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Jean Orizet (Éditeur scientifique)
ISBN : 2035826535
Éditeur : Larousse (26/09/2007)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 12 notes)
Résumé :

Une anthologie qui offre un panorama très large de la vitalité et de la variété de la poésie française depuis plus de mille ans, ce qui en fait un ouvrage de référence sur l'histoire de la poésie et son évolution.Un livre dont la lecture se présente comme une promenade agréable, surprenante et stimulante à travers 11 chapitres correspondant à 11 époques.De la grande clarté du mo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
raynald66
  28 juin 2015
Coup de coeur pour ce livre passionnant sur la poésie. Toutes les époques y sont représentées : Moyen Age (Guillaume d'Aquitaine, Rutebeuf, ...), Renaissance (Clément Marot, Rémy Belleau, La Boétie...), Baroque (Agrippa d'Aubigné, Corneille,...), Classique (La Fontaine, Boileau, Racine,...), Siècle des Lumières (Rousseau, Diderot...), Romantisme (Lamartine, de Vigny, De Musset, Victor Hugo...), Modernisme (Apollinaire, Reverdy,....) etc ...
Beau livre à lire
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SergeMuscat
  13 juillet 2017
L'une des meilleures anthologies de la poésie française. Chapeau à Jean Orizet qui a fait un travail remarquable ici mieux qu'en son edition.
Commenter  J’apprécie          30
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
JmlyrJmlyr   10 août 2017
Alphonse de Lamartine
1790-1869

LE LAC

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

" Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! "

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !
+ Lire la suite
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raynald66raynald66   28 juin 2015
Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer

Tu te plais à plonger au sein de ton image
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes ;
O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord
Tellement vous aimez le carnage et la mort
O lutteurs éternels, ô frères implacables !

(Charles Baudelaire : l'homme et la mer)
+ Lire la suite
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raynald66raynald66   28 juin 2015
C'est en vain qu'au Parnasse un téméraire auteur
Pense de l'art des vers atteindre la hauteur :
S'il ne sent point du ciel l'influence secrète,
Si son astre en naissant ne l'a formé poète,
Dans son génie étroit il est toujours captif :
Pour lui Phébus est sourd et Pégase est rétif.

O vous donc qui, brûlant d'une ardeur périlleuse
Courez du bel esprit la carrière épineuse
N'allez pas sur des vers sans fruit vous consumer
Ni prendre pour génie un amour de rimer :
Craignez d'un vain plaisir les trompeuses amorces,
Et consultez longtemps votre esprit et vos forces.

La nature, fertile en esprits excellents,
Sait entre les auteurs partager les talents :
L'un peut tracer en vers une amoureuse flamme,
L'autre d'un trait plaisant aiguiser l'épigramme ;
Malherbe d'un héros peut vanter les exploits,
Racan chanter Philis, les bergers et les bois :
Mais souvent un esprit qui se flatte et qui s'aime
Méconnaît son génie, et s'ignore soi-même
Ainsi tel autrefois qu'on vit avec Faret
Charbonner de ses vers les murs d'un cabaret,
S'en va, mal à propos, d'une voix insolente,
Chanter du peuple hébreu la fuite triomphante,
Et poursuivant Moïse au travers des déserts,
Court avec Pharaon se noyer dans les mers.

Quelque sujet qu'on traite, ou plaisant, ou sublime,
Que toujours le bon sens s'accorde avec la rime :
L'un l'autre vainement ils semblent se haïr ;
La rime est une esclave, et ne doit qu'obéir.
Lorsqu'à la bien chercher d'abord on s'évertue
L'esprit à la trouver aisément s'habitue ;
Au joug de la raison sans peine elle fléchit,
Et, loin de la gêner, la sert et l'enrichit.
Mais lorsqu'on la néglige, elle devient rebelle,
Et pour la rattraper le sens court après elle.
Aimez donc la raison : que toujours vos écrits
Empruntent d'elle seule et leur lustre et leur prix.
...

(Boileau : l'art poétique)
+ Lire la suite
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raynald66raynald66   28 juin 2015
Que je sens de rudes combats !
Contre mon propre honneur mon amour s'intéresse :
il faut venger un père, et perdre une maîtresse :
L'un m'anime le coeur, l'autre retient mon bras.
Réduit au triste choix ou de trahir ma flamme,
Ou de vivre en infâme,
Des deux côtés mon mal est infini.
O Dieu, l'étrange peine !
Faut-il laisser un affront impuni ?
Faut-il punir le père de Chimène ?

Père, maîtresse, honneur, amour,
Noble et dure contrainte, aimable tyrannie
Tous mes plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie
L'un me rend malheureux, l'autre indigne un jour
Cher et cruel espoir d'une âme généreuse
Mais ensemble amoureuse,
Digne ennemi de mon plus grand bonheur
Fer qui causes ma peine
M'es-tu donné pour venger mon honneur ?
M'es-tu donné pour perdre ma Chimène ?

Il vaut mieux courir au trépas
Je dois à ma maîtresse aussi bien qu'à mon père :
J'attire en vengeant sa haine et sa colère,
J'attire ses mépris en ne me vengeant pas
A mon plus doux espoir l'un me rend infidèle
Et l'autre indigne d'elle

(Corneille : Le Cid)
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raynald66raynald66   28 juin 2015
Le soir
Le monde est creux
A peine une lumière
L'éclat d'une main sur la terre
Et d'un front blanc sous les cheveux
Une porte du ciel s'ouvre
Entre deux troncs d'arbre
Le cavalier perdu regarde l'horizon
Tout ce que le vent pousse
Tout ce qui se détache
Se cache
Et disparaît
Derrière la maison
Alors les gouttes d'eau tombent
Et ce sont des nombres
Qui glissent
Au revers du talus de la mer
Le cadran dévoilé
L'espace sans barrières
L'homme trop près du sol
L'oiseau perdu dans l'air

(Pierre Reverdy : l'homme et le temps)
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