AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 207036822X
Éditeur : Gallimard (16/11/1972)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 10488 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture - « De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston... Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'av... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (576) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  20 octobre 2011
On cite souvent 1984 et Big Brother à chaque fois que des nouvelles caméras de surveillance sont installées. J'ai l'impression que c'est la seule chose qu'on ait retenu de ce roman : la surveillance constante.
Pourtant, 1984, c'est beaucoup plus que ça : c'est un condensé de toutes les méthodes qui existent aux quatre coins du globe pour cadenasser la pensée, mise en place à la perfection : la peur constante de la délation, y compris venant de sa propre famille ; la capacité des foules à absorber n'importe quel mensonge pourvu qu'on le lui répète assez longtemps ; la falsification des faits historiques ; l'appauvrissement de la langue pour rendre impossible la formulation de certaines pensées ; la création d'un ennemi commun à haïr ; et la liste peut être encore longue.
La lecture du roman est dure, on sent que le système est parfait, implacable, que les petites victoires de Winston sont trop simples, trop faciles, et que ça va mal tourner. Et en effet, le petit grain de sable ne grippe pas la machine, mais est renvoyé fermement à sa plage.
Un livre vraiment marquant, et que je ne suis pas prêt d'oublier.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          29910
Nastasia-B
  06 juin 2018
1984 vient d'être retraduit par les éditions Gallimard, déjà détentrices de la précédente traduction datant de 1950, c'est-à-dire, réalisée aussitôt après la publication de l'original en 1949. Certes, toutes les traductions vieillissent mais celle-ci n'était peut-être pas des plus scandaleuses, contrairement à celle, par exemple, de Walden qui elle sent très très fort la naphtaline chez le même éditeur.
Non, la raison profonde de cette nouvelle traduction n'est certainement pas tant la volonté de proposer aux lecteurs francophones quelque chose de fantastiquement plus fidèle mais bien le fait que l'an prochain, en 2019, le texte tombera dans le domaine public, si bien que l'on pouvait s'attendre de la part de la concurrence à une avalanche de nouvelles traductions. Ceci n'aura donc probablement pas lieu car Gallimard a souhaité leur couper l'herbe sous le pied : c'est de bonne guerre (même si de guerre, personnellement, je n'en connais aucune de bonne).
Pour le reste, franchement, si vous avez lu l'ancienne traduction, vous ne serez pas déstabilisés par la nouvelle et il n'est pas forcément vital d'aller vous jeter sur elle : basculement du passé dans la narration au présent, quelques néologismes d'Orwell traduits différemment (ainsi novlangue devient néoparler, angsoc devient sociang, l'Océania devient l'Océanie, et quelques autres du même tonneau mais franchement, pour moi, à deux ou trois nuances près, c'est vraiment du kif-kif bourricot).
Pour beaucoup d'autres, les choix de la première traductrice ont été reconduits, notamment le fameux Big Brother (à l'époque, en 1950, c'était osé de maintenir l'anglais plutôt que Grand Frère, de nos jours, cela paraît naturel).
Heureusement, novtraduction ou obsoltraduction, l'important était, reste et demeurera l'oeuvre de George Orwell en elle-même. Ce livre interpelle forcément car la question centrale concerne le pouvoir, la façon de l'infliger au peuple via, notamment, une falsification systématique de l'information et la façon de modeler les consciences pour le faire accepter.
Or, partout et de tout temps (et pour encore longtemps, je crois), il n'est pas dans l'intérêt des gouvernants de dire TOUTE la vérité. Dit autrement, tous les gouvernants, actuels ou passés, d'ici ou d'ailleurs, mentent ou ont menti et, je le crains, mentiront.
Alors il y a les bons gros mensonges, clairs, nets, précis, comme ceux débités par l'équipe de George W. Bush pour justifier d'une intervention militaire en Irak en 2003 ou, en France, l'annonce de l'arrêt du nuage radioactif de Tchernobyl pile sur la frontière allemande (exemples classiques parmi tant d'autres) et puis ceux, plus subtils, qui ne sont pas à proprement parler des mensonges mais qui consistent en des choix judicieux dans les informations que l'on laisse ou non filtrer, tel fait divers non relayé, tel autre martelé et monté en épingle parce qu'il va dans le sens du vent de ceux qui possèdent les chaînes d'information.
