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Makoto Ooka (Éditeur scientifique)Yves Marie Allioux (Traducteur)
EAN : 9782877301503
Éditeur : Editions Philippe Picquier (08/02/1999)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Peut-on trouver ailleurs qu'au Japon une poésie qui, ayant connu son apogée il y a plus de mille ans, jouisse encore d'un aussi vaste public ? Comment expliquer autrement que par la continuité d'une longue tradition l'intérêt toujours vivace que les japonais portent au haïku, au tanka, à une poésie qu'ils pratiquent tous les jours ? Art de l'ellipse et de la suggestion : tous les amoureux de " silence " trouveront dans ce livre une réponse aux questions que se pose ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Bruidelo
  24 août 2020
Vous imaginez si le Point ou Valeurs actuelles, au lieu de Unes racoleuses voire carrément nauséabondes, nous proposait dans chaque numéro un poème... Rêve insensé de pauvre utopiste complètement à l'Ouest? - c'est beaucoup moins vendeur! Au Japon pourtant les journaux, y compris Nihon Keizai, le quotidien des milieux d'affaires, publient chaque semaine une demi-page de poésie. de 1979 à 2007, le quotidien Asahi, le deuxième journal le plus lu dans le monde avec son tirage de 7 à 8 millions d'exemplaires, publiait même chaque jour en première page un poème choisi et commenté par le poète et critique Makoto Ôoka.
Le recueil «Poèmes de tous les jours» nous en propose une sélection et ça donne une assez belle anthologie (même si ce n'est pas non plus la plus top des tops).
C'est parfois très fort, je ne peux par exemple que saluer bien bas Saitô Mokichi, parce que ça, je n'aurais jamais cru que la projection-identification à une bestiole aussi peu glamour à mes yeux qu'une araignée d'eau fonctionnerait aussi bien :
«Araignée d'eau qui monte dans le courant
Tes forces sont si faibles pourtant»
(Saitô Mokichi 1882-1953)
Ces «poèmes de tous les jours» arrachent souvent à la banalité du quotidien un étonnement, quelque chose qui vibre, parfois en saisissant une émotion passagère, comme dans cette belle évocation du réveil, du rêve enfui qui se fait pourtant encore sentir:
«Le vent du printemps disperse les fleurs de mon rêve
Éveillé mon coeur en tremble encore»
(Le moine Saigyô 1118-1190)
Toujours aussi fleur bleue, j'ai trouvé ça émouvant de voir si joliment exprimée en deux petits vers la grooosse plénitude du sentiment amoureux:
«Après notre rencontre, quand je vois mon coeur,
Je m'aperçois qu'autrefois je ne pensais à rien.»
(Gonchûnagon Atsutada 906-943)
Mais bien sûr, le thème de l'impermanence domine avec notamment l'importance de la place donnée aux saisons:
«La brume du soir se noue au fond de mon coeur
Et l'automne comme moi s'avance vers l'hiver.»
(Shikishi Naishinnô morte en 1201)
Une petite déception quand même. Comme j'avais adoré les poèmes d'Ôoka Makoto, j'attendais plus de ses présentations qui restent je trouve trop souvent un peu superficielles, anecdotiques: des indications du type «ce haïkaï repose peut-être sur l'observation d'une scène réelle», on ne peut pas dire que ça enrichisse la lecture d'une façon inouïe - Bon, en même temps, c'est vrai que s'il en fait une chaque jour, ça ne peut pas être très approfondi. L'introduction, plus travaillée, m'a davantage intéressée. J'ai bien aimé l'expression «les passionnés de silence» qui vient qualifier l'amateur de haïku où «ce qui est suggéré l'emporte de loin sur ce qui est exprimé».
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sabine59
  28 avril 2020
Encore une superbe publication des éditions Picquier poche! Ôoka Makoto, lui-même poète, a eu l'idée de réunir dans ce recueil cent poèmes parmi ceux qu'il transmet chaque matin depuis 1979 dans un journal japonais, Oriori no uta : poèmes au jour le jour.
La richesse de ce livre vient essentiellement de trois choses: les textes sont aussi bien du Moyen-Age que de l'époque contemporaine, il y a certes des haïkus mais d'autres formes poétiques également donc un ensemble très varié, et sur chaque double page, à gauche, un paragraphe résume brièvement la vie du poète choisi et surtout nous livre un commentaire fort intéressant sur le poème retranscrit sur la page de droite.
Ce qui peut surprendre, c'est le fait que souvent le poème est un distique, mais dans la préface, on nous explique que pour suivre l'ordre des mots du poème original, la traduction a dû ne pas respecter fidèlement la métrique japonaise.
Peu importe, les poèmes choisis, si courts soient-ils, sont intenses, vibrants, émouvants. Ils rythment , légers et profonds , les saisons de nos coeurs.
" Sereine clarté du soleil printanier une alouette
monte au ciel
Et mon coeur solitaire s'abîme dans ses pensées"....
Ôtomo no Yakamochi ( 718? -785)
Ou ce vers fulgurant:
" Nuit noire soudain derrière ce feu dehors"
Matsumoto Takashi ( 1906-1956)
Et je trouve très puissante la parole d' Ôoka Makato, lorsqu'il conclut, dans sa préface:" La poésie, dont la raison d'être est de retrouver la source même des mots, n'a pas de plus forte raison de ressusciter qu'aux époques les plus troubles". Lisons, relisons les poètes! Ils nous raniment, nous emportent...
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   21 octobre 2014
Ce pin solitaire, combien de siècles a-t-il vécus ?
Le vent qu'on y entend est si pur qu'il suggère la profondeur du temps.

Ichihara no Ôkimi ( milieu du VIIIe siècle )
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PiatkaPiatka   26 octobre 2014
Même chez soi, la vie part à la dérive et sur les vagues
Nous flottons sans savoir où nous allons

Anonyme ( Manyôshû - Recueil des dix mille feuilles )
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PiatkaPiatka   28 octobre 2014
Dans leur science du temps les fleurs des
champs d'automne
Ont toutes le parfum des rayons de la lune

Jien ( 1155-1225 )
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PiatkaPiatka   22 octobre 2014
Ce monde est-il rêve ? Réalité ?
Réalité ou rêve, je ne sais, puisque étant, il n'est pas.

Anonyme ( Kokinshû - Recueil de jadis et naguère )
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sabine59sabine59   15 décembre 2019
La brume du soir se noue au fond de mon coeur
Et l'automne comme moi s'avance vers l'hiver.

Shikishi Naishinnô
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