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ISBN : 224668921X
Éditeur : Grasset (18/04/2007)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 37 notes)
Résumé :

Dans ce quatrième volume de la Contre-histoire de la philosophie, qui explore les angles morts de la philosophie officielle et universitaire, le siècle dit des Lumières est à son tour revu et corrigé : Voltaire et Rousseau fustigent les athées, l'Encyclopédie veut les mettre à mort, pendant que se formule une pensée hédoniste, matérialiste, révolutionnaire, mais pas comme l'historiographie marxis... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Fortuna
  21 avril 2015
Dans ce 4ème volume de la "Contre-histoire de la philosophie", nous abordons maintenant le siècle des Lumières. Mais là encore ce ne sont pas les philosophes les plus connus - Voltaire, Diderot, Kant, Rousseau... - qui ont véritablement remis en question la société de leur époque, religieuse et monarchiste. Seuls les "ultras des Lumières" vont prôner l'athéisme, le matérialisme, l'hédonisme et la révolution.
Le premier, Jean Meslier est un curé le jour et l'auteur la nuit d'une oeuvre qui critique radicalement le Christianisme : Dieu n'existe pas, Jésus est un fou, l'Eglise chrétienne n'est qu'une secte, ses dogmes et ses sacrements ne sont que des absurdités. La religion est un instrument de pouvoir qui sert à assouvir les peuples. Meslier est contre le célibat, pour une société basée sur la justice, contre les pouvoirs religieux et la royauté, pour un accès au bonheur de tous par la mise en commun des biens.
D'Holbach lui aussi sapera les bases de la religion chrétienne en se lançant dans une analyse des textes sacrés et une critique des préceptes religieux. Tous les hommes doivent être éduqués, donc éclairés, tous doivent pouvoir accéder à la propriété. L'athéisme, né de l'intelligence, rend l'homme vertueux contrairement aux préjugés.
Helvétius, fermier général humain "ne tient pas l'argent en estime, n'a pas le culte des profits, et distribue ses deniers." Il condamne le fanatisme religieux, il est déiste, sensualiste, empiriste, hédoniste et utilitariste également. Il dénonce la misère, la concentration de la richesse dans les mains d'une minorité et déclare que c'est contraire au bien de la nation. Il faut changer les choses par des réformes - abandonner la monarchie au profit du fédéralisme de petites républiques - et ce grâce à l'éducation.
Enfin pour La Mettrie, l'homme est une machine dont le cerveau est le siège de l'âme. Médecin et philosophe, ses connaissances scientifiques et médicales l'amènent à une vision matérialiste du monde. La mort n'est que néant.
A l'époque, beaucoup de philosophes se retrouvent à la cour de Frédéric II de Prusse, roi homosexuel et cultivé, dont la Mettrie, Helvetius et Maupertuis.
Ce dernier peut être considéré comme le fondateur de l'utilitarisme français. le plaisir et le déplaisir, le bonheur et le malheur se mesurent et ces données permettent de viser le maximum de biens pour le plus grand nombre. Scientifique également, il a entrepris une expédition en Laponie pour vérifier l'hypothèse de Newton sur les pôles. Il étudie également l'anatomie, croit en un libre arbitre et se dit chrétien, chrétien hédoniste. Tout en affirmant : "Tout ce qu'il faut faire dans cette vie pour y trouver le plus grand bonheur dont notre nature soit capable, est sans doute cela même qui doit nous conduire au bonheur éternel."
La dernière partie est consacrée à Sade. Onfray nous montre que loin d'être un homme éclairé et anticonformiste, c'est un féodal fasciste, qui défend les privilèges de la noblesse pour pouvoir satisfaire ses instincts les plus "sadiques" sur de pauvres filles du peuple. Loin d'être un génie, c'est un malade qui ne peut jouir que grâce à la souffrance - la sienne ou celle d'autrui. Ce n'est pas à cause de ses idées qu'il fut emprisonné mais pour ses moeurs et il échappa à la peine de mort grâce aux protections dont il bénéficiait.
Si j'avais été un peu déçue par le tome précédent, j'ai été à nouveau passionnée par celui-ci. On y retrouve la plume mordante de Michel Onfray qui a le mérite de nous présenter une philosophie à contre-courant à travers les oeuvres de philosophes dont la pensée critique reste totalement d'actualité.
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dimitri
  30 octobre 2011
La série de la contre-histoire de la philosophie est fondée sur deux idées :
- il n'y pas d'histoire, mais des historiographies. La philosophie n'y échappe pas. Elle est donc depuis Constantin présentée sous l'angle idéaliste permettant la symbiose entre le pouvoir politique et le pouvoir "spirituel". Les philosophes matérialistes existent, ils sont juste ignorés ou caricaturés par les tenants du courant dominant. Onfray a entrepris de retracer cette histoire méconnue.
- La philosophie c'est l'homme. L'oeuvre d'un philosophe n'est pas dissociable de sa vie. Chaque philosophe est donc présenté d'abord par le récit de sa vie avant que sa pensée soit expliquée.
Les ultras des lumières de l'abbé Meslier à d'Holbach, en passant par Helvetius, posent les jalons de l'athéisme, de l'utilitarisme, voir du communisme libertaire. On est loin du déisme libérale d'un Voltaire héros de la révolution bourgeoise.
Comme toujours les chapitres sont courts et clairs.
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toto
  24 mai 2015
Une autre manière de présenter le siècle des lumières qui ne manque pas d'intérêt. Mais pourquoi ces auteurs qui ont écrit tout et son contraire, et sont difficilement lisibles (dixit Onfray).
Et puis à force de vouloir imposer sa perception du bonheur, Onfray devient pénible.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
PingouinPingouin   09 septembre 2012
Là où le christianisme joue le jeu de la belle âme, enveloppe les petits motifs dans de grandes logiques, célèbre les fictions de l'amour du prochain, de la générosité, du don, du partage, de la charité et autres nobles et beaux sentiments, Helvétius calme le jeu : regardons la réalité en face, cessons d'extrapoler, de nous voiler la face et surtout de nous mentir. L'homme excelle dans la mauvaise foi, dans le désir de ne pas voir ce qui ne lui convient pas, dans l'art pervers de réécrire l'histoire à son seul avantage.
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FortunaFortuna   18 avril 2015
La seule religion intolérable, c'est la religion intolérante.
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Videos de Michel Onfray (193) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Onfray
Onfray, le Grand Oral des Grandes Gueules, RMC, septembre 2017
>Philosophie et disciplines connexes>Philosophie occidentale moderne>Philosophie occidentale moderne (34)
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