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EAN : 9782267032222
231 pages
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (20/10/2016)
3.8/5   5 notes
Résumé :
Irma, assistante sociale à la Commission nationale de migration (Mexique), doit annuler ses vacances à Disneyland avec sa fille pour aller s'occuper d'un groupe de migrants victimes d'une violente agression à Santa Rita. Que lui réserve ce voyage inattendu ? Pourra-t-elle venir en aide à Yein, une jeune Centraméricaine qu'elle prend sous son aile ? Quelles sont les réelles intentions de Vidal, son collègue ? Joël Luna, un journaliste ambitieux, est-il si honnête qu'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
MELANYA
  06 août 2021
Une histoire de migrants de plus ? Hélas, oui. Lorsque l'on ne parle pas de certains, il y en a d'autres, par exemple des migrants centraméricains, au Mexique.
Antonio Ortuño nous livre un polar très dur : « La file indienne » et il ne nous fait aucun cadeau avec ses descriptions de violences.
Mais d'abord la couverture de ce livre car elle est très explicite : un « Calaca » sur un fond bien rouge. Il s'agit d'un crâne ornemental fabriqué pour la Fête des Morts. Il est aussi de coutume de préparer des gâteaux de cette forme pour ce jour particulier et ils sont, en principe, très richement décorés.
En voyant donc cette couverture (pour moi le fond rouge représente du sang…) on sait d'ores et déjà que l'on n'aura pas une histoire bien calme et l'ambiance est mise dès le début.
Avec de nombreux et courts chapitres alternant avec les narrateurs, on suit Irma (surnommée « La Negra »), une assistante sociale qui se rend avec sa fille (également prénommée Irma), à Santa Rita, petite ville du Mexique, pour un poste à la Conami (Commission Nationale de Migration où elle va travailler dans un bureau surnommé « L'Aquarium »), afin de venir en aide aux nombreux migrants, victimes de passeurs sans scrupules. Leur avenir ? Survivre ou mourir car ils sont considérés comme de « la marchandise. »
Irma a quitté son mari (qui se définit comme « un bon citoyen ») mais dans ses propos, il n'est que vulgaire, ordurier, brutal, fou de rage que sa fille soit partie avec sa mère alors qu'il avait réservé un voyage à Disneyland.
Antonio Ortuño traite ce sujet sensible et tellement d'actualité des migrants d'une façon particulière, en regardant l'enfer que subissent tous ces gens « déplacés » face à une administration mexicaine débordée et pas assez efficace ou pervertie. D'ailleurs on peut lire : « Quand ses acolytes marchent en file indienne, un bureaucrate qui ne marche pas en tête est un bureaucrate condamné. »
On observe donc Irma, profondément touchée, très impliquée, qui noue une relation avec un voisin, Vidal qui semble à son écoute et prêt à l'aider. Elle rencontre également un journaliste très ambitieux Joël Luna. Elle tente également de prendre sous son aile Yein, une jeune migrante qui a subi de nombreuses et terribles blessures aussi bien physiques que morales.
Le lecteur se retrouve plongé dans une noirceur indescriptible, une ambiance oppressante, sordide.
C'est un ouvrage où chaque page est une énorme claque et rien ne nous est épargné
Au fil de la lecture, on va se demander si le fameux Vidal est vraiment fiable car il est assez énigmatique, de même pour Joël Luna et l'ex-mari. C'est donc un entourage pas vraiment rassurant pour Irma car mêlé aux violences quotidiennes subies par les migrants.
Dans certains chapitres, on voit que la Conami fait des déclarations officielles mais dans l'ensemble, ce ne sont que des paroles, des promesses non tenues.
Ce qui ressort de cette lecture époustouflante par sa vérité, sa grande noirceur, c'est que ce problème de migrants est plus que grave, c'est la terreur qui fait loi. Que va pouvoir faire Irma ? On tombe dans un gouffre où ne se trouvent plus que laideur, désespoir. On verra aussi le rôle de Yein qui ne pense qu'à tous « les buter » pour se venger.
