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Michel Pétris (Traducteur)
ISBN : 2264030399
Éditeur : 10-18 (27/08/2005)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 262 notes)
Résumé :
Plus d'un bon esprit, à commencer par Henry Miller, juge que Dans la dèche à Paris et à Londres est, avant même 1984 et Hommage à la Catalogne, le plus grand de tous les livres d'Orwell qui écrivait pour sa part : C'est un récit bien banal et j'espère qu'on lui reconnaîtra à tout le moins les mérites qu'on reconnaît d'ordinaire à un journal de voyages. Je puis encore ajouter ceci : Voilà le monde qui vous attend si vous vous trouvez un jour sans le sou. Ce monde, je... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
gill
14 août 2012
A sa parution, malgré un bon accueil des critiques,"Dans la Dèche à Paris et à Londres" est presque un échec. le livre ne se vend presque pas.
En 1933, George Orwell n'est encore que Eric Arthur Blair, et il n'a publié, à Paris, que quelques articles dans "Monde"le célèbre journal d'Henri Barbusse.
Pourtant ce livre formidable,peut-être son meilleur, que l'on peut comparer au "Peuple de l'abîme" de Jack London, est déterminant dans l'oeuvre d'Orwell.
Il y raconte sa galère à Paris où il s'est installé pour écrire en 1928. A la frontière de la clochardisation, au fil de ses rencontres il brosse des portraits saisissants et un tableau social ahurissant.
"Voilà le monde qui vous attend si vous vous trouvez un jour sans le sou" dit-il, pour gagner quelque argent il devient, alors, plongeur pendant quelques semaines dans un hôtel de luxe de la rue de Rivoli. Et tout l'envers du décor nous apparaît, dans des descriptions implacables de la misère, de la détresse et de la saleté de ce prolétariat placé en semi-esclavage.
Puis Orwell reprend sa vie de vagabond et part pour Londres où il décrit la même misère retrouvée .
Ce livre est d'une puissance rare, Orwell trouve les mots justes pour rendre efficace la peinture qu'il réalise de la pauvreté, de la saleté, des ravages de l'alcool et de la maladie.
Il est, sûrement, à la base de toute l'oeuvre et de toute la pensée politique d'Orwell.
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ibon
28 septembre 2016
La dèche-pas d'argent- à Paris et à Londres. Il est certain qu'Orwell a connu des moments très difficiles et a mangé de la vache enragée avant de vivre de ses écrits.
Ce récit autobiographique commence dans un hôtel miteux à Paris. Orwell n'est pas encore dans le besoin - il a payé sa semaine - mais il sent qu'il est temps de trouver un travail.
Or, ce n'est pas si facile car la crise est là. Dans ses démarches, il va faire la connaissance de Boris, un Russe Blanc, sans le sou- comme lui- car déchu de ses privilèges en ayant fui la Révolution. Ensemble, ils vont faire la tournée des hôtels pour espérer faire la plonge.
Dans cette dèche, des moments dantesques : que ce soit au fond des cuisines d'un grand hôtel avec un Italien, Mario, à bosser 17h/jour ou dans une chambre, quelques jours sans manger ou encore avec les vagabonds sifflant les pieuses personnes venant prier pour eux...
Malgré sa sinistre position, vivant au jour le jour, on « visite » Paris et Londres  avec l'humble Mister Orwell: le Mont-de-Piété, l'East End (oui et ,25 ans après « Le peuple d'en-bas » de Jack London, rien n'a changé !) et quelques hospices ou lodging houses (-10 étoiles ceux-là because les cafards, la vermine et la puanteur).
Ce témoignage d'un grand écrivain qui a vécu dans la misère à Paris et à Londres dans les années 1930, comme celui de Jack London, souligne le peu de cas que l'on fait des gens tombés dans la misère. Orwell précise que l'argent qu'on leur donne par charité (à l'embankment) est très vite perdu pour un logement indigne ou en nourriture insuffisante : le fameux « thé-deux tartines ».
