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EAN : 9782358871518
256 pages
La manufacture de livres (02/03/2017)
3.3/5   40 notes
Résumé :
Mister K affole le monde de la finance et celui du renseignement. Sur les écrans des élites connectées, une newsletter fait irruption régulièrement sans qu'on ne puisse comprendre son origine. Ce n'est pas la teneur de ces messages - des dénonciations des dérives du monde de la finance - qui inquiètent mais les technologies inédites mises en oeuvre. Cet émule de Julien Assange et d'Edouard Snowden devient une cible prioritaire pour la CIA et la NSA.
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Année après année, Jean-Hugues Oppel continue d'écrire des romans entre thriller et polar ; en 2017, ce fut 19500 dollars la tonne, paru chez La Manufacture de livres, puis chez J'ai Lu.

De l'intérêt de lire du Jean-Hugues Oppel

Je ne sais pas si c'est juste moi, mais lire un Jean-Hugues Oppel répond toujours à une attente, qu'elle ait été formulée telle quelle ou non avant d'attaquer ladite lecture. Après des romans comme Barjot ! sur la nécessité de péter des câbles quand la situation l'exige, comme Vostok sur le pouvoir des multinationales (ou FTN, Firmes TransNationales diraient les géographes) ou bien comme French Tabloids sur la création d'une « opinion publique » par les médias dominants (et aliénants), c'est maintenant au tour de 19500 dollars la tonne à propos de l'influence du cours des bourses financières sur nos vies de simples citoyens.

Un thriller de bonne facture

Comme toujours, Jean-Hugues Oppel convoque des personnages très divers et utilise leur polyphonie pour nous faire comprendre son récit, le décor mais aussi l'envers du décor : le lecteur suit à la fois ceux qui sont mis en danger par les événements, ceux qui essaient de les régler et, en partie, ceux qui en sont les initiateurs. Nous suivons avant tout Falcon, mercenaire, le plus souvent tueur à gages, qui parcourt la planète selon ses contrats. Face à lui et ses employeurs, semble se tenir un certain Mister K qui affole les salles de trading avec ses annonces complotistes, se voulant le continuateur de lanceurs d'alerte bien connus. Lucy Chan de la CIA, agent modérateur dirons-nous, elle ne sait pas tout mais se positionne en solution de la crise. L'ensemble va plutôt vite et suis les codes du thriller d'espionnage international en allant d'un continent à l'autre, de Caracas à Londres, en passant par New York. Comme d'habitude avec Jean-Hugues Oppel, et c'est cela qui est agréable, nous suivons d'abord un camp, mais ils nous apparaissent bien souvent trop autoritaires pour être honnêtes.

Un fond toujours prenant

19500 dollars la tonne prend place dans un cadre très contemporain : des États-Unis hyperpuissants et ultralibéraux et tous leurs « alliés » avec, une vision réticulaire de la géopolitique et tout un tas d'affaires médiatico-financières (dont les révélations d'Edward Snowden) sur fond d'espionnage. Là où nous ne prenons plus la peine de savoir d'où viennent les produits que nous achetons, que nous transformons et que nous consommons, il y a toujours des dominants et des dominés. À quel prix devons-nous accepter de fermer les yeux ? La destruction économique, sociale et environnementale est bien partie, mais cela ne se fait pas de façon irrémédiable, il faut bien que des gens valident ces types de choix : Mister K dénonce, pour des raisons que le roman ne dévoile qu'à la toute fin, ceux qui ne font cela que pour le profit financier. L'intrigue dans son ensemble pose la question toute simple : quelle part un simple individu prend-il dans cette destruction systématique ?

19500 dollars la tonne n'est pas mon roman préféré de Jean-Hugues Oppel, toutefois il semble ouvrir la voie à au moins une mini-série reprenant des personnages communs (avec par exemple Total Labrador), il faudra voir jusqu'où il poussera cette logique et si cela lui permet de créer un ensemble solide sur la destruction de nos vies pour des raisons économiques et financières. Pour le reste, il est certain que l'auteur n'a rien perdu de son envie de critiquer les grands de ce monde qui se permettent absolument tout.

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Parce qu'on a toujours besoin de métaux rares pour le marché électronique mais aussi pour le développement de l'industrie verte, la spéculation n'a plus de limites et les enjeux financiers et géopolitiques sont si importants que les grandes puissances jettent toutes leurs forces dans cette guerre sans nom.

Une analyste de la CIA, un tueur à gages efficace, un trader de la City et un drôle de lanceur d'alerte, vont se croiser dans ce dangereux marigot des spéculateurs boursiers qui règnent en maître sur l'économie mondiale.