Mais c'est un ouvrage qui, si l'on arrive à soutenir certaines descriptions, nous fait mieux comprendre toutes les corruptions de l'actuel Mexique où l'on parle d'un mur entre le Mexique et les États-Unis préconisé par un certain président américain (toens, d'abord il n'est plus là...)
Le style est sobre et la lecture donne un grand choc. Même si « La file indienne » (traduction de Marta Martínez Valls) est très douloureuse, c'est un récit à lire car il nous ouvre plus grands les yeux.
A la fin du livre, le lecteur reste abasourdi par tant d'horreurs, mais faut-il répéter qu'elles sont véridiques et que c'est ce que vit le Mexique actuellement avec tous les mafieux prompts à tirer sur la gâchette ou à se servir de couteaux sans faire de quartiers ?
Pour ma part, c'est une lecture indispensable, une vraie pépite (malheureusement pas en or).
Lien : https://www.babelio.com/monp..
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Ingannmic
  07 juin 2019
Voici un roman dont la structure narrative peut d'emblée déstabiliser, le récit alternant entre plusieurs narrateurs, et adoptant pour chacun un ton différent. Ceci dit, quelques pages suffisent pour se familiariser avec sa construction, et appréhender le sens de son intrigue.
Irma, surnommée Negra, est assistante sociale à la Conami (Commission Nationale de Migration du Mexique). Appelée suite à un incendie dans un centre d'accueil pour migrants d'Amérique centrale, ayant provoqué des morts et des blessés, elle est chargée de recevoir les survivants et les familles des défunts, pour s'assurer que les premiers ne feront pas trop de vague, et que les seconds accepteront sans broncher l'indemnisation qui leur est proposée.
Elle est accompagnée de sa fille de six ans, qu'elle devait emmener à Disney grâce aux billets que leur avait offert le père de la petite, sacrifice qu'il lui rappelle avec véhémence à la moindre occasion. Les relations -téléphoniques- entre Irma et cet homme avec lequel elle a très peu vécu, ayant rapidement cerné sa nature malfaisante et perverse -que le lecteur découvre à l'occasion de paragraphes transcrivant ses pensées, ses obsessions-, sont houleuses et méprisantes.
A Santa Rita, lieu de la mission d'Irma, plane une atmosphère de suspicion, de violence et de menace permanente. Vidal, son voisin de bungalow, responsable de communication de la Conami, se livre à un étrange jeu de séduction quand il ne prépare pas les messages lapidaires destinés aux médias censés faire illusion sur l'action de la commission, en réalité plus occupée à étouffer l'affaire qu'à enquêter sur l'incendie ou à trouver des solutions acceptables pour les migrants.
Un journaliste curieux et tenace, un jeune chef de gang et Yein, dont le mari est mort dans l'incendie, petit oiseau malingre habitée d'une rageuse soif de vengeance, complètent la liste des acteurs ou des victimes du ballet macabre qui, entre jeux de dupes et manipulations, se joue à Santa Rita.
Avec ce récit à la fois complexe et haletant, mêlant intrigue policière, drame social et analyse géopolitique, Antonio Ortuño retrace le calvaire subi par ceux qui, fuyant la misère et l'insécurité de leurs pays, tombent, lorsqu'ils parviennent à joindre l'Eldorado qu'ils avaient fantasmé après un périple cauchemardesque, dans un nouvel enfer... Plumés par les passeurs pour être convoyés dans des wagons surchargés, convoités par les gangs, subissant viols, coups et tortures, ils perdent aux yeux de ceux qui les exploitent leur statut d'êtres humains, pour n'être plus que des marchandises. Et il serait illusoire d'attendre de l'aide d'autorités qui, comme le démontre Antonio Ortuño, travaillent main dans la main avec ceux qui profitent de ces malheureux...
Un récit glaçant, désespérant, mais nécessaire...

Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
MELANYAMELANYA   06 août 2021
Quand ses acolytes marchent en file indienne, un bureaucrate qui ne marche pas en tête est un bureaucrate condamné.
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