Il y a aussi les informations exactes mais présentées de façon à faire entendre tout autre chose que ce qu'elles disent vraiment. le champion toute catégorie dans ce domaine était très certainement l'Austro-américain Edward Bernays qui a carrément théorisé là-dessus et inventé le conseil en communication, appellation, vous en conviendrez, nettement plus avouable que l'ancienne, qu'on nommait tout simplement propagande.
C'est comme ça que sont nées les fameuses " frappes chirurgicales " de nos bien-aimés missiles qui ne pètent plus jamais dans la gueule des populations civiles innocentes mais qui dans 100 % des cas frappent chirurgicalement uniquement des terroristes, des sortes de missiles renifleurs, si vous préférez, qui détectent rien qu'à l'odeur dans leurs fantastiques petits cerveaux d'acier qui sont les terroristes et qui sont les innocents. Bref, nos gentils missiles ne font plus de victimes, ni de morts, ils éliminent des terroristes. Si un enfant de six ans se trouve volatilisé dans la manoeuvre, que voulez-vous, il n'avait qu'à pas pousser parmi les terroristes après tout. D'ailleurs, ça devait en être un lui aussi, à tous les coups…
Cela donne aussi des trucs dans le genre : « 60 % des médecins fument les cigarettes X » et un joli slogan du style : « X, les cigarettes préférées des médecins ». Alors cela peut vous faire rire mais allez donc voir dans les livres d'histoire proposés encore aujourd'hui aux enfants en ce qui concerne le XIXème siècle, par exemple. La période 1815-1848 ? À peine nommée. le second Empire ? Jamais entendu parler. La montée en puissance des banques et leur main-mise sur l'économie mondiale ? Connais pas.
En revanche, la République, la grande, la belle, celle qui ne fait que des choses propres, que des choses bien pour tout le monde et partout dans le monde, celle-là, bien qu'elle n'ait occupé qu'un tiers du siècle, vous en entendrez parler en long et en large. La Révolution industrielle ? Formidable ! Ah ! le progrès, mes chers enfants, le progrès… Quoi ? des patrons qui s'en mettaient plein les fouilles et qui maintenaient leurs salariés en esclavage ? Mouais bon, à la rigueur y a peut-être eu deux ou trois petits trucs par-ci par-là, mais c'était franchement mieux quand même pour le peuple que sous la monarchie, soyez-en sûrs.
Donc, oui, il y a quelque chose de profondément, de viscéralement prophétique dans ce roman et même si, à l'heure actuelle, ce n'est peut-être plus tant des gouvernements (quoique) que des grandes multinationales de l'internet et de la téléphonie qu'il faille craindre une surveillance acharnée, on sent bien qu'il met le doigt sur quelque chose de chaud, l'ami Orwell : la manipulation de nos vies par un espionnage de tous les instants.
Que ce soient les gouvernements ou les grandes entreprises (ce qui, de toute façon, revient au même), il est important de bien réécrire l'histoire (ex : les Américains ont vaincu les Nazis) de minimiser ou de passer sous silence ce qui ne va pas dans le sens du mythe collectif que l'on souhaite faire gober aux gens, les bons d'un côté, les méchants de l'autre (ex : en 1940, les USA se plaignent ouvertement du blocus voulu par Londres contre les Nazis car cela les empêche de faire du business avec l'Allemagne ; en 1945, les mêmes USA jugent à Nuremberg les responsables allemands pour crime contre l'humanité et ils envoient pendant ce temps les deux pires pétards atomiques jamais lancés sur des civils au Japon, bon, mais ça, faut surtout pas le dire maintenant, ni que l'athlète américain Jesse Owens a confirmé avoir été mieux traité par les Nazis en 1936 que dans son propre pays, qui, à l'époque n'aimait pas beaucoup les Afro-américains, etc., etc.)
À l'heure actuelle, on sait que le danger provient probablement de nos amis Google, Apple, Facebook, Amazon et toute la clique qui utilise nos clicks, du téléphone portable dit " intelligent " et qui est devenu mouchard en chef de nos vies. C'est d'autant plus fort que tout ceci a l'apparence du libre consentement. C'est nous-mêmes qui faisons entrer le loup dans la bergerie. D'ailleurs, le mot " internet " (parmi foule d'autres) répond exactement à la définition que donne Orwell des termes de novlangue (ou néoparler).
