AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2757875329
Éditeur : Points (07/03/2019)

Note moyenne : 2.85/5 (sur 23 notes)
Résumé :
" Je ne dis pas que Carl Denver avait l'intention de me tuer. Je dis que de mon côté il s'agissait plutôt d'une crainte diffuse, née de la connaissance que j'avais de Carl Denver et du passé de notre relation. "

Entre Paul et Carl Denver, il y a Maud. La femme que Paul a prise à Denver, et qu'il vient de quitter. Trahison et désamour, une double faute que Denver, un personnage apparemment incontrôlable, semble prêt à lui faire expier. Sous cette menac... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Herve-Lionel
  04 février 2019
La Feuille Volante n° 1320
Massif centralChristian Oster – Éditions de l'Olivier.
Comme dans tous les romans de Christian Oster, le thème est assez simple au départ. Paul, ex-architecte, vient de quitter Maud, sa compagne, qui l'avait préféré à Carl Denver, un individu assez inquiétant et même violent mais extrêmement cultivé dans le domaine du cinéma où il exerce le métier critique et dont les jugements tranchés sont redoutés. Jusque là, rien de bien original. Paul avait connu Maud quand elle était encore avec Carl et la jeune femme avait été si impressionnée par la culture de ce dernier qu'elle avait fini, inconsciemment, par être dépositaire de l'agressivité de son compagnon. Ainsi, quand elle avait décidé de vivre avec Paul, était-elle toujours sous l'influence culturelle de ce son ex, ce qui indisposait son nouveau compagnon et provoquait de fréquentes disputes entre eux. Il vivait cela comme une sorte de possession et ce genre de situation avait érodé l'amour qu'il avait pour elle de sorte que, pour s'en libérer, il avait résolu de la quitter. Il était devenu pour elle une véritable étranger, ce qui lui était insupportable, et c'était en quelque sorte une victoire involontaire de Carl qui cependant ignorait tout de leurs relations difficiles et de leur séparation mais regrettait amèrement Maud au point, apprit Paul, de le rechercher dans Paris, sans doute pour lui faire payer physiquement sa trahison. Il décide donc de fuir au hasard. Après pas mal d'étapes, pas mal d'amis rencontrés, parfois par hasard, il souhaite aller dans le Massif central, où il ne va d'ailleurs pas (Limoges n'est pas à ma connaissance dans ce massif montagneux). Ici nous n'avons pas affaire à un banal adultère mais à une rupture d'un tout autre genre et, bien entendu, le thème « ostérien » de la fuite s'invite à nouveau. Les anciens l'on exprimé à leur manière puisque voyager n'est pas guérir son âme. Au fur et à mesure que le temps passe, Paul s'aperçoit qu'il aime toujours Maud, mais à propos de ses diverses rencontres avec ses amis, le souvenir de Carl ne le quitte pas non plus, à en devenir obsédant, ce qui témoigne d'une dangereuse tendance à la paranoïa. Ainsi s'instaure une sorte de ménage à trois différent du schéma classique mais intéressant dans sa configuration, quelque peu fugace et fantasmée. La solitude de Paul favorise son voyage dans le passé et il se souvient qu'au début de sa vie commune avec Maud, Carl avait continué de les fréquenter tous les deux en une relation bizarrement apaisée, puis avait disparu sans aucune explication. La crainte d'une confrontation physique avec lui n'était venue que par la suite et avait déterminé Paul à fuir après avoir rompu avec Maud. On se demande s'il ne devient pas fou, mais la présence supposée de Carl qui serait constamment à sa poursuite est tellement obsédante qu'il le voit partout et va même jusqu'à l'accuser du meurtre d'un de ses amis qui apparemment n'est qu'un suicide, imagine qu'il rencontre son double, l'accuse de folie, c'est à dire qu'il est maintenant carrément mythomane.
Dans sa course vers le néant, il semble se ressaisir en s'intéressant à Hermine, une cliente d'un des hôtels où il est descendu mais aussi un être plus désespéré que lui. Avec elle, il fait le projet de partir et apprend qu'elle partage avec lui une certaine recherche du vide. On ne sait rien des relations qu'il entretient d'ordinaire avec les femmes, ce qu'il pouvait bien dire à Maud, mais celles qu'il a avec Hermione paraissent aussi absurdement surréalistes que ses affabulations autour de Carl. Il part avec elle en direction des plages du Nord mais ce que nous aurions pu imaginer comme une passade entre eux se termine différemment, avec en toile de fond la silhouette de Carl, comme une obsession.
Je dois dire que la découverte de l'oeuvre d'Oster me procure des impressions contradictoires, à la fois un rejet à cause des phrases trop longues que je retrouve cependant chez Mathias Enard, avec en plus une appétence pour le détail parfois inutile et une architecture bizarre, mais aussi une sorte d'attirance due peut-être à l'analyse psychologique au scalpel des personnages, l'ambiance labyrinthique de ses romans où le lecteur est toujours un peu perdu, à la lisière de quelque chose qui se dérobe devant lui. Il n'est pas rare que, le livre refermé, je me demande si j'ai bien compris ce que je viens de lire et qu'il serait bien possible que je sois passé à côté d'un chef d'oeuvre sans même m'en rendre compte. Ici, le titre laissait à penser que l'action devait se dérouler dans le Massif central que Paul n'atteint jamais nonobstant ses nombreuses pérégrinations. Après tout, ce n'est pas grave puisque Boris Vian a bien écrit « L'automne à Pékin » qui ne se passe ni en automne ni à Pékin mais qui n'en est pas moins un roman magnifique.
J'ai donc appris à me méfier avec Oster, la simplicité du départ n'est qu'apparence. Paul me fait l'impression de quelqu'un qui se fuit lui-même, incapable de se lier à une femme, incapable de vivre normalement, définitivement seul.
©Hervé GAUTIER – Février 2019.http://hervegautier.e-monsite.com

