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EAN : 9782234092617
120 pages
Stock (02/02/2022)
3.38/5   40 notes
Résumé :
À l’heure où revient le débat sur l’identité, avec des opinons opposées de plus en en plus violentes, Erik Orsenna a voulu, par la voie du conte commencée avec sa Grammaire est une chanson douce, raconter l’histoire de la langue française. Pour une telle ambition, le savoir lui manquait. Bernard Cerquiglini, l’un de nos plus grands linguistes et son ami de longue date, a bien voulu lui apporter ses lumières aussi incontestées que malicieuses.

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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
cascasimir
  19 mai 2022
Les p'tits mots immigrés"?
Lais-sez pas-ser
Les p'tits mots immigrés
À l'oc-ca-sion, le mot chif-fon."

Au XIVe siècle, les mots anglais et français " chip " et " chiffre " ont donné naissance au terme " chiffe " qui réunit leur signification, à savoir sans valeur. La chiffe, dont est issu " chiffon " est donc une chose ou une personne sans énergie.

Erik Orsenna ici, répond à un autre Eric ( ce dernier chiffon, un Eric qui porte un nom d'origine berbère, un nom qui peut donner des boutons, des...zémourroïdes?) et à une Marine (à la peine avec ses verbes) à propos du "grand remplacement" qui devient un "grand enchantement" avec tous ces mots immigrés en France...
Sans eux, plus personne ne pourrait parler, sauf peut-être bégayer?

" Puisque vous avez décidé d'insulter les êtres humains venus d'ailleurs, nous les mots immigrés, avons décidé en signe de solidarité, de commencer une grève illimitée!"

Nagui, le présentateur d'origine égyptienne, prêta son micro aux Mots immigrés, pour l'émission rebaptisée : "N'oubliez pas les mots immigrés" .
Ce qui suivit perturba beaucoup de monde...
"Nous Gaulois, sommes des Celtes venus du centre de l'Europe ( Wisigoths et autres Ostrogoths. Ce n'était pas la peine de se battre entre parents en 14-18)

Et voici "Zénith", un personnage venu de l'autre côté de la Méditerranée. Et grâce à lui, on sut se loger confortablement avec "divan, sofa, baldaquin..."
Prendre soin de son corps "laque, hammam, santal.." ou se distraire "échecs, luth, guitare..."

