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Jacqueline Malherbe-Galy (Traducteur)Jean-Luc Nardone (Traducteur)
EAN : 9782914777612
317 pages
Anacharsis (17/04/2010)
4.04/5   12 notes
Résumé :
"Ongaro a un talent inné pour créer des trames tordues et diaboliques, pour jouer avec tous les lieux communs déterminants du roman et du cinéma populaire. Le lecteur a l’impression de faire un bond en arrière et de revenir à l’époque du Faucon maltais, interprété par un Bogart au sommet de son charisme nicotinique, chapeau de feutre compris.
Ongaro plaisante et s’amuse en allant chercher ses personnages dans le Brésil des années 50, où entre exotisme et rema... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Joa
  25 juillet 2015
Nous sommes au Brésil dans les années 50, John B. Huston,un auteur de polar au passé douteux, reçoit un jour un appel de Valentin (un ami d'autrefois) qui réclame son aide. Les deux hommes se retrouvent, Valentin vient de passer 7 ans en prison, et n'a réussi à tenir que par amour. Une inconnue, entrant un soir dans son bar, dix ans plus tôt, un regard échangé, une phrase, et Valentin en tomba éperdument amoureux, quand bien même il ne la revit jamais. Cette même femme fut assassiner quelque temps plus tard, et Valentin passa ses années de prison avec une seule idée en tête : la venger.
John B Huston accepte de l'aider mais il ne se doute pas que se faisant, il entre de plein pieds dans un nid de frelons.
Ce polar passionnant nous replonge dans l'atmosphère unique des romans noirs des années 40-50 et des films en noir et blanc du Hollywood façon Humphrey Bogart, qui d'ailleurs plane au-dessus du bouquin en empruntant nombre de références au Faucon Maltais. Bref, au milieu des thrillers sanglants et des polars gentillets, voilà une vraie pépite avec une réelle atmosphère qui ne décevra pas les ammateurs du genre !
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Morgouille
  07 février 2011
Un roman-pépite qui donne l'envie de s'aventurer pour mieux connaître les éditions Anacharsis, l'oeuvre d'Alberto Ongaro ou encore celle de Dashiell Hammett.
Devenu auteur de roman policier pour assouvir ses propres envies de meurtres, John B. Huston vit à Porto Alegre au Brésil, où il dilapide au jeu le peu d'argent que ses ex-femmes ne lui soutire pas. Quand Valentin l'appelle d'Uruguay, l'aventure commence. Au pas, prudemment, on entre dans une « énigme tropicale ». En lui demandant de venger l'assassinat de Cayetana, une sublime Mexicaine qui hante ses pensées, Valentin propulse son ami écrivain dans une enquête dont l'atmosphère rappelle parfois le mystère austerien postmoderne et limite absurde. Car dans cette Amérique latine sombre des années 50', bordée d'océans furieux, ceux d'en haut ne sont jamais loin de ceux d'en bas.
Plus qu'une enquête, Huston reçoit de Valentin une véritable obsession en héritage. Une obsession étrange, un romantisme passionné pour Cayetana que Valentin semble lui léguer avec son propre destin. Il lui faudra découvrir l'assassin de Cayetana avant de trouver le repos. Et cette obsession est doublée d'une monomanie qui contribue à l'ambiance obscure du roman : le culte du Faucon Maltais, dont la référence est partout. La trame frappe par l'évolution continue qui en découle. Car le début de l'histoire, à la fin, sera relégué à une autre époque pour chacun des personnages. Personnages dont le passé nous est livré au moment opportun par les détails qui accrochent, qui nous donnent l'image dont on a besoin, renforcent leur charisme, leur mystère ou leur côté répugnant. [...]
Lien : http://morgouille.wordpress...
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Ingannmic
  03 août 2021
Quel plaisir, que celui de continuer ma découverte d'Alberto Ongaro avec le délicieux "Rumba" !
Avec ce titre, l'auteur nous immerge dans une ambiance à la fois noire, cocasse et rétro.
Brésil, années cinquante.
John B. Houston, qui a adopté ce pseudonyme en raison de la fascination qu'il éprouve pour le film "Le faucon maltais", après avoir roulé sa bosse à travers le monde, est devenu auteur de polars. Un coup de fil de Valentin, compagnon d'orphelinat qu'il n'a pas vu depuis quelques décennies, va être le départ d'aventures dignes de Sam Spade, le privé créé par Dashiell Hammett, et joué à l'écran par Humphrey Bogart.
Valentin sort d'une prison uruguayenne où il a échoué après un braquage raté. Avant d'être incarcéré, il a eu le temps de se prendre d'une irrésistible passion pour la magnifique Cayetana, fille d'une richissime famille carioca aux nobles origines, qu'il n'a pourtant aperçue que quelques instants. Pendant qu'il croupissait en prison, la jeune femme a été assassinée, et il n'a qu'une idée en tête : rentrer au Brésil, ce qui ne pourra se faire que clandestinement, car il y est persona non grata, pour venger la mort de la belle.
Transformé en détective privé, le romancier va naviguer en eaux troubles, son enquête le menant tantôt dans les bas-fonds de Rio, tantôt dans les cercles ultra privés de la jet set, croisant en chemin femmes fatales et milliardaires pervers, avec comme musique de fond l'entêtante et nostalgique rumba dolce y bonita...
