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EAN : 9782070384181
416 pages
Éditeur : Gallimard (05/11/1991)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Le soir venu, deux hommes parlent. Ils parlent de littérature d'abord, et aussi de politique et de morale.

Le premier a connu plusieurs vies : il a été directeur du Figaro, il est journaliste, il est surtout romancier. Il met la littérature au-dessus de tout.

Le second croit encore qu'on peut mener de front plusieurs existences, écrire et agir à la fois.

Ils se sont rencontrés par hasard. Ils ont trouvé beaucoup de cho... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Christw
  16 janvier 2018
J'ai dû me résigner à ranger ce livre parce qu'il est terminé, tout bonnement, et je regrette une compagnie de choix. A priori, des entretiens avec Jean d'Ormesson ne m'étaient pas destinés, au plan littéraire je jugeais le romancier léger (je n'en avais rien lu), l'essayiste un peu lisse et idéologiquement je n'ai pas de penchant gaulliste. Alors pourquoi ce livre? Sans doute parce que Bernard Pivot l'a discrètement pointé dans la Grande Librairie en décembre dernier. Parce qu'il s'agit d'un ouvrage déjà ancien (1989) : l'homme s'y contredit-il ? Et puis Jean d'Ormesson à l'oral ne saurait laisser indifférent : il est convaincant médiatiquement et sa parole est franche.
"Parmi les romanciers, il y a ceux qui nous croient à jamais sortis du paradis perdu, et ceux qui voient partout, au même instant, le paradis et l'enfer. D'Ormesson appartient à la seconde catégorie. Et, si son paradis et son enfer, curieusement, apparaissent supportables, c'est sans doute que cet écrivain français craint de ne pouvoir désarmer toutes les préventions du monde. Ainsi se retient-il devant l'horreur comme devant le salut." , ècrit François Sureau en préface.
Car d'Ormesson est toujours dans la nuance, souvent dans la retenue, parfois par simple politesse : "je ne suis pas modérément modéré", dit-il. Ceci ne doit pas voiler l'intelligence, des prises de position nettes maintenues et s'il s'est dispersé par facilité, par nonchalance, voire par goût des plaisirs mondains, son parcours est estimable.
Le contenu des entretiens est déterminé par les grandes périodes de la vie de l'homme : les études et les hésitations d'une jeunesse favorisée (son père était diplomate), la guerre, la déception de Vichy et puis De Gaulle, la direction du Figaro, la littérature et l'écriture tardive, l'approche d'auteurs tels que Berl, Aragon, Morand, Malraux, Montherlant et de penseurs tels que Sartre et Aron et de grands noms comme Pompidou, Agnelli. Une ou deux générations avant la mienne, avec des noms qui remuaient la presse culturelle au siècle dernier.
Jean d'Ormesson n'aime pas creuser les sujets, il n'est ni complexe, ni très profond, de nature et par choix et il pense que "la limitation donne beaucoup de force à une intelligence". A contrario de ce que l'on dit aujourd'hui du président Macron, dont la pensée serait trop complexe pour s'accommoder des entretiens de presse à l'Élysée, les idées dégagées de l'académicin pince-sans-rire siéent à la conversation : "J'imagine qu'on pourrait dire de moi : il a fait, de l'art de parler pour ne rien dire, un des beaux-arts."
À cet égard, à François Sureau qui lui rappelait que pour parler de soi, les Mémoires ou le Journal peuvent se trouver justifiés par leur caractère d'oeuvre d'art, D Ormesson rétorque "une attitude rigoureuse devrait nous interdire de publier ce dialogue, qui a toutes les raisons de ne jamais atteindre à cette dignité".
La conversation est cependant loin d'être creuse. Au crédit du recueil, Sureau ne ménage pas l'écrivain qui avouera au terme qu'il a eu à plusieurs reprises l'envie de partir. Un dissentiment (courtois) des deux hommes à propos de Marguerite Yourcenar les tient un moment au point que la mentionnant à nouveau plus loin – on imagine les yeux étincelants pointer son interlocuteur – D Ormesson étonné s'exclame : "Vous ne dites rien ?".
À propos de la première femme académicienne, D Ormesson la rejoint sur la notion d'humanisme (peut-être pas pour les mêmes raisons) : "Je ne crois pas que l'homme soit la mesure de toute chose. [...]. Rien de plus sot qu'un humanisme qui fait de l'homme le centre et le but d'un univers qu'il ne comprend pas".
