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EAN : 9782757876039
528 pages
Éditeur : Points (28/05/2020)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Lorsque sa femme le quitte, emportant loin de lui leur jeune fils, Tadek voit sa vie se lézarder, rattrapée par la solitude. Son frère et ses soeurs sont depuis longtemps partis d’Israël, et sa mère, face à son désarroi, n’a qu’une rugueuse indifférence à lui offrir. Il n’a plus pour compagnie qu’un fatras de souvenirs, de cauchemars - et un fantôme, celui de son père, qu’il n’a pas revu depuis vingt ans. Sur un coup de tête, Tadek décide alors de quitter Jérusalem ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Pecosa
  15 juillet 2020
Cronos, l'Avaleur est Polonais. Il se nomme Stefan Zagourski , et végète à Varsovie dans une maison de retraite pour anciens combattants. Dans les années soixante, sa femme est partie en Israël avec leurs enfants. Il n'est jamais allé les rejoindre et n'a plus donné de nouvelles.
Tadek, l'un des fils, est en pleine déconfiture matrimoniale et professionnelle. Hanté par le souvenir de ce père tyrannique, alcoolique, infidèle, violent, bagarreur, sympathique parfois, il décide en 1988 de retourner en Pologne pour renouer avec lui et obtenir des explications sur son comportement.
« J'en ai profité pour le détailler, cet homme qui était mon père, cet hédoniste polonais qui ne s'est pas gêné pour baiser, cogner, tuer. le voilà donc, assis sur son lit, adossé contre le mur, cheveux ébouriffés, visage gris rond rongé par des poils de barbe. S'il était né dans un autre milieu, en un autre temps, il aurait pu être un libertin plein de panache, et ami du marquis de Sade. .. Mais là, ce n'était qu'un voyou polonais qui avait émergé des égouts de Majdanek pour atterrir dans la crasse des quartiers pauvres de Wroclaw. L'aura de la liberté et du romantisme fracassée sur le sol d'une réalité viciée, sombre, nauséabonde. »
Voyou est un beau premier roman sur la relation père/fils, un portrait touchant d'un fils hanté par un ogre, et qui n'a obtenu de sa mère ni tendresse, ni réponse à ses nombreuses interrogations.
Dans les vapeurs d'alcool et les volutes de cigarettes, Zagourski livre à son fils les bribes d'un passé violent. Partisan catholique polonais non communiste, il a combattu les Allemands, connu le camp de Majdanek dont il s'est évadé dans des conditions dantesques, puis la prison après-guerre. Sa femme quant à elle, s'est retrouvée dans le ghetto de Varsovie, puis dans une prison pour femmes. Car elle est juive. Ce n'est qu'une fois parti de Pologne que Tadek apprend la judéité de sa mère, et donc la sienne, et leur départ pour Israël.
Voyou offre aussi une vision apocalyptique de la Pologne occupée, où chacun tente de survivre, entre combats, délation, résistance et collaboration, parfois tout à la fois, et où la survie tient du miracle ou du plus grand des hasards.
L'histoire, extraordinaire de Tadek est pourtant vraie, inspirée de l'histoire familiale du cinéaste polonais Tadeusz Ami Drozd, ami du père de l'auteur (l'écrivain Uri Orlev). Voyou est un roman cru, qui donne à voir la difficulté de la transmission dans un pays en pleine décomposition juste avant l'effondrement du Bloc soviétique, où l'on manque de tout, même d'allumettes, où tout semble triste et gris, et où les fantômes de la Seconde guerre mondiale viennent coller aux basques des vivants. Grâce au talent de conteur d'Itamar Orlev, le lecteur se retrouve pris dans les rets du Pater Familias comme Tadek, fasciné, suspendu aux lèvres d'un père dérangeant, tout puissant, titanesque, et qui au crépuscule de sa vie vient quémander l'affection et la reconnaissance d'un fils de quarante ans.
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JIEMDE
  05 avril 2020
« Les pères et les fils peuvent essayer de se cramponner les uns aux autres, ils resteront à jamais des étrangers… »
C'est dans l'espoir de faire mentir cette maxime que Tadek quitte un beau matin Jérusalem et sa vie bousculée, pour Varsovie, sur les traces de son passé et de son père qu'il n'a pas revu depuis des années. Qu'attend-il ? Il n'en sait trop rien. Que risque-t-il ? Pas grand-chose… En Israël, sa femme vient de le quitter avec son fils déjà distant ; ses relations avec sa mère sont orageuses et superficielles ; et son métier d'écrivain végète dans l'attente de pages qu'il ne parvient pas à écrire.
