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Gérard Gros (Éditeur scientifique)Jean Tardieu (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782070327959
518 pages
Éditeur : Gallimard (28/11/2001)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 22 notes)
Résumé :
EXTRAIT :

En la forêt de Longue Attente
Chevauchant par divers sentiers
M'en vais, cette année présente,
Au voyage de Desiriers.
Devant sont allés mes fourriers
Pour appareiller mon logis
En la cité de Destinée ;
Et pour mon coeur et moi ont pris
L'hôtellerie de Pensée.

Je mène des chevaux quarante
Et autant pour mes officiers,
Voire, par Dieu, plus de soixante,
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
flolunaire
  19 août 2013
Le corpus poétique de Charles d'Orléans reflète le parcours chaotique de ce prince. Otage des enjeux politiques entre la France et l'Angleterre, l'auteur sera et se sentira toujours tel un exilé.
A la fois témoignage subjectif et aussi jeu littéraire de ce Moyen-Age finissant, ses poèmes sont une ode à la mélancolie; une éminence de ce sentiment du "Trop tard" que cultivent les auteurs de cette époque, tous exilés sentimentaux d'une histoire qui semble leur échapper.
Toutefois, cette poésie n'est pas doloriste, c'est simplement l'épanchement d'un coeur qui saigne ou encore une sensibilité inquiète qui préfigure les questionnements de l'Homme moderne.
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Loht
  04 septembre 2017
Poète en langueur, prince en exil, amant que rien ne console...
Voilà quelques visages du poète d'Orléans. Me reviennent des divagations adolescentes dans les bois bordant la Loire natale ; les mots neufs de Charles d'Orléans gitaient dedans moi, et sa douleur grisait mon âme mélancolique.
Ces poèmes sont d'une époque où la poésie était composé selon les règles les plus strictes mais alors, ce carcan n'enlevait et n'enlève toujours pas la jouissance des mots, des sons et des résonances.
Ce sont petits colliers savamment ouvragés, bijoux d'orfèvre et de prince, certes, mais dont la tournure rustique les rend accessible à chaque coeur contemporain.
Les chanter, les chanter sans trêve ni lassitude tout au long du chemin...
(Cette édition offre en regard aux poèmes les vers dans leur vieux français original. Cela est un délice pour l'oreille !)
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
kathykathy   19 février 2012
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s'est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau;

Il n'y a bête, ni oiseau,
Qu'en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissé son manteau.

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie,
Gouttes d'argent, d'orfèvrerie,
Chacun s'habille de nouveau;
Le temps a laissé son manteau.
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NuitDeChineNuitDeChine   16 avril 2014
Je meurs de soif en couste la fontaine.

Je meurs de soif en couste la fontaine ;
Tremblant de froit ou feu des amoureux ;
Aveugle suis, et si les autres maine ;
Povre de sens, entre saichans l'un d'eulx ;
Trop negligent, en vain souvent songneux ;
C'est de mon fait une chose faiee,
En bien et mal par Fortune menee.

Je gaingne temps, et pers mainte sepmaine ;
Je joue et ris, quant me sens douloreux ;
Desplaisance j'ay d'esperance plaine ;
J'atens bon eur en regret engoisseux ;
Rien ne me plaist, et si suis desireux ;
Je m'esjoïs, et cource a ma pensee,
En bien et mal par Fortune menee.

Je parle trop, et me tais a grant paine ;
Je m'esbays, et si suis couraigeux ;
Tristesse tient mon confort en demaine ;
Faillir ne puis, au mains a l'un des deulx ;
Bonne chiere je faiz quant je me deulx ;
Maladie m'est en santé donnee,
En bien et mal par Fortune menee.

ENVOI

Prince, je dy que mon fait maleureux
Et mon prouffit aussi avantageux,
Sur ung hasart j'asserray quelque annee,
En bien et mal par Fortune menee.
+ Lire la suite
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LiliGalipetteLiliGalipette   22 décembre 2011
En la forêt de Longue Attente
Chevauchant par divers sentiers
M'en vais, cette année présente,
Au voyage de Desiriers.
Devant sont allés mes fourriers
Pour appareiller mon logis
En la cité de Destinée ;
Et pour mon coeur et moi ont pris
L'hôtellerie de Pensée.