J'ai aimé la colère de London mais j'ai trouvé que l'humilité d'Orwell portait tout aussi bien l'engagement du message.
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IreneAdler
28 octobre 2013
Ce n'est peut-être pas la faute de Rousseau s'il s'est retrouvé dans le ruisseau, mais avant de devenir journaliste et écrivain, c'est bien là qu'a été Orwell. Pas longtemps, mais suffisamment pour en connaître toutes des douleurs. Pour les dénoncer ensuite.
Si ses situations furent différentes dans les deux villes, les conséquences furent les mêmes : faim et manque d'argent chroniques, existence de paria, saleté, extrême fatigue. Il a vécu avec ceux qui sont considérés comme la lie de la société britannique et le peuple des semis-esclaves parisiens : ils méritent plus de pitié et de mansuétude que de mépris. Ils sont presque tacitement maintenus dans leurs conditions (nous sommes à la fin des années 1920, de lois sociales point.) Les descriptions des conditions de vie sont dignes de Zola et Dickens.Ce qu'Orwell appelle un "journal de voyage" reste toujours lucide sur sa situation : même si le découragement guette, il observe et analyse. le temps, indispensable pour étayer ses réflexions (sur la politique, les lois, l'argot londonien...) n'a rien atténué à l'expérience de la misère.
Cette expérience fut sans doute à l'origine de son engagement politique socialiste. La trame des ses futurs écrits, romans et articles (il explique dans Why I Write qu'il écrit pour dénoncer les injustices). La raison de sa participation à la guerre d'Espagne aux côtés des Républicains. Il prend fait et cause pour ce peuple de traîne-misère, qu'il a côtoyé de près, que nous côtoyons encore. Et si d'aventure nous y tombons, nous aimerions trouver une main secourable qui nous aide à sortir de la fange.
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le_Bison
23 février 2012
Nous sommes à la fin des années 20, George Orwell ne s'appelait pas encore tout à fait George Orwell et la publication de ses romans cultes - « La Ferme des Animaux » et « 1984 » - ne sera prévue pas avant une quinzaine d'années. Il séjourna quelques temps dans la capitale française puis anglaise, et de ce voyage en sortira, sous son vrai nom Eric Blair : « Dans la dèche à Paris et à Londres » où il racontera, à l'instar d'un carnet de routes, ses impressions, ses états d'âmes, sa vision sur le monde des ouvriers, des marginaux et des SDF.
Première étape : Paris.
Crêchant dans un hôtel miteux, avec très peu d'argent en poche, il part à la recherche de quelques boulots pour subvenir à ses maigres besoins, à savoir de quoi manger et un toit pour dormir. de là, son chemin sera parsemé de rencontres humaines, de solidarité et d'entraide. Il part à la découverte de la classe ouvrière en tant que plongeur dans un grand hôtel de luxe proche de la rue de Rivoli et y décortiquera toutes les castes qui y régissent à l'intérieur. Mais entre deux laborieux et éprouvants jobs, il connaîtra la faim, la misère, le vol et les arnaques, les nuits sous un pont ou sur un banc, le Mont-de-Piété... Parmi des difficultés quasi quotidiennes, il ne perd jamais espoir et garde même un optimisme souverain et nous fait partager ses joies, ses humeurs et ses peines dans les bistrots de quartier avec ses rares potes, ses compagnons de fortune ou plutôt d'infortune... Les nombreuses cuites ne semblent avoir pour buts que de resserrer les liens amicaux mais aussi d'oublier cette misère, et l'ennui d'une vie si triste et sans avenir.
Deuxième étape : Londres.
Sans toit, sans emploi et toujours sans le sou, il va vivre l'espace de quelques semaines la vie d'un clochard, d'un vagabond qui parcourt l'Angleterre d'asiles de nuit en hospices de charité pour y trouver un toit pour s'abriter et obtenir un frugal repas, dernier sésame de survie : une tasse de poussière de thé et deux tartines de margarine, le tout pour une somme certes modique mais pour un miséreux non négligeable et qui a pour but de rendre notamment extrêmement lucratif ce genre d'établissements. La mendicité y est interdite par la loi anglaise ; du coup, il est sans cesse obligé de marcher, de battre le pavé, de vagabonder sans destination précise, juste marcher, toujours et encore marcher. La découverte impitoyable et sans concession des bas-fonds de la société anglaise...
