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EAN : 9782746739550
180 pages
Éditeur : Autrement (27/08/2014)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Pourquoi Sade qui fut, au dire même de ses hagiographes, coupable de séquestrations, de viols en réunion, de menaces de mort, de traitements inhumains et dégradants, de tortures, de tentatives d’empoisonnement, fut-il porté aux nues par l’intelligentsia française pendant tout le XXe siècle ? De Breton à Bataille, de Barthes à Lacan, de Deleuze à Sollers, tous ont vu en lui un philosophe visionnaire, défenseur des libertés, un féministe victime de tous les régimes ? ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Aela
  28 octobre 2014
Pourquoi et comment Sade a-t-il été encensé par l'intelligentsia française pendant quasiment tout le XXème siècle?
C'est la tâche que se donne le philosophe Michel Onfray dans ce livre: nous montrer à quel point le "mythe Sade" a eu la vie dure et combien il a marqué en quelque sorte notre "inconscient collectif".
C'est donc un gigantesque travail de démystification auquel se livre Onfray.
Le talent du romancier Sade n'est pas mis en cause mais c'est la philosophie matérialiste et nihiliste qui sous-tend les oeuvres de Sade qui est ici en question.
Des écrivains et philosophes de grand renom comme Breton, Bataille, Barthes, Sollers et d'autres encore n'ont pas voulu juger la vie privée du "divin" marquis, se contentant d'évoquer la puissance de "fantasmes" contenue dans les écrits de Sade.
Oui mais cela ne convient pas à Onfray qui montre que les images évoquées dans les oeuvres ont un fond de négation de l'humain qui pourrait donner lieu à des idéologies dangereuses ou totalitaires.
La vie privée de Sade au lieu d'être soigneusement gommée, comme cela a été le cas jusqu'ici, doit au contraire être soigneusement évoquée: Sade a commis des délits graves: viols, séquestrations, intimidations, menaces, coups, blessures..
Il s'est comporté comme un féodal violent et misogyne, selon Onfray, il faut le dire pour "relativiser " et stopper cette image de défenseur de la liberté qu'a eue Sade pendant des années.
D'ailleurs Michel Foucault lui-même avait entrepris de s'attaquer au mythe Sade mais la maladie et une mort prématurée l'en ont empêché.
C'est une très belle analyse qui est fait ici.
En un livre court mais ô combien efficace Michel Onfroy nous montre comment on peut construire des mythes à partir de l'oeuvre d'un écrivain et quelles répercussions cette mystification peut avoir.
Un livre utile et d'une grande clarté.
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Bazart
  09 décembre 2014
Onfray connait bien Sade, il l'avait déjà provoqué en duel dans son livre « le souci des plaisirs, construction d'une érotique solaire », dans son dernier opus : « la passion de la méchanceté » c'est avec une fougue et une énergie communicative qu'il empoigne le mythe du Divin Marquis et en deux cents pages lui fait mordre la poussière.
Bon professeur Onfray interpelle Guillaume Apollinaire responsable de la construction du mythe et déconstruit méthodiquement la légende d'un Sade libertaire, féministe, précurseur, surréaliste, victime vertueuse incomprise. Il monte donc sur le ring, boxe donc contreApollinaire, mais aussicontre André Breton, Georges Bataille, Roland Barthes, Jacques Lacan, Gilles Deleuze, Philippe Sollers ou Jean Paulhan, demande l'aide de Camus, Queneau, Hanna Arendt, Nietzsche ou Pasolini et après un beau combat, nous livre, comme à son habitude un formidable petit livre passionnant et passionné qui nous rend plus intelligent.
On se souvient de la phrase culte de « L'homme qui tua Liberty Valence » le film de John Ford : « Si la légende est plus belle que la vérité, alors imprimons la légende ». Dans sa contre-histoire de la littérature consacrée à Donatien Alphonse François de Sade, Michel Onfray, philosophe justicier, choisi, lui, comme toujours d'imprimer la vérité.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Hekahm
  12 janvier 2016
Fascinée par Sade, il me semblait intéressant de confronter "sa légende" à l'histoire. Ainsi, mon premier Michel Onfray ne m'a pas déçu ! J'aime beaucoup sa façon d'écrire, de rapporter les choses, d'expliquer. Ici, il démonte, à coups de faits historiques et concrets, toute la légende Sade : Sade le révolutionnaire, le féministe, la victime, le vertueux ... Cette lecture fut riche et passionnante !
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Lismonde
  15 septembre 2014
Dans un entretien fort iconoclaste (comme à son habitude) Michel Onfray a évoqué son dernier ouvrage au micro de Patrick Cohen le vendredi 12 sept. - je me suis précipitée pour l'acheter - lecture roborative - j'adore la manière d'Onfray de démonter les idoles établies et la doxa bien pensante

Lien : http://lelahelle.blog.lemond..
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Floccus
  21 février 2015
Passer du bonhomme, vu à la télé, à ses textes n'est pas décevant. Il écrit comme il ferait un cours. La lecture est fluide et simple. Quelques termes philosophiques obscurs pour la lectrice lambda se glissent çà et là, des « ontologique », « algolagnie », « synallagmatique », vite neutralisés par un coup de dictionnaire.
