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ISBN : 207036822X
Éditeur : Gallimard (16/11/1972)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 9280 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture - « De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston... Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'av... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (512) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
20 octobre 2011
On cite souvent 1984 et Big Brother à chaque fois que des nouvelles caméras de surveillance sont installées. J'ai l'impression que c'est la seule chose qu'on ait retenu de ce roman : la surveillance constante.
Pourtant, 1984, c'est beaucoup plus que ça : c'est un condensé de toutes les méthodes qui existent aux quatre coins du globe pour cadenasser la pensée, mise en place à la perfection : la peur constante de la délation, y compris venant de sa propre famille ; la capacité des foules à absorber n'importe quel mensonge pourvu qu'on le lui répète assez longtemps ; la falsification des faits historiques ; l'appauvrissement de la langue pour rendre impossible la formulation de certaines pensées ; la création d'un ennemi commun à haïr ; et la liste peut être encore longue.
La lecture du roman est dure, on sent que le système est parfait, implacable, que les petites victoires de Winston sont trop simples, trop faciles, et que ça va mal tourner. Et en effet, le petit grain de sable ne grippe pas la machine, mais est renvoyé fermement à sa plage.
Un livre vraiment marquant, et que je ne suis pas prêt d'oublier.
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Woland
28 août 2008
Nombreux sont ceux qui ont entendu au moins une fois dans leur vie le nom de Big Brother. Trop nombreux restent ceux qui le confondent avec une espèce d'ordinateur gigantesque qui traque l'intimité de tout un chacun dans un futur à vrai dire si peu lointain que, pour nous, il est déjà du passé : 1984.
En réalité, Big Brother serait un dictateur issu du Parti socialiste anglais - le Labour de Tony Blair - et dont le physique (grosse moustache noire, yeux noirs, visage inexpressif, solidité terrible de l'ensemble) évoquerait plus ou moins Staline. Si j'utilise le conditionnel, c'est parce que, bien que sa photo et son effigie soient omniprésentes partout en Océania, Big Brother pourrait aussi bien (on s'en rend compte à la fin du roman) n'être qu'une création fantômatique destinée par des gouvernants invisibles à focaliser la ferveur patriotique des Océaniens.
Au delà de l'ambiguïté des régimes totalitaires connus et enregistrés au XXème siècle - tout particulièrement le nazisme et le stalinisme, seuls cités par Orwell - "1984" passe à la vitesse supérieure et dépeint un totalitarisme qui, si l'on ose dire, touche à une perfection de fin du monde.
En Océania, il n'y a ni camps de concentration, ni goulags et on ne peut pas parler vraiment de théories racistes. L'ennemi eurasien, par exemple, a certes des traits asiatiques. Mais du jour au lendemain, cet ennemi redevient un allié pur et dur ; mieux : on affirme haut et fort que jamais, au grand jamais, il n'a jamais été l'ennemi de l'Océania. L'ennemi, ce sont les Estasiens - lesquels sont de type européen.
La lutte des classes n'est pas non plus à l'ordre du jour. La société se répartit en trois groupes : le Parti intérieur (la nomenklatura), le Parti extérieur (une sous-nomenklatura) et les Prolétaires (le tout-venant). Aristocratie, bourgeoisie, capitalisme même ... Ces mots ont de moins en moins de sens. le Parti réécrit sans cesse l'Histoire de façon à effacer tout ce qui l'a précédé - le fameux virage à 180° est ici institutionnalisé.
Tous ceux qui tentent de résister finissent "vaporisés" - l'humour noir anglais selon Orwell.
Et lorsque l'ancilangue aura cédé le pas à la novlangue, il n'y aura plus personne pour se rappeler de ce que signifiaient des mots comme "mauvais", "optimiste", etc ... Toute la complexité, toute la richesse du langage - et des idées - seront noyées sous des flots de mots outrancièrement simplificateurs. Ce qui ne sera pas bon sera "inbon", ce qui sera meilleur deviendra "plusbon", les adjectifs pourront servir de verbes, l'ordre des mots deviendra d'ailleurs interchangeable ...
(Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça me fait penser aux technocrates de l'Education Nationale française, avec leurs "espaces transparents", leurs "inappétents scolaires" et leurs "référentiels bondissants aléatoires" ...)
Avec une puissance incroyable et une amertume glacée qui forcent toutes deux l'admiration, George Orwell préfigure le comble de la société totalitaire mais non égalitaire : le nivellement de la pensée par le bas et, partant, la mise en coupe réglée des masses, populaires ou non. Si le sexe est maintenu, le romancier anglais, avec une lucidité terrible, prévoit que cette fonction ne servira qu'à assurer la survie de l'espèce et que, surtout, il ne sera pas question d'assurer le plaisir à la femme ...
Bien entendu, la démonstration d'Orwell, pour être efficace, ne pouvait se satisfaire de héros combattifs. Peut-être Julia, la maîtresse de Winston Smith, l'est-elle un peu plus. Mais si peu ... Et elle aussi finit par trahir - par se trahir. En bref, tous deux sont des victimes, des moutons prêts pour le sacrifice et qui donnent parfois l'impression d'y courir avec une sombre délectation.
C'est là que le bât me blesse un peu, je l'avoue. Dans une superbe crise de désespoir littéraire - la plus achevée que j'aie jamais lue - Orwell nie le facteur humain alors que, curieusement, la société océanienne ne remet pas en cause la possibilité de l'existence d'un Dieu, très loin, quelque part. Orwell nie aussi le grain de sable, cet affreux et génial petit grain de sable qui finit toujours par venir à bout des mécaniques les plus subtiles et les plus démoniaques.
Or, je sais que les grains de sable existent, j'en ai la preuve. Tandis que Dieu ... Si l'on nie les premiers, il faut nier le second. Sinon, on se retrouve dans la position du croyant qui se refuse à entériner l'existence du Mal ...
N'empêche, surtout au jour d'aujourd'hui, après le Viêt-nam, après le Cambodge, après les Talibans et avec les fous religieux de toutes sortes, sans oublier les adorateurs planétaires du Veau d'Or, il faut lire "1984." Un homme averti en vaudra toujours deux.
Si George Orwell n'y avait pas cru, jamais il n'aurait écrit "1984", vous ne croyez pas ? ;o)
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finitysend
16 octobre 2013
Big Brother ....
1984 est un des textes de science-fiction les plus connus .
Quand je vois son succès , je me demande pourquoi d'autres textes de science -fiction sont injustement méconnus alors qu'ils sont loin d'être d'une qualité moindre que 1984 .
Les textes de T. J. BASS par exemple .....
Ces textes méconnus du grand public auraient au moins l'intérêt de permettre au grand public de découvrir une littérature de qualité .
Une littérature prospectiviste à la volonté prophylactique dans certains cas , mais aussi évidement , des textes qui souvent s'élèvent simplement contre le péril déjà en la demeure , comme c'est le cas pour 1984 , qui dénonce la montée des totalitarismes européens qui s'est fait pendant l'entre-deux guerres et qui fut publié en 1949 .
Ce qui fut visionnaire , c'est qu' à cette date Orwell , postulait avec raison , la guerre froide et le péril de la guerre nucléaire de grande ampleur entre les blocs naissants à cette époque . Ce péril nucléaire fut une réalité qui culmina spectaculairement en 1962 pour décroitre progressivement jusque la fin des années 80 avec l'ouverture de la Glasnost russe . Cette épée de Damoclès a d'ailleurs littéralement façonné la science-fiction de l'après-guerre , jusqu'aux années soixante-dix .