Un thriller terrible et particulièrement bien documenté de Jean-Hugues Oppel

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Falcon, tueur à gages, ou « assassin professionnel », comme il préfère, est au bord de la retraite. Ses réflexes s'émoussent, il commence à commettre quelques erreurs d'appréciation et à subir la rude concurrence de professionnels low-cost. de son côté, Lucie Chan est agent analyste à la CIA, redoutable et efficace dans sa partie. Ces deux-là ne semblaient pas faits pour se rencontrer, et pourtant... C'est à Londres que leur route va se croiser. A Londres où exerce Leonard Parker, redoutable également dans son genre, puisqu'il pratique un trading haute fréquence à la Bourse et que c'est un bon, tant et si bien qu'on le surnomme Killer Bob. Alors quand Mister K vient troubler ce monde de la haute voltige avec ses newsletters économico-cyniques, ce beau monde se met en quête de son identité. Et ça va décoiffer…

« 19500 dollars la tonne » est un roman de Jean-Hugues Oppel, l'un des grands noms du thriller politique français qui a obtenu le Grand Prix de littérature policière et le Prix Mystère de la critique.

Cette oeuvre noire est déroutante en ce que l'intrigue est mêlée de nombreuses considérations économico-politiques qui restent absconses pour le béotien. Et pourtant, le style direct, ourlé d'une bonne dose de cynisme, trempé dans l'acier de l'humour noir est appréciable. On voit les personnages oeuvrer, chacun dans leur partie, déployant ce qui leur semble, tantôt à raison, tantôt à tort, une dose conséquente de compétences, avec un sentiment jubilatoire de maîtrise et l'on jubile à leur côté. L'intrigue se veut rythmée, emplie de scènes d'action riches et captivantes, entrecoupée de dépêches, newsletters de Mister K et cotations boursières qui dansent la gigue.

Dans ce monde noir où la valeur argent a détrôné l'humain depuis longtemps au profit de l'efficacité des machines, on assiste à des manipulations de tous bords entre gens civilisés mais peu recommandables. L'intrigue s'embourbe dans des méandres hermétiques, tant et si bien qu'au final on peut se demander ce qui faisait son coeur : l'engagement politique de l'auteur qui s'efforce de dénoncer les dérives d'une mondialisation exacerbée ? le croisement de certains protagonistes semble finalement un prétexte et les ressorts de ce roman jubilatoire par certains aspects et instructif bien que complexe seront vite oubliés.

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Quand la politique se fait non plus dans les couloirs feutrés des divers palais d'états mais dans entre les néons des salles de trading et les mines de métaux ou les gisements de terres rares de pays sous-développés, quand les valeurs boursières prennent le pas sur les valeurs humanistes, les femmes comme Lucy Chan, analyste à la CIA et les hommes comme Falcon, assassin professionnel, ou Leonard Parker, trader haute fréquence, font et défont le monde. Pourtant, les courriers de Mister K qui atterrissent dans les boîtes mail des traders de la City malgré les pare-feu et qui décryptent et dénoncent les dessous peu reluisants de la finance, inquiètent. Il devient nécessaire pour tout le monde de mettre la main sur le pirate et, éventuellement, de le faire taire.

C'est avec un plaisir non dissimulé que l'on retrouve Jean-Hugues Oppel quatre ans après Vostok. Certes, ni la thématique ni la structure de ce nouveau roman ne surprendront les habitués de l'auteur – on pense assez souvent à son French tabloïds – mais on se délecte de la manière dont il joue avec les données boursières, les extraits de dépêches secrètes, les moments d'action pas dépourvus d'humour et les changements de tableaux d'un chapitre à l'autre.

Sans bouleverser le genre ni certainement écrire une oeuvre inoubliable, Oppel offre avec 19500 dollars la tonne, un roman engagé, instructif, rythmé et malin qui tient autant de la littérature de gare de qualité – ça existe et c'est malheureusement de plus en plus rare – qui se lit le temps d'un trajet en train que du manifeste qui évite avec intelligence d'être lénifiant.

On en sort un peu plus édifié et satisfait par un agréable moment de lecture.


Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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L'étain, ça vous parle ? Oui oui, ce métal gris foncé presque noir que les chimistes appellent Sn, du latin Stannum, utilisé par l'Homme depuis la Préhistoire. Et bien, c'est aussi une matière première dont le cours s'envole régulièrement et sur laquelle, la spéculation va bon train… Que se cache-t-il derrière ces graphiques qui montent vers les sommets (alors que je rédige cette chronique, le cours est de 36 900 $ la tonne). Jean-Hugues Oppel, à travers ce thriller palpitant, sans nous donner les réponses à l'ensemble des questions que l'on se pose, nous donne matière à réfléchir sur l'impact de la finance sur nos propres vies. Il lève un peu le voile sur les arrières boutiques financières, des mines où sont exploitées des populations pauvres aux bourses où s'échangent des milliards de dollars.

Dans ce thriller, se mêlent plusieurs personnages d'apparence si éloignés, mais dont les destins se croiseront. Il y a Falcon, le tueur à gage ou plutôt comme il le préfère, « l'assassin professionnel », au bord de la retraite. Puis Mister K, un mystérieux hacker, qui affole les salles de bourses avec ses annonces à la manière d'un lanceur d'alerte. Et, enfin, Lucy Chan, une jeune et talentueuse recrue de la CIA. Ensemble, ils nous trimbaleront à travers les continents, à une vitesse folle, nous surprenant régulièrement.

