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Jean-Noël Schifano (Traducteur)
EAN : 9782070713714
208 pages
Éditeur : Gallimard (25/08/1988)
3.06/5   8 notes
Résumé :
"À tous les lecteurs qui désirent quelque chose d'inouï ; à tous les lecteurs passionnés, ennuyés, rassasiés, enthousiastes, passagers, frivoles, fidèles, s'adresse ce roman inclassable. "... Il faudrait quelque chose d'inédit, d'extraordinaire. Toi qui voyages tant, Daddo, pourquoi ne me procurerais-tu pas quelque chose de bien primitif, et même de l'anormal ? Tout a déjà été découvert, mais on ne sait jamais... – Il faudrait les confessions de quelque fou, si poss... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Corboland78
  10 juillet 2020
Anna Maria Ortese (1914-1998) est une romancière, essayiste, journaliste, nouvelliste et poétesse italienne. Elle mena dès l'enfance une vie vagabonde, d'abord en compagnie de sa famille, puis, adulte, en raison de grandes difficultés économiques. Son travail d'écrivaine évolua d'un réalisme magique dans ses premières nouvelles, vers l'invention fantastique de type surréaliste et l'observation documentaire néo-réaliste dans ses romans de l'après-guerre, jusqu'à la thématique morale et philosophique de ses dernières oeuvres. Dans la dernière partie de sa vie elle dénonça dans ses écrits et dans des interventions publiques, les crimes de l'Homme « contre la Terre », sa « culture d'arrogance » et son attitude de tortionnaire vis-à-vis des « Peuples faibles » de la Terre, en particulier les animaux. L'Iguane, roman de 1965, vient d'être réédité.
Le comte Aleardo Daddo de l'aristocratie milanaise part en expédition à la recherche d'un lieu idéal pour y faire construire des résidences de luxe pour ses compatriotes fortunés. Parti de Gênes son navire fait halte sur l'île d'Ocana, un minuscule caillou au large du Portugal. Une île mêlée à de sombres légendes mais en conséquence pense-t-il « le prix en était probablement bas. » A peine débarqué, les surprises ne vont pas manquer quand après avoir été accueilli par trois frères d'une noblesse désargentée, dont le marquis don Ilario, il fera connaissance avec leur jeune servante, Estrellita, une Iguane, « habillée en femme, avec un jupon foncé, un corset blanc visiblement déchiré et suranné (…), sur la tête, pour cacher l'ingénu museau blanc-vert, cette servante portait un fichu. » La suite verra naître l'amour entre Daddo et l'Iguane, l'arrivée des Hopins venue d'Amérique pour un mariage et un projet d'investissement ainsi que d'un archevêque sud-américain…
J'aime autant vous dire immédiatement que ce roman n'est pas pour tout le monde ! Anna Maria Ortese manie une langue maniérée avec virtuosité pour nous servir une sorte de conte auquel j'avoue ne pas avoir compris grand-chose. Peut-être doit-on y voir traité le pouvoir de l'argent, à moins que ce ne soit les amours improbables ? Outre l'écriture déjà complexe à déchiffrée, on baigne dans l'onirisme, la poésie hermétique et toutes ces choses aptes à faire perdre pied aux plus expérimentés lecteurs. Un roman pour les lecteurs raffinés et d'un haut niveau.
Je résume, je me suis copieusement ennuyé (pour être poli) !
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viduite
  29 juin 2020
L'achat et le Mal, l'oppression et les fantasmes douteux dont elle se nourrit, la fantaisie comme expression d'une mélancolie souveraine. Dans son style ondoyant, miroitant comme la mer, Anna Maria Ortese écrit un roman où la métaphysique se fait aventure, la connaissance de soi agonie, la littérature un mensonge magnifique, sombre comme un envoûtement. L'iguane ou l'imaginaire, failles et ténèbres, au pouvoir.
Lien : https://viduite.wordpress.co..
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VRossignol
  05 janvier 2021
La réalité n'est pas la mascarade qui nous étreint chaque jour davantage, ni les lois qui nous gouvernent mais le petit espace de pensée libre, de rêve et d'imagination que nous creusons en nous pour respirer profondément et tranquillement.
https://lescorpscelestes.fr/anna-maria-ortese-ou-la-resistance-salvatrice/
Lien : https://lescorpscelestes.fr/..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
lafilledepassagelafilledepassage   13 octobre 2021
Libre ! Qu’est-ce à dire ? Une liberté peut-elle venir de l’extérieur ? Peut-elle n’être pas le fruit d’une violence exercée sur notre désir de vie confortable et sûre ? Peut-elle se concilier avec l’idéal d’une vie allégée de responsabilités, quand ces responsabilités furent par nous-mêmes librement assumées ?