Tadek débarque donc à Varsovie que sa mère leur fit autrefois quitter pour échapper à ce mari et père violent, volage et alcoolisé. Un père qu'il retrouve dans un hospice d'État, devenu vieillard proche de la fin de vie, abruti par la vodka mais avec l'esprit toujours fougueux et révolté. Remontant le fil de leur passé qui les conduira jusqu'au village-berceau de leur famille, Tadek et son père Stefan vont se renifler, se jauger, se confronter, se détester. Mais surtout se parler, beaucoup. Et se comprendre, un peu mieux…
Le passé de Stefan durant la guerre, ses blessures, emprisonnements, tortures et humiliations dévoilent à Tadek toute une facette de son père jusque-là cachée. Mais est-ce suffisant pour pardonner la violence physique et morale reproduite ensuite envers sa propre famille ?
Dans Voyou, Itamar Orlev écrit une énième version du « Je t'aime, moi non plus » qui régit souvent les relations père-fils, mais trouve dans le contexte historique (le destin des partisans polonais durant la Seconde Guerre mondiale) et la verve enlevée de son écriture, deux leviers pour rendre son approche originale et creusée. L'intérêt pour ce combat de boxe émotionnel que se livrent Tadek et Stefan, monte progressivement en puissance, sans temps mort durant 500 pages. Une belle découverte donc de cette sélection 2020 du Prix du Meilleur Roman Points.
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Mimeko
  04 août 2020
Jerusalem 1988, Tadek, la trentaine est en plein questionnement après l'échec de son couple et le départ de sa femme qui emmène leur fils Michel, entraînant une remise en cause de son rôle de père. Une crise qui le pousse à questionner Eva sa mère sur son père Stefan. D'abord rétive et toujours en colère contre son mari qu'elle a quitté quand elle a fui la Pologne, pour s'installer en Israël, avec les quatre enfants, Eva, par bribes, lâche quelques éléments sur ce père qui ne les a pas rejoint. Commence pour Tadek un travail de recherche et de réflexion pour comprendre ce père qu'il a quitté encore enfant, mais dont il garde le souvenir d'un homme violent, dépensant sa paye en vodka, maltraitant ses enfants, laissant sa femme sans argent. Tadek décide, avant qu'il ne soit trop tard, de rencontrer ce père pour un rendez-vous même tardif, qu'il espère riche de réponses, qui lui permettraient de comprendre ses errements et son mal-être.
Itamar Orlev remonte le cours de de l'histoire de son père, ce voyou, dans un road-movie pour retrouver les derniers acteurs encore vivants, au coeur de la Pologne pauvre et encore sous le joug communiste. Il tire le fil du récit de la vie de ce père et découvre au fur à mesure des rencontres avec des personnages hauts en couleurs, son histoire, tantôt généreux, tantôt égocentrique, n'en faisant qu'à sa tête, piégé dans une guerre qui lui a été particulièrement cruelle, partisan polonais, arrêté et fait prisonnier au camp de Majdanek près de Lublin, torturé, évadé puis soupçonné par les communistes d'être sympathisant, c'est un destin hors norme, entre aventures tantôt picaresques tantôt dramatiques, qui balayent trente ans de l'histoire de la Pologne.
Itamar Orlev mêle intelligemment les évènements et les sentiments plus que contrastés que le fils éprouvent pour le père, entre espoirs déçus et découvertes surprenantes sur la famille, un voyage ensemble pour faire sa connaissance, essayer de le comprendre sans forcément lui pardonner, juste essayer de se réconcilier avec lui et être apaisé.
Voyou est un premier roman à ne pas rater, une illustration forte, entre sarcasme et tendresse, drame et truculence des relations difficiles père/fils.
Une réussite.
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bidule62
  09 octobre 2018
Merci à Babelio et aux éditions du Seuil pour ce magnifique roman.
Deux personnages, un père, son fils.
Un père violent, un fils qui rate sa vie (sa femme le quitte, il ne partage rien avec son propre enfant).
Un fils qui décide de quitter son pays d'adoption (Israël) pour aller revoir son père enfermé dans un mouroir à Varsovie. On est dans les années 80.
Le père fut partisan pendant la guerre, a tué de multiples fois. Un père violent, alcoolique que la mère finira par fuir avec ses enfants en Israël.
Un fils qui cherche des explications et espère en trouver avec ce voyage vers son pays natal, vers son père.

Un roman prenant, envoûtant, dur, que j'ai eu du mal à lâcher.
Une histoire qui laisse peu de répit, un style du même acabit.
Un texte que je vous conseille, un texte qui me restera en mémoire. Une belle découverte. Un premier roman qui sort du lot.
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Komboloi
  01 avril 2020
"Voyou" est un très beau premier roman. L'auteur nous raconte l'histoire de Tadek qui part en Pologne pour voir son père dans une maison de retraite pour anciens combattants. C'est un peu l'incompréhension chez les autres membres de la famille puisque l'on ne peut pas dire que leur enfance a été heureuse à côté de ce père alcoolique et violent.
