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Louis Bonalumi (Traducteur)
EAN : 9782070738083
408 pages
Éditeur : Gallimard (22/04/1997)
4.09/5   11 notes
Résumé :
À la fin du siècle des Lumières, un prince, un sculpteur, un riche négociant, jeunes tous trois, amis et respirant l'insouciance de vivre, quittent Liège pour le royaume ensoleillé de Naples, où les Bourbon, sous le ressac révolutionnaire, s'agrippent au trône. Nos trois messieurs, au demeurant, ne s'en soucient guère, puisque l'avenir les ignore, comme il nous ignore, et qu'ils vont à Naples voir un certain fameux gantier, dont les trois filles... et nous voilà par... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
fbalestas
  04 juin 2020
Sur la fin du siècle dix-huitième, dit des lumières, trois jeunes messieurs, le prince Neville, le sculpteur Dupré et le riche commerçant Nodier, tous trois de Liège (...) résolurent de faire un voyage à Naples.
Ainsi commence La douleur du chardonneret avec ses trois héros masculins qui vont faire la connaissance de la belle et mystérieuse Ermina, qui va les séduire tous les trois tour à tour.
Car un mystère tourne autour de la belle. Son père est-il bien Don Mario Civile, tenu pour le roi des gantiers ? Et sa mère la belle Brigitte Helm ? Et que dire de cette légende selon laquelle Elimina, dans son enfance, aurait étouffé l'oiseau préféré de sa soeur, dans sa cage, le Cardillo tant aimé, ce Chardonneret qui reviendra ponctuer tout le récit ?
Il plane autour d'elle une série de mystères incompréhensibles
Son père est-il bien Don Mario Civile, tenu pour le roi des gantiers ? Et sa mère la belle Brigitte Helm ? Et que dire de cette légende selon laquelle Elimina, dans son enfance, aurait étouffé l'oiseau préféré de sa soeur, dans sa cage, le Cardillo tant aimé, ce Chardonneret qui reviendra ponctuer tout le récit ?
Elle recevra au cours du récit pas moins de trois demandes de mariage.
Et le mariage justement est une des thématiques favorites de Anna Maria Ortese. Est-ce pour donner un statut aux enfants orphelins dont elle a la charge que Ermina accepte par dépit l'un puis l'autre des prétendants ?
Ou bien tous ces atermoiements autour de la belle ne prennent-ils pas la source dans des questions d'argent ? L'argent tient en effet un rôle particulier dans ce livre : objet de tractation, il est au coeur des problématiques du mariage ou de la volonté d'indépendance que manifestent ceux qui ont un tempérament artistique.
Le lecteur est embarqué dans un labyrinthe qui suit les méandres des états d'âme d'un Prince aussi désemparé que nous le sommes devant une vérité qui s'échappe sans cesse.
Comme lui nous sommes souvent perplexes devant cet imaginaire débordant.
Il y a encore en effet plein de personnages étranges dans ce livre : un Duc qui lit l'avenir dans une loupe magique, un lutin vieux de 300 ans réincarné en enfant terrible, une jeune fille, La Paumella, qui s'envole parce qu'elle contrariée, mais aussi des noms apparaissent sur une tombe puis disparaissent subitement …laissant apparaître de lourds secrets de famille qui ne seront révélés qu'à la fin.
Mais le plus étrange reste cet oiseau magique, ce chardonneret, ce Cardillo, dont on se demande même s'il existe.
Ce livre étrange, sur lequel plane un parfum de nostalgie, traite aussi de l'enfance.
« Nombre de narrateurs, dit encore Anna Maria Ortese dans ce livre, ont l'habitude, au demeurant superficielle, quand ils veulent retenir l'attention de lecteurs peu exigeants sur des histoires où des adultes sont en cause, de relater des scènes, des dialogues ou d'éventuelles pensées, en introduisant dans lesdites scènes, sous la forme d'élément sans grande importance, voire purement fortuit, le personnage d'un enfant. [..] A notre avis, la plupart des enfants ne sont ni sains, ni heureux, ni protégés pas des sentiments élémentaires. Et ils n'interfèrent pas peu dans les mystères de ce monde comme dans les passions des principaux protagonistes de ces mystères. »
On ne sait trop, en refermant le livre, ce qu'il faut retenir de plausible dans cette histoire, mais on retient par-dessus tout le chant douloureux, parfois moqueur parfois tendre, d'un chardonneret apparemment victime d'une fillette cruelle ou innocente.
Ce roman inventif, avec un imaginaire hors du commun, révèle donc une écriture qu'on pourrait croire surgie d'un autre siècle.
On retrouvera ici la plupart des thèmes qui sont chers à Anna Maria Ortese - trop injustement méconnue, alors qu'un vrai « cas littéraire » pour reprendre la formule de René de Ceccatty - : la présence du mystère, du temps (marqué par une profonde nostalgie pour les temps anciens), l'enfance oubliée, mais aussi la pitié pour les êtres à part, ceux qui sont privés de l'accès à la parole et broyés par un système de plus en plus féroce.
En cela, La douleur du chardonneret est un livre plus que jamais d'actualité.
Lien : https://www.biblioblog.fr/po..
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sylvaine
  29 septembre 2014
perplexité, surprise, étrangeté, para normalité... quelques impressions s à la fin de la lecture du roman d'Anna Maria Ortese La douleur du chardonneret.
Roman n'est pas le terme approprié plutôt conte voilà un conte napolitain de surcroît ..
A la fin du siècle des lumières un prince, un sculpteur et un riche négociant quittent Liège le sourire aux lèvres. Jeunes, beaux et riches (le sculpteur est le protégé du prince), ils partent en direction de Naples .L'y attendent Don Mariano Civile gantier reconnu de par le monde, ses filles toutes plus belles les unes que les autres entre autre Elmina l'aînée et Naples la belle, la miséreuse, la mystérieuse.
Commencent alors pour nos trois amis une période heureuse mais des phénomènes étranges surviennent, le mystère s'épaissit, les non-dits s'accumulent,et quelle est cette présence incontournable le Cardillo , le chardonneret , est-ce un oiseau comme son chant de joie et de douleurs pourrait le laisser supposer , est-ce un individu de la pire espèce , est-ce un lutin ?Nos amis le découvriront au fil du temps au risque de leur vie pour certains...
Anna Maria Ortese (1914/1998) est une figure importante de la littérature italienne du XXème siècle.;"'l' oeuvre d'Anna Maria Ortese oscillera entre un néoréalisme nourri par les enquêtes et reportages qu'elle effectuera pour divers journaux, et un fantastique où se mêleront figures allégoriques, épiphanies de bonté dans un monde régi par le mal, enfances mises à mort, innocences prostituées."(présentation de l'auteur éditions Verdier )
une lecture surprenante, un univers comparable à aucun autre, une lecture à "digérer" , mais une lecture marquante !!!