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
traversay
  20 mars 2018
Christian Oster est un écrivain constant. Dans la brièveté de ses romans, dans le style avec de longues phrases, parfois tarabiscotées et tortueuses où l'emploi du subjonctif imparfait n'est pas une rareté, dans ses thèmes enfin, à la lisière du thriller, dont il contourne les codes pour en extraire une substance angoissante qui s'apparente à une course lente vers le néant. le narrateur de Massif central, Paul, vient de quitter sa compagne, Maud, qu'il avait précédemment détourné d'un certain Carl Denver, individu plutôt inquiétant et potentiellement violent. Alors Paul fuit, comme beaucoup de personnages d'Oster, et dérive vers le Centre de la France, notamment Limoges. A partir de là, notre héros rencontre des connaissances ou des inconnus et sent planer en toutes circonstances l'ombre de Denver. Paul est-il paranoïaque, voire sur le point de devenir fou ? Difficile à dire car notre héros est du genre flou et peu résolu dont les déplacements s'apparentent plus à une dérive qu'à un cheminement raisonné. L'auteur construit une intrigue faussement linéaire tenue par un suspense latent et l'idée que ce qui est le plus absurde est susceptible d'arriver. Ce n'est sans doute pas avec Massif central que Christian Oster va conquérir de nouveaux lecteurs mais il devrait garder les plus fidèles, sensibles à une prose et à un ton qui pourraient être ceux d'un Modiano qui ne serait plus obsédé par le passé et les souvenirs mais flottant dans une réalité inquiète.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          192
Wyoming
  23 août 2019
Une étoile pour la qualité de l'écriture et ses longues phrases qui tiennent la route malgré leur structure souvent complexe, mieux en tout cas que l'histoire, d'une insignifiance totale, même si par moments on veut y croire, mais on perd vite toute foi en cette oeuvre.
Certains diront que c'est un roman de l'absurde. Peut-être... Effectivement, tout est fatalement voulu par l'auteur, mais quel ennui à suivre ce pauvre Paul, traumatisé d'avoir pris la maîtresse d'un autre, Carl, invisible jusqu'aux dernières pages, maîtresse qu'il a d'ailleurs quittée. C'est surtout un roman de l'indifférence, celle des prétendus amis de Paul qui l'hébergent et même celle de sa partenaire féminine que tout semble laisser de marbre, qui sait même peut-être sa mort.
Une lecture qui ne rend en aucun cas les personnages attachants, sauf peut-être le malheureux Antoine, et en aucun cas le héros principal, peureux, veule, indécis, incapable de s'assumer. Tout cela est aussi sûrement voulu par l'auteur, donc si tel est le cas, c'est réussi et alors cela mériterait davantage d'étoiles, accordées par d'autres lecteurs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
bookinerie
  13 août 2018
Je vous avez annoncé en Juin que j'avais l'honneur d'être jury du prix des lecteurs du var. Je vous avez aussi annoncé que les trois livres nominés dans la catégorie adulte étaient Jours brûlants à Key-West de Brigitte Kernel, la disparition de Stéphanie Mailer et Massif central de Christian Oster. J'avais lu le Dicker et Kernel qui ont été deux coup de coeur pour moi, il me restait donc plus qu'à lire Massif central. Donc ce fut le premier livre de cet auteur que je lu et je pense malheureusement que ce sera le dernier. Je ne peux pas vous dire que c'est une déception car c'est ce à quoi je m'attendais, à cause de beaucoup d'avis sur ce livre qui