1984 est une oeuvre de science-fiction exemplaire parce que bien qu'étant un roman à thèse , un très grand soin est apporté par l'auteur à la mise en place de l'univers , qui contribue donc de façon éloquente et active aux divers développements des thèmes traités (le totalitarisme , l' endoctrinement et la manipulation des masses principalement ) .
L'Angleterre de cette fiction sort ravagée en profondeur d'une guerre nucléaire avec l'est , la guerre continuera , reprendra , alors qu''un état scientifiquement totalitaire s'efforce d'actionner un contrôle de chaque instant sur ces populations dont même l'esprit est façonné activement par ce régime .
L'auteur a disséqué magistralement le totalitarisme invasif et conquérant qui avait ravagé le monde de son temps et qui par la guerre froide menaçait encore de le détruire radicalement .
Ces thèmes parlaient éloquemment à un public qui était encore au plus près de ces problématiques de façons intimes mais l'auteur a eu le chic de d'ajouter dans la trame narrative le sel de certains éléments aussi spectaculaires , que à haute valeur affective , pour l'Angleterre .
Des éléments qui sont au coeur de l'univers : L'ombre d'Hiroshima premier recours à l'arme nucléaire , plane sur la fondation de cet univers , la bataille d'Angleterre ( qui inspire les formes du conflit) aussi , et surtout , le Blitz également , qui lui a ravagé spectaculairement et spécifiquement Londres et y a causé la mort de dizaines de milliers de personnes ( massivement des civils ) .
Les thèmes du roman font froid dans le dos , car nous savons qu'ils furent mis en oeuvre efficacement pour détruire concrètement la vie de nombreuses personnes ( avant et après la parution de ce texte ) : le contrôle social , la stratégie du bouc émissaire et celle de la haine organisée de groupes sociaux bouc émissaires , la propagande , les atteintes à l'esprit des administrés par le façonnage du langage et par là même , celui de la pensée .
La caractérisation , le rythme sont au top . L'intrigue est parfaitement soignée souvent elle est surprenante . Ce bouquin est poignant , avenant , très soignée et surtout à aucun moment la thèse ne prend le pas sur fond romanesque . En fait c'est plus compliqué la thèse est magistralement animée et elle est de ce fait au coeur du texte . Elle est nichée , diluée , fondue , dans les moindres détails et dans des formulations chocs incontournables .
Et c'est pour cette raison aussi que 1984 est un excellent roman de science-fiction , mais qu'il est aussi un excellent roman tout court .
Un texte éloquent , vivant et touchant qui est à lire absolument .
D'autres textes dystopiques de cette époque et d'après sont aussi à découvrir , ces textes sont assez nombreux et beaucoup sont excellentissimes .
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belette2911
22 juillet 2013
Que dire de nouveau après 203 critiques ? Que depuis l'incident avec la grosse curieuse NSA, les ventes du livre ont augmenté de... 7000% ? Comme quoi, tout le monde veut en savoir plus sur Big Brother...
Big Brother n'est pas vraiment un système de surveillance, c'est surtout le portrait d'un homme avec des grosses moustaches qui fait curieusement penser à Staline. Sa tronche est présente partout en Océania.
Océania ? Nouveau Club Med ? Non ! Un Régime Totalitaire dans toute sa splendeur qui nivelle à mort par le fond. Même la télé réalité n'arriverait pas à faire aussi bien qu'eux parce que nous possédons encore le libre arbitre de la regarder ou pas.
Sûr que ce livre m'a fait dresser les cheveux sur la tête ! Quand je vous dis que c'est un régime "totalitaire", vous pouvez me croire, on frôle même la perfection, la machine est bien huilée, style rouleau compresseur et vu d'ici, la mécanique me semble sans faille.
Observons là de plus près.... L'espion qui espionne les espions, c'est nous. En cas de problème, le terminal de l'aéroport en Russie nous servira de Terre Promise !
A Océania, on surveille tout le monde derrière des écrans et pour votre intimité, vous repasserez ! Une sorte d'écran de PC ou de télé au mur qui voit tout.
