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ISBN : 2246629411
Éditeur : Grasset (16/01/2002)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 25 notes)
Résumé :
La pierre. La nuit. Le jour. Le froid. L'immensité. L'animal. Tout dans le pôle Nord de Michel Onfray porte à la spiritualité. Son écriture a le lyrisme d'un poète amoureux : pas toujours facile à suivre mais tellement passionné, absolu, vivant et pur, comme la nature de cette Terre de Baffin. Entre ethnologie, philosophie, spiritualité et poésie, le voyage qu'il nous propose, illustré par les magnifiques p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Fortuna
  06 mars 2016
Pour les 80 ans de son père qui n'a jamais quitté son village normand, Michel Onfray va lui permettre de réaliser son rêve : se rendre au Pôle Nord.
Paysages glaciaires, présence massive de la pierre et de la glace, gel permanant, rendent évidemment très difficiles les conditions de vie, rythmées par deux uniques saisons et un jour sans fin ou une nuit permanente...L'ours, la baleine, le phoque font partie du paysage, indispensables à la survie des hommes. L'Inuit ancien vivait en effet de chasse, de pêche, de cueillette, au rythme de la nature, en accord avec elle, respectueux des ancêtres ; le temps était cyclique, le commerce se faisait par troc, le peuple était nomade.
Puis les Occidentaux sont arrivé, ont imposé leur religion, leur temps découpé, la sédentarité, l'alcoolisme. En 1962 les populations ont été chassées, les villages détruits, pour installer des radars, enfouir des déchets. En janvier 1968, c'est la catastrophe de Thulé, la banquise contaminée par la radioactivité, des morts, des cancers, des maladies nouvelles.
Et maintenant les jeunes veulent ressembler à des Américains (ou à l'idée qu'ils s'en font), la population inuit est ravagée par l'alcool, l'oisiveté entretenue par les subventions de l'Etat canadien, l'overdose de télévision, la criminalité, les viols.
Michel Onfray dénonce l'ethnocide dont a été victime le peuple inuit et prend la défense de ceux qui n'ont pas les armes pour se défendre, comme son père, homme de la terre ou comme leur guide inuit, face à l'uniformisation du monde et à la destruction des savoirs et sagesses ancestraux.
Un très beau texte, en hommage à son père, dont il évoque à la fin des souvenirs de son enfance, son silence, sa peine au labeur, mais également cet amour qui les relie malgré l'absence des mots pour le dire.
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Perdre-son-temps
  27 février 2011
Michel Onfray, le célèbre contre-historien de la philosophie, fondateur des Universités Populaires est certainement un brillant pédagogue. Son approche historiographique de la philosophie est très rafraîchissante. Mais avec la médiatisation du bonhomme tout va peut-être un peu vite. Ses livres passionnants ont souvent quelque chose du pamphlet. Quel apport sur un plan purement philosophique après le succès de librairie ?
Et puis je tombe sur cette "Esthétique du Pôle Nord".
Un livre très personnel. Il y a ce voyage qu'il fait avec et pour son père, dans ces contrées improbables. Donc un peu l'histoire de cette relation, avec ce qu'elle comprend de pudeur. Et le récit du voyage comme expérience avec ces subtiles modifications de l'état d'esprit quand nous sommes confrontés à un environnement très différent de nos habitudes. Aussi ce que la rencontre avec d'autres hommes, une autre culture peut apporter à notre regard sur nous-même.
Ici on se pause, on s'accorde quelques silences… de cette aventure polaire il n'est plus question de convaincre à grand renfort d'érudition. Voyager loin transforme… ou bien restitue qui l'on est vraiment.
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CraboBonn
  28 décembre 2012
Un voyage au fil des pages qui débute dans l'aridité d'un désert minéral. Terre de Baffin. Un froid intense, un paysage qui se laisse doucement révéler au fur et a mesure que le froid pénètre la chair, le sang, l'être.
Dans ce désert de glace. L'Inuit. “L'homme” en inuktitut.
Onfray part a la rencontre de l'esquimau, du “mangeur de viande crue” des premiers colons. Rencontre avec un peuple. Plaidoyer pour un peuple que l'on détruit savamment. Peuple qui cherche a montrer son identité d'homme dans le regard de celui qui le prend encore pour un “mangeur de viande crue”, un cannibale peut-être.
Découverte de ces hommes, femmes, chassés de leurs terres, sédentarisés.
Rencontre aussi avec son père. Ouvrier agricole. 80 ans. Dont le rêve était d'un jour mettre le pieds au pôle Nord, lui qui n'a jamais quitte la France. Un voyage dans le voyage.
Un voyage philosophique aux résonances étonnantes. Un essai dans lequel je suis rentre doucement, difficilement, avec la lourdeur d'un brise-glace. Ensuite c'est de la révolte, de la tendresse, l'émotion qui furent maîtres…
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
FortunaFortuna   02 mars 2016
Le temps occidental s'identifie à l'argent : temps de la production accélérée, du travail rentable, de la profusion des stocks, de la spéculation, de la création des richesses aux moindres coûts ; celui des Inuits anciens suivait au plus près les invites de la nature : temps élémentaire et géologique, climatique et vital, temps existentiel et vécu, temps de la survie et de la répétition, temps païen, panthéiste. La collision des deux entités a produit, et produit encore, des violences psychiques et métaphysiques considérables.
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FortunaFortuna   01 mars 2016
Dans le Grand Nord, l'espace absorbe le temps et le matérialise en étendues sublimes. La vastitude transfigure l'être humain en fragment, en tout petit morceau installé dans un temps limité, mais évoluant dans l'éternité d'une perspective à perte de vue.
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moclercmoclerc   13 août 2016
Jamais, donc, il n'y eut d'autres commentaires inuits ou des mots pour expliquer qu'on doit respecter les anciens, honorer les vieux pour leur sagesse, leur existence longue, leur avenir entamé. Au contraire de l'Occident toujours répandu de manière obscène en déclarations de bonnes intentions à l'endroit des anciens que des périphrases permettent de transformer en personnes âgées ou en troisième âge - afin d'éviter les mots qui fâchent...-,et qui traite ses anciens comme des improductifs, des inutiles, des parasites, les Esquimaux se taisent mais honorent activement, dans les gestes, avec des signes ouverts, francs et nets. L'essentiel ne se dit ni ne se raconte, il se montre. Privilège des civilisations orales: le signe surclasse le verbe, le geste dépasse le mot, le signifié détrône qualitativement le signifiant.
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THonigerTHoniger   24 janvier 2014
L'âme dynamique aime lever le camp, étouffer le feu, éparpiller les cendres et prendre la route; elle aime moins le lieu quitté ou rejoint que le déplacement, la translation, l'état intermédiaire, l'entre-deux.
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TetrapharmakonTetrapharmakon   07 octobre 2012
Il est dédicacé par l'auteur !
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Videos de Michel Onfray (177) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Onfray
Michel Onfray - On n'est pas couché 2 juin 2018 #ONPC
Dans la catégorie : CanadaVoir plus
>Géographie générale>Géographie de l'Amérique du Nord>Canada (23)
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