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ISBN : 2707317918
Éditeur : Editions de Minuit (08/04/2002)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Il y a des livres comme celui de Christian Oster qui vous rappellent avec bonheur que l'écriture et l'amour existent. Commençons par l'amour puisque, comme souvent dans les romans de l'auteur, il en est question. Il s'agit ici de la rencontre réussie entre un homme quelque peu errant et une femme qui peine sous le poids d'un sac, cela dans une gare, puis dans un train, puis dans une autre gare et dans un autre train. L'histoire pourrait ainsi appartenir au registre ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
brigittelascombe
  20 novembre 2012
"J'avais demandé un aller pour le terminus.A savoir Rouen,où je n'avais évidemment rien à faire,non plus qu'ailleurs."
Homme anonyme, dont on sait peu de choses, sinon son prénom et sa profession sans grand intérêt en fin de roman, le personnage principal (vide intérieurement) de Christian Oster évoque celui de son livre Rouler (qui roule pour rouler et s'emplit de kilomètres) car il avale un voyage en train aller puis retour, sans vrai but au départ puis en s'en créant un petit à petit celui d'une rencontre amoureuse.
Elle est belle et douce.Elle cache son projet de voyage à Gourmon, puis Rouen derrière ses lunettes d'intellectuelle, dans un très lourd sac de livres (qu'il l'aide à porter pour entrer en contact) et sous des jupes de la collégienne qu'elle n'est plus.
De lui, dans un long monologue un peu ennuyeux au départ car très pointilleux, nous connaissons à travers mots :ses réflexions ("le temps est doux"), ses ressentis ("heureux de la revoir"), ses préoccupations terre à terre ("je n'ai pas de slip de rechange"), ses mensonges ("je vais "retrouver un ami"), ses envies (il a "besoin d'aimer"),ses possibles ("j'aurais pu")...ses hypothèses,doutes,interrogations,espoirs,gênes,découragements,irritations,
complexes,confidences.....bref, nous assistons,à travers ce large registre émotionnel à l'éclosion d'un nouvel amour qui touche l'autre au coeur désespérément blessé.
D'où le talent de l'auteur, qui tout en délicatesse, mène son lecteur où il veut.
Le voyageur sans bagage du départ, contrairement à celui d'Anouilh a toute sa mémoire mais il nous évoque toutefois cette intrigue car, tel un amnésique il ne dévoile rien de son passé et de plus il va jouer un rôle (mais ici, celui de l'amant d'un éventuel vaudeville).
J'ai trouvé intéressante la vision de l'amour de Dans le train même si elle sonne un brin nostalgique.
L'amour est vu par l'auteur comme un besoin d'un côté,le besoin d'aimer, et le comblement d'un vide de l'autre.
Les protagonistes ne se connaissent pas et sont amenés à faire connaissance après coup (sans vilain jeu de mots). Une vision très moderne du choix du partenaire aussi.
L'amour se fabrique-t-il de toutes pièces? Voilà la question que l'on se pose après lecture. Et dans ces cas là peut-il durer?
Christian Oster, à l'écriture tour à tour incisive et sèche puis aux longues phrases empreintes d'émotion, est un romancier, écrivain et conteur pour enfants reconnu puisqu'il a obtenu le prix Médicis général 1999 pour son excellent Mon grand appartement. A lire!
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Osmanthe
  14 juin 2014
Je suis retombé par hasard sur ce livre très discret dans ma bibliothèque assez fournie. Lu sûrement à sa sortie il y a une douzaine d'années, je ne me souvenais même plus de son existence !
Curieux, je l'ai entamé...et vite dévoré ! le prétexte est anodin, et l'auteur le déroule habilement, au point qu'on est happé, on lit d'une traite cette histoire de deux jours et la naissance improbable de l'amour entre deux êtres. Ce pourrait être cul-cul, mais il n'en est rien.
Pourquoi ? Par le parti pris d'être de bout en bout dans le seul cerveau du protagoniste masculin, dans sa pensée et son raisonnement instantanés, ses cogitations incessantes...le procédé d'écriture traduit parfaitement cette intense activité, sans pause, et pourrait peut-être pousser certains lecteurs horripilés à abandonner au bout de 5 pages...Personnellement, ça m'a fasciné. Ce type est à la limite du maniaque, voire du malade, et en même temps on peut s'y retrouver, c'est un inquiet permanent, jamais sûr de ce qu'il doit faire, de ce qu'il ressent, et de ce que la femme convoitée pense, désire...C'est un point de vue original, et l'humour jaillit au détour de chaque page par l'absurdité de certaines situations. On se prend au jeu et on oublie vite que l'accélération, la compression du temps est assez peu crédible.
Pour ma part, cette lecture a été un régal, que je recommanderais volontiers à ceux qui ont aimé les duos amoureux intellectuels ou pudiques, comme la Conversation amoureuse d'Alice Ferney ou Mademoiselle Chambon d'Eric Holder...histoire de montrer une nouvelle facette de l'échange amoureux.