Un livre où l'on n'en ressort pas indemne, une oeuvre sociale qui vous parle de la vie des ouvriers, des pauvres, des laissés-pour-compte sans voyeurisme, ni complaisance, juste pour montrer leurs modes de vie, leurs difficultés toujours plus insurmontables qui les amènent le plus souvent vers un point de non-retour. Un livre parsemé de chaleur humaine, de bonté et de solidarité, juste un livre présentant quelques vraies valeurs de la vie telle que George Orwell la conçoit.
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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saphoo
08 avril 2017
De George Orwell, je ne connaissais pas grand-chose hormis 1984 et la ferme des animaux lu dans le cadre du club de lecture de Babelio, cette autobiographie est plus qu'une biographie, ça ressemble à un essai sur la misère et ses miséreux.
Lire un pan de vie d'un auteur, nous offre une lumière toute autre sur son oeuvre, ses idées, ses combats. George Orwell a roulé sa bosse dans les bas fonds de Paris, vivant de rien parfois plusieurs jours sans manger, traînant ici et là, tâchant de dégoter un petit job mal payé. Il a connu l'exploitation humaine dans les "restaurants" l'humiliation, la faim, la douleur, la déchéance totale.
Il quitte Paris pour Londres où le régime de "vagabond" est quelque peu différent ce qui explique tout ce système et l'inévitable condition d'un chemineau (entendez vagabond). J'ai trouvé cette partie plus dure, et répétitive mais c'est le récit qui imposait cela, puisque chaque jour suffit à sa peine, le vagabond à Londres ne peut pas dormir sur un banc ne pas mendier, ne peut dormir plus d'une nuit dans le même asile, il est contraint à marcher toute la journée d'un refuge à un autre. Refuge est un bien grand mot, l'auteur nous décrit cette misère profonde, que subit ces indigents, pour pouvoir dormir sous un toit, se débarbouiller souvent dans de l'eau maintes fois utilisée, boire du thé qui en a que le nom, calmer sa faim avec un plat infâme voire une tartine avec une illusoire couche de margarine.
Devoir vendre ses vêtements pour récupérer quatre sous, ramasser les mégots pour se fournir du tabac, et parcourir tout Londres pour avoir une petite chance de dormir dans un asile.
Une vie qui tourne vite au cauchemar, l'auteur l'a vécu pour pouvoir en faire un constat et se permettre de donner son avis sur le vagabondage de cette époque.
Cette lecture nous éclaire sur la vie difficile d'un auteur qui n'est pas encore connu ni reconnu et nous permet également de comprendre la vie des vagabonds en la vivant en plein coeur de leur malheur.
Un roman intéressant pour le côté découverte de la vie de cet auteur, sur le plan historique aussi puisque Orwell décrit parfaitement bien les établissements divers et variés qui faisaient office d'asile de cette époque notamment lodging-house et les Rowton Houses , ainsi que l'Armée du salut.
Pour résumé, lecture intéressante bien que la partie à Londres fut plus monotone que Paris.
