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Critiques sur Voyage aux pays du coton : Petit précis de mondialisation (28)
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lecassin
  19 janvier 2013
Après « Portrait du Gulf Sream : Éloge des courants » en 2005, Erik Orsenna nous invite au « Voyage au pays du coton ». En fait un voyage au confluent de l'essai, du roman et du carnet de voyage ; et finalement un récit sous titré « Petit précis de mondialisation »…

Pas si « précis que ça, en fait. Mais on en voudra pas à l'auteur tant le texte est parfois beau, souvent teinté d'humour, mais toujours élégant.
Et pourtant, un sujet qui ne se prête guère à la « belle écriture » : l'histoire du coton et des gens qui le produisent .

Cartes à l'appui, Erik Orsenna se met en quatre pour décrire le circuit du coton dans un monde globalisé ; un ouvrage quelque peu militant dans sa dénonciation de la politique subventionniste des Etats-Unis… et du fonctionnement de l' O.M.C. (Organisation Mondiale du commerce).
Embarquement immédiat ! Destination le Mali, le Mato Grosso au Brésil, l' Ouzbékistan, la Chine et les États-Unis où la production massive et aidée menace de ruine les producteurs des pays en voie de développement…
Finalement, un ouvrage qui conviendra à tous par son coté polymorphe : au militant écologiste et antimondialiste pour sa critique de l'impérialisme des puissants ; au voyageur pour son coté périple circumterrestre ; au scientifique pour le côté technique de production et effets induits… Et enfin à tous pour la qualité de l'écriture.

Un ouvrage qui, s'il ne fait pas référence côté scientifique, permet une approche vulgarisée de certains problèmes liés à la « globalisation » qui ne manqueront pas d'occuper les esprits des générations futures.

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YvesParis
  06 janvier 2013
Erik Orsenna occupe une place à part dans le monde français des lettres. Ce n'est pas à proprement parler un écrivain bien qu'il ait remporté le Prix Goncourt et ait été élu à l'Académie française. Il est trop dilettante pour être réduit à n'être qu'un haut fonctionnaire alors même qu'il est titulaire d'un doctorat d'Etat en économie, qu'il fait figure de spécialiste des questions africaines, qu'il est passé par les cabinets (Jean-Pierre Cot puis François Mitterrand) avant d'intégrer le Conseil d'Etat. Depuis vingt ans maintenant, chacun des ouvrages de cet écrivain éclectique rencontre le succès, qu'il s'agisse des romans ("L'exposition coloniale", "Madame Bâ"), des biographies ("Portrait d'un homme heureux. André le Nôtre"), des fables ("La grammaire est une chanson douce", "Les Chevaliers du subjonctif").

Avec son « Voyage aux pays du coton », Erik Orsenna a une fois encore rencontré un grand succès. Sans doute sa réussite tient-elle à la facilité de lecture de ce petit livre distrayant qui nous amène aux quatre coins du monde, du Mali à la Chine, en passant par les Etats-Unis, l'Ouzbékistan, l'Egypte … le prétexte à ce livre (réaliser un reportage pour Arte) comme sa structure (une quarantaine de courts chapitres organisés autour d'un lieu et d'une rencontre) ne sont pas sans analogie avec "American Vertigo" sorti quelques mois plus tôt et lui aussi consacré par le succès public. Sans doute Erik Orsenna ne goûterait-il guère d'être comparé à Bernard-Henri Lévy : il faut lui reconnaître qu'il est moins orgueilleux que BHL et garde toujours à l'égard du sujet qu'il traite une distance ironique. Mais, comme le road movie américain de BHL, on peut reprocher aux voyages d'Orsenna leur superficialité.