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zabeth55
  31 août 2018
Un homme un peu désoeuvré se retrouve dans une gare.
Il aide une femme à porter un sac plutôt lourd.
Ils prennent le train ensemble et s'ensuivent deux jours qui changent leur vie.
Le roman est une analyse méticuleuse et détaillée de cette rencontre.
Certaine phrases sont très longues, mais tous les gestes et les pensées sont passés au scalpel.
Si ça peut sembler un peu lourd au départ, très vite on s'adapte au style et on entre dans la vie de ces deux là
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Herve-Lionel
  06 août 2014
N°779 – Août 2014.
DANS LE TRAIN - Christian Oster – Les Éditions de Minuit.
Les gares ont toujours été un lieu de rencontre privilégié. Quoi de plus étonnant qu'un homme y croise une femme et c'est peut-être le début d'une aventure amoureuse. Naturellement l'homme lui propose de porter son bagage, un sac plein de livres. Comme c'est un habitué des lieux et que cette femme lui plaît, il tente sa chance et l'accompagne dans le train et descend à la même station qu'elle, lui porte son sac jusque sur le quai. En principe quelqu'un l'attend dans cette ville et par curiosité, par envie ou par amour, il décide de la suivre de loin, prend un chambre à l'hôtel des voyageurs tout proche parce qu'il pense qu'elle y est descendue. Tel est le point de départ de cette histoire où cet homme, Franck, qui donne l'impression au début de savoir ce qu'il veut, est entreprenant et même carrément dragueur, pire peut-être, séducteur, puis au fil des pages devient hésitant, timide, maladroit. C'est le genre d'hommes à suivre de loin les femmes dans la rue mais sans les aborder sans leur adresser la parole. Finalement il a peur des femmes et se révèle être le jouet de cette Anne qui fait de lui ce qu'elle veut. Il en souffre mais aime cette souffrance puisque c'est elle qui la lui inflige. Il ne réagit guère et ne cherche même pas à profiter d'une situation qu'il a pourtant cherchée et dans laquelle maintenant il ne joue plus aucun rôle, ou si peu. Il se dit qu'il l'aime mais cet amour est platonique, idéalisé, intellectualisé, irréel même. Il subit cette crainte des femmes et quand il veut faire montre d'audace, cette dernière tombe à plat simplement parce qu'il ne va pas au bout de sa volonté. Finalement il est pathétique d'hésitations, il réfléchit, il ratiocine même et son embarras est maladif face à Anne qui se joue de lui et joue avec ses scrupules. Il est tellement fasciné par elle qu'il lui eût écrit des poèmes s'il avait su le faire mais elle lui aurait sans doute montré beaucoup d'indifférence.
Petit à petit il devient son ange-gardien, sa mascotte, un remplaçant mais si elle fait l'amour avec un homme dans cet hôtel, ce n'est pas avec lui. On a du mal à cerner cette femme, est-elle une allumeuse, une intellectuelle frigide, une hypocrite, une jouisseuse qui recherche l'extase dans les bras de n'importe qui et qui joue avec ce pauvre Franck ? Peut-être, mais lui, amoureux transi, ne peut que lui obéir et quand son tour vient de bénéficier de ses faveurs, il est aux anges. Dès lors son imagination est sans borne. Il veut l'aider , se sentir responsable d'elle et choisit de voir dans chacun des gestes qu'elle fait, même plus anodin, une confirmation de cette impression qui peu à peu s'installe dans son esprit et devient une certitude. C'est le signe de quelqu'un qui a longtemps attendu le grand amour, qui se persuade qu'il l'a enfin trouvé et qui fera tout pour le garder.
Il m'apparaît comme un grand sentimental qui idéalise les femmes parce qu'il en a peur et qui est parfaitement capable de tomber amoureux de chacun d'elles ; il est de ceux qui font rimer amour avec toujours et qui veulent surtout y croire, de ceux qui n'oublient jamais le nom de leurs conquêtes féminines simplement parce qu'elles ne sont pas si nombreuses. Pourtant, même s'il est sympathique, ce Franck, j'ai à son sujet un sentiment bizarre. Je pense que tout cela est bel et bon mais n'est finalement qu'une passade de plus pour Anne et que lui sera rapidement déçu parce qu'elle et lui n'ont pas la même approche et que ce qui est une belle histoire durable pour lui ne sera qu'une toquade de plus pour elle. Mais après tout il est peut-être bien qu'on lui laisse ses illusions !