Des réflexions sur la promesse, le temps et la fidélité : "peut-on être infidèle à soi-même au point de préférer ce qu'on était hier à ce qu'on est aujourd'hui ?" La déraison des raisonneurs : "On réduit le monde à deux équations, à trois formules, à un beau raisonnement. Puis on conforme sa conduite à ce raisonnement. Sans approximation et même, peut-être, sans lâcheté. Et on s'étonne quand tout finit en catastrophe." L'Académie française : "... une institution sociale, avec une fonction plus symbolique que réelle. Je serais tenté de dire qu'elle n'est que cela." Et lorsque cet amoureux de littérature rappelle que tel et tel ont écrit de "merveilleuses pages", allez-y lire, qu'il s'agisse de Paul Morand ou de Robert Brasillach.
Je pourrais évoquer longuement tout ce qui m'a accroché dans ce livre (400 pages Folio), l'embarras du choix me contraint de limiter l'article. [...].
[Article complet sur le blog]
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lecassin
  27 mars 2012
« Garçon, de quoi écrire », un emprunt de l'auteur à Louis Aragon pour le titre de cette transcription d'entretiens d'un des plus célèbres de nos Académiciens avec François Sureau : Jean d'Ormesson, sa vie son oeuvre, peut-on lire sur le bandeau éditeur.
Tous les amateurs de Jean d'Ormesson s'entendent pour dire que l'Académicien à l'oeil bleu pétillant de malice n'a pas son pareil pour se raconter. Il se livre, au cours de cet entretien à un retour sur son enfance et son adolescence tiraillée entre un père "janséniste et libéral" et une mère plus traditionaliste.
Il évoque également ses rapports avec Emmanuel Berl, Roger Caillois ou encore sa longue amitié avec Jean-Paul Aron
Enfin il nous livre ses réflexions éclairées d'ancien Normalien sur Brasillach, Stendhal, Jules Romain ou encore Paul Morand… et bien d'autres. le tout ponctué de commentaires sur le cinéma, De Gaulle et le Gaullisme, la guerre de 39-45, le journal Le Figaro dont il fut le Directeur, sa carrière littéraire…
Un livre indispensable à tout amateur de l'auteur, même si parfois il agace, l'auteur. C'est intelligent, argumenté, plein d'humour et d'autodérision…
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frisoline
  09 janvier 2018

Long entretien entre Jean d'Ormesson et François Sureau par lequel on approfondit la connaissance de l'écrivain et l'on découvre les secrets de l'homme.
[…] Ecrire est-ce pour vous une souffrance ou un plaisir ?
Très longtemps, le travail a été, pout moi, une souffrance. Et pourtant une nécessité [...]
Que représente pour vous l'égalité ?
C'est une condition de la liberté. Et puis […] les distinctions sociales me laissent froid et même hostile […]
Avez-vous des cicatrices qui ne soient pas entièrement refermées ?
Celles qui restent ouvertes, j'ai appris à faire comme si elles étaient refermées […]
Avez-vous le sentiment d'avoir découvert des choses qui en valaient la peine ?
J'ai surtout le sentiment d'avoir découvert qu'on pouvait s'abstenir de découvrir. Vivre suffit.[...]
A lire en ménageant de pauses. A siroter lentement.
Les entretiens malgré tout gagnent à être courts si on veut qu'ils soient lus jusqu'au bout.
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vegalia
  23 mars 2010
Livre dans lequel l'écrivain se dévoile, parle de lui, de ses goûts, de sa vie, de politique, de la vie.
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PascalOlivier
  16 janvier 2019
Pour les inconditionnels de l'écrivain, il est impensable de passer à côté de ce remarquable ouvrage. Sur un ton alerte et enlevé, la conversation entre ces deux hommes de lettres s'avère tout simplement passionnante à lire. On parcourt les onze chapitres sans jamais s'ennuyer tant Jean d'Ormesson prend un immense plaisir à disserter sur différents sujets : amour, écriture, politique, religion, voyage… et littérature bien sûr! On retrouve avec beaucoup d'émotion l'esprit facétieux et profond de l'aristocrate français qui ne se fait pas ménager par François Sureau grâce à des questions toujours finement amenées et relevant parfois d'une légère provocation qui enflamme notre académicien préféré. Ainsi, au-delà d'un parcours de vie, se dessine une philosophie de vie où la dolce vita se confond avec les essais de Montaigne dans un hédonisme profond et bienveillant. C'est peut-être là, entre l'addition des contraires, que réside la grande force de Jean d'Ormesson, celle de ne pas choisir son camp, mais de prendre le meilleur de chaque plan de l'existence.
