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ISBN : 2021365794
Éditeur : Seuil (16/08/2018)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Lorsque sa femme le quitte, emportant loin de lui leur jeune fils, Tadek voit sa vie se lézarder, rattrapée par la solitude. Son frère et ses soeurs sont depuis longtemps partis d’Israël, et sa mère, face à son désarroi, n’a qu’une rugueuse indifférence à lui offrir. Il n’a plus pour compagnie qu’un fatras de souvenirs, de cauchemars - et un fantôme, celui de son père, qu’il n’a pas revu depuis vingt ans. Sur un coup de tête, Tadek décide alors de quitter Jérusalem ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
bidule62
  09 octobre 2018
Merci à Babelio et aux éditions du Seuil pour ce magnifique roman.
Deux personnages, un père, son fils.
Un père violent, un fils qui rate sa vie (sa femme le quitte, il ne partage rien avec son propre enfant).
Un fils qui décide de quitter son pays d'adoption (Israël) pour aller revoir son père enfermé dans un mouroir à Varsovie. On est dans les années 80.
Le père fut partisan pendant la guerre, a tué de multiples fois. Un père violent, alcoolique que la mère finira par fuir avec ses enfants en Israël.
Un fils qui cherche des explications et espère en trouver avec ce voyage vers son pays natal, vers son père.

Un roman prenant, envoûtant, dur, que j'ai eu du mal à lâcher.
Une histoire qui laisse peu de répit, un style du même acabit.
Un texte que je vous conseille, un texte qui me restera en mémoire. Une belle découverte. Un premier roman qui sort du lot.
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karined1
  09 octobre 2018
Tout d abord merci à Babelio et aux éditions du Seuil pour cette belle découverte.
Quand Tadek se retrouve seul, face à lui même, après le départ de sa femme et de son fils, fatigués de son inertie, son passé ressurgit. D'où vient il? quelle est la part de ce passé dans cette page blanche auquel fait face cet écrivain qui n'écrit plus rien depuis longtemps. Il décide de partir à la recherche de ce père violent qu'il a fuit avec sa mère, son frère et ses soeurs. Ce livre retrace ce retour aux sources. Un retour aux sources dans la Pologne communiste, pas simple, choquante pour ce trentenaire arrivé enfant en Israël.
Tadek redécouvre en Stefan, son père, immobilisé au fond d'une maison de retraite pour héros de guerre, un être à la fois héroïque et détestable, ancien partisan non communiste évadé du camp de Maïdanek.
Son père, un alcoolique toujours aussi violent, est ému et plein d'amour pour cet enfant devenu adulte, ce qui est nouveau pour l'enfant qu'il fut comme pour le vieillard.
Il entame en sa compagnie un road trip sur les traces de son passé.
Le long de ce voyage, il revoit des personnages de son enfance, tous ont un ressenti mitigé sur cet homme : admiré par certains et détesté par tous..
Le dialogue, verbal ou non, père/fils est le fil conducteur de ce livre. Un drôle de couple en quête de reconnaissance mutuelle et d'amour.
J'ai beaucoup apprécié ce livre, cette recherche de reconstruction, de reconnaissance et d'amour. L'auteur ne tombe pas dans le pathos, les sentiments, la violence, l'amour y sont retranscrits avec pudeur.
Itamar Orlev est pour moi un des nouveaux grands auteurs israéliens, dans la lignée de David Grossman.
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soazickcl
  21 mars 2019
1988 : Jérusalem. Tadek, la quarantaine pas épanouie, sa femme le quitte et emporte son jeune fils Michel, déserte et vide la maison, le laissant au bord du vide, vide physique et vide émotionnel, rien pour se rattraper, pas une branche familiale ; en effet sa mère semble se désintéresser de ses ennuis, vit sa vie de façon personnelle et originale, ses frère et soeurs ont émigré de nouveau.. vers les États Unis !
De nouveau, car toute cette famille a déjà fui son pays d'origine, la Pologne, une bonne vingtaine d'années auparavant quand la mère n'a eu d'autre choix pour sauver sa famille des griffes du père !
Père que Tadek va aller retrouver à Varsovie , dans sa maison de retraite.
