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Critique de JMLire17


JMLire17
  04 juillet 2017
C'est mon premier " Onfray ". Je dois avouer que, avant de me lancer dans la lecture de ce livre, j'étais, sans avoir lu ses précédents ouvrages, un peu hostile au philosophe, qui arrive " x fois " par an avec un nouvel essai, qui donne à chacune de ses fréquentes interventions dans les médias, des leçons sur tout et n'importe quoi. J'avais les souvenirs, pas particulièrement philosophiques, des lectures de la Peste, de l'étranger, du Mythe de Sisyphe et plus récemment du Premier Homme. Sans l'avoir étudié, Albert Camus était pour moi, une sorte de mythe en lui-même, grâce à ces lectures, mais également à cause du Prix Nobel de 1957, de " la phrase " dont j'avais entendu parler, et probablement, à cause de son décès tragique dans la voiture de Michel Gallimard en janvier 1961. Puisque j'en suis aux aveux, je dois dire que j'ai été très intéressé par ce bouquin. Non seulement il explique, la philosophie dans l'oeuvre de Camus, comment elle est liée à son enfance, à des professeurs, à sa vie en Algérie, à la maladie, mais il décortique, les positions que le philosophe a fait passer dans ses oeuvres, vis-à-vis des idées qui ont amenés les grandes monstruosités du XX ème siècle, le national-socialisme pour la seconde guerre et les camps nazis, avec son engagement dans la résistance, ses avis sur la collaboration, sur l'épuration, puis le communisme révolutionnaire pour l'URSS et les goulags. Il montre l'origine des combats du philosophe contre le colonialisme, contre la peine de mort, contre la guerre, contre la barbarie, les idées qu'il va chercher chez Nietzsche, chez Proudhon, qui le conduisent vers l'anarchie positive et libertaire, vers l'hédonisme, vers une gauche Dyonisiènne en opposition à la gauche de ressentiment. Il explique, pourquoi Camus entre au parti communiste, pour les idées, puis le quitte moins de deux ans plus tard, car il refuse les méthodes, et le soutien à l'Union soviétique, quelle est la nature de son engagement, souvent mal compris, lors de la guerre d'Algérie, avec son opposition aux violences perpétrées de tous bords. Les ré-écritures de l'histoire, les concessions aux régimes dictatoriaux, l'acceptation des atrocités, les mensonges, les petits arrangements entre amis du monde des lettres, les attaques contre Camus, provenant notamment de l'entourage de Jean Paul Sartre ont, parfois, été des révélations pour moi. La haute idée que Camus se faisait de son rôle de journaliste, d'écrivain, le rapport entre la philosophie pour la vie, et la philosophie pour elle-même – celle des concepts, les liens entre la philosophie et la littérature, les différences entre philosophe existentiel et existentialiste, les propositions sur le fédéralisme, sur l'évolution révolutionnaire en opposition à la révolution de la radicalité, des camps et de la guillotine, sont parfaitement décris et accessibles à des non-initiés. La lecture de ce livre, soulève beaucoup de questions, sur le sujet, mais également sur l'auteur. Michel Onfray nous démontre que Camus prônait l'utopie modeste contre l'utopie radicale, marxiste, mais lorsqu'il réclame une révolution sans violence, une fédération franco-algérienne au lieu de l'indépendance, n'était-il pas en réalité un utopiste angélique? En opposant Camus et Sartre, en montrant l'ambiguïté dans les positions de Sartre, en révélant les falsifications historiques de Simone de Beauvoir, Michel Onfray ne fait-il pas de l'anti-Sartre systématique? En prenant la défense de Camus, un philosophe hédoniste contesté, populaire, n'a-t-il pas la volonté de régler des comptes avec les milieux de la philosophie contemporaine à son propre sujet? En s'attaquant à certaines icônes de gauche, tel que Mitterand, tel que le dirigeant emblématique du journal " le Monde " ne poursuit-il pas des règlements de compte?
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