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lehibook
  13 novembre 2019
Ils sont beaux , ils sont jeunes , deux ont de l'argent , un du talent .Au Siècle des Lumières ,trois amis , un prince diplomate, ,un riche commerçant et un sculpteur s'en viennent à Naples en quête d'aventure et attirés par la réputation de beauté d'Elmina , fille d'un gantier fameux . Entre ces quatre personnages va se dérouler une pavane amoureuse et fatale sur un grand nombre d'années . Mais c'est surtout Naples et ses mystères , ses masques , ses mensonges et ses enchantements qui occupe le devant de la scène. Un roman étrange , un style très original entre réalisme et fantastique . J'ai été envouté aussi par la beauté de la langue (je l'ai lu en VO) .
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viduite
  03 décembre 2019
Le royaume de l'enfance, ses douleurs secrètes, ses mensonges et dissimulations et surtout les sur-interprétations surajoutées à ses silences par les adultes  La douleur du chardonneret dessine un éloge de la pureté et offre une défense mélancolique de toutes les souffrances et des interprétations faussées auxquelles elles donnent lieu. Dans une prose rêveuse et rieuse, Anna Maria Ortese réanime la Naples souterraine du XVIII siècles, déchiré entre le progrès et l'irrationnelle, dans un roman qui oscille entre magie et perversion des manipulations.
Lien : https://viduite.wordpress.co..
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australia06
  12 avril 2020
Très belle écriture
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
fbalestasfbalestas   04 juin 2020
Sans revenir très loin en arrière, ni sortir de ces pauvres murs, demeure d’inquiétudes et de justes soupçons, disons qu’un cinquième personnage, tout à fait invisible et caché, assistait ce soir-là au repas frugal de nos amis, un personnage qui représentait toute la pensée douloureuse et triste de la demoiselle. Rien de moins que le Cardillo : cet oiseau qui n’était pas un oiseau, mais une sorte de destin, et sur lequel sa mère ainsi que Teresa et Ferrantina revenaient souvent dans leurs conversations, comme étant à l’origine de tous leurs maux de la famille.
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fbalestasfbalestas   07 décembre 2017
Sur la fin du siècle dix-huitième, dit des lumières, trois jeunes messieurs, le prince Neville, le sculpteur Dupré et le riche commerçant Nodier, tous trois de Liège, où ils étaient notoirement connus et estimés, l’un pour son esprit, l’autre pour son élégance, et tous pour leur train de vie à la fois mondain et hautement dispendieux, résolurent de faire un voyage à Naples, et ce dans un but rien moins que répréhensible. Alphonse Nodier entendait en effet refournir en gants étrangers ses luxueux magasins de vêtements, nulle ville en dehors de Naples n’en produisant alors d’aussi prestigieux, et nul producteur de ce genre d’accessoire, à Naples même, ne se révélant à la hauteur de don Mariano Civile – monsieur Civile comme l’appelait affectueusement Nodier – tenu pour le roi des gantiers par les trois quarts du monde. Feu son père, lié à la Cour, disait-on, avait fourni jadis Paris et Londres ; c’est en tout cas ce que racontait Alphonse Nodier, non sans une pointe de complaisance, peut-être superflue. En réalité, don Mariano, que Nodier avait connu fugacement quelques années plus tôt, lors d’un voyage à Rome, l’intéressait surtout en tant que personne : un peu à cause de son caractère exceptionnel, taciturne et grave, de son acharnement au travail et des magnifiques résultats qu’il obtenait, mais, surtout, pour avoir épousé jadis une ouvrière de son père, Brigitta Helm , aussi obscure par la naissance que célèbre par la beauté, et qui lui avait donné douze enfants, la plupart desquels se trouvait déjà de par le monde, occupés à confectionner des gants ou à commercer en peausseries
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fbalestasfbalestas   19 novembre 2017