Je mène des chevaux quarante
Et autant pour mes officiers,
Voire, par Dieu, plus de soixante,
Sans les bagages et sommiers.
Loger nous faudra par quartiers,
Si les hôtels sont trop petits ;
Toutefois, pour une vêprée,
En gré prendrai, soit mieux ou pis,
L'hôtellerie de Pensée.

Je despens chaque jour ma rente
En maints travaux aventuriers,
Dont est Fortune mal contente
Qui soutient contre moi Dangiers ;
Mais Espoirs, s'ils sont droicturiers,
Et tiennent ce qu'ils m'ont promis,
Je pense faire telle armée
Qu'aurai, malgré mes ennemis,
L'hôtellerie de Pensée.

Prince, vrai Dieu de paradis,
Votre grâce me soit donnée,
Telle que trouve, à mon devis,
L'hôtellerie de Pensée.
+ Lire la suite
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NuitDeChineNuitDeChine   16 avril 2014
Le lendemain du premier jour de may.

Le lendemain du premier jour de may,
Dedens mon lit ainsi que je dormoye,
Au point du jour m'avint que je songay
Que devant moy une fleur je veoye,
Qui me disoit : " Amy, je me souloye*
En toy fier, car pieça mon party
Tu tenoies ; mais mis l'as en oubly
En soustenant la fueille contre moy.
J'ay merveille que tu veulx faire ainsi :
Riens n'ay meffait, se pense je, vers toy. "

Tout esbahy alors je me trouvay ;
Si respondy su mieulx que je savoye :
Tresbelle fleur, oncques ne pensay
Faire chose qui desplaire te doye ;
Se pour esbat aventure m'envoye
Que je serve la fueille cest an cy,
Doy je pour tant estre de toy banny ?
Nenni ! certes, je fais comme je doy.
Et se je tiens le party qu'ay choisy,
Riens n'ay meffait, ce pense je, vers toy.

Car non pour tant honneur te porteray
De bon vouloir, quelque part que je soye,
Tout pour l'amour d'une fleur que j'amay
Ou temps passé. Dieu doint que je la voye
En paradis, après ma mort, en joye !
Et pource, fleur, chierement je te pry :
Ne te plains plus, car cause n'as pourquoy,
Puis que je fais ainsi que tenu suy.
Riens n'ay meffait, ce pense je, vers toy.

ENVOI

La verité est telle que je dy,
J'en fais juge Amour, le puissant roy.
Tresdoulce fleur, point ne te cry mercy
Riens n'ay meffait, ce pense je, vers toy. "
+ Lire la suite
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NuitDeChineNuitDeChine   16 avril 2014
En yver, du feu, du feu !

En yver, du feu, du feu !
Et en esté, boire, boire !
C'est de quoy on fait memoire,
Quant on vient en aucun lieu.

Ce n'est ne bourde, ne jeu,
Qui mon conseil vouldra croire :
En yver, du feu, du feu !
Et en esté, boire, boire !

Chaulx morceaulx faiz de bon queu
Fault en froit temps, voire, voire ;
En chault, froide pomme ou poire
C'est l'ordonnance de Dieu :
En yver, du feu, du feu !
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Videos de Charles d' Orléans (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles d' Orléans
CHARLES D’ORLÉANS – Qui est-il ? (Cours audio, 2013) Une courte présentation du poète au détour d'un cours d'Histoire de la Littérature française enregistré, en 2013, grâce à l'association de Frémeaux & Associés, de PUF et de la SCPP. Extrait du cinquième cours dans lequel Alain Viala, professeur émérite à l’université de Paris Sorbonne, accompagné de Daniel Mesguich, lecteur d'exception, explique habilement la particularité de Charles d’Orléans dans le dernier siècle du Moyen-Âge.
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