l'histoire d'une esclave soudanaise devenue sainte.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Bibliobs   14 septembre 2017
Déjà en piste pour le Goncourt, “Bakhita” retrace la vie d’une esclave canonisée par Jean-Paul II. Mais manque cruellement d'aspérités.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Culturebox   14 septembre 2017
Bakhita, esclave soudanaise devenue religieuse, a été canonisée par le pape en 1992. Véronique Olmi scande ce destin extraordinaire dans un roman palpitant et profond, qui interroge sur la liberté, l'amour, et la foi.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Culturebox   14 septembre 2017
Véronique Olmi signe "Bakhita" (Albin Michel), un roman qui raconte le destin extraordinaire d'une esclave devenue religieuse et canonisée en 1992.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaCroix   08 septembre 2017
Voici l’authentique destin, la « storia meravigliosa », de Bakhita, esclave soudanaise entrée dans les ordres en Italie à la fin du XIXe siècle et canonisée en 2000 par le pape Jean-Paul II.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (85) Voir plus Ajouter une citation
WhiteWalkersWhiteWalkers   19 novembre 2017
Le départ de Binah est une séparation qui ravive les autres séparations, certains esclaves, pour éviter cette souffrance, choisissent de ne jamais aimer, oublient un cœur qui ne sert qu’à souffrir.
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cabecoucabecou   18 novembre 2017
Et elle se demande pourquoi le monde est si beau. A qui on le doit. La laideur des hommes, elle la connaît. La violence qui vient de leur terrible colère. Mais la beauté, d'où vient-elle ?
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cabecoucabecou   18 novembre 2017
Ce qu'elle croit, c'est qu'il faut aimer au-delà de ses forces, et elle ne craint pas les séparations, elle a quitté tant de personnes, elle est remplie d'absences et de solitudes.
Commenter  J’apprécie          10
cabecoucabecou   18 novembre 2017
Elle s'est arrêtée devant un calvaire de pierre au pied duquel un bouquet fané faisait une tache de couleur un peu triste. Elle a regardé l'homme cloué. Elle ne savait pas qu'en Italie aussi on faisait ça aux esclaves, et elle se demande pourquoi celui-là est plus représenté que les autres.
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cabecoucabecou   18 novembre 2017
C'est dans son regard que l'on pouvait lire le contraste entre sa force et son innocence, dans son regard il y avait, toujours, ce qu'elle avait perdu et ce que sa vie intérieure lui avait permis de retrouver.
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Vidéo de Véronique Olmi
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