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Citations & extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison23 février 2012
Si vous parlez à un riche n’ayant pas abdiqué toute probité intellectuelle de l’amélioration du sort de la classe ouvrière, vous obtiendrez le plus souvent une réponse du type suivant : « Nous savons bien qu’il n’est pas agréable d’être pauvre ; en fait, il s’agit d’un état si éloigné du nôtre qu’il nous arrive d’éprouver une sorte de délicieux pincement au cœur à l’idée de tout ce que la pauvreté peut avoir de pénible. Mais ne comptez pas sur nous pour faire quoi que ce soit à cet égard. Nous vous plaignons - vous, les classes inférieures - exactement comme nous plaignons un chat victime de la gale, mais nous lutterons de toutes nos forces contre toute amélioration de votre condition. Il nous paraît que vous êtes très bien où vous êtes. L’état des choses présent nous convient et nous n’avons nullement l’intention de vous accorder la liberté, cette liberté ne se traduirait-elle que par une heure de loisir de plus par jour. Ainsi donc, chers frères, puisqu’il faut que vous suiez pour payer nos voyages en Italie, suez bien et fichez nous la paix. »
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le_Bisonle_Bison23 février 2012
Nus et frissonnants de froid, nous nous alignâmes dans le couloir. Il est impossible d’imaginer à quel point nous avions l’air de misérables déchets d’humanité, plantés là dans l’impitoyable lumière du matin. Les nippes d’un trimardeur n’ont sans doute rien de bien ragoûtant, mais ce qu’elles dissimulent est infiniment pire. Pour voir l’homme tel qu’il est, hors de tout faux-semblant, il faut le voir nu. Pieds plats, bedaines sorties, poitrines creusés muscles flasques - tous les stigmates de la déchéance physique était là. Il n’y avait pratiquement personne qui ne fût sous-alimenté, et certains étaient visiblement malades. Deux hommes portaient des bandages herniaires, et quand au pauvre vieillard à figure de momie, on se demandait comment il parvenait encore à marcher toute une journée. A voir nos visages mangés par la barbe et nos traits tirés par l’insomnie, on eût juré que nous relevions tous d’une semaine de cuite ininterrompue.
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FioHFioH03 août 2015
C'est un spectacle très édifiant que celui du garçon faisant son entrée dans une salle à manger d'hôtel. Au moment où il franchit le seul, une soudaine métamorphose s'opère en lui. D'un seul coup, ses épaules se redressent et toute la crasse, l'irritation et l'énervement accumulés s'effacent comme par magie. Il glisse sur le tapis avec l'onctuosité d'un prêtre se disposant à officier. Je revois encore notre second maître d'hôtel, un bouillant Italien, s'arrêtant un jour devant la porte de la salle à manger pour s'en prendre à un novice qui avait cassé une bouteille de vin. Le poing brandi au-dessus de la tête, en train de hurler (la porte était par bonheur suffisamment capitonnée pour arrêter les éclats de voix ) :
«  Tu me fais chier ! Et tu voulais te prendre pour un garçon, petit saligaud ? Laisse moi rire ! Ça, un garçon ! Mais on ne voudrait même pas de toi pour frotter les planchers du bordel d'où est sortie ta putain de mère ! Maquereau va ! »
Ne trouvant plus de mots assez forts, il se tourna vers la porte et, au moment d'en franchir le seuil, lâcha un vent sonore comme aiment à le faire les Italiens quand ils veulent marquer toute l'étendue de leur mépris.
Puis il s'avança à travers la salle, un plat à la main, évoluant avec la grâce onctueuse d'un cygne. Dix secondes plus tard, il s'inclinait cérémonieusement devant une table. Le voyant faire, on ne pouvait s'empêcher de penser que c'était le client qui devait rougir de confusion à l'idée de se faire servir par un tel aristocrate.
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YassleoYassleo09 juin 2016
Si l'on se tourne vers les plongeurs, c'est encore une nouvelle chanson. Ils sont astreints à un travail épuisant, qui n'offre aucune perspective d'avenir, qui ne requiert aucune qualification spéciale et qui n'est guère propre à susciter l'enthousiasme. Le type de travail que l'on confierait volontiers à des femmes, si celles-ci étaient assez résistantes pour le faire.
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HanhaHanha29 mars 2016
Pourtant, j'étais loin d'être aussi malheureux que je l'aurais cru. Car, lorsque vous êtes au seuil de la misère, vous faites une découverte qui éclipse presque toutes les autres. Vous avez découvert l'ennui, les petites complications mesquines, les affres de la faim, mais vous avez en même temps fait cette découverte capitale : savoir que la misère a la vertu de rejeter le futur dans le néant....avec trois francs, vous avez de quoi manger jusqu'au lendemain : vous ne voyez pas plus loin.
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