« A peine avait-il posé la plume que le majordome se montra sur le seuil du bureau.
« Monsieur, les chevaux attendent !
- Ramenez-les aux écuries, et pour toujours ! » s’écria le Prince.
Le majordome (stupéfait) disparut. Le Prince, la tête appuyée sur la table, pleurait.
Un instant plus tard, la porte se rouvrit.
« Monsieur, un certain Cardillo, de Naples, demande à être reçu par Son Altesse.
- Qu’il entre ! » s’écria de nouveau le Prince, et un froid glacial, un froid merveilleux le saisit.
Au même instant, la ritournelle bien connue s’éleva du jardin qu’une lune naissante éclairait, et partout résonna le :

Oho ! Oho ! Oho !
Puis :

Oho ! Oho ! Oho !

Rien n’était plus gai, rien n’était plus doux que ce chant. Et le Prince bénit la lune qui réapparaissait sur les murs, bénit cette voix surhumaine qui – alors qu’elle passait sur sa tête – avait rendu la vie obscure si chère à son cœur. Et il bénit le Cardillo qui arrivait, qui finalement lui expliquerait tout. La folie et la séparation, la douleur et la joie, cette joie qui venait maintenant avec lui : calme, froide, sans fin. »

+ Lire la suite
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fbalestasfbalestas   04 juin 2020
Vous vous trompez, Monsieur Nodier, car même le fiancé ou le mari, quand il s’agit d’argent, sont pour elle les autres. Je vous assure que ma sœur ne considère comme propriété que celle de son travail. Aussi n’acceptera-t-elle jamais rien de personne car accepter, pour elle, c’est se faire entretenir, et se faire entretenir, selon elle, signifie être asservi. Elle préfère la servitude proprement dite – laver la vaisselle disons – plutôt que l’obligation du cœur envers d’autres personnes. Elle est ainsi faite.
La liberté serait donc le but pour lequel elle se sacrifie !
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lehibooklehibook   13 novembre 2019
Oho ! Oho ! Oho !

Rien n’était plus gai, rien n’était plus doux que ce chant. Et le Prince bénit la lune qui réapparaissait sur les murs, bénit cette voix surhumaine qui – alors qu’elle passait sur sa tête – avait rendu la vie obscure si chère à son cœur. Et il bénit le Cardillo qui arrivait, qui finalement lui expliquerait tout. La folie et la séparation, la douleur et la joie, cette joie qui venait maintenant avec lui : calme, froide, sans fin.
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