Lien : https://cestarrivepresdechez..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
AlixoneAlixone   08 décembre 2017
Vous savez, un Dieu, je crois qu’il y en a un, mais qu’il ne s’attarde pas à porter des jugements littéraires ; et même qu’il se moque de la littérature. Comme l’exprime le mot foudroyant de Pascal, c’est d’un autre ordre. Si vous retirez l’auteur, et si vous retirez Dieu, il reste les lecteurs. Il n’y a pas d’autre juge que les lecteurs. Alors, la grand faute, c’est de se dire : « Je veux mes lecteurs tout de suite », parce que celui qui veut ses lecteurs tout de suite, hélas, sa prière risque d’être exaucée : comme dit sainte Thérèse d’Avila, bien des larmes seront versées pour des prières exaucées. Une chose est sûre : le grand écrivain n’est pas celui qui a le plus de lecteurs. Et une autre chose aussi est sûre : il ne faut pas écrire en pensant à ses lecteurs. Il faut bien en avoir, rien n’a de sens sans eux, et pourtant on n’écrit pas pour eux. Il faut les conquérir, et non pas les rechercher. Il faut savoir aussi écrire contre les lecteurs.
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AchilleviAchillevi   24 février 2018
J'avais le désir éperdu d'aller vers un but, mais aucun but ne s'offrait. Alors, comme pour me rattraper, je n'ai rien voulu laisser échapper de ce qui se présentait, ni le luxe, ni les voyages, ni les voitures, ni les aventures, ni les divertissements de tous ordres. Je m'ouvrais sur tout. Aujourd'hui j'ai l'impression de me refermer. De me refermer sur quoi ? Sur la fin, naturellement. Mais aussi sur une sorte de liberté vraie, sur cette nécessité que j'ai fini par découvrir.
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AchilleviAchillevi   23 février 2018
On a souvent répété que la liberté et l'égalité étaient contradictoires, et que le goût de l'égalité aboutissait à limiter les libertés. C'est parfois vrai, mais le danger inverse me paraît tout aussi sérieux : lorsque la liberté est totale, les personnes étant naturellement inégales en force, en malice, ou en talent, seul le plus petit nombre des plus forts vit réellement libre. Autant dire que la liberté disparaît - c'est ce que Karl Popper appelle le paradoxe de la liberté illimitée. Ramenais ne disait rien de très différent. Au contraire, quand l'égalité est assurée de l'extérieur, la liberté de tous est davantage préservée. Or qu'est-ce qui peut assurer l'égalité, sinon l'Etat ?
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AchilleviAchillevi   23 février 2018
L'art du discours, ou l'art du toast, sont des arts mineurs, mais j'ai remarqué que les Anglais y brillent de tous leurs feux, alors que, contrairement à ce que l'on pourrait croire, les Français sont souvent ternes, formels, plutôt empruntés. Par crainte peut-être de leur réputation, ils ne brillent même plus dans la légèreté.
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AchilleviAchillevi   24 février 2018
Les écrivains jouissent du privilège mystérieux de faire de la vie avec de la mort ; ils en font, le plus souvent, avec tout ce qui tourne autour de la mort des sentiments.
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Vidéo de Jean d' Ormesson
Des messages portés par les nuages : lettres à des amis Jean d'Ormesson Jean-Luc Barré, Martin Veber Éditions Bouquins
Recueil de lettres reflétant la grande diversité des correspondants de l'écrivain français : Marguerite Duras, Michel Déon, Raymond Aron, Jacques de Lacretelle, Jean-François Brisson, Roger Callois, Jeanne Hersch, Claude Lévi-Strauss, Simone Veil, Michel Debré, entre autres. Un dévoilement des jugements littéraires de l'auteur, de ses admirations, de son intimité et de son engagement d'écrivain. ©Electre 2021
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