Il est vrai également que quand j'écoute parler des gens autour de moi, ce savoureux mélange de termes creux, éviscérés, galvaudés et de franglais (est-il encore possible de trouver une publicité sans assaisonnement franglais ?), cette novlangue ou ce néoparler qui nous assaille, la faiblesse lexicale rencontrée dans les médias dominants… Oui, on a également l'impression que l'analyse d'Orwell est juste aussi sur ce plan-là : abrutir les gens, les gaver de ce qui est le moins séditieux pour s'assurer leur docilité, pour leur retirer jusqu'à la possibilité de formuler leur mal-être…
Enfin bref, tout cela a déjà été montré et démontré mille fois. Il nous reste un objet littéraire entre les mains. Personnellement, j'ai trouvé le début de la seconde partie absolument excellent, à partir du moment où Julia entre dans la vie de Winston. (En gros, la première partie consistait à décrire ce monde cauchemardesque que l'on nomme désormais dystopique, par analogie inversée avec l'utopique.)
Je ne suis pas allée jusqu'à 5 étoiles car j'ai ressenti un petit manque, une faiblesse selon mes critères lorsque l'auteur, nous donne à lire le livre de Goldstein à travers les yeux de Winston. Là, j'ai senti que l'auteur voulait absolument nous dire quelque chose, faire passer à tout prix un message insistant, et non plus dérouler le fil de la fiction. On sent beaucoup que la vision de Goldstein est celle de l'auteur, trop selon Milan Kundera et ce sur quoi je suis assez d'accord avec lui.
Pour le reste, un roman plein de puissance et de désillusion sur le genre humain qu'il faut probablement avoir lu une fois dans sa vie, avec ou sans la nouvelle traduction. Mais ce n'est bien entendu que mon pas granchavis.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          14914
Woland
  28 août 2008
Nombreux sont ceux qui ont entendu au moins une fois dans leur vie le nom de Big Brother. Trop nombreux restent ceux qui le confondent avec une espèce d'ordinateur gigantesque qui traque l'intimité de tout un chacun dans un futur à vrai dire si peu lointain que, pour nous, il est déjà du passé : 1984.
En réalité, Big Brother serait un dictateur issu du Parti socialiste anglais - le Labour de Tony Blair - et dont le physique (grosse moustache noire, yeux noirs, visage inexpressif, solidité terrible de l'ensemble) évoquerait plus ou moins Staline. Si j'utilise le conditionnel, c'est parce que, bien que sa photo et son effigie soient omniprésentes partout en Océania, Big Brother pourrait aussi bien (on s'en rend compte à la fin du roman) n'être qu'une création fantômatique destinée par des gouvernants invisibles à focaliser la ferveur patriotique des Océaniens.
Au delà de l'ambiguïté des régimes totalitaires connus et enregistrés au XXème siècle - tout particulièrement le nazisme et le stalinisme, seuls cités par Orwell - "1984" passe à la vitesse supérieure et dépeint un totalitarisme qui, si l'on ose dire, touche à une perfection de fin du monde.
En Océania, il n'y a ni camps de concentration, ni goulags et on ne peut pas parler vraiment de théories racistes. L'ennemi eurasien, par exemple, a certes des traits asiatiques. Mais du jour au lendemain, cet ennemi redevient un allié pur et dur ; mieux : on affirme haut et fort que jamais, au grand jamais, il n'a jamais été l'ennemi de l'Océania. L'ennemi, ce sont les Estasiens - lesquels sont de type européen.
La lutte des classes n'est pas non plus à l'ordre du jour. La société se répartit en trois groupes : le Parti intérieur (la nomenklatura), le Parti extérieur (une sous-nomenklatura) et les Prolétaires (le tout-venant). Aristocratie, bourgeoisie, capitalisme même ... Ces mots ont de moins en moins de sens. le Parti réécrit sans cesse l'Histoire de façon à effacer tout ce qui l'a précédé - le fameux virage à 180° est ici institutionnalisé.
Tous ceux qui tentent de résister finissent "vaporisés" - l'humour noir anglais selon Orwell.
Et lorsque l'ancilangue aura cédé le pas à la novlangue, il n'y aura plus personne pour se rappeler de ce que signifiaient des mots comme "mauvais", "optimiste", etc ... Toute la complexité, toute la richesse du langage - et des idées - seront noyées sous des flots de mots outrancièrement simplificateurs. Ce qui ne sera pas bon sera "inbon", ce qui sera meilleur deviendra "plusbon", les adjectifs pourront servir de verbes, l'ordre des mots deviendra d'ailleurs interchangeable ...
(Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça me fait penser aux technocrates de l'Education Nationale française, avec leurs "espaces transparents", leurs "inappétents scolaires" et leurs "référentiels bondissants aléatoires" ...)
Avec une puissance incroyable et une amertume glacée qui forcent toutes deux l'admiration, George Orwell préfigure le comble de la société totalitaire mais non égalitaire : le nivellement de la pensée par le bas et, partant, la mise en coupe réglée des masses, populaires ou non. Si le sexe est maintenu, le romancier anglais, avec une lucidité terrible, prévoit que cette fonction ne servira qu'à assurer la survie de l'espèce et que, surtout, il ne sera pas question d'assurer le plaisir à la femme ...
Bien entendu, la démonstration d'Orwell, pour être efficace, ne pouvait se satisfaire de héros combattifs. Peut-être Julia, la maîtresse de Winston Smith, l'est-elle un peu plus. Mais si peu ... Et elle aussi finit par trahir - par se trahir. En bref, tous deux sont des victimes, des moutons prêts pour le sacrifice et qui donnent parfois l'impression d'y courir avec une sombre délectation.
C'est là que le bât me blesse un peu, je l'avoue. Dans une superbe crise de désespoir littéraire - la plus achevée que j'aie jamais lue - Orwell nie le facteur humain alors que, curieusement, la société océanienne ne remet pas en cause la possibilité de l'existence d'un Dieu, très loin, quelque part. Orwell nie aussi le grain de sable, cet affreux et génial petit grain de sable qui finit toujours par venir à bout des mécaniques les plus subtiles et les plus démoniaques.
Or, je sais que les grains de sable existent, j'en ai la preuve. Tandis que Dieu ... Si l'on nie les premiers, il faut nier le second. Sinon, on se retrouve dans la position du croyant qui se refuse à entériner l'existence du Mal ...
N'empêche, surtout au jour d'aujourd'hui, après le Viêt-nam, après le Cambodge, après les Talibans et avec les fous religieux de toutes sortes, sans oublier les adorateurs planétaires du Veau d'Or, il faut lire "1984." Un homme averti en vaudra toujours deux.
Si George Orwell n'y avait pas cru, jamais il n'aurait écrit "1984", vous ne croyez pas ? ;o)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1293
finitysend
  16 octobre 2013
Big Brother ....
1984 est un des textes de science-fiction les plus connus .
Quand je vois son succès , je me demande pourquoi d'autres textes de science -fiction sont injustement méconnus alors qu'ils sont loin d'être d'une qualité moindre que 1984 .
Les textes de T. J. BASS par exemple .....
Ces textes méconnus du grand public auraient au moins l'intérêt de permettre au grand public de découvrir une littérature de qualité .
Une littérature prospectiviste à la volonté prophylactique dans certains cas , mais aussi évidement , des textes qui souvent s'élèvent simplement contre le péril déjà en la demeure , comme c'est le cas pour 1984 , qui dénonce la montée des totalitarismes européens qui s'est fait pendant l'entre-deux guerres et qui fut publié en 1949 .
Ce qui fut visionnaire , c'est qu' à cette date Orwell , postulait avec raison , la guerre froide et le péril de la guerre nucléaire de grande ampleur entre les blocs naissants à cette époque . Ce péril nucléaire fut une réalité qui culmina spectaculairement en 1962 pour décroitre progressivement jusque la fin des années 80 avec l'ouverture de la Glasnost russe . Cette épée de Damoclès a d'ailleurs littéralement façonné la science-fiction de l'après-guerre , jusqu'aux années soixante-dix .
1984 est une oeuvre de science-fiction exemplaire parce que bien qu'étant un roman à thèse , un très grand soin est apporté par l'auteur à la mise en place de l'univers , qui contribue donc de façon éloquente et active aux divers développements des thèmes traités (le totalitarisme , l' endoctrinement et la manipulation des masses principalement ) .
L'Angleterre de cette fiction sort ravagée en profondeur d'une guerre nucléaire avec l'est , la guerre continuera , reprendra , alors qu''un état scientifiquement totalitaire s'efforce d'actionner un contrôle de chaque instant sur ces populations dont même l'esprit est façonné activement par ce régime .
L'auteur a disséqué magistralement le totalitarisme invasif et conquérant qui avait ravagé le monde de son temps et qui par la guerre froide menaçait encore de le détruire radicalement .