"Lais-sez pas-ser
Les mots immigrés
Pa-pier de riz ou d'A-ra--bie
Qu'un soir ils puiss'n vous ré-chauf-fer..." Pardon Mr Gainsbourg.
Un peu d'a-mour - Pa-pier ve-lours :)
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belette2911
  24 avril 2022
Lorsque ma nièce (2 ans, même pas et demi), me parlera de son "bogan" (comprendre "toboggan"), je pourrai lui glisser que le mot est d'origine algonquine (en espérant qu'elle n'entende pas kikine).
Bon, pas sûre que ça l'intéresse grandement, mais ce n'est pas grave, j'aurais enrichi son petit cerveau à ma manière, comme j'ai enrichi le mien en lisant ce drôle de petit livre.
Imaginez, à l'heure où des candidats à l'élection présidentielle ont fait leur campagne sur le rejet des autres, sur l'exclusion des étrangers, sur le fait qu'il fallait revenir à nos origines gauloises (purée, quel retour en arrière), imaginez que tous les mots d'origine étrangère se mettent en grève et que ces gens ne puissent plus les employer. Les voici muets ! On peut rêver, non ?
Je me suis vraiment amusée à lire ce petit livre, qui a égayé ma journée et rempli un peu plus mon petit cerveau. Je connaissais l'étymologie de certains mots, car c'est un plaisir de découvrir l'origine des mots, mais j'en ai appris bien d'autres.
La fable des auteurs est gentille, ça pique un peu, mais pas trop. Ils auraient pu être plus cyniques, plus caustiques, mais ils sont restés dans le registre du conte amusant et c'était une bonne idée.
Les mots deviennent des personnages et c'est Indigo qui va convoquer les mots purement gaulois en entrée de débat, nous expliquant l'origine de certains mots, nous rappelant que les Celtes n'étaient pas les premiers sur ce territoire qui n'était pas encore la France que l'on connait.
Transformer des mots en personnages étaient une bonne idée et Indigo poursuivra l'Histoire de la langue française, qui a emprunté bien des mots aux autres, les transformant un peu, qui en a donné (aux Anglais, par exemple), qui les a vu revenir transformé, les adoptant ensuite.
Les mots sont voyageurs, ils bougent, ils se transforment dans les bouches de ceux qui s'en accaparent, puis poursuivent leur route. Il est dit, dans le roman, qu'entre la France et l'Angleterre, c'était un véritable ping-pong des mots.
Les langues ne sont pas appelées à être figées, des mots nouveaux doivent venir l'enrichir, d'autres disparaissent, changent de signification, c'est ce qui en fait une langue vivante. Il n'est rien de pire qu'une langue qui se meurt faute d'avoir des gens pour la parler, la comprendre.
Après cette lecture, je me suis couchée moins bête. Tiens, j'ai même appris, dans la partie consacrée aux patois locaux, que les Français ne connaissaient pas le terme "pause carrière", très utilisé chez nous, en Belgique (vous devriez l'adopter !).
Voilà donc un petit roman bien fait, drôle, sympathique, qui rend plus intelligent (ou plus cultivé) et qui, au travers d'une fable avec les mots, aborde un sujet important : la xénophobie, le rejet de l'autre, le racisme.
Un ami m'avait dit un jour que ceux qui voulaient mettre dehors les étrangers oubliaient une chose importante : que ce sont avant tout des consommateurs !
Ben oui, ils travaillent et quand bien même ils toucheraient de l'argent à ne rien faire, cet argent repasse illico presto dans le système, puisque tout est dépensé dans le coin, faisant vivre des commerçants. L'argent doit circuler pour faire de la richesse.
Autre chose, ici, ce sont les mots d'origine étrangère qui se mettent en grève, mais que se passerait-il, demain, si toutes les personnes d'origine étrangère, se mettaient en grève du travail ? Plus de métros circulant à Bruxelles (à Paris, je ne sais pas), plus de poubelles ramassées, plus de taxis (ou si peu), plus de livraisons, plus d'épiceries ouvertes, et j'en passe… Ce serait une catastrophe sans nom.
Il faudrait peut-être que certains y pensent, avant de parler à tort et à travers… La crise de la covid nous a démontré que nous avions besoin de gens qui livrent les marchandises, des caissières, de ceux qui s'occupent des déchets, du personnel de soin (hôpitaux comme dans les homes – EHPAD chez vous)…
Bref, de ceux qui bossent dans des fonctions qui ne sont pas mises en valeur, mal rémunérées. Des types comme les Carlos Ghosn ne nous ont servi à rien, dans cette pandémie. Pensons-y…

