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Critique de JeanRene43


JeanRene43
  05 juin 2016
L'exposition Coloniale, d'Erick Orsenna. Que penser de ce roman qui a remporté le prix Goncourt en 1988 ? Certes primé, ce roman pourtant ne fit pas unanimité dans le jury. Ce prix lui aurait été attribué au sixième tour par 5 voix contre 4. Il ne fait d'ailleurs pas davantage unanimité auprès des lecteurs Babelio qui ont fait connaître leur évaluation 3,5 /5. Sans attendre je lui attribue 4/5, ce qui est un excellent roman mais pas un chef d'oeuvre. Je peux à présent me laisser aller à une critique en demi-teinte. N'attendez rien du titre, l'exposition coloniale de 1931 n'est qu'anecdotique. L'aventure de Gabriel dans le caoutchouc ou Gabriel et son amour pour Ann et Clara, deux soeurs ou encore Gabriel, le centre du monde des années 1900, seraient davantage suggestifs. Il faut bien le reconnaître et c'est sans doute la raison de sa récompense, certaines pages sont d'une qualité littéraire qui n'a rien à envier aux auteurs classiques. En revanche cette qualité n'est pas constante et il faut bien un tiers du livre pour la mise en place de l'intrigue. Cette longueur peut lasser un lecteur pressé qui ne cherche pas ce moyen pour s'endormir. Donc amis lecteurs ne vous découragez pas, refermez le livre temporairement, reprenez-le et soyez patients... L'auteur aime l'humour et la métaphore et en use tout au long de son oeuvre, toujours subtiles, des qualités que j'ai beaucoup appréciées et qui ne vous échapperont pas. Puisqu'il ne convient pas de résumer et encore moins raconter au risque de détruire le plaisir du lecteur, je vous donne quelques pistes pour vous donner davantage d'envies. Etant auvergnat d'adoption à l'instar de Gabriel, il y a quelques pages sur Clermont, les auvergnats, la Manufacture que j'ai tout particulièrement appréciées. Mais aussi, la supériorité des français et leur réputation comme amant...notamment le séjour de Gabriel sous la véranda... La description de la forêt lors du périple sur le fleuve Amazone... La femme debout... le prestige des pilotes... Les espoirs et succès du "rebondi".... L'art de Gabriel pour évaluer les pistes... L'âge et son oeuvre... Gabriel qui se prend pour un hévéa... et bien d'autres pages qui justifient à elles seules la lecture de l'ouvrage.
Plutôt que poursuivre une liste, un court passage donne une sorte de couleur dominante : "- Orsenna ? Une seconde, une seconde, ce nom me dit quelque chose, une seconde, tout cela est si loin.... Là, il faut se taire, ne pas brusquer, permettez-moi ce conseil, quelqu'un qui remonte dans le passé est comme somnambule, un réveil brutal le tuerait. A peine pouvez-vous risquer un mot, pneumatique, une date, les années 20, pas plus, de nouveau tendez l'oreille et souriez, surtout souriez, le sourire qui ouvre toutes portes, 50% jeunesse, 50% nostalgie. -Et ça vous intéresse à votre âge, cette préhistoire ? dira tout ému, le vieux monsieur, levant vers vous ses yeux transparents. Oui voilà, il me revient, Orsenna, Gabriel, un garçon consciencieux, inventif et comment dire ? rebondi. C'est cela, maintenant je le tiens, inventif et rebondi. C'était d'ailleurs son surnom, le rebondi. Un vrai sorcier de la gomme. Il savait chausser une voiture comme personne...."
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