Ces thèmes parlaient éloquemment à un public qui était encore au plus près de ces problématiques de façons intimes mais l'auteur a eu le chic de d'ajouter dans la trame narrative le sel de certains éléments aussi spectaculaires , que à haute valeur affective , pour l'Angleterre .
Des éléments qui sont au coeur de l'univers : L'ombre d'Hiroshima premier recours à l'arme nucléaire , plane sur la fondation de cet univers , la bataille d'Angleterre ( qui inspire les formes du conflit) aussi , et surtout , le Blitz également , qui lui a ravagé spectaculairement et spécifiquement Londres et y a causé la mort de dizaines de milliers de personnes ( massivement des civils ) .
Les thèmes du roman font froid dans le dos , car nous savons qu'ils furent mis en oeuvre efficacement pour détruire concrètement la vie de nombreuses personnes ( avant et après la parution de ce texte ) : le contrôle social , la stratégie du bouc émissaire et celle de la haine organisée de groupes sociaux bouc émissaires , la propagande , les atteintes à l'esprit des administrés par le façonnage du langage et par là même , celui de la pensée .
La caractérisation , le rythme sont au top . L'intrigue est parfaitement soignée souvent elle est surprenante . Ce bouquin est poignant , avenant , très soignée et surtout à aucun moment la thèse ne prend le pas sur fond romanesque . En fait c'est plus compliqué la thèse est magistralement animée et elle est de ce fait au coeur du texte . Elle est nichée , diluée , fondue , dans les moindres détails et dans des formulations chocs incontournables .
Et c'est pour cette raison aussi que 1984 est un excellent roman de science-fiction , mais qu'il est aussi un excellent roman tout court .
Un texte éloquent , vivant et touchant qui est à lire absolument .
D'autres textes dystopiques de cette époque et d'après sont aussi à découvrir , ces textes sont assez nombreux et beaucoup sont excellentissimes .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10617
belette2911
  22 juillet 2013
Que dire de nouveau après 203 critiques ? Que depuis l'incident avec la grosse curieuse NSA, les ventes du livre ont augmenté de... 7000% ? Comme quoi, tout le monde veut en savoir plus sur Big Brother...
Big Brother n'est pas vraiment un système de surveillance, c'est surtout le portrait d'un homme avec des grosses moustaches qui fait curieusement penser à Staline. Sa tronche est présente partout en Océania.
Océania ? Nouveau Club Med ? Non ! Un Régime Totalitaire dans toute sa splendeur qui nivelle à mort par le fond. Même la télé réalité n'arriverait pas à faire aussi bien qu'eux parce que nous possédons encore le libre arbitre de la regarder ou pas.
Sûr que ce livre m'a fait dresser les cheveux sur la tête ! Quand je vous dis que c'est un régime "totalitaire", vous pouvez me croire, on frôle même la perfection, la machine est bien huilée, style rouleau compresseur et vu d'ici, la mécanique me semble sans faille.
Observons là de plus près.... L'espion qui espionne les espions, c'est nous. En cas de problème, le terminal de l'aéroport en Russie nous servira de Terre Promise !
A Océania, on surveille tout le monde derrière des écrans et pour votre intimité, vous repasserez ! Une sorte d'écran de PC ou de télé au mur qui voit tout.
A Océania, l'ennemi d'hier devient le super pote du lendemain et on efface des "journaux" le fait qu'on ait été en guerre avec lui durant quelques années. La population ne doit pas savoir, elle doit oublier.
Oh, pardon, les journaux ne sont pas en vente libre dans le kiosque du coin, mais disponibles aux archives et constamment remis à jour.
Winston, notre "z'héros", est chargé, avec d'autre, de changer les infos des journaux que la population n'a jamais eu l'occasion de lire. le tout pour le bien de l'Histoire.
Quand je dis que l'on nivelle par le bas, on y va à fond et même Nabilla a plus de mot de vocabulaire que leurs dicos. Fini les synonymes et les antonymes, on utilisera "bon" ou "inbon" et "plusbon"... Les dictées de Pivot seront insipides... pardon, en Novlangue, c'est "inbon".
Le sexe ? Bientôt comme chez les animaux d'élevage : pour assurer la pérennité de la race, quand au plaisir... Quel plaisir ?? "Orgasme" ne se trouve pas dans leurs dictionnaire.