A Océania, l'ennemi d'hier devient le super pote du lendemain et on efface des "journaux" le fait qu'on ait été en guerre avec lui durant quelques années. La population ne doit pas savoir, elle doit oublier.
Oh, pardon, les journaux ne sont pas en vente libre dans le kiosque du coin, mais disponibles aux archives et constamment remis à jour.
Winston, notre "z'héros", est chargé, avec d'autre, de changer les infos des journaux que la population n'a jamais eu l'occasion de lire. le tout pour le bien de l'Histoire.
Quand je dis que l'on nivelle par le bas, on y va à fond et même Nabilla a plus de mot de vocabulaire que leurs dicos. Fini les synonymes et les antonymes, on utilisera "bon" ou "inbon" et "plusbon"... Les dictées de Pivot seront insipides... pardon, en Novlangue, c'est "inbon".
Le sexe ? Bientôt comme chez les animaux d'élevage : pour assurer la pérennité de la race, quand au plaisir... Quel plaisir ?? "Orgasme" ne se trouve pas dans leurs dictionnaire.
Vous faites un pas de travers ? On peut vous dénoncer, surtout votre famille, vos enfants... déjà bien conditionné, les moutards ! Pffffttt, vous serez vaporisés et votre nom disparaîtra aussi. Existence zéro.
A Océania, à 7h du mat', on vous réveille grâce à l'écran et c'est parti pour une séance de gym tonique style "Véronique et Davina" mais sans elles, sans les jolies poitrines qui dansent, sans le sourire, mais avec la sueur et les injonctions : "Élève Winston, touchez vos pieds avec vos mains, mieux que ça !".
Tout est manipulé et la population gobe tout comme des oies au gavage... Les mensonges sont répétés et deviennent Vérité Historique. Sont gravés, quasi.
C'est pas le cas dans notre société ? Non ? Z'êtes bien sûrs ? Je suis tracée avec mon GSM, mon abonnement aux transports en commun, le PC du boulot, mon PC personnel aussi car Obama lit mes critiques que la NSA surveille de près, je dois être sur la liste rouge parce que tout à l'heure, j'ai dit à mon collègue que... Hé, non, je ne vais pas l'écrire, sinon, je vais monter en grade à la NSA !
Pharmacie ? Idem avec la carte SIS (Vitale en France), si vous avez une carte "GB-Carrefour", ils savent même ce que contient votre panier de ménagère de moins de 50 piges !
Caméras par-ci, caméras par-là... Les JT ne nous disent pas tout, on ne sait rien, les gouvernements nous mentent, les banques et assurances aussi, les lobbys contrôlent tout et certains osent même affirmer que la croissance va remonter... Une bonne nouvelle pour faire plaisir à la masse, comme dans le livre ??
Si le roman est assez long à lire et à certain moment "lourd", il faut s'accrocher afin d'arriver jusqu'au bout. Je l'ai lu par petites doses.
Dans "L'épée de vérité", Richard Rahl était le caillou dans la mare. Winston sera-t-il ici le grain de sable qui vient gripper la grosse machine bien huilée ou se fera-t-il prier d'aller voir sur la plage s'il n'y a pas de pavé en dessous ?
À l'heure ou nos gouvernements stockent nos données, nos messages, nos conversations téléphoniques dans un but "sécuritaire" (mon cul !), à l'heure ou Oncle Sam regarde par-dessus notre épaule, entassant un max de données qu'il ne saura jamais traiter, qu'avons-nous fait de notre indignation ?
Diantre, Frigide Barjot n'était pas là pour s'offusquer de l'oeil de Washington ? D'ailleurs, les manifestants des derniers temps ne sont pas là pour crier que les bornes ont des limites ??
Le mariage joyeux, non, l'espionnage à grande échelle, oui !
Orwell, relève-toi, on se laisse faire comme des moutons à l'abattage !

Lien : http://the-cannibal-lecteur...
