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Claude Bleton (Traducteur)
EAN : 9782709635165
308 pages
Éditeur : J.-C. Lattès (25/08/2010)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Dans une île sèche des Caraïbes, un jeune Espagnol vit avec celle qu’il a toujours connue comme sa nourrice, Amaney, à la peau brune comme la cannelle. Il vit dans l’attente des lettres de son père, parti sitôt après sa naissance courir fortune avec les conquistadors de Pizarro. À douze ans, il reçoit une dernière lettre, récit envoûtant et terrible de la chute de Quzco et de la mort de l’empereur. Alors que la lettre suivante lui apprend la mort de son père, le jeu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Folfaerie
  20 septembre 2010
Un jeune espagnol de l'île Hispaniola (Saint-Domingue) vit dans le souvenir de son père, un conquistador qui a assisté et participé à la chute de Quzco. Lorsqu'on lui annonce la mort de celui-ci, il décide de partir récupérer la fortune familiale, délaissant celle qu'il a toujours considérée comme sa nourrice indienne, et qui est en réalité sa mère. Ces origines métis seront déterminantes dans le parcours du jeune homme qui va rejoindre les destinées de Pizarro et Orellana, au Pérou.
Je dois avouer que c'est un roman curieux mais fascinant, à la fois roman historique (la conquête espagnole des Amériques), long poème et récit initiatique. L'écriture est en effet très poétique et sied à merveille à ce long voyage à travers une civilisation sur le point d'être complètement engloutie et une nature grandiose. Cela pourrait être également le journal de bord ou carnet intime d'une vie car le narrateur s'adresse à une personne dont nous ne connaîtrons l'identité que dans les dernières pages.
Le jeune homme écoute les histoires et légendes indigènes dont se sont abreuvés les Espagnols pour conquérir cette civilisation. A la fois fasciné par les richesses et les splendeurs de pierre mais aussi touché par le sort des peuples indiens, le narrateur ne peut qu'assister, témoin impuissant, à la destruction de ce monde et à la folie des hommes.
La conquête fut sanglante, les crimes commis par les Espagnols atroces. Parmi tous les épisodes violents qui rythmèrent la chute des empires Incas, Mayas ou Aztèques, il est difficile d'oublier le meurtre d'Atahualpa ou le massacre des Indiens par Gonzalo Pizarro, qui les fit dévorer par ses chiens lors de cette fameuse expédition pour trouver la cannelle, alors davantage prisée que l'or... Des événements qui sont relatés dans le roman, ainsi que cette descente hallucinée du fleuvre Amazone, des mois durant par Orellana et ses hommes. C'est à cette occasion que nait la légende des Amazones, ou celle de l'Eldorado. Et l'on comprend mieux comment le cerveau enfiévré de l'une de ces brutes peut faire naître un monde d'une grande richesse auxquels s'accrocheront tous ceux qui sont avides de pouvoir et rêvent de faire fortune. L'incompréhension, l'ignorance, le désespoir, les désillusions seront le lot du triste équipage qui descendit le grand fleuve, subissant attaques des Indiens, maladies, faim... Mais pour quelques autres, comme le jeune héros de cette aventure, la forêt cesse d'être une ennemie pour devenir une entité protectrice, d'une beauté primitive. Et une fois que l'on a foulé le sol de ces terres sauvages et mystérieuses, elles vous hantent pour la vie.
Enfin, dans la dernière partie du roman, Ospina nous livre la clé de cette colonisation : en Europe, la guerre, l'ambition et la soif de pouvoir avaient un prix : les immenses richesses englouties par les seigneurs, les rois et les empereurs ne pouvaient plus se trouver en Europe. Alors il fallut se mettre à la recherche d'un autre continent à piller et telle fut la tragédie vécue par les peuples indigènes d'Amérique...
Ce qui navrant d'une certaine façon, c'est que le propos d'Ospina demeure d'actualité : les Espagnols puis d'autres européens pillèrent et massacrèrent les peuples indigènes pour l'or, les pierres précieuses, les épices. Aujourd'hui, les Occidentaux continuent de piller l'Amérique du sud pour le bois précieux, le pétrole, les terres rares au mépris des droits des peuples autochtones. le monde a donc si peu changé ?