Vous faites un pas de travers ? On peut vous dénoncer, surtout votre famille, vos enfants... déjà bien conditionné, les moutards ! Pffffttt, vous serez vaporisés et votre nom disparaîtra aussi. Existence zéro.
A Océania, à 7h du mat', on vous réveille grâce à l'écran et c'est parti pour une séance de gym tonique style "Véronique et Davina" mais sans elles, sans les jolies poitrines qui dansent, sans le sourire, mais avec la sueur et les injonctions : "Élève Winston, touchez vos pieds avec vos mains, mieux que ça !".
Tout est manipulé et la population gobe tout comme des oies au gavage... Les mensonges sont répétés et deviennent Vérité Historique. Sont gravés, quasi.
C'est pas le cas dans notre société ? Non ? Z'êtes bien sûrs ? Je suis tracée avec mon GSM, mon abonnement aux transports en commun, le PC du boulot, mon PC personnel aussi car Obama lit mes critiques que la NSA surveille de près, je dois être sur la liste rouge parce que tout à l'heure, j'ai dit à mon collègue que... Hé, non, je ne vais pas l'écrire, sinon, je vais monter en grade à la NSA !
Pharmacie ? Idem avec la carte SIS (Vitale en France), si vous avez une carte "GB-Carrefour", ils savent même ce que contient votre panier de ménagère de moins de 50 piges !
Caméras par-ci, caméras par-là... Les JT ne nous disent pas tout, on ne sait rien, les gouvernements nous mentent, les banques et assurances aussi, les lobbys contrôlent tout et certains osent même affirmer que la croissance va remonter... Une bonne nouvelle pour faire plaisir à la masse, comme dans le livre ??
Si le roman est assez long à lire et à certain moment "lourd", il faut s'accrocher afin d'arriver jusqu'au bout. Je l'ai lu par petites doses.
Dans "L'épée de vérité", Richard Rahl était le caillou dans la mare. Winston sera-t-il ici le grain de sable qui vient gripper la grosse machine bien huilée ou se fera-t-il prier d'aller voir sur la plage s'il n'y a pas de pavé en dessous ?
À l'heure ou nos gouvernements stockent nos données, nos messages, nos conversations téléphoniques dans un but "sécuritaire" (mon cul !), à l'heure ou Oncle Sam regarde par-dessus notre épaule, entassant un max de données qu'il ne saura jamais traiter, qu'avons-nous fait de notre indignation ?
Diantre, Frigide Barjot n'était pas là pour s'offusquer de l'oeil de Washington ? D'ailleurs, les manifestants des derniers temps ne sont pas là pour crier que les bornes ont des limites ??
Le mariage joyeux, non, l'espionnage à grande échelle, oui !
Orwell, relève-toi, on se laisse faire comme des moutons à l'abattage !

Lien : http://the-cannibal-lecteur...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          9410
Citations et extraits (643) Voir plus Ajouter une citation
VanechkaVanechka   15 août 2018
Les meilleurs livres sont ceux qui racontent ce que l’on sait déjà.
Commenter  J’apprécie          90
Talinna9Talinna9   13 août 2018
S'accrocher, jour après jour, semaine après semaine, pour prolonger un présent qui n'avait de futur, était un instinct qu'on ne pouvait vaincre, comme on ne peut empêcher les poumons d'aspirer l'air tant qu'il y a de l'air à respirer .

" Que peut-on, pensa Winston, contre le fou qui est plus intelligent que vous, qui écoute volontiers vos arguments, puis persiste simplement dans sa folie ? "
Commenter  J’apprécie          10
purplevelvetpurplevelvet   31 juillet 2010
- Comment un homme s'assure-t-il de son pouvoir sur un autre, Winston?
Winston réfléchit:
- En le faisant souffrir répondit-il.
