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EAN : 9782844142658
142 pages
Éditeur : L'Association (05/04/2008)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Le sujet de cet album serait l'obsession des chiffres et toutes les projections superstitieuses qui peuvent en découler. Ou comment la découverte, sur un bout de papier dans des circonstances mystérieuses, du nombre 73304-23-4153-6-96-8, peut successivement apporter au personnage principal de ce récit une chance démesurée puis une disgrâce menant à la folie et la malédiction.

Source : Evene
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
colimasson
  13 octobre 2012
Derrière le titre énigmatique de cet album se cache un mystère tout aussi insoluble… Que représente cette suite de chiffres dont on ne nous explique rien ? Apporter une réponse à cette question semble d'autant plus difficile que Thomas Ott ne souhaite pas nous faciliter les choses. Son histoire muette est composée de courts chapitres, et chaque page se découpe en quelques cases évasives, uniquement en noir et blanc. Tout se joue sur l'expressivité des personnages, le choix judicieux de montrer au lecteur certaines scènes, et la maîtrise d'une chronologie qui ne doit ni précipiter les évènements –au risque de perdre le lecteur en cours de route- ni s'attarder de trop –au risque de lasser.

Alors que le début de lecture décourage et semble présager d'un labeur dont on n'a pas forcément envie de faire preuve, le talent de Thomas Ott réussit finalement à enthousiasmer. On se plaît d'autant plus à deviner le développement de l'intrigue qu'elle nous semblait a priori obscure. le lecteur cède sa place habituellement passive et emprunte un rôle actif qui le place dans la peau d'un enquêteur, au même niveau que les personnages pétris du mystère de cette suite de chiffres énigmatique.

Cet album est lu très rapidement : il aurait pu sombrer dans l'oubli tout aussi vite, si le talent de Thomas Ott ne lui avait permis d'être surprenant. Les tonalités absurdes de l'intrigue, doublées d'un style graphique sombre et angoissant, font de cet album une version graphique de ce qui aurait pu constituer une très bonne nouvelle kafkaïenne –cynisme et cupidité contemporaine en plus.