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pictura
06 juin 2013
Amis dictateurs, chers tyrans, bien-aimés présidents élus à 99,98 %,
Vous aimez le pouvoir à la démesure ?
Vous rêvez de faire de votre peuple un grand peuple, d'être un grand de ce monde ? Vous rêvez d'être adulé par toute la nation, qu'elle vous vénère à tout jamais, maintenant et bien après votre mort ? Vous souhaitez peut-être être éternel ? C'est possible. On peut faire en sorte que la foule le croit. C'est facile.
Bien chers despotes, vos rêves ne sont peut être après tout que vénaux, vous rêvez simplement d'amasser richesse, fortune, bonnes grâces à la sueur des travailleurs. C'est bien normal. Un peuple reste un peuple. Ils n'ont qu'à se faire élire à 100 % ou 103 %.
Hélas, en ces temps modernes d'idées saugrenues comme la démocratie, la paix dans le monde, l'ONU, les gens espèrent participer au pouvoir, comme si celui-ci pouvait se partager alors qu'il vous va si bien Votre Majesté.
Il vous faut réduire à néant toute tentative de manifestation, étouffer dans l'oeuf tout essai d'une quelconque révolution, même l'idée d'un renversement politique ne doit jamais effleurer le moindre neurone d'un quelconque partisan.
Pour que le peuple ne revendique rien, il est nécessaire qu'il soit heureux. C'est de loin la meilleure solution. Et pour cela, Orwell prodigue d'excellents conseils.
Pour faire d'une masse d'hommes et de femmes une masse de prolétaires pleinement heureuse, il faut absolument bannir toute culture, toute réflexion, toute idéologie, tout soupçon d'intelligence. Ah qu'il est dommage que vos illustres prédécesseurs n'ont pas connus la télé réalité, les grandes chaînes télévisuelles ou radiophoniques qui vident l'esprit, ôtent la moindre lueur de vivacité et remplissent leur boite crânienne d'un vide abscons mais si gratifiant : pensez donc ! On ne pense plus ! Quel bonheur ! Je ne pense pas donc je suis !
Bannissez livres, musées, associations, unions, oeuvres d'art, musique, tout art … Tout ce qu'il vous plaira.
Une bonne guerre pour consolider les liens, pour ne pas se plaindre d'un manque de confort. Et une fausse bonne nouvelle fait croitre un élan d'ivresse. Imaginez qu'on annonce une victoire ! Un recul du nombre de cancéreux ou de tuberculeux. Même si on ignore le comment du pourquoi, entendre une bonne nouvelle donne un sentiment de cohésion nationale, tous unis pour la même cause, un élan patriotique. C'est comme les deux minutes de haine, mais si ! ce moment rituel de la journée où on s'en prend à un ennemi. On affiche sa photo et on le crie dessus, on l'invective, s'il tombait entre nos mains, à cet instant, on le tuerait de nos mains nues, sans vergogne, sans la moindre culpabilité. Qui est –il au fait cet ennemi ? Bof, qu'importe. L'important, c'est de se croire unis, tous ensemble, tous égaux, tous heureux.
Glorieux despotes, vous devez posséder l'Histoire ! L'inventer même et pouvoir la changer. Comme bon vous semble. Il est nécessaire de la changer pour gérer la servitude du peuple. 1984 vous dira comment y parvenir. Une bonne amnésie collective et personne ne se souviendra que vous avez augmenté les impôts ou tué femmes ou enfants. 1984 est comme un précieux livre de recettes du bien être du dictateur.
Pour bien faire, le peuple doit être docile mais cruel avec les traitres, qu'il les chasse eux même, les dénoncent, ou les livrent et les tuent – qu'importe. La justice est un vieux mot qui n'existe plus. Supprimé ! Brave novlangue. Une langue plus simple est indéniable pour contrôler le peuple.