-Exactement. En le faisant souffrir. L'obéissance ne suffit pas. Comment, s'il ne souffre pas, peut-on être certain qu'il, non à sa volonté, mais à la vôtre? Le pouvoir est d'infliger des souffrances et des humiliations. Le pouvoir est de déchirer l'esprit humain en morceaux que l'on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l'on a choisies. Commencez vous à voir quelle sorte de monde nous créons? C'est exactement l'opposé des stupides utopies hédonistes qu'avaient imaginées les anciens réformateurs. Un monde de crainte, de trahison, de tourment. Un monde d'écraseurs et d'écrasés, un monde qui, au fur et à mesure qu'il s'affinera, deviendra plus impitoyable. Le progrès dans notre monde sera le progrès vers plus de souffrance. L'ancienne civilisation prétendait être fondée sur l'amour et la justice, la nôtre est fondée sur la haine.. Dans notre monde, il n'y aura pas d'autres émotions que la crainte, la rage, le triomphe et l'humiliation. Nous détruirons tout le reste, tout. ( ed. Folio, trad. Amelie Audiberti, p 376)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1023
LolokiliLolokili   10 décembre 2011
Ainsi, à travers l’histoire, une lutte qui est la même dans ses lignes principales se répète sans arrêt. Pendant de longues périodes, la classe supérieure semble être solidement au pouvoir. Mais tôt ou tard, il arrive toujours un moment où elle perd, ou sa foi en elle-même, ou son aptitude à gouverner efficacement, ou les deux. Elle est alors renversée par la classe moyenne qui enrôle à ses côtés la classe inférieure en lui faisant croire qu’elle lutte pour la liberté et la justice.
Sitôt qu’elle a atteint son objectif, la classe moyenne rejette la classe inférieure dans son ancienne servitude et devient elle-même supérieure. Un nouveau groupe moyen se détache alors de l’un des autres groupes, ou des deux, et la lutte recommence.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1121
Nastasia-BNastasia-B   08 juin 2018
Dans notre société, ceux qui sont le mieux éclairés sur l'événement sont aussi ceux qui sont le plus éloignés de voir le monde tel qu'il est. En général, mieux on comprend, plus on se leurre, plus on est intelligent, moins on raisonne sainement. On en trouvera une illustration sans équivoque dans le fait que l'hystérie guerrière augmente avec le niveau social. Ceux qui ont l'attitude la plus sensée vis-à-vis de la guerre sont les peuples-sujets des territoires disputés. Ils la tiennent pour une calamité continuelle qui roule sur leur corps dans son flot à la manière d'une lame de fond. L'identité du vainqueur leur indiffère totalement. Ils ont conscience que le changement de seigneur signifie simplement qu'ils vont continuer à assurer les mêmes tâches pour de nouveaux maîtres qui les traiteront comme les anciens.

Deuxième partie, Chapitre 9.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          582
Videos de George Orwell (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de George Orwell
Retrouvez vos "Live Books" du quinzième numéro de Gérard Part En Live ici :
Les déracinés de Catherine Bardon aux éditions Les Escales https://www.lagriffenoire.com/110854-divers-litterature-les-deracines.html
Belgravia de Julian Fellowes et Carole Delporte aux éditions 10-18 https://www.lagriffenoire.com/82158-romans-belgravia.html
Snobs de Julian Fellowes et Dominique Edouard aux éditions 10-18 https://www.lagriffenoire.com/112238-poche-snobs.html
La veuve des van Gogh de Camilo Sanchez et Fanchita Gonzalez Batlle aux éditions Liana Lévy https://www.lagriffenoire.com/79498-divers-litterature-la-veuve-des-van-gogh.html
Derrière les panneaux, il y a des hommes de Joseph Incardona aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/69849-divers-polar-derriere-les-panneaux--il-y-a-des-hommes.html
Empire: Un fabuleux voyage chez les Romains avec un sesterce en poche de Alberto Angela et Paolo Barbieri aux éditions Payot https://www.lagriffenoire.com/110265-encyclopedie-empire.html
Le Cas zéro de Sarah Barukh aux éditions Albin Michel https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=114256&id_rubrique=338
1984 de George Orwell et Josée Kamoun aux éditions Gallimard https://www.lagriffenoire.com/116272-article_recherche-1984.html
Courrier des tranchées de Stefan Brijs et Daniel Cunin aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/109879-divers-litterature-courrier-des-tranchees.html
Visitez notre chaine Youtube et abonnez-vous ! : http://www.youtube.com/user/griffenoiretv/featured
#soutenezpartagezcommentezlgn Merci pour votre soutien et votre amitié qui nous sont inestimables.
Gérard Collard - Jean-Edgar Casel
+ Lire la suite
autres livres classés : big brotherVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

1984 - Orwell

Comment s'appelle le personnage principal du roman ?

Wilson
Winston
William
Whitney

10 questions
1200 lecteurs ont répondu
Thème : 1984 de George OrwellCréer un quiz sur ce livre
. .