Car que retient-on de son livre ? Sans doute quelques rencontres déroutantes : le conservateur du musée du coton du Caire, le secrétaire général du puissant lobby cotonnier américain, l'alcoolique directeur d'un kolkhoze ouzbek … Chacune de ces rencontres stéréotypées est l'occasion de découvrir un pan de l'industrie cotonnière – la pauvreté des Maliens, le protectionnisme des Américains, l'hyper-libéralisme des Brésiliens – mais elles ne nous disent rien sur l'économie générale du coton. Il faut attendre les quinze dernières pages du livre pour que Orsenna nous livre ses « conclusions » (au pluriel) décapantes. Alors que tout l'ouvrage – ainsi que ce qu'on connaissait de son auteur – laissait augurer une critique en règle de la mondialisation libérale et de ses effets néfastes sur les cultures locales, ces quinze dernières pages stimulantes combattent quelques idées reçues : l'idée qu'existerait un prix « juste » du coton et qu'un commerce équitable serait possible, que la logique de la mondialisation aurait fait éclater les solidarités familiales, les patriotismes chauvins, que l'économie se serait dématérialisée. Et Orsenna de se demander, au retour de ce long périple sur la planète laborieuse si la France, obsédée par ses loisirs, ne serait pas sur la pente du déclin.
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JulyF
  18 juillet 2013
Erik Orsenna est curieux de savoir d'où vient le coton qui nous habille aujourd'hui. Alors, après une rapide introduction sur l'histoire de la fibre, il nous emmène aux quatre coins du monde visiter des types d'exploitation bien différents, de la culture familiale encadrée par la compagnie publique malienne aux grands champs des propriétaires brésiliens, des kolkhozes ouzbeks qui ont asséché la mer d'Aral aux champs des bons fermiers texans. Puis il visite aussi, sur d'autres continents, Alexandrie la ville qui a rayonné du commerce et la capitale mondiale de la chaussette en Chine.
Avec lui, on découvre les tensions d'une agriculture pas toujours productiviste, les progrès offerts par la mécanisation et les OGM, la force d'une matière première qui se nourrit autant d'eau que de sueur, et le libéralisme à géométrie variable de pays comme les États-Unis. Son petit précis de mondialisation, à travers l'exemple du coton, nous fait voyager dans un monde où les commerçants suivent les cours des produits sur Internet tandis que des fermiers s'appuient sur des subventions désuètes pour subsister. Éclairant et plein d'humour, il se lit avec plaisir, sans la lourdeur d'un cours d'économie ou de géographie, mais avec beaucoup de rigueur pour qui tient aux chiffres. Un régal, que je conseille à tous ceux qui ont encore un peu de mal à comprendre que les frontières sont des illusions depuis quelques décennies maintenant.
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Zebra
  27 juillet 2012
L'auteur pointe du doigt les déséquilibres engendrés par les subventions que les Etats-Unis accordent à leurs cultivateurs et la pression sur les prix exercée par la grande distribution, le tout sous les yeux d'une Europe qui paraît bien dépassée. Un regard politiquement incorrect !
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BoumPoteau
  25 août 2016
Il faut lire ce livre pour ce qu'il est: un carnet de voyage composé des impressions de l'auteur. Ce n'est pas un traité économique ou historique sur la culture du coton. Vous n'y trouverez pas des pages et des pages de statistiques.

On reste donc assez en surface, mais je ne me suis pas ennuyé une seconde à lire les péripéties d'Érik Orsenna partout ou le coton pousse.
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folivier
  07 mars 2013
Livre intéressant. Eric Orsenna se propose de nous faire découvrir au travers de l'histoire et l'économie du coton comment la mondialisation, au sens de relation économique entre états avec les impacts positifs ou négatifs sur les pays, existe depuis bien longtemps et comment la mondialisation d'aujourd'hui, au sens de l'emprise de la finance sur l'économie mondiale, détruit des sociétés entières, transforme les terres et les hommes. Il illustre comment sous le prétexte fallacieux du libéralisme économique la concurrence est totalement faussée par le poids politique et économique d'un pays : les Etats-unis, comment au Brésil au nom de la recherche, de l'innovation et de la rentabilité des chercheurs jouent aux apprentis sorciers, comment la production et la récolte du coton puis la production des tissus ont été et sont toujours source de beaucoup de souffrance et de misère pour des milliers d'hommes et de femmes dans le monde.

Eric Orsenna donne un beau cours d'économie et de géographie économique qui ne m"a pas passionné. D'ailleurs les derniers paragraphes du livre illustrent de mon point de vue la teneur globale du livre : la relativisation, qui a tord, qui a raison ? qu'est-ce qu'un prix juste et le commerce équitable ? au détriment de qui ? la perte de la notion de travail en France : début du déclin d'une société ?

J'aurai préféré un texte plus engagé. Cependant ce document reste très intéressant et permet d'aborder une saine réflexion sur nos sociétés, nos modes de vie, l'interconnexion des économies.
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kfk1
  17 avril 2013
Ou l'art de l'écriture intelligente.. apprendre, se cultiver un brin, le tout dans le coton... On comprend immédiatement pourquoi ce genre d'ouvrage n'est pas glissé dans les mains des professeurs et donc des élèves. Nos chères têtes blondes pourraient être intéressées et en tomber accroc...Merci M Orsenna, Dealer de connaissances...
Ps: le papier est également au menu, je l'ai vu sur le site.
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sylvie2
  21 juillet 2012
Voyage aux pays du coton en passant par le Mali et ses petits agriculteurs, les USA et leurs grandes fermes motorisées, le Brésil et sa course après le futur, l'Ouzbékistan et ses coopératives, la Chine et son capitalisme communiste et enfin la France et ses PME textiles.

C'est un livre qui survole une filière captivante et qui donne envie d'approfondir les sujets traîtés.
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Aela
  30 janvier 2011
Le sous-titre de cet excellent livre d'Eric Orsenna: "petit précis de mondialisation"..On suit les chemins pris par la production du coton au fil des siècles, de l'agriculture à l'industrie textile, en passant par la biochimie.. Captivant..
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Alexmotamots
  07 août 2018
Une étude historique de la production de coton. Intéressant mais pas indispensable.
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