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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ClaudeAttard
  03 juin 2022
C'est le grand débat de l'entre-deux tours. La "candidate de la droite extrême" s'en prend à grands coups de phrases violentes à tout ce qui n'est pas français de pure souche, tout le reste étant, c'est bien connu, source de danger, de malhonnêteté, de drogue, etc.
Alors, puisqu'elle se sert de mots pour insulter les immigrés, les "mots immigrés", tous ceux qui ne sont pas de provenance strictement française, décident de faire grève. Elle ne pourra plus les utiliser. du coup, elle a beau ouvrir la bouche et tenter de poursuivre ses invectives, rien ne sort de sa gorge. Eh oui, les mots que nous prononçons en français, tous ceux de notre dictionnaire, TOUS, ont des origines étrangères.
Les auteurs (Érik Orsenna et Bernard Cerquiglini) nous entraînent en quelques chapitres à la recherche de la Genèse de nos mots. Dans le temps tout d'abord. Que reste-t-il de gaulois dans notre langue ? D'ailleurs, les Gaulois eux-mêmes étaient des immigrés, venus de l'Europe centrale. Puis il y a eu les Romains, les Francs… Puis nous explorons les différentes influences étrangères, celle des Arabes, évidemment, autrefois si puissants, celle des Italiens, des Anglais, dont le parler vient… du français ! Et n'oublions pas les influences régionales sur le langage commune.
Savez-vous pourquoi on parle de "banqueroute" ? D'où viennent les mots de notre gastronomie ? Ceux du sport ? Connaissez-vous le mot le plus ancien de notre langue ?
La lecture de ce petit roman est un régal, un immense plaisir de découverte et d'humour. À ne pas laisser passer.
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wentworth23
  13 février 2022
Quelle déception!!!!! Livre de contes facile, gentillet. Récit agréable mais fadasse qui se lit en une heure. Mais où est donc passé le maître qui a écrit La grammaire est une chanson douce? Adieu style, lexique et maîtrise de la langue française. Les mots immigrés ne sont qu'une parodie de ce que l'auteur a déjà publié : la plume est faible, le vocabulaire facile. Soit Orsenna n'a plus rien à dire soit il cherche un autre public et franchement ce dernier mérite mieux que cet ersatz.
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ProfesseurDan
  28 février 2022
Je pense que ce livre, bien qu'étant considéré comme tout public, trouvera plutôt son coeur de cible chez les ados.
Ce conte pourrait tout à fait remplacer l'histoire des substrats et adstrats donnée au cours de français. de par son côté abstrait et espiègle, il pourrait en douceur donner envie aux jeunes d'en apprendre davantage sur l'histoire des mots de notre belle langue par-delà les époques, tout en n'oubliant le petit détour bienvenu fait autour des apports des langues régionales de France…
Un livre d'utilité publique.
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critiques presse (2)
RadioFranceInternationale   30 mars 2022
Existe-t-il des « mots de souche » ? Les mots peuvent-ils être de droite ou de gauche ? Avec humour, les deux auteurs de Les mots immigrés décryptent une histoire politique des mots de la langue française.
Lire la critique sur le site : RadioFranceInternationale
SudOuestPresse   30 mars 2022
Le français de souche n’existe pas, deux amoureux de notre langue, Erik Orsenna et Bernard Cerquiglini content avec humour comment 120 langues du monde ont irrigué la nôtre.
Lire la critique sur le site : SudOuestPresse
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   22 février 2022
Votre langue est notre « sœur latine ». Nous ne vous remercierons jamais assez pour vos cadeaux. Jusque vers 1960, c’est l’italien qui a le plus enrichi le français. Dans tous les domaines, et pas des moindres ! La cuisine (pizza, spaghetti, osso buco, mais aussi saucisson, fruits de mer, festin), la musique (allegro, concerto, duo, piano, mais aussi contrebasse, mandoline et violon), l’art (aquarelle, buste, clair-obscur, esquisse, modèle, pastiche, reflet), le confort (appartement, paravent, salon, store, villa), l’élégance (escarpin, lavande, ombrelle, politesse, moustache), sans oublier les jeux amoureux (bagatelle, caresse, caprice, incartade). Savez-vous que Montaigne, le grand Montaigne, découvrit, au cours d’un long voyage en Italie, une pratique d’hygiène qui l’enchanta : d’un tuyau fixé au plafond de l’étuve tombait une délicieuse eau chaude.