étaient négatifs. Malgré que le résumé prometteur et l'histoire intéressante, le livre est long et assez ennuyant. On ne s'attache pas plus que ça au personnage principal de Paul, qui même devient très vite agaçant car au lieu d'appeler son ennemi " Carl " ou juste " Denver " il le nomme à chaque fois " Carl Denver ", puis il évoque certains souvenirs de sa vie passée mais il en évoque d'autres en même temps, ce qui fait qu'on s'y perd totalement dans l'histoire. Sans rajouter que l'histoire ne comporte aucun dialogue et possède très peu d'action. Donc ce qui se passe c'est qu'un livre de 154 pages qui doit se lire en une ou deux heures se lit en un ou deux jours avec une certaine envie qui se passe toutes les 30 pages de poser le livre et d'en commencer un autre ou alors de faire totalement autre chose. Bien-sûr cela vous arrive seulement si vous n'avez pas abandonné le livre au bout du quatrième ou cinquième chapitre, ce que je comprendrai totalement. Donc voilà je pense que vous l'avez compris ce livre est très loin de mon coup de coeur pour le Dicker et le Kernel. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que mon choix est fait et vous, vous avez fait votre choix ?
Lien : HTTPS://labookineriededatan...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
voyagelivresque
  13 août 2018
Massif Central de Christian Oster , ce roman a un mérité énorme selon moi, il ne peut laisser indifférent , soit , on accroche , on adore soit on déteste ...
Je vous avoue avoir pris un réel plaisir à sa lecture c'est un roman brillant, un récit hallucinant et captivant. L'auteur nous raconte tel un virtuose l'histoire d'un quinquagénaire , Paul architecte dépressif poursuivi par un de ses anciens amis , on a une fuite de cet homme face à ses craintes et ses tourments, l'auteur biaise sur la réalité ou sur la fiction, réalité vraie d'un homme pourchassé ou paranoia d'un homme perdu dans le dédale de sa personnalité .
 Un roman sombre à l'écriture tarabiscotée, alambiquée, torturée, mariant les temps du subjonctif, une écriture à l'image de l'esprit de cet homme.
Maud a quitté Carl Denver pour aller vivre avec Paul, un ami du couple. Quand Paul, à son tour, quitte Maud, s'apercevant qu'il ne l'aime plus . C'est la cata.... Paul décide de fuir Paris pour protéger sa vie, qu'il imagine menacée par Carl. Il va provisoirement s'installer chez des amis en pleine campagne.
Mais comment se cacher dans le Massif central quand on est obsédé par un homme. Guettant le moindre moindre signe évoquant la présence de Carl Denver, Paul sillonne les routes pour brouiller les pistes faisant des escales de ci et là , croisant des personnages étranges, aux histoires quasiment peut vraisemblables, il se déplace pour brouiller les pistes.
Enfin, trouvant l'exil dans un hôtel, il attend le moment inéluctable, le moment fatidique où l'ombre de Carl prendra vie. Fiévreux, il le redoute autant qu'il l'espère, sorte exécutoire de ses fautes : coupable de ne plus aimer la femme pour laquelle il a trahi son ami .
Massif Central, ce titre si fort , représentant le spectre de son esprit tortueux et la montagne que Paul se fait de la vengeance possible de Carl
Un roman , sorte de road movie de l'esprit , spirale de l'enfermement psychique , avec une fibre d'humour noir que j'ai adoré . Qu'elle est la réalité de l'histoire de Paul, à vous de le déterminer , si c'est possible ..
Lien : https://www.voyagelivresque...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