Le texte est écrit à la première personne ce qui donne un monologue assez impersonnel. L'écriture d'Oster est descriptive, accordant une grande place aux détails du quotidien, donne à voir des scènes assez statiques avec une technique un peu bizarre marquée par une absence de dialogues directs mais qui sont rendus d'une manière indirecte. C'est orignal, pas forcément désagréable à lire, peut-être un peu moins fluide qu'un échange classique de paroles même si ce n'est pas sans instiller une certaine froideur dans le texte. D'aucuns pourront même y voir la marque d'une pudeur. Quand les dialogues reprennent leur place, ils le font une manière un peu gauche comme si tout cela n'était qu'un jeu sur la phrase et sur la langue pour donner une impression de malaise, d'inquiétude.
J'ai pris ce livre au hasard sur les rayonnages d'une bibliothèque. Je ne regrette pas.

©Hervé GAUTIER – Août 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Donatil
  17 décembre 2013
Entrer dans l'univers d'Oster, c'est entrer dans la langue. On est d'abord surpris par le personnage, ancré dans une solitude sans fond, puis on se laisse bercer par les mots et la magie opère. On chemine avec l'homme et ses tentatives désespérées de trouver "la femme" sinon l'amour. Doucement, à toutes petites touches, il nous boulverse. C'est ça un grand écrivain.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
patatarte2001patatarte2001   12 juin 2014
N'empêche qu'elle est partie. J'avais eu toutefois le temps de capter son demi-sourire, et c'est pareil, les demi-sourires, on croit que les demi-sourires ne sont que la moitié du sourire complet qu'on serait en droit d'attendre, mais non, pas du tout, s'ils sont la moitié de quelque chose, les demi-sourires, c'est bien du sourire qu'on échange, en fait, avec l'autre, car je n'étais pas fou, moi aussi, je lui avais adressé un demi-sourire, de façon qu'il complète le sien, et que nos deux demi-sourires forment un tout, une paire qui tend à s'assembler, un peu comme, dans le baiser, les lèvres aussi s'assemblent
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OsmantheOsmanthe   09 juin 2014
Je me suis donc trouvé seul, et c'était bien. ça m'a permis de réfléchir à ce qui n'avait pas été dit, entre nous. Et notamment au problème du linge de rechange. Parce qu'elle savait, maintenant, que je passais la nuit à l'hôtel. Et que je n'avais pas de bagages. Et alors, bien sûr, elle pouvait m'imaginer avec une brosse à dents pliable, dans la poche de ma veste, mais c'est plutôt le slip, qui me préoccupait. Le slip de rechange. Qu'elle pouvait moins facilement, me semblait-il, imaginer que je portais avec moi bien replié sur soi dans une autre poche, ou même dans la même. Et alors, que faire ? me disais-je. Sinon partir en ville à la recherche d'un slip ? En même temps, j'hésitais à m'éloigner de l'hôtel.
Du reste, trouver un slip un dimanche après-midi à Gournon, n'était pas du domaine de l'évidence. Et, quand bien même j'en eusse trouvé un, je n'allais pas en informer aussitôt Anne, de façon à la rassurer sur mon hygiène et sur la cohérence de mes actes. Ce qui fait que je me trouvais confronté, par cette femme, en vérité, à un strict problème d'hygiène personnelle, qu'il me fallait régler, de toute façon.
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brigittelascombebrigittelascombe   20 novembre 2012
Quand je pense à toutes ces villes que je n'ai pas vues parce que j'étais seul,parfois,ça me fait mal.C'est comme si la géographie vous punissait,en plus de l'amour.Parce que je ne vous l'ai pas dit que l'amour n'est pas là quand on est seul.La plupart du temps,il est là.Il est là pour vous punir.C'est une présence sévère,dans ces moments,l'amour.
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OsmantheOsmanthe   13 juin 2014
ç'a été moins tranquille ensuite, parce que je me suis aperçu que je l'aimais vraiment. Et même que je la désirais encore. ça me soûlait un peu, cette idée que ça allait être sans fin, avec cette femme. Et qu'elle se laisserait porter, maintenant, et que je ne doutais pas que je la porterais. Je me sentais lourd de son poids, agréablement lourd, avec cette sensation, nouvelle pour moi, que je touchais le sol. Que la pesanteur, l'attraction universelle enfin prenait à mes yeux sens, attiré que j'étais en réalité par elle, lesté que j'étais par l'amour.
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OsmantheOsmanthe   09 juin 2014
J'aurais pu, à la rigueur, la lui retourner, sa question, rafistolée avec les moyens du bord, sous forme d'ellipse, par exemple, du genre "Et vous ?", mais je ne voulais pas trop avoir l'air de bricoler, avec Anne, de me livrer à de petits travaux de récupération minables et de passer pour pingre, alors je ne lui ai rien renvoyé, j'ai juste cherché à lui répondre. Or elle ne m'en a pas laissé le temps, elle m'a demandé si je l'avais suivie.
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Videos de Christian Oster (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christian Oster
Christian Oster - La vie automatique .Christian Oster vous présente son ouvrage "La vie automatique" aux éditions de l'Olivier. Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/1934121/christian-oster-la-vie-automatique Notes de Musique : Free Music Archive: Gillicuddy - All Eventualities. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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