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EAN : 9782072723155
Éditeur : Gallimard (01/11/2017)
3.4/5   5 notes
Résumé :
Victor Segalen - écrivain breton, dépressif et opiomane, élevé dans les préceptes d'une religion catholique qu'il ne cessait de rejeter - s'est rendu à Hiva-Oa, une des îles Marquises, pour partir sur les traces de Paul Gauguin. Il y a trouvé un apaisement du corps et de l'esprit. Gauguin comme Segalen, au cours de leurs séjours polynésiens, semblent se débarrasser des oripeaux judéo-chrétiens pour accéder à une autre forme d'être au monde, plus vraie, amorale, harm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
lanard
  18 mai 2019
Véritable « Portrait de l'artiste en Voyageur », ce livre, teinté des couleurs convenues de l'exotisme polynésien (îles verdoyantes, lagons bleus et vahinés) exprime avec une certaine candeur les fantasmes que les îles Marquises inspirent au chef de file de l'hédonisme nietzschéen en France. Les Marquises regardées à travers le prisme de l'oeuvre de Victor Segalen et de Paul Gauguin sont prétextes à un voyage du philosophe. C'est par la grâce de l'hebdomadaire le Point qui embauche le philosophe pour sa série d'été (Vie et mort des Marquises, le Point n°2 290, du jeudi 28 juillet 2016) que Michel Onfray réalise un rêve d'adolescent. le présent ouvrage est une refonte de ces articles dans le format plus noble de la collection blanche de Gallimard. Pour l'occasion, le philosophe, qui a toujours revendiqué son intérêt pour les biographies, emporte avec lui celle de Segalen par Henry Bouillier et les oeuvres du Cycle polynésien. Ces écrits lui ayant révélé que l'écrivain voyageur ne s'était jamais intéressé aux pays et océans qu'il avait traversé avant d'atteindre Tahiti, il se console de la banalité ennuyeuse des voyages en avion: « Dès lors, le voyage en avion n'est guère différent des milles que Segalen avale en bateau. Il embarque, il traverse sans rien regarder, puis il débarque. Voilà tout. Entre deux, il a rêvé le lieu, il l'a pensé, il l'a souhaité et désiré. »
Confusion entre rêver et penser, on prend ses désirs pour des réalités : en débarquant à Tahiti, Michel Onfray n'échappe pas au sortilège Polynésien.
Depuis que les européens ont découvert Tahiti, ils ne peuvent se la représenter autrement que comme un Paradis en état de déchéance permanente ; ils s'y complaisent dans leurs fantasmes d'une sexualité libre et la contemplation des vestiges d'un bonheur en train de se faner sous leur influence maligne (Romain Gary moque superbement cette posture dans « La tête coupable »). Cette attitude date de bien avant Gauguin et Segalen, qui la théorisa ; on la trouve par exemple dans le récit de Max Radiguet, Les derniers sauvages aux îles Marquises 1842-1859. Ce sentiment de porter malheur aux bons sauvages ne trouve pas seulement son origine dans le constat des fléaux réels importés par les européens (maladies contagieuses, alcool, colonialisme, etc.) il est aussi causé par le besoin d'un indice factuel de la réalité de fantasmes philosophiques : l'homme naturellement bon rousseauiste et la morale hédoniste naturelle pour Onfray.
Peut-être que ce dernier devrait s'intéresser aux travaux de l'anthropologue Serge Tcherkézoff (Tahiti – 1768 jeunes filles en pleurs : la face cachée des premiers contacts et la naissance du mythe occidental, éditions Au Vent des îles) plutôt que d'écouter un quidam marquisien qui lui parle des grands initiés d'un paganisme maori que le christianisme aurait refoulé en religion ésotérique.
On ne s'étonnera dont pas que les fruits de cette expérience humaine aux Marquises aient la saveurs très standardisée des jus de fruits exotiques de nos meilleurs supermarchés. Bien qu'il s'en défende, Onfray a fait le touriste en Polynésie et s'est fait traître ce faisant à son maître Segalen. Il croit rendre hommage aux polynésiens en mythifiant leur passé sans se rendre compte du mépris qu'il porte aux marquisiens d'aujourd'hui (voir sa mésaventure dans l'église de Puamau, pp. 72-73).
Dans les dernières pages, il se demande ce qu'il pourrait faire pour les polynésiens. « Il ne me venait qu'une chose à l'esprit : dire. Dire, c'est parfois faire ; mais faire est moins de mon ressort que ceux qui, là-bas, peuvent vouloir autrement que ce qu'on a voulu pour eux depuis leur destruction programmée. ‘'Soyez résolus de ne servir plus et voilà libres'', enseigne La Boétie dans son Discours sur la servitude volontaire. Or, on ne peut pas vouloir pour autrui. Juste lui dire qu'il peut vouloir » (pp. 116-117).
On pourrait voir dans ces mots de la modestie.
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zagames
  14 mai 2021
Dès le premier chapitre, je me suis senti partir en voyage aux côtés de Michel Onfray.
Emporté par ces magnifiques paysages décrits par l'auteur.
Le désir ultramarin brûle en moi : '' Fuir l'Europe puritaine pour le soleil océanien qui lustre les âmes et purifie la chair''.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
zagameszagames   11 mai 2021
La géologie donne une géographie qui produit une histoire.

La glace des peuples polaires, le sable du désert africain, la steppe des peuplades caucasiennes, la forêt tropicale amazonienne produisent des idées spécifiques à la zone qui leur sert d'écrin.

On ne pense pas à Tahiti comme à Moscou, on ne vit pas aux Marquises comme aux îles Lofoten.
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cathcorcathcor   25 novembre 2017
Une civilisation disparaît quand elle a perdu la mémoire d'elle-même. L'oubli du passé, ou la haine du passé qui prépare son oubli,rend impossible le présent; il obère donc tout futur.
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zagameszagames   15 mai 2021
Le sexe marquisien est simple.
Hédoniste, il n'obéit à aucune autre loi que le plaisir.
Le motoro nomme l'ardeur légitime avec laquelle on peut dire à une jeune fille qu'elle nous plait et l'inviter à passer à l'acte.
Entre le désir et le plaisir, il n'y a pas de séparation.
De plus, les Marquises sont un des rares pays au monde à pratiquer la polyandrie, ce qui permet à une femme d'avoir plusieurs maris.
Au bonheur des hommes !
Gauguin se plait à souligner que les jeunes Marquisiennes fument la pipe.
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zagameszagames   15 mai 2021
En nietzschéen convaincu, Segalen affirme qu'aux Marquises, l'immortalité et la pudeur sont des mots qui n'existent pas ; la virginité et la fidélité, des non-sens ; la femme, un "exquis animal".
Le contact avec les civilisés a été, sur ce point, un grand malheur.
Leur liberté sexuelle a laissé place à une névrose chrétienne.
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zagameszagames   15 mai 2021
La Volonté de puissance se trouve également sublimée dans une sexualité naturelle.
Aux Marquises, jadis, la sexualité n'obéissait pas aux règles occidentales de l'idéal ascétique.
Une sexualité dans les limites du mariage monogamique et dans la seule perspective d'engendrer, voilà qui les faisait rire !
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André Bercoff et Céline Alonzo reçoivent Michel Onfray à l’occasion de la parution de son nouveau livre : « L’art d’être français » aux éditions Bouquins.
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