En fait, biens chers Kaisers idolâtrés, tuer un ennemi du peuple aussi sommairement, cela ne grandira pas votre pouvoir. Affermir votre pouvoir serait de transformer l'ennemi en ami prolétaire. Quelle victoire dans ce cas ! Faire changer de camp un déséquilibré en un loyal membre du parti, un critique en un simple d'esprit ! 1984 décrit avec ingéniosité les mécanismes politiques et psychologiques du totalitarisme.
Enfin amis oppresseurs, je garde le meilleur pour la fin.
Big brother is watching you. Imaginez cher autocrate le pouvoir de surveiller à chaque instant, absolument tout le monde, où qu'il soit, tel qu'il soit. Quel inimaginable pouvoir de contrôle ! Tout enregistrer, tout voir, aucune liberté n'est permise. Là est la force !
Parti intérieur, police de la Pensée, ministère de la Vérité, de l'amour (ne vous fiez aucunement sur les noms, le nom de « ministère de la torture » serait plus judicieux) nombreux et immenses slogans placardés partout, même chez l'individu

" L'ignorance, c'est la force ",
systèmes de caméras et de télécrans perfectionnés, tortures légitimes, organisations formidables de répression ou de rééducation, tout un arsenal pour maitriser la pensée du peuple, pour instituer une pensée unique. Un monde de moutons, quel bonheur ! Quel progrès ! Une seule et unique pensée.
2 et 2 font 5 si le ministère de la Pensée le dit. le croire, le penser, et le voir. Tout est possible dans le plus parfait monde totalitaire, le votre,… le notre… ?
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Citations & extraits (602) Voir plus Ajouter une citation
DunadanDunadan18 septembre 2017
Il prit dans sa poche une pièce de vingt-cinq cents. Là aussi, en lettres minuscules et distinctes, les mêmes slogans étaient gravés. Sur l'autre face de la pièce, il y avait la tête de Big Brother dont les yeux, même là, vous poursuivaient. Sur les pièces de monnaie, sur les timbres, sur les livres, sur les bannières, sur les affiches, sur les paquets de cigarettes, partout ! Toujours ces yeux qui vous observaient, cette voix qui vous enveloppait. Dans le sommeil ou la veille, au travail ou à table, au-dedans ou au-dehors, au bain ou au lit, pas d'évasion. Vous ne possédiez rien, en dehors des quelques centimètres cubes de votre crâne.
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DunadanDunadan18 septembre 2017
Winston resta couché quelques minutes encore. La chambre s'assombrissait. Il se tourna vers la lumière et resta étendu, les yeux fixés sur le presse-papier de verre. Il y avait en cet objet une telle profondeur ! Il était pourtant presque aussi transparent que l'air. C'était comme si la surface du verre était une arche du ciel enfermant un monde minuscule avec son atmosphère complète. Il avait l'impression de pouvoir y pénétrer. Il s'imaginait, il ressentait que, pour de bon, il était à l'intérieur du verre, avec le lit de mahogany, la table pliante, la pendule, la gravure ancienne et le presse-papier lui-même. Le presse-papier était la pièce dans laquelle il se trouvait, et le corail était la vie de Julia et la sienne, fixés dans une sorte d'éternité au cœur du cristal.
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DunadanDunadan18 septembre 2017
Le corps jeune et vigoureux, maintenant abandonné dans le sommeil, éveilla en lui un sentiment de pitié protectrice. Mais la tendresse irréfléchie qu'il avait ressentie pour elle sous le noisetier pendant que la grive chantait n'était pas tout à fait revenue. Il repoussa la combinaison et étudia le flanc doux et blanc. Dans les jours d'antan, pensa t-il, un homme regardait le corps d'une fille, voyait qu'il était désirable, et l'histoire finissait là. Mais on ne pouvait aujourd'hui avoir d'amour ou de plaisir pur. Aucune émotion n'était pure car elle était mêlée de peur et de haine. Leur embrassement avait été une bataille, leur jouissance une victoire. C'était un coup porté au Parti. C'était un acte politique.