Alberto Ongaro joue avec les codes du genre hard boiled, s'en réappropriant les clichés pour les parer d'un humour attendri. Ainsi, son roman au charme suranné oscille entre mélancolie et fantaisie, rendant un bel hommage à cette oeuvre culte qu'est "Le faucon maltais", et au roman noir des années 50 en général.
Comme dans "Le secret de Caspar Jacobi", il joue aussi sur l'idée de fiction, son héros portant parfois sur les autres personnages et les événements le regard amusé d'un spectateur qui juge la qualité d'un dialogue, la facture cinématographique d'une situation..
Un texte à la fois intelligent et réjouissant.
Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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nathalie_MarketMarcel
  25 février 2021
Le héros est brésilien. Il est auteur de romans policiers et il a pris le nom de John B. Huston, en hommage au réalisateur du Faucon maltais, une histoire de quête sanglante sans queue ni tête au ton désabusé. Suite à l'appel d'un ami d'enfance, le voici parti sur les traces de la mystérieuse Cayetana Falcon Laferrere (oui, Falcon). Une histoire d'amour romantique, de vengeance, de règlement de comptes… il dévide le fil d'une histoire aux nombreuses belles jeunes femmes interchangeables, aux hommes riches, aux gamins des rues vivants dans la misère et aux belles villas climatisées.
Un roman policier qui se lit très agréablement, avec de multiples fausses pistes et rebondissements sur les traces de Cayetana, qui existe, qui n'existe plus, qui a été rêvée, qui existe quand même. Huston, inspiré par Sam Spade, parvient à démêler tout cela. Il y a moins d'alcool, de tabac et de café que dans le modèle, mais beaucoup plus de rumba et de plantes exotiques. Et de fantasmes, que chacun poursuit à sa manière, qu'il s'agisse d'un amour, d'une famille ou d'un costume blanc.
Je ne l'ai pas lâché.
Lien : https://chezmarketmarcel.blo..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
MorgouilleMorgouille   07 février 2011
Puis – continua Valentin – il avait trouvé du boulot dans ce bar de Rio, L’Albatros, près du centre financier le plus équivoque de la ville. Et c’était là qu’était arrivé un événement qui avait fait prendre à sa vie un tournant définitif. Une nuit, elle était entrée. Il était très tard, il était resté seul et s’apprêtait à fermer lorsqu’elle était entrée avec un ami, un type en smoking blanc, grand, maigre, bronzé et ivre. La radio encore allumée répandait les notes d’une douce mélodie d’amour. « Une lente rumba, Huston, ce à quoi on s’attend dans un film quand quelque chose qui frappe au cœur est sur le point de se produire, une musique de fond, d’une beauté peut-être ridicule, mais qui doit être celle-là et non une autre, et qui fonctionne de façon mystérieuse… »
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MorgouilleMorgouille   07 février 2011
César Novello alluma un cigare, puis dit sans attendre : « Avant que tu ne me le demandes, je te signale que ledit César n’entend plus prêter un rond à personne. »
Huston jeta un regard indigné à ses amis. « Quelle bande de minables ! Je ne m’assoirais plus à cette table même si vous deviez m’en prier à genoux. Belle façon de traiter un ami dans un moment… » Il s’interrompit comme s’il avait du mal à trouver les mots justes : « … d’insolvabilité passagère », conclut-il.
« Passagère mon cul, dit Novello. T’avais qu’à éviter de te marier trente-six fois. »
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MorgouilleMorgouille   07 février 2011
Elle ne pouvait nier avoir été touchée par la profondeur, la durée, l’impossibilité même de l’amour que Valentin avait éprouvé pour Cayetana. Peu importait qu’il fût un voleur, un bandit des rues, un fils de braqueurs morts exécutés. Cet amour qui était né en quelques secondes, jamais consommé, et qui se serait éteint dans n’importe quel autre cœur, avait eu, pensa Rita, une croissance verticale qui avait porté Valentin loin au-dessus de toute autre personne de sa connaissance.
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MorgouilleMorgouille   07 février 2011
La vie proposait d’excellentes detective stories. Bien mieux : une série de rendez-vous manqués, la disparition inopinée de l’un des deux personnages, une sorte de passage du témoin de l’un à l’autre, et un seul des deux pour continuer le voyage de Rio et affronter les ténèbres qui entouraient la mort de Cayetana. Le destin était un bon narrateur. Et il voulait peut-être savoir maintenant comment Huston s’en tirerait.
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MorgouilleMorgouille   07 février 2011
« Alors, t’étais où ?
— Qu’est-ce que ça peut bien te faire ? »
Il prit l’un de ses pieds et se mit à le caresser.
« Ici, à Canela, on n’a fait que parler du coup de fil que t’as reçu d’Uruguay et de ton départ. Comme ça, tout à coup, sans donner d’explications. T’étais où ?
— En Uruguay.
— Ca j’avais compris, Ducon. Mais qu’est-ce que t’es allé y foutre ?
— C’est mes oignons. »
Christina éclata de rire. « Quel beau dialogue, dit-elle. Tu devrais le copier dans un de tes bouquins.
— Je n’y manquerai pas. Les bons dialogues, c’est pas facile à trouver. »
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