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EAN : 9782253942634
512 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (04/02/1998)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 48 notes)
Résumé :

Les pauvres peuvent-ils être libertins ? Quelles leçons sur les hommes un chat peut-il donner ? Dans quelles circonstances Socrate va-t-il à l'abattoir ? Que disent les prostituées aux philosophes ? Quid de la pourriture de l'oeuvre en soi ? Quelles relations entre stupre et stupeur ? Quelle âme ont les pousse-pieds lisboètes ? Comment vivre au pied d'un volcan ? Mondrian aide-t-il à comprendre Venise ? Qui préférer : Eve, Pénélope, Carmen ou Marie ? Y a-t-i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
ClairdeLune5
  17 avril 2019
Auteur qui laisse du temps à la réflexion...
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Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
ErveineErveine   03 mars 2016
La certitude d’être un destin implique d’être pour l’éternité. C’est-à-dire de souffrir dans l’étroitesse de l’instant présent. Elle installe dans le devenir et rend périlleuse la fixité des moments actuels. Sûr de son fait, il (Arnold) écrit à Rufer, en 1921 : « J’ai fait une découverte qui assurera la suprématie de la musique allemande pour les cent ans à venir. » À savoir la composition à l’aide des douze sons. Nietzsche détruit le platonisme, l’enjambe et promeut son esthétique vitaliste ; Schönberg pulvérise la tonalité, la dépasse et fonde le dodécaphonisme. Fort de ces certitudes, le musicien, tout comme le philosophe, débouchent sur une éthique solaire et solitaire, radieuse et radicalement aristocratique. D'où une croyance indéfectible aux droits de la plus petite des minorités qui va avec une certaine morgue à l’endroit du plus grand nombre et des troupeaux attardés.
Formulant cette éthique qui assume ouvertement ce que Nietzsche appelait « le pathos de la distance », le compositeur écrit : « Si c’est de l’art, ce n’est pas pour les masses ; si c’est pour les masses, ce n’est pas de l’art. » Il n’en démordra pas. Et peut-on lui donner tort ? Les régimes totalitaires, sous toutes leurs formes, pourvu qu’ils aspirent à l’homme unidimentionnel visent la musique populaire, pour les masses et pour des consommations qui ont moins à voir avec l’esthétique qu’avec l’idéologie ― de la révolution prolétarienne au grand Reich antisémite en passant par le marché généralisé.
(Arnold et Frédéric p. 370-371)
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ErveineErveine   28 février 2016
Entre le feu de l’enfer et le ciel, sur le toit des hectares de l’usine, ils expient on ne sait quel péché. Si, dans l’Antiquité grecque, la fumée des sacrifices était destinée à réjouir les divinités, ici, elle est le prix payé par les hommes aux dieux de la production. La fumée est coïncidence avec la crémation, l’incinération. Subjugué par la scène, j’eus l’impression que les épaisses volutes noires grimpant dans la densité de la nuit se nourrissaient de l’âme des ouvriers, qu’elles exigeaient leur sang, leur sueur, leurs nerfs et toute l’énergie dont ils sont capables. La bête se repaît de tout l’homme : sa chair et ses muscles, sa capacité à rêver, à imaginer. Plus rien n’existe ici et la production veut les corps de ces hommes qu’on asphyxie jour après jour. Cet encens destiné aux dieux de l’industrie est ignoble. En même temps, il est la preuve qu’on sait encore aujourd'hui, asservir les ouvriers comme aux époques les plus glorieuses de l’esclavage.
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euphemieeuphemie   08 décembre 2013
J'étais certain qu'un jour je tâcherais de rembourser cette dette, ces heures de labeur pénible pour me payer mes études...Comment ? Du moins en n'oubliant pas, en me souvenant, en témoignant, en racontant partout, ici, là, ailleurs, ce que le travail de ceux qui peinent, le labeur de ceux que l'on paye des misères et que l'on exploite sans vergogne, l’aliénation de ceux qui n'ont ni la conscience, ni les mots, ni les moyens, car ils sont démunis de tout. En ne cessant d'être le fils de mon père, un fils de pauvre....Car ce sont les patrons de mon père qui m'ont fait rebelle autant que les prêtres de mon enfance chez les salésiens m'ont converti à l’anticléricalisme. Je leur dois au moins ça
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PetitebijouPetitebijou   23 septembre 2011
Lettre à Pessoa

Peut-être vais-je dormir un peu avant de repartir dans les rues pavées, autour des collines où je tâcherai de traquer vos douleurs à l'âme, essayant un peu de calmer les miennes, de les apprivoiser, de les trouver moins exigeantes ou moins extravagantes. Dans mon sommeil, il se peut bien que je vous croiserai, sinon dans le cimetière des plaisirs, du moins près du Tage où j'ai lu qu'un jour une sorte de baleine blanche vint amuser les Lisboètes, quelque temps. Ils la nourrirent tous les jours avec des tonnes de calmars avant qu'elle ne reparte, comme elle était arrivée, laissant derrière elle cette ville qui perdure entre tremblements de terre et incendies.

Pourquoi n'auriez-vous pas été cet animal facétieux, souvenir du capitaine Achab ? Au bord des eaux, je sais pouvoir, alors, vous sourire sans arrêter ma déambulation. Vous continuerez votre chemin vers les astres et la lumière, moi, vers vos livres et les quartiers de la ville? Nous verrons. En attendant, croyez, cher Monsieur Pessoa, à l'expression de mes sentiments intranquilles.
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euphemieeuphemie   11 novembre 2013
Le principe de délicatesse....Il oppose la culture à la barbarie, la civilisation à la sauvagerie, l'humain à l'inhumain. Il résiste au pire par le meilleur : l'art. Cette résistance exige je que j'appelle le principe de délicatesse, la volonté d'opposer au réel délétère, contre vents et marées, malgré tout, l'élégance et la beauté, même au milieu des ruines. Surtout au milieu des ruines. Loin de l'affliction convenue, du relâchement et de la compassion bruyante, des facilités qui séduisent.
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