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rkhettaouirkhettaoui   25 février 2022
Que serait le français, s’exalta Mme Indigo, sans la richesse linguistique des régions ?
Elle prit une large inspiration, fixant la caméra :
– Mais aussi, que serait notre langue sans son extension mondiale ? Je vais vous faire une proposition. Pourquoi ne pas accueillir de nouveaux mots immigrés ? Des mots issus de la francophonie, cette fois ? Il serait plaisant de magasiner (comme au Québec), de faire le plein dans une essencerie (comme au Sénégal), d’agender ses rendez-vous (comme en Suisse), de faire une pause-carrière (comme en Belgique), d’ambiancer le samedi soir (comme en Afrique de l’Ouest). Oui, la francophonie est un trésor inestimable, une source permanente et si précieuse pour l’avenir de notre français !
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rkhettaouirkhettaoui   25 février 2022
Le blues est le chant de la dépossession, la mélopée des esclaves arrachés de leur Afrique pour aller cultiver du coton en Amérique. Déjà du blanchiment. N’ayez crainte, moi, je ne suis pas raciste : je n’ai rien contre les couleurs pâles, mais ne vous y trompez pas, cet assassinat programmé des langues est du blanchiment. Et vous aussi, vous allez vous retrouver en esclavage. Moins de mots, moins de fenêtres pour regarder le monde, moins de sourires et moins de révoltes, moins de lumières !
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rkhettaouirkhettaoui   22 février 2022
Mais qu’avez-vous à déclarer ? », vous pensez bien que le mot ainsi interrogé savait quoi répondre, depuis le temps que leurs passeurs le préparaient : « Qu’avons-nous à déclarer ? Mais justement tout ce que, faute de mots, faute de tous mes semblables, votre langue ne peut encore nommer. »
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rkhettaouirkhettaoui   22 février 2022
Comme vous l’avez compris, les langues ne sont pas figées, jamais sculptées dans le marbre pour l’éternité. Enfin, jusqu’à leur extinction. Ce sont de grosses bêtes très souples, très diverses mais surtout très vivantes, aussi généreuses que dévoreuses. Elles n’arrêtent pas de prêter et d’emprunter. Le latin nous en donne un bon exemple. Dès 120 avant Jésus-Christ, les Romains font du sud de la Gaule une de leurs provinces (une provincia, qui va devenir la Provence) ; entre 50 et 51, toujours avant Jésus-Christ, Jules César conquiert le reste du pays, avec Lugdunum (Lyon) pour capitale. A-t-il imposé le latin ? Pas du tout. Ces envahisseurs n’étaient pas fous. Sans attaquer ni interdire la langue gauloise, ils se contentèrent de rendre le latin désirable : c’était du dernier chic, et très commode, vraiment épatant, de parler latin.
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Vidéo de Erik Orsenna
Écrivain et membre de l'Académie française depuis 1998, Érik Orsenna a eu un parcours extrêmement riche : tour à tour chercheur et enseignant en finance internationale, conseiller au ministère de la coopération, plume de François Mitterrand, conseiller d'État. Parallèlement, il est l'auteur de nombreux ouvrages dans des genres différents : des romans (parmi lesquels "L'Exposition coloniale", prix Goncourt 1988), des essais, des biographies et des contes. Ce qui réunit tous ces livres ? Ils sont mus par un besoin de comprendre et une curiosité insatiable et contagieuse !
Au cours de cette rencontre, Érik Orsenna nous parle de son livre "Les Mots immigrés", co-écrit avec Bernard Cerquiglini, illustré par François Maumont et paru aux éditions Stock. Par la voie du conte, il nous embarque dans un passionnant voyage à travers l'histoire de la langue française et rappelle qu'il n'est pas un mot de cette langue qui ne soit immigré.
Pour retrouver son livre, c'est ici : https://www.librairiedialogues.fr/livre/20158697-les-mots-immigres-erik-orsenna-bernard-cerquiglini-stock
Et pour nous suivre, c'est là : INSTA : https://www.instagram.com/librairie.dialogues FACEBOOK : https://www.facebook.com/librairie.dialogues TWITTER : https://twitter.com/Dialogues LINKEDIN : https://www.linkedin.com/company/dialogues-brest
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