19 500 $ la tonne est un mélange entre thriller politique, techno-thriller et roman d'espionnage. Roman engagé, il nous offre matière à réflexion sur le monde qui nous gouverne sans chercher à nous donner de leçon. Avec intelligence et beaucoup d'esprit, l'auteur, dans un style très percutant, nous donne les clés qui nous permettront de nous rendre compte de la folie financière qui nous entoure.

Un grand bravo à Jean-Hugues et merci aux éditions La manufacture de livres pour permettre à des romans noirs de cette qualité d'exister.


Lien : https://imaginoire.fr/2021/1..
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation

Et puis les crises sont arrivées.

La plus récente est toujours la plus grande et bien entendu la dernière – avant la suivante. Le Der des Ders : on en peut pas dire que le concept ait eu du succès en 14-18 ; cela dit, depuis 39-45, il a l'air de tenir le coup. Au niveau mondial, s'entend. Parce qu'au niveau local, sur tous les continents, on s'étripe joyeusement pour les motifs les plus divers.

Mais je m'égare, revenons à nos moutons, ceux que ce qu'on a appelé la Crise des subprimes a tondu jusqu'à l'os. C'était il n'y a pas si longtemps. Le baril de brut était à 135 dollars et le camarade Ivan Rebroff ne chanterait plus jamais Ah si j'étais riche ! Le système créancier-débiteur que l'on croyait mieux réglé que du papier à musique s'écroulait comme un château de cartes. Des gens perdaient leur maison. Des seniors voyaient leur pension de retraite disparaître en fumée du jour au lendemain. Les municipalités des grandes villes occidentales se réveillaient menacées de faillite.

Les braves citoyens avaient alors fait une découverte stupéfiante : les banques possédaient de l'argent qui n'existait pas !

Le roi Financier était nu.

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Falcon aura tout fait pour matraquer le doute.

Le téléphone portable cassé que les enquêteurs trouveront près du cadavre de Pedro est un prépayé anonyme. Il n’a qu’un seul numéro en mémoire, celui de son jumeau qui était dissimulé dans le paquet de pains d’explosifs enfoui sous le terreau du huitième palmier en pot. Un montage grossier transformait l’appareil en détonateur activé à distance. Falcon a passé une communication pour imprimer le numéro d’appel dans les mémoires des deux téléphones, l’émetteur et le récepteur. Appel test avant le bis fatal qui imprime au passage l’empreinte de Pedro sur la touche. Aucun risque de Boum ! prématuré : Falcon aurait passé une centaine d’appels que le paquet n’explosait pas pour autant ; son montage fil rouge / fil blanc était un leurre. Falcon ne voulait pas voir sa bombe détoner prématurément suite à un relais téléphonique intempestif ou à la numérotation aléatoire du call center tamoul d’un marchand de fenêtres à double vitrage alsacien.

Il y a trop de portables dans le monde. Les ondes abondent. C’est mauvais pour la santé et dangereux pour le terrorisme, à gages ou pas. Il y a aussi trop de marchands de fenêtres qui vous harcèlent par téléphone.

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Avant de s’assoupir, Chambord avait noté en info que les traders des maisons de courtage françaises connaissaient un record en matière de bonus. Rien de surprenant quand les dividendes des grandes entreprises augmentent de 10 à 11 %, soit entre 35 et 45 milliards de dollars à se répartir entre actionnaires, au grand dam des économistes qui ne savent comment l’expliquer (ce qui soit dit en passant est un peu la définition d’un économiste) en ces temps de crise, d’agitation sociale un peu partout dans le monde en général, et en France en particulier. Les traders français gloutons semblent oublier que le bon peuple aime à promener la tête des profiteurs au bout d’une pique à l’occasion.

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Arrivé à LAX, Falcon avait pris une chambre dans un motel tenu par des Asiatiques aux limites de la zone aéroportuaire, le genre d’établissements où descendent les cadres moyens de toutes nationalités entre deux voyages d’affaires. Les Asiatiques serviables viennent vous chercher et vous raccompagnent à l’aérogare en minibus navette. Il n’y a que dans les films que le tueur à gages – l’assassin professionnel, pardon – trouve refuge dans un bouge improbable des bas-fonds chez une maquerelle obèse qu’il n’a pas revue depuis dix ans, ou descend dans le premier palace venu en réclamant la suite Royale, du champagne millésimé, et une place de parking pour garer son Aston Martin DB5 – au risque de faire tache et d’être repéré dans l’un comme dans l’autre. En ce début de troisième millénaire bigbrothérien, s’exposer en toute innocence (façon de parler) est encore le meilleur moyen de mieux se cacher.

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« Si on essaie de vous faire peur, c’est qu’on a quelque chose à vous vendre » disait le bon docteur Martin Winckler en parlant des techniques de vente des laboratoires pharmaceutiques.

Il convient d’ajouter à ce beau credo celui de base que les champions du marketing savent appliquer en toutes circonstances…

Si c’est gratuit, c’est vous le produit

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