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DunadanDunadan18 septembre 2017
Winston laissa tomber ses bras et remplit lentement d'air ses poumons. Son esprit s'échappa vers le labyrinthe de la double-pensée. Connaître et ne pas connaître. En pleine conscience et avec une absolue bonne foi, émettre des mensonges soigneusement agencés. Retenir simultanément deux opinions qui s'annulent alors qu'on les sait contradictoires et croire à toutes deux. Employer la logique contre la logique. Répudier la morale alors qu'on se réclame d'elle. Croire en même temps que la démocratie est impossible et que le Parti est gardien de la démocratie. Oublier tout ce qu'il est nécessaire d'oublier, puis le rappeler à sa mémoire quand on en a besoin;, pour l'oublier plus rapidement encore. Surtout, appliquer le même processus au processus lui-même. là était l'ultime subtilité. Persuader consciemment l'inconscient, puis devenir ensuite inconscient de l'acte d'hypnose que l'on vient de perpétrer. La compréhension même du mot "double-pensée" impliquait l'emploi de la double-pensée.
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heros_pitchheros_pitch14 septembre 2017
"- (...) la seule chose qui importe, c'est que nous ne nous trahissions pas l'un l'autre, mais, au fond, rien ne changera rien.
- Pour ce qui est de la confession, dit-elle, nous nous confesserons, c'est sûr. Tout le monde se confesse. On ne peut pas faire autrement. Ils vous torturent.
- Je ne parle pas de confession. Se confesser n'est pas trahir. Ce que l'on dit ou fait ne compte pas. Seuls les sentiments comptent. S'ils peuvent m'amener à cesser de t'aimer, là sera la vraie trahison.
Elle considéra la question.
- Ils ne peuvent pas, dit-elle finalement. C'est la seule chose qu'ils ne puissent faire. Ils peuvent nous faire dire n'importe quoi, absolument n'importe quoi, mais ils ne peuvent nous le faire croire. Ils ne peuvent entrer en nous.
-Non, dit-il avec un peu d'espoir. Non. C'est bien vrai. Ils ne peuvent entrer en nous. Si l'on peut sentir qu'il vaut la peine de rester humain, même s'il ne doit rien en résulter, on les a battus."
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La Ferme des animaux de George Orwell (Première partie)
la Ferme du Manoir, Sage l’Ancien, le plus vieux cochon de la ferme, réunit tous les animaux. Avant de mourir, il souhaite leur faire part de ses réflexions sur leur condition misérable et évoque un rêve qu’il a fait la nuit précédente : la terre était délivrée de l’homme. Lui est revenue en mémoire une chanson qu’il entonne devant eux, Bêtes d’Angleterre, animaux de tous les pays les encourageant au soulèvement.
Sage l’Ancien, meurt, mais le soulèvement aura lieu quelque temps plus tard. Les animaux chassent le fermier et les ouvriers de la ferme et prennent le pouvoir. Les cochons dirigent le nouveau régime. Les chefs, Boule de neige et Napoléon, écrivent sur un mur les sept grands principes de l’Animalisme :
« Tout deux pattes est un ennemi. Tout quatre pattes ou tout volatile, un ami. Nul animal ne portera de vêtements. Nul animal ne dormira dans un lit. Nul animal ne boira d'alcool. Nul animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux. »
En direct du studio 119, de la maison de la Radio
- Traduit de l’anglais par Jean Quéval - Choix d’extraits : Jean Torrent - Réalisation : Laurence Courtois - Conseillère littéraire Caroline Ouazana
- Avec Chantal Bronner - Et la voix de : Makita Samba - Improvisation musicale : Jean-Philippe Morel, contrebasse et -------- Frédéric Gastard, saxophone
- Prise de son, montage et mixage : Bernard Lagnel, Manon Houssin - Assistante à la réalisation Julie Briand.
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