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EAN : 9782490393190
32 pages
Éditeur : Les Editions Martin de Halleux (10/11/2020)
4.33/5   12 notes
Résumé :
Une histoire courte, sans paroles, en 25 grandes images qui conduisent un jeune garçon à fuir au plus profond d'une forêt pour y trouver un refuge, mais aussi se confronter aux grandes terreurs des hommes et finalement faire l’expérience de suivre, sans peur, son propre chemin.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Emnia
  13 juin 2021
La Forêt de Thomas Ott est un album magnifique qui impose plusieurs lectures, à différentes vitesses. Il y a d'abord l'avidité du premier regard, quand on feuillette le livre à peine reçu pour se rassurer du bien-fondé d'une acquisition impulsive. Puis, on le reprend du début, plus doucement, fasciné cette fois autant par la beauté des illustrations que par leur maîtrise technique. Les lectures suivantes, plus lentes encore, s'attacheront pour leur part à la richesse symbolique des images, et laisseront ces dernières entrer en résonnance avec le vécu du lecteur.

L'album regroupe vingt-cinq planches sans texte réalisées grâce à la technique de la carte à gratter, décrite en ces termes à la fin de l'ouvrage : « Avec un cutter japonais [Thomas Ott] gratte des lignes et des formes dans une couche noire qui recouvre un carton blanc. L'artiste crée donc son dessin en le traçant en blanc sur fond noir par petites touches de grattages successifs. Un travail extrêmement minutieux pour lequel il n'a pratiquement pas le droit à l'erreur. »

Cette minutie arrête le regard. Devant ces traits innombrables, on devine le geste à la fois vif et précis de l'artiste, même si l'on peine à imaginer le temps passé sur chacune des planches. Ma fascination devant ces illustrations est la même que devant certaines gravures. Non seulement parce que j'ai toujours trouvé au noir et blanc une puissance étonnante, mais aussi car je suis subjuguée par la façon dont les artistes parviennent à l'aide de petits traits à une telle précision dans le rendu des textures, en jouant sur leur orientation, leur densité. Les zones laissées en réserve par Thomas Ott permettent quant à elle de délimiter les formes d'un fin cerne noir ou de créer des ombres impénétrables. À eux seuls, les rais de lumière diffuse qui s'infiltrent à travers la végétation, à laquelle ils sont habilement superposés, pour éclairer le chemin du personnage sur la cinquième planche, en disent long sur le talent de l'illustrateur.

La Forêt est un récit initiatique dans lequel un jeune garçon s'enfonce seul dans un espace mystérieux peuplé de créatures fantastiques évoquant l'univers du conte. le personnage, une épreuve après l'autre, se confronte à ses peurs et les surmonte ; on le voit grandir. Je n'ai pu m'empêcher de dresser un parallèle entre la planche montrant l'entrée du jeune garçon dans la forêt chez Thomas Ott et deux xylographies de Gustave Doré illustrant les Contes de Charles Perrault, la première montrant le Petit Poucet et ses frères s'enfonçant dans la forêt à la suite de leur père, la seconde le prince approchant du château de la Belle au bois dormant.

L'apparente simplicité des illustrations de Thomas Ott, comportant chacune assez peu d'éléments, n'empêche pas de déceler de multiples niveaux de lectures possibles. On peut considérer cette forêt comme un endroit magique aussi bien que comme un espace que l'imagination du protagoniste peuple de monstres en donnant corps à ses peurs, le faisant ainsi basculer dans le fantastique. La géographie de cette forêt, je pense en particulier à la pente abrupte que doit gravir le garçon, peut quant à elle laisser entendre que cet espace est une transposition de la maison où il se trouve au début de l'histoire, et de l'escalier en haut duquel l'attend une épreuve difficile. Il est également possible de percevoir le bois où chemine le personnage comme un espace purement symbolique, le lieu d'un voyage intérieur.

Dans la forêt, le jeune garçon se confronte avant tout à sa vision de la mort, constituée d'a priori qu'il va lui falloir dépasser. Sa plongée au coeur de cet espace relève de la catabase, c'est le voyage d'un vivant au royaume des morts, une étape essentielle de son initiation. Si les premiers vers de L'Enfer de Dante me sont venus à l'esprit durant ma lecture (« Au milieu du chemin de notre vie / je me retrouvai par une forêt obscure / car la voie droite était perdue. »), je n'ai pu également m'empêcher de songer aux gravures de Gustave Doré pour L'Enfer, en particulier à celle montrant Dante à l'entrée de la forêt dans le chant I, et à celle illustrant le chant XIII où l'auteur, accompagné de Virgile, pénètre dans un bois où « font leur nid les affreuses Harpies ».

Illustrations sur le blog
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Zora-la-Rousse
  27 décembre 2020
J'ai découvert Thomas Ott il y a quelques années déjà, au festival d'Angoulême, en repérant Cinema Panopticum au stand de l'Association. Un véritable coup de foudre devant ces illustrations en noir et blanc d'une incroyable dextérité...
Je le retrouve donc grâce à l'opération masse critique et les éditions Martin de Halleux sur ce nouveau récit, La Forêt, une courte histoire en 25 images grand format. Cette dimension inédite offre à l'auteur suisse une