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lafilledepassagelafilledepassage   11 octobre 2021
Comme tu le sais, Lecteur, chaque année, quand le printemps est là, les Milanais s’en vont de par le monde en quête de terres à acheter. Pour y bâtir des maisons et des hôtels, naturellement, et peut-être même, plus tard, des maisons populaires ; mais c’est surtout après ces expressions de la « nature », restées encore intactes, qu’ils courent, après ce qu’ils entendent, eux, par nature : un mélange de liberté et de ferveur, avec une bonne dose de sensualité et un brin de folie, dont ils semblent assoiffés à cause de la raideur de la vie moderne à Milan. Des rencontres avec les indigènes et la ténébreuse noblesse de telle ou telle île, sont parmi les émotions les plus recherchées ; et s’il te vient à l’esprit que la recherche de l’émotion convient mal aux vastes possibilités de l’argent, réfléchis à l’étroite correspondance entre puissance économique et affaiblissement des sens, raison pour quoi, parvenu au sommet du pouvoir d’achat, on est pris de je ne sais quelle torpeur, quelle incapacité générale à discerner, à apprécier ; et celui qui, désormais, pourrait se repaître de tout n’a de goût que pour peu de chose, ou rien.
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lafilledepassagelafilledepassage   22 septembre 2021
Réfléchis, pensif Lecteur, à l’étroitesse mentale particulière du jeune architecte, où cependant se niche une générosité que lui-même, avant de débarquer sur cette île douloureuse, ignorait. Ensuite, tourne ta tranquille raison, toi qui es sauf, vers l’effrayante vérité de l’âme, qui est ici, partout, et nulle part, et cela tandis qu’un jeune corps avance, prend une certaine direction, une autre, où le mènent les nouvelles questions de son esprit. Mais qu’est-ce qu’un corps devant ce qui le conduit et que ce corps, ces mains, ces yeux ont le simple devoir d’exprimer ? Et qu’est-ce que le temps, où de tels actes, de telles pensées se démêlent ? qu’est ce que l’espace, sinon une convention ingénue ? et une île, une ville, le monde même avec ses tumultueuses capitales, que sont-ils d’autre sinon le théâtre où le cœur, frappé de remords, pose ses ardentes énigmes ? Alors, ne t’étonne pas, Lecteur, si la maladie (ainsi pouvons-nous appeler la pensée), qui depuis longtemps menaçait notre comte, mort vivant dans sa classe, a explosé sous les formes terribles que tu vois, en révélant la souterraine mélancolie, la cruelle exigence du réel. C’est pourquoi, du pré et du bois, de la salle et du puits, de la tempête et du beau temps, des rapides nuages d’avril et de la clôture de novembre, qui ainsi se confondent à la fin de notre histoire, ne cherche pas la cause, et reconnais en eux, plutôt, le cheminement résolu, et seul vrai, de l’âme, d’entre les choses qui ont pris son apparence jusqu’ici, et pleines de trouble et de peur, l’imitent.
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lafilledepassagelafilledepassage   05 août 2021
En tout cas, il n’appartenait de décider ni à lui ni à Adelchi, et sans doute pas même aux critiques : dans l’état où ils étaient, absolument incompréhensibles, les deux poèmes semblaient faits exprès pour provoquer cette perplexité et cet ennui qui sont des garanties certaines de vente. (Telle était, cher Lecteur, comme tu vois, la mentalité de Daddo, qui des livres ne comprenait rien ou presque, comme le voulait le siècle, et il n’en allait donc pas entièrement de sa faute.)
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Corboland78Corboland78   10 juillet 2020
Me voici en pleine nuit, dans la déserte Ocana, qui m’approche d’un poulailler pour demander à une petite iguane persécutée si elle voudrait se marier avec moi en Europe. Outre que, étant donné son jeune âge, cela ne peut l’intéresser, j’ai négligé ce détail : je m’étais promis de lui servir plutôt de père. D’époux, il y a pléthore, sur la terre, et de père, à ce que j’en sais, point. Pourtant, même en ce cas, l’obstacle demeure : en effet, un esprit immortel peut-il se faire entendre par l’irrationnelle Nature ? Et qu’est-ce donc, cette nature ? Bien ou mal ? Qu’attend-elle ? Elle souffre, c’est clair… il faut l’aider. Est-ce possible, sans mourir devant l’Eternel ?
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