1988 : Varsovie. Voyage douloureux, souvenirs cuisants encore, physiques et mentaux des coups et terreurs infligés par cet homme, vieillard délabré maintenant , mais d'une force et d'une résistance sortant de l'ordinaire auparavant. Cauchemars toujours présents, pas lourds traînants et alcoolisés reviennent à la surface, vodka bon marché à gogo, relents nazis et rouges russes, assassinats, bagarres, coups, jurons, grossièretés et trahisons, alcool encore, famille retrouvée, rancunes toujours vivantes, couvre feu, pauvreté de fin de règne communiste…
Mais quel beau livre ! Impossible de le quitter malgré la dureté et l'épaisseur de la douleur et du ressenti. Quel travail sur soi, car comme le dit le préambule «  toute ressemblance avec des événements et des noms réels, des personnes mortes ou vivantes n'est pas pure coïncidence ».
C'est donc une autobiographie romancée, oeuvre personnelle s'il en est, les sentiments sont vrais et profonds, le désarroi, la colère, les atermoiements, la haine et la pitié.. Toutes les émotions se mêlent, s'entrelacent pour finir par une apothéose…
Lisez le, pleurez de rage, comme l'auteur, ou comme vous le sentez : la langue est belle, malgré les jurons , la poésie est présente à chaque page, la traduction remarquable ! Un chef d'oeuvre à mon goût.
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topocl
  27 mars 2019
Que fait Tadek, quand sa femme le plaque, emmenant leur fils et que sa vie s'effondre ? Il part retrouver ce père resté en Pologne, qui l'a élevé dans l'alcool et la violence, ce réputé héros de la résistance déporté à Majdanek, ce monstre égocentrique, devenu ce vieillard qui s'étiole en maison de retraite et qui a bien des révélations à faire.
Curieuses retrouvailles que cette recherche désespérée d'un filiation qui a pourtant bien existé, entre haine et réconciliation, entre rancoeur et pitié pour un livre bien décidé à ne répondre à aucune question, mais à montrer comme la réalité est complexe, les sentiments ambivalents, combien le coeur est déraisonnable.
Ce voyage est l'occasion d'un retour aux sources dans une Pologne misérable, rustre, violente, arrosée de vodka. Il montre comme l'histoire y a été d'une cruauté invraisemblable, mortifère pour plusieurs générations. Mais il ne s'aventure jamais dans les explications simplistes ou les raccourcis psychologiques, il reconnaît le caractère indéchiffrable du mystère des individus ballottés dans les méandres de leurs contradictions. 
L'auteur ne cherche pas à faire un roman psychologiquement cohérent, il propose un confrontation pathétique, faite de heurts, de poses, de détours et d'apaisements, sans glisser une seconde vers l'attendrissement, il parle du malheur des hommes, de leur prédestination et de leur destin, de la souffrance et des incertitudes qu'ils sont condamnés à traîner perpétuellement avec eux.

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Olire
  12 novembre 2018
Merci à Masse Critique de Babélio et Seuil pour l'envoi de cet excellent roman.
Voici donc l'histoire d'un quarantenaire déprimé (sa femme vient de partir avec son fils) qui décide de revoir son père, un vieux Polonais alcoolique qui se meurt doucement dans sa maison de retraite. Ce dernier, s'était lui aussi fait abandonner par sa famille car, imbibé par la vodka, il terrorisait et violentait les siens.
Les retrouvailles ont lieu et c'est l'occasion de tout savoir sur l'histoire de cet homme, son passé de partisan et prisonnier pendant la seconde Guerre mondiale, ses bagarres ultra-violentes, ses états d'âmes et pensées intimes de sa vie d'homme à celle d'un vieux. Et pourquoi la vodka est devenu son sang ?
Un roman passionnant, où les petites histoires racontent la grande, celle des hommes, et en particulier celle de cet atroce père, ce voyou à qui on pardonne finalement bien trop de choses. Car on peut retrouver beaucoup de nous dans la vie de ce monstre.
Et c'est là toute la force de ce livre. Mettre de l'universel en un voyou, en cette période de guerre, ou même de paix. de nous parler de la jeunesse, de la vieillesse, et de l'entre-deux qui passe trop vite.
Le style est limpide et fort, grandement adaptable au cinéma. Un premier roman d'un auteur israélien (né en 1975) qu'il nous faut surveiller de près.