Lien : http://colimasson.over-blog...
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alouett
  18 juillet 2012
Ce jour-là, le bourreau se rend à la prison.
Il est 7h30, il a ½ heure pour préparer la salle, vérifier installer le condamné sur la chaise électrique… à 8 heures, tout sera terminé. Durant ce laps de temps, le condamné à mort est dans sa cellule, le regard hagard, comme perdu dans ses pensées. de temps en temps, il ouvre sa Bible à l'endroit où il a inséré un petit bout de papier avec « 73304-23-4153-6-96-8 » inscrit dessus. Glissé au creux de sa main, ce petit papier l'accompagnera jusqu'à la salle d'exécution. Quelques minutes plus tard, en nettoyant la salle, le bourreau aperçoit ce papier tombé du corps inerte du condamné. Il l'enfourne dans sa poche, termine son office et rentre chez lui.
-
Il y a quelques temps, je partageais avec vous ma découverte de Cinema Panopticum, ouvrage qui m'avait donné envie de poursuivre mes explorations dans l'univers de cet auteur.
Toujours en utilisant la carte à gratter, Thomas Ott part cette fois du postulat que les chiffres peuvent avoir une incidence sur la vie d'un individu, encore faut-il y prêter attention. La trame narrative de cet album muet nous incite donc à étudier la question et, pour se faire, l'auteur s'appuie sur un personnage en apparence rationnel et méthodique, quoique ce soit le genre d'individu pour qui on ne ressent pas naturellement de la sympathie du fait de sa fonction sociale (il est bourreau). Cependant, le changement s'opère rapidement : qu'est-ce qui pousse cet homme à mettre ce petit bout de papier dans sa poche plutôt que de le jeter à la poubelle ?
Dès lors où le lecteur commence à se poser des questions et à supputer des réponses, je crois que c'est bien la preuve qu'il est pris dans les filets de l'auteur et que quoiqu'il fasse pour se sortir de ce pétrin, ses tentatives seront vaines. En 8 chapitres, Thomas Ott malaxe tellement l'image que l'on s'était faite de son bourreau qu'il devient difficile d'anticiper ses réactions. Les expressions des personnages sont si figées qu'elles forcent le lecteur à s'arrêter sur chaque case pour les décoder. Je me suis sentie très voyeuriste une fois encore car la situation est si déstabilisante pour le personnage principal que sa souffrance psychique devient palpable ; cela m'a plu de l'analyser, de l'observer et de tenter de la ressentir. On s'enfonce progressivement dans l'absurde pourtant, ce qui se dégage de cette tranche de vie continue à s'ancrer dans quelque chose de concret. Inconsciemment, il me semble que le lecteur se retranche derrière le même raisonnement qui s'opère chez cet homme fictif qui perd pied progressivement et se bat pour se raccrocher à des faits plus rationnels.
Lien : http://chezmo.wordpress.com/..
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svecs
  17 avril 2018
quoi de plus implacable que les chiffres ?
Une suite de numéros inscrits sur une bande de papier. Sans logique apparente.
Le prisonnier regarde cette bandelette, encore et encore, comme s'il en espérait ue épiphanie. Miasrien ne vient. Il sera exécuté dans quelques heures.
Une fois sa besogne achevée, le bourreau découvre ce bout de papier tombé au pied de la chaise électrique. Il l'empoche sans trop savoir pourquoi. Pis il commence à voir les chiffres de cette séquence apparaître autour de lui. le tatouage d'un chien, un dossart sur un marathonien... et s'il s'agissait d'une martingale pour qui sait l'utiliser ?
Thomas Ott est un aître de la carte à gratter. Son dessin très profond apporte une ambiance sombre et décalée qui est en parfaite adéquation avec son univers horrifique. Conte noir et cruel à la mécanique implacable, 73304... est un exercice de style brillant et une réussite de plus pour son auteur.
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lonesloane
  28 juillet 2011
Une longue suite de chiffres inscrite sur un petit bout de papier. On est dans une cellule du block B, l'homme se couche en chien de fusil, il n'en a plus rien à faire, ce sont ses dernières heures dans ce monde, demain matin il passera sur la chaise électrique. Huit heure, c'est le moment, rendez-vous avec la mort… le petit bout de papier tombe délicatement sur le sol, comme si il souhaitait être retrouvé, comme si il n'avait pas terminé son oeuvre. le bourreau se baisse, le ramasse, sans se douter que cela risque de l'emmener loin, vers un ailleurs qu'il ne souhaite certainement pas découvrir.
Mais c'est sans doute trop tard, il est pris dans l'engrenage infernal d'une sorte de montagne russe ou chance et malchance se tirent la bourre d'un page à l'autre.
C'est noir, c'est sombre, glauque à souhait, Thomas Ott exploite d'une main de maître la technique de la carte à gratter et nous offre un récit en noir et blanc sans texte qui aura la vertu de plonger immédiatement le lecteur dans ce monde si particulier, collant et poisseux dont on ne parvient pas à s'extirper. On referme le livre comme pris de vertiges, comme englué dans un univers ou l'humour noir règne en maître incontesté. Les cent et quelque pages de ce merveilleux « livre objet » édité chez l'association se dévorent en quelques minutes, et même si c'est avec soulagement qu'on le referme, tant l'ambiance est pesante, c'est avec impatience qu'on cherche à se procurer d'autres publication de l'auteur…
Lien : http://testivore.com/73304-2..
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kbd
  08 août 2012
(...)
Ce « nombre » raconte l'étrange expérience d'un homme. Ce matin-là, il se rend au quartier de Haute sécurité où se trouve le condamné à mort qu'il est chargé d'exécuter. En bourreau consciencieux, il arrive avec une demi-heure d'avance, le temps nécessaire pour préparer la chaise électrique et faire les vérifications d'usage. Peu après, le détenu fait son entrée. Résigné, il observe la manière dont on place les garrots à ses poignets et à ses chevilles avant de passer de vie à trépas. de sa main, un petit bout de papier s'échappe, vole un instant avant de tomber sur le sol. « 73304-23-4153-6-96-8 », une suite numérique que découvrira peu après le bourreau, une succession de chiffres qui changera sa vie à tout jamais.
Voilà l'entame de l'histoire qui fait l'objet du premier chapitre de l'ouvrage. le tout s'est fait en silence, à l'instar de l'ensemble de l'album qui ne contient aucun dialogue. Un silence narratif propice à créer, chez le lecteur, une étrange fascination pour l'histoire qui défile sous ses yeux. A juste titre, dans sa rétrospective sur l'oeuvre de Thomas Ott, David s'attarde sur la particularité de cet univers d'auteur qui « mène son lecteur vers les fonds insondables de l'esprit humain, terrifiant la plupart du temps, funestes pour ses personnages ». le lecteur évolue dans une ambiance oppressante et lugubre ; le fait de côtoyer des personnages privés de la parole renforce le sentiment d'angoisse et déroute.
(...)
Lien : http://blogkbd.wordpress.com..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
NievaNieva   23 janvier 2014
"Good people are always so sure they right." Barbara Graham (Executed at San Quentin June, 3 1955)
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10clap10clap   11 novembre 2013
73304 23 4153 6 96 8
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