Ospina a prévu une trilogie sur le thème de la colonisation du Nouveau Monde : après Ursua et le pays de la cannelle, il sortira en 2011 le dernier volet : La serpiente sin ojos.

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fleurdusoleil
  24 septembre 2010
Lorsque la Team de BOB a proposé ce roman en partenariat, j'ai longtemps hésité avant de postuler. William Ospina est un parfait inconnu dans mon univers littéraire, de plus le titre ne m'évoquait rien. Il est vrai que l'histoire et moi ne sommes pas de grands amis.
Et puis je me suis dit “pourquoi pas ?” Les partenariats sont aussi faits pour découvrir des mondes inconnus, des horizons divers.
Voilà comment je me suis retrouvée avec “ le pays de la cannelle” entre les mains.
Le début du roman est un peu long et difficile à suivre.
Nous faisons la connaissance d' un jeune espagnol qui vit aux Caraïbes avec sa nourrice ( qui est en fait sa mère) pendant que son père parcourt le monde à la recherche d'or.
Nous sommes en 1540 et les conquistadors ont débarqué au Pérou en quête d'aventures et de richesses.
Par une lettre qu'il gardera toujours sur lui, il apprend la mort de son père, terrassé dans l'éboulement d'un temple Maya.
Quelques années plus tard, ayant droit sur les richesses de son père, il part sur ses traces afin de récupérer son héritage.
Commence alors l'aventure.
Le narrateur ( le jeune homme espagnol revenu de son périple) raconte son histoire à une tierce personne. William Ospina ne nous dévoile son identité qu'à la fin du roman.
De son arrivée à Qusco où son père est décédé, jusqu'à son retour en Espagne : sa rencontre avec les conquistadors, son émerveillement et sa déception face aux temples incas et leur mise à sac, ses recherches pour retrouver l'or de son père, son enrôlement aux côtés de Gonzalo Pizzaro dans l'expédition pour découvrir le pays de la cannelle( el dorado qui ne fut qu'une chimère), les aventures et les mésaventures qui ont jalonnés son voyage, les découvertes fabuleuses et les horreurs commises par les siens…puis son retour parmi son peuple pour conter son voyage.
Parenthèse historique : le Pérou et ses fameuses cités d'or ( légende qui naquit avec la découverte des Amériques ) attirèrent la convoitise des aventuriers et des conquistadors. Ces derniers montèrent de grandes expéditions afin de conquérir et piller les richesses des autochtones. C'est avec violence et cruauté que cette terre sauvage fut violée et dépouillée.
Mais pour toujours, le trésor de ce pays réside dans la beauté de ses paysages et dans les vestiges de ses mystérieuses cités encore habitées par l'esprit et la magie des Incas.
En 1542 Gonzalo Pizzaro et Franscisco Orellana découvrent le fleuve Amazone.
La dernière partie m'a un peu ennuyée. William Ospina y décrit la vie politique de cette époque et les enjeux ( un besoin sans cesse grandissant de richesse) des puissants en Espagne. Il remonte en amont de l'histoire pour nous expliquer que l'avidité de pouvoir et de richesses des européens était tellement grande qu'elle justifiait à leurs yeux la destruction de terres lointaines et de peuples jugés inférieurs. La loi du “je suis plus fort alors je t'écrase”.
A l' instar du fleuve que nos aventuriers ont suivi, William Ospina nous entraîne dans son récit par des ondulations dans le rythme de ses mots. D'une prose poétique douce et enivrante comme le calme illusoire d'une eau apaisée, nous sommes brusquement entrainés par une vague de mots durs et crus qui illustre la violence des hommes entre eux. Puis vient l'émerveillement avec des descriptions fabuleuses d'une faune encore vierge. Mais ce repos n'est que de courte durée car l'homme et sa puissance se rappelle à nous. le ton s'emballe et les mots s'entrechoquent.
Comme notre jeune espagnol, j'ai fait un étrange voyage dans un univers qui m'était inconnu jusque-là. J'ai été transporté dans son récit comme dans un songe et j'ai beaucoup appris sur l'histoire de la colonisation espagnol et sur moi-même.