J'ai découvert Barthes et Bataille, en passant, comme en promenade. J'ai pataugé avec Foucault, je me suis engluée avec Kant, mais pour repartir de plus belle. Car, si c'est de Sade qu'il s'agit, l'enjeu est bien plus large. Michel Onfray a un esprit piquant, exigeant, qui ne laisse rien passer. Il incite à la vivacité d'esprit, à la lucidité éclairée, à ne pas nous laisser hypnotiser par les mots, les démonstrations, les idées. Il nous dit que les grands penseurs peuvent écrire d'énormes bêtises. Essayer de ne pas être un sujet « en quête de soumission » est un enjeu de taille par les temps qui courent, le « déni du réel » nous attendant à chaque coin de rue – qu'elle soit familiale, politique, sociales, professionnelle ou culturelle – avec ses petites crochets, comme une tique prête à nous agripper.
Une pensée rafraîchissante et énergique face à la déshumanisation rampante dont le marquis était fervent. Rendez-vous est pris pour les autres volumes à venir…
Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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critiques presse (3)
LePoint   22 octobre 2014
Après Freud, Sartre, Heidegger, Debord et tant d'autres, voilà qu'Onfray passe à la broyeuse l'une des idoles de l'intelligentsia du XXe siècle.
Lire la critique sur le site : LePoint
Lexpress   20 octobre 2014
Onfray fait feu sur le quartier général structuraliste. Réjouissant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Chro   17 septembre 2014
Il y a parfois quelque chose de marrant à voir Onfray défourailler contre les laudateurs de Sade [...]. Hélas, cette drôlerie est la seule qualité de ce pamphlet bâclé, rempli des travers habituels de l’auteur : généralisations, outrance, mauvaise foi, insinuations, approximation, anachronismes, manichéisme, style nul [...].
Lire la critique sur le site : Chro
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
SepoSepo   29 septembre 2014
Acéphale, une société secrète bien particulière:

Et puis, le plus célèbre, mais aussi le plus celé, un rite d'un genre sadien, sinon sadique: aller séparément de la gare Saint-Lazare à celle de Saint-Nom-la-Bretèche, en pleine forêt, seul, en silence, de nuit, pour se retrouver au pied d'un chêne foudroyé.On brûle du soufre. Avec Bataille, Lacan assiste aux réunions de cette société secrète.Jusqu'ici, tout semble clair. L'obscurité entoure un projet de sacrifice humain sur lequel personne n'a parlé, mais on en connaît assez pour savoir ceci: un texte de Bataille intitulé Le sacrifice du gibbon renseigne sur ce qui fut, peut-être, le projet acéphalique...Une femelle gibbon, ficelée, attachée, se trouve placée dans une fosse la tête en bas; elle offre son anus à la contemplation des participants au rite, nus et passablement" détraqués par l'avidité du plaisir"( dit le texte...); au signal donné par l'officiant, le singe est enterré vivant; les spasmes de la mort par étouffement se manifestent par les contractions anales de l'animal torturé; matières fécales de l'animal, bave et sueur des participants...Bataille, dit-on, aurait voulu le même sacrifice, mais avec un humain. Colette Peignot, la maîtresse de Bataille, aurait accepté - l'un et l'autre se rendaient régulièrement à La Malmaison, sur l'anti-tombe du marquis de Sade. On demanda à Caillois d'effectuer ce geste fatal - il refusa. Ce rite devait fonder une religion - que je dirai sadienne."
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BazartBazart   08 décembre 2014
Comment, en effet, le marquis de Sade qui fut incontestablement un philosophe féodal, monarchiste, misogyne, phallocrate, antisémite, dont l’existence fut celle d’un délinquant sexuel multirécidiviste ayant à son actif nombre de faits avérés et répréhensibles, a pu, et peut encore, passer pour l’emblème du libertin libertaire et féministe, émancipateur et républicain, un philosophe des lumières en même temps qu’un penseur d’avant-garde.
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SepoSepo   27 septembre 2014
Mais alors: que faire de la vie de Sade qui fut le contraire d'une fiction et qui coïncide exactement avec la définition du sadisme: le plaisir pris à la souffrance infligée à autrui ? Ou bien encore:pourquoi jeter l'anathème sur la littérature d'un Brasillach ou les pamphlets antisémites de Céline, interdits de réédition, et porter au pinacle des éditions Gallimard les œuvres du marquis. Si la littérature n' a rien avoir avec la vie, alors pourquoi Bagatelles pour un massacre ne se trouve pas édité en Pléiade? Ni L'école des cadavres ? Danger de la littérature antisémite de Céline, mais innocuité de la littérature de Sade? Je tiens pour ma part d'une même dangerosité des livres qui jouissent du mal et y invitent.p.25
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HekahmHekahm   12 janvier 2016
(...) Charles Fourier, l'auteur d'un magnifique Nouvel Ordre amoureux, un anti Cent Vingt Journées de Sodome radical. Fourier légitime toute sexualité, y compris sadique ou masochiste, pourvue qu'elle soit voulue, consentie, contractuelle. Avec Fourier, on sort enfin vraiment du christianisme en matière de sexualité. Normal qu'on ait si peu entendu cette belle voix singulière. Normal également qu'on l'entende encore si peu aujourd'hui alors que l'écho des cris de Sade persiste et s'éternise... Normal que Sade, dernier avatar judéo-chrétien de cette civilisation, ait connu cette heure de gloire au XXe siècle. Mais le temps est venu d'en finir avec la religion des corps maltraités.
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AelaAela   28 octobre 2014
Hannah Arendt écrit dans "Les origines du titalitarisme" (1951) que les écrivains fascistes de l'après-guerre ne lisent pas les théories raciales et racistes de Gobineau ou de Chamberlain, ni même les pages de Darwin sur la lutte pour la vie, mais... Sade.
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Michel Onfray justifie sa revue, Front Populaire, par le recul de la liberté de la presse en France.
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