critiques presse (2)
LeMonde   11 avril 2018
Dans « Massif central », l’auteur met en scène un de ces héros ordinaires qu’il affectionne. Tentative de saisissement, en quatre motifs, d’une œuvre travaillée par la fuite.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeFigaro   30 mars 2018
Le récit hallucinant d'un quinquagénaire dépressif, pris en chasse par un de ses anciens amis. Sombre et virtuose.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
WyomingWyoming   22 août 2019
Mais moi non plus je n'ai pas de passé, a protesté Hermione, qui d'ailleurs conduisait d'une main sûre, mais qui observait la route un peu comme je l'avais vue observer les gens, avec un léger temps de retard sur son apparition, je n'ai que le passé des autres, je ne me souviens pas de moi, je ne me vois même plus les voir, je les vois eux mais je ne suis plus jamais là où j'étais, je suis ici et je regarde, et quand je quitte la vie des yeux c'est pour lire, soit dit en passant c'est ce que j'aime dans la lecture, qu'elle m'attende, qu'elle me rattrape dans les moments où j'en ai assez d'être là et que je me sens glisser vers rien.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
WyomingWyoming   20 août 2019
Estelle, après avoir évoqué la couleur du troisième salon, me demandait pour la énième fois si je ne m'embêtais pas, à lire toute la journée, à quoi et à qui je répondais que la lecture, précisément, est une manière d'échapper à tout.
Commenter  J’apprécie          50
patatarte2001patatarte2001   02 avril 2018
On emporte tout avec soi quand on part, me disais-je, le dénuement n'y fait rien, la pensée contient toujours la somme de ce qu'on quitte.
Commenter  J’apprécie          70
Herve-LionelHerve-Lionel   03 février 2019
On emporte tout avec soi quand on part, me disais-je, le dénuement n'y fait rien, la pensée contient toujours la somme de ce qu'on quitte.
Commenter  J’apprécie          10
Herve-LionelHerve-Lionel   03 février 2019
Je ne l'aimais plus, donc, et il était très étrange pour moi de ne plus aimer une femme qui m'avait immédiatement séduit et j'en rendais malgré moi Carl responsable, trouvant à Maud des excusesqu'elle avait de son côté pulvérisées comme autant de prétextes.
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Christian Oster (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christian Oster
Christian Oster - La vie automatique .Christian Oster vous présente son ouvrage "La vie automatique" aux éditions de l'Olivier. Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/1934121/christian-oster-la-vie-automatique Notes de Musique : Free Music Archive: Gillicuddy - All Eventualities. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
+ Lire la suite
autres livres classés : absurdeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (6 - polars et thrillers )

Roger-Jon Ellory : " **** le silence"

seul
profond
terrible
intense

20 questions
1734 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , thriller , romans policiers et polarsCréer un quiz sur ce livre