William Ospina signe ici un grand roman d'aventures, mais aussi un roman historique.
C'est un excellent récit de voyage qui nous ouvre les portes sur une époque riche en découvertes ( mais au prix de nombreux morts ).
Lien : http://ecritureetpoesie.cana..
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claudialucia
  07 octobre 2010
Le pays de la cannelle de William Ospina, écrivain colombien, est un beau roman riche, touffu et luxuriant comme la forêt amazonienne qu'il nous fait découvrir, éblouissant à l'égal de l'Empire du Soleil dont sont issus les rois incas, traversé par des éclairs de violence à l'image des conquistadors espagnols, les frères Pizarro, dont la cupidité, la cruauté et la démesure ont eu raison de cette brillante civilisation. Ouvrir ce livre, c'est entrer dans une aventure passionnante, à la découverte d'un monde étrange, qui nous amène aussi à une belle réflexion philosophique.
En 1540, le jeune héros du roman, âgé de 17 ans, (qui est aussi le narrateur) décide de quitter Hispanolia, abandonnant sa mère indienne pour partir au Pérou récupérer l'héritage de son père dont il vient d'apprendre la mort. Ce dernier, un conquistador espagnol, Marcos de Medina, a participé à la conquête à côté de Francisco Pizarro. le jeune homme nourri par les récits des lettres de son père arrive donc peu de temps après la victoire des conquistadors. Il découvre, nostalgique, les ruines de cette grande civilisation en train de disparaître. Il comprend bientôt qu'il ne parviendra jamais à remettre la main sur la fortune de son père. Il s'engage alors à côté de Gonzalo Pizarro dans une expédition vers Quito, où d'après les dires des indiens, existe un pays entièrement planté de canelliers, à la recherche donc de la cannelle, épice plus précieuse encore que l'or. Une aventure qui le mènera bien au-delà du but poursuivi, sur le plus grand fleuve du monde, l'Amazone, à la découverte d'un monde étrange, mystérieux, fascinant et dangereux dont il sort transformé à jamais.
le pays de la cannelle est donc d'abord un roman d'aventure qui raconte les épreuves endurées par ces hommes, froid et souffrance sur les parois glacées de la cordillère des Andes, voyage sur les eaux déchaînées et tumultueuses de l'Amazone et de ses affluents, attaques des indiens hostiles, faim, maladies du corps et de l'âme, désespérance, peur mais aussi découverte d'un monde sans limite, l'immense forêt amazonienne avec ses légendes, ses peuples, sa flore et sa faune. Beauté et douleurs étroitement liées. Il fallait le talent de William Ospina pour décrire cette équipée sauvage, composée de 240 soldats et officiers espagnols accompagnés par 4000 indiens, 2000 lamas, 2000 chiens de défense et 2000 porcs pour les nourrir - des chiffres qui passent l'imagination - menée par un chef d'une férocité et d'une brutalité proches de la démence.
Ce roman historique s'appuie sur une grande érudition qui nous fait découvrir la civilisation inca, les différentes phases de la conquête, la découverte de l'Amazonie. William Ospina fait revivre pour nous ces conquistadors espagnols, venus d'Estramadur, que la dureté de la vie en Espagne à cette époque a façonnés, âpres et ambitieux, sans scrupules, mi-homme, mi-bêtes, se riant de la mort, prêts à tout pour échapper à leur condition. Face à eux, une civilisation d'une richesse et d'une beauté inouïes, ancienne et raffinée, dont l'écrivain nous fait partager les croyances, les légendes, la quête spirituelle. le roman se fait alors dénonciation de cette conquête féroce, de cette boucherie de l'Histoire accomplie pour l'amour de l'or. Il dénonce ainsi l'extinction d'une civilisation, l'extermination d'une race par une autre et au-delà toute colonisation basée une incompréhension de l'autre et un sentiment de supériorité qui dénie le statut d'hommes à ceux qu'elle soumet. le jeune de Médina dont la mère est indienne comprend la spiritualité inca et se sent proche d'eux.