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critiques presse (3)
Liberation   28 décembre 2018
Dans ce récit d’une relation entre un père et un fils, on partage, impuissant, les inlassables tentatives d’un échange réparateur.
Lire la critique sur le site : Liberation
Actualitte   04 octobre 2018
Quoi qu’en dise la dernière de couverture, je n’ai pas réussi à trouver, au milieu de tout cela, une histoire d’amour. Bref, à mon avis, si vous avez le moral en berne, il me semble qu’il vaut mieux que vous passiez votre chemin.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeMonde   24 août 2018
Les détails scabreux ou l’étalage de l’intimité scatologique ne suffisent pas à garantir la modernité de l’écriture. On trouve aussi quelques allusions attendues à l’Antiquité. Mais elles ne gâchent pas ce qui demeure le plus réussi, l’ultime face-à-face avec un père affaibli qu’on aime et qu’on craint.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
miriammiriam   29 octobre 2018
'en ai profité pour le détailler,cet homme qui était mon père, cet hédoniste polonais qui ne s'est pas gêné pour baiser, cogner, tuer. Le voilà donc assis sur son lit, adossé contre le mur, cheveux ébouriffés, visage gris rongé par les poils de barbe. S'il était né dans un autre milieu, dans un autre pays, en un autre temps, il aurait pu être un libertin plein de panache, un ami du marquis de Sade...Mais là, c’était un voyou polonais qui avait émergé des égouts de Majdanek, pour atterrir dans la crasse des quartiers pauvres de Wroclaw. L'aura de la liberté et du romantisme fracassée sur le sol d'une réalité viciée, sombre, nauséabonde. Il somnolait avachi, en pyjama élimé, la bouche entrouverte, la cigarette qui se consumait entre les doigts. Vieux. Pitoyable. Mon père. Qui a bais autant qu'il a pu, qui a bu jusqu'à plus soif, s'enivré de musique, a dansé, frappé, tué sans scrupule. Comment ne pas rester pantois devant la capacité de jouissance absolue dont il a fait preuve toute sa vie, sans jamais tenir compte de personne à part lui-même"

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rkhettaouirkhettaoui   21 août 2018
Chez moi me guettait une longue nuit, sombre et vide, si bien que je suis rentré avec beaucoup d’appréhension. Je me suis assis dans le jardin avec une bière et j’ai commencé à me languir de mon fils, de ses exclamations de joie, de ses fous rires qui montaient de la salle de bains quand ma femme le lavait, de ses larmes quand il était fatigué mais refusait d’aller se coucher, luttant contre le sommeil, à croire qu’il craignait, s’il s’y abandonnait, de ne jamais plus en revenir. Il tapait des pieds, criait, secouait la tête dans tous les sens tandis que l’engourdissement envahissait peu à peu son corps et dissolvait lentement sa conscience. À la fin, tel le condamné qui accepte sa mort imminente, il se laissait dominer, happer par le sommeil, et moi, jamais je n’ai essayé de le sauver.
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rkhettaouirkhettaoui   21 août 2018
Mais ce que la guerre n’avait pas réussi à détruire, c’est mon père qui s’en était chargé, et ses rêves de paillettes ont été ensevelis sous les épreuves du quotidien. Pourtant, lorsque parfois elle nous installait tous les quatre pour nous raconter une histoire, elle arrivait à créer en quelques secondes un one-woman-show dans lequel elle incarnait tous les personnages, un monde parallèle se construisait sous nos yeux hypnotisés et nous étions là à espérer que ça ne finisse jamais.
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rkhettaouirkhettaoui   21 août 2018
Qu’est-ce qu’il aurait fait ici sans sa vodka, ses amis alcooliques et leurs bagarres de soûlards ? Qu’est-ce qu’il aurait fait au milieu de tous ces Juifs ? Dans un pays où on ne boit pas et où on ne sait rien de la violence des goys polonais ? Tu as vu, ici, deux personnes s’exploser la gueule pour rien, en pleine rue, au milieu de la nuit ? Il se serait immédiatement retrouvé en prison. 
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rkhettaouirkhettaoui   21 août 2018
« Ne panique jamais et n’aie jamais peur. La peur est un piège fatal. J’ai vu des gens se faire tuer rien que parce qu’ils ont eu peur. »
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