Ce déplacement en Pologne est bien évidemment l'occasion de nombreux voyages dans le passé pour découvrir la jeunesse de Tadek mais aussi l'histoire de son père et de sa mère. Ces différents passages sont bien incrustés dans ce roman à la construction bien pensée.
Ce livre, à l'écriture agréable, m'a touché. L'auteur arrive particulièrement bien à retranscrire toute la complexité des relations familiales, les évènements qui peuvent faire basculer la vie d'un homme même si cela n'excuse rien... C'est un livre particulièrement foisonnant et très intense émotionnellement parlant.
L'auteur maitrise le récit de bout en bout et j'insiste bien sur le fait que c'est un premier roman. Attention, ce n'est pas un roman très joyeux, bien au contraire, même si certains passages arrivent à décrocher un sourire et même parfois un petit rire au lecteur. Cette lecture est assez éprouvante.
Un premier roman de très bonne qualité, avec une écriture et une construction soignée, que je recommande et qui met en lumière toute la complexité des relations familiales. Une réelle découverte !
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critiques presse (3)
Liberation   28 décembre 2018
Dans ce récit d’une relation entre un père et un fils, on partage, impuissant, les inlassables tentatives d’un échange réparateur.
Lire la critique sur le site : Liberation
Actualitte   04 octobre 2018
Quoi qu’en dise la dernière de couverture, je n’ai pas réussi à trouver, au milieu de tout cela, une histoire d’amour. Bref, à mon avis, si vous avez le moral en berne, il me semble qu’il vaut mieux que vous passiez votre chemin.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeMonde   24 août 2018
Les détails scabreux ou l’étalage de l’intimité scatologique ne suffisent pas à garantir la modernité de l’écriture. On trouve aussi quelques allusions attendues à l’Antiquité. Mais elles ne gâchent pas ce qui demeure le plus réussi, l’ultime face-à-face avec un père affaibli qu’on aime et qu’on craint.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
MimekoMimeko   06 août 2020
Il s'est tu un instant. "Moi quand j'ai eu mes enfants, en particulier tes grandes sœurs, je n'étais qu'un gamin, pas prêt du tout. D'ailleurs, peut-être que je suis resté un gamin, que je n'ai pas réussi à évoluer. Et ce qui me fait chier, c'est que je mourrai comme ça, sans savoir qui je suis".
Commenter  J’apprécie          60
MimekoMimeko   05 août 2020
Avec ses longs cheveux défaits qui lui couvraient les épaules, les chairs libérées qui révélaient leur moelleuse abondance, la grand-mère n'avait plus du tout la même apparence. Elle restait en caleçon long jusqu'au genoux et se couchait à côté de moi, douce et plantureuse. De sa peau montaient des odeurs de transpiration, de foin, de bouse de vache et de lait acide tandis que son corps dégageait chaleur et gentillesse, me procurant un sentiment de sécurité originelle que je n'ai jamais retrouvé ailleurs que dans son lit.
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MimekoMimeko   04 août 2020
Le général s'exprimait très bien, avec le vocabulaire élaboré des gens cultivés. Ses gestes délicats et son attitude aristocratique témoignaient qu'il n'avaient rien de commun avec l'homme simple qui lui faisait face. Pourtant cette différence de classe flagrante ne semblait entamer en rien l'intimité qui les liait, une sorte de fraternité si forte qu'elle l'emportait sur tout ce qui pouvait les séparer. De plus, en présence de son ami Pawel, mon père ne se curait pas le nez avec vulgarité, ne crachait pas part terre et ne jurait pas.
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MimekoMimeko   02 août 2020
Je voulais continuer à repousser le moment où il me faudrait penser à ma rencontre avec mon père, mais impossible de résister. Il s'est assis en face de moi, vieil homme souriant, pétri de gentillesse. Ses yeux, grossis par les verres épais de ses lunettes, lui conféraient une expression grotesque de sénile paumé et ses grandes mains si fortes essayaient de contenir leur brutalité pour recouvrir tendrement les miennes.
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MimekoMimeko   02 août 2020
Ça fait trop longtemps qu'on ne s'amuse plus ici, la violence qu'il nous fait subir à nous, sa famille de merde, a depuis des lustres chassé la joie d'alors. L'appartement explose maintenant de cris, d'insultes, de lamentations, de gémissements, de pleurs.
Et j'ai retrouvé la même haine qu'à l'époque, mais décuplée parce qu'il arrivait de nouveau, dans sa vieillesse, à éveiller en moi un terrible sentiment de culpabilité, parce que, en une seconde, il avait de nouveau fait de moi un fils merdique...Sauf que, cette fois, j'ai décidé de ne pas me laisser avoir.
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