Ainsi le pays de la canelle est un roman baroque, foisonnant, par la forme et le style, qui nous entraîne bien loin dans le temps et dans l'espace mais c'est aussi une quête spirituelle à la recherche de soi-même.
Le Narrateur est âgé lorsqu'il raconte son histoire à Ursua, un ami plus jeune, pour le dissuader de partir sur sur l'Amazone et de l'entraîner avec lui. C'est ce qui explique que le récit s'accompagne toujours d'une réflexion sur l'expérience vécue dans sa jeunesse. le vieillard sait ce que le jeune ne peut saisir. Avec les années, il donné un sens à ce qu'il a vécu. Il a compris que ce qui vaut la peine d'être recherché plus encore que la richesse, c'est la beauté: "... si l'on me demandait quel est le plus beau pays que j'ai connu, je dirai que c'est celui dont nous rêvons.." car seul le rêve permet à l'homme de se surpasser, d'aller au-delà de ses limites. Pourtant dans cette recherche de la beauté, les espagnols ont détruit une beauté plus grande encore. Il a compris aussi que ce que l'on recherche est en soi car "où que tu ailles, tu porteras ces vieilles questions, tu ne trouveras rien dans tes voyages qui n'ait été avec toi de toute éternité et quand tu affronteras les choses les plus inconnues, tu découvriras que ce furent elles qui bercèrent ton enfance."

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traversay
  29 août 2012
Si le voyage épique au coeur de l'Amazonie constitue le morceau de bravoure du dernier roman du colombien William Ospina, il n'en est pas nécessairement la partie la plus intéressante. le périple est long, la langue est belle et chamarrée mais les riches descriptions sont parfois comme un festin trop copieux, elles restent sur l'estomac. Au-delà de son caractère foisonnant et halluciné, le pays de la cannelle délivre un portrait saisissant des conquistadors, en particulier des frères Pizarro, et une fascinante description du choc sanglant qui les opposa aux Incas, avec la barbarie et la folie des "envahisseurs". Récit initiatique, roman d'aventures, récit de voyage(s), chronique historique : le livre de William Ospina est tout cela à la fois, une fresque visuelle pleine de bruit et de fureur, écrite dans un style baroque, luxuriant et capiteux que l'on trouve rarement dans les romans contemporains.
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constance93
  18 octobre 2010
Entre Aventure et Histoire
Le pays de la cannelle de William Ospina nous conte les aventures d'un jeune espagnol né sur l'ïle de Saint-Domingue, au large des côtes d'Amérique latine. L'écrivain colombien signe ici un livre plein de richesse, celle de la langue, celle de l'histoire et enfin celle de l'aventure.
A travers le récit que le narrateur confie à un ami au moment de son retour au Pérou après avoir passé une grande partie de sa vie en Europe et vécu un voyage éprouvant rempli d'illusions perdues, de privations et de batailles, William Ospina nous raconte l'histoire de la conquête espagnole. Il en dénonce l'atrocité et la brutalité, la destruction d'une civilisation riche et sa domination, le vol de toutes les richesses d'un peuple pacifique et le manque d'humanité commun aux commanditaires et aux exécutants de ce pillage. Nous rencontrerons également les légendes millénaires indiennes, la servilité des indiens, la richesse de leur religion et de leurs réalisations et la variété de leur peuple.
C'est également une grande aventure que nous conte William Ospina dans un style baroque et poétique. Tout comme cette langue si faussement douce et énivrante, nous allons traverser avec le narrateur le plus grand fleuve connu à ce jour. Privations, batailles, maladies et découvertes seront à chaque tournant du fleuve si tourmenté derrière ses apparences calmes. Calme au moment des descriptions d'une nature inviolée, le rythme s'accèlère et produit des chocs quand la violence des hommes vient détruire cette quiétude.
Ce récit est également celui d'une quête d'identité poursuivie par notre narrateur partagé entre ses racines indiennes et espagnoles. Honteux de sa culture indienne et pourtant envoûté par elle, il subira le remords qui le fera fuir en Europe, à la recherche des racines inexistantes de son père conquistador. Culpabilisé de la violence des siens, il sera pourtant toute sa vie soldat, sans être capable "d'en tuer beaucoup et de rire au milieu du massacre", il s'assoira sur son statut d'aventurier pour passer en Europe et conté sa découverte d'un nouveau monde. Il nous parle plusieurs fois des différents récits qu'il a du faire de son aventure sur la grand fleuve, devant chaque fois s'adapter à son public, presque toujours désintéressé de l'essentiel.
A travers un récit d'aventure, William Orsena nous offre donc une plongée dans une Histoire à la fois glorieuse et horrible. Les méandres du grand fleuve nous guide vers une réflexion sur la conquête, sur l'identité, sur les différences, sur le pouvoir, sur les occidentaux et sur les hommes en général. Il nous entraîne dans un autre monde lointain et passé tout en nous plongeant dans une quête spirituelle à la recherche de nous-même.
Un livre semblable à son contexte : magique comme la forêt amazonienne, riche comme la culture inca et violent comme les conquistadors.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
FolfaerieFolfaerie   20 septembre 2010

Je n’ignorais pas qu’autre fleuve de sang indien souillait mon front, car un des bouchers avait été mon propre père. Et tu auras remarqué que je ne peux m’ôter de l’esprit ce que je n’ai même pas pu voir : je suis hanté par le fantôme d’un roi porté sur un trône en or au milieu d’un cortège en costumes d’apparat, l’empire vêtu pour la décapitation, quatre-vingt mille archers à l’extérieur attendant un message qui n’arriverait jamais, et soudain, au-dessus des fonctionnaires, prêtres, poètes, guerriers et messagers épouvantés, au-dessus des porteurs et musiciens soufflant dans les kenas et battant leurs tambours ornés de plumes, au-dessus des nobles vieillards arborant capes de laine et pendants en or, en plein après-midi, les coups de tonnerre.

Maintenant, j’avais une vision plus proche de la férocité de cette conquête, et si tu me pardonnes d’utiliser des mots que n’a même pas prononcés l’adversaire de mon maître Oviedo, frère Bartolomé de Las Casas, de la férocité de l’Espagne impériale. On attendait aussi de moi que je sois capable d’en tuer beaucoup et de rire au milieu du massacre, mais à aucun moment je n’ai voulu participer à cette ordalie.
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claudialuciaclaudialucia   07 octobre 2010

Alors, toi aussi tu connais cette légende de la cité brillant au loin grâce à ses pierres laminées d'or. Mais je peux te dire une chose encore plus étonnante : quand Pizarro apparut sur les sommets, il fut à la fois ébahi et effrayé car cette énorme cité avait la forme d'un puma d'or. Dans le monde antique, on n'avait jamais envisagé qu'une ville puisse être un dessin dans l'espace, or il avait sous les yeux le profil exact d'un puma, depuis la queue allongée et arquée jusqu'à la tête légèrement dressée au-dessus des sommets, avec son oeil aux grandes pierres dorées, au fond duquel veillaient les gardiens somptueux.

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LNLN   28 septembre 2010
"En dépit de leur atrocité, ces quêtes ont eu leur part de beauté, et si on me demandait quel est le plus beau pays que j'aie connu , je dirais que c'est celui dont nous rêvons, celui que nous cherchons aux confins du froid et de la douleur, de la faim et de l'effroi, au-delà de falaises presque infranchissables,.." (p.298)
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FLAORIFLAORI   13 juillet 2014
Je vais te dire ce que sait tout naufragé : après une longue errance, même si nous sommes sauvés, quelque chose au fond de nous, ou plutôt quelqu'un, devrait-on dire, reste perdu dans l'île du naufrage, reste irrémédiablement dans la forêt, et nous ne pouvons plus le consoler. Car chaque moment est unique, et l'être que nous fûmes un jour n'a jamais su si au bout du compte nous serions sauvés.
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FLAORIFLAORI   12 juillet 2014
Ou alors, Theophrastus a peut être raison en disant que nous mettons de l'ordre dans les souvenirs quand nous connaissons leur dénouement, quand nous les regardons à la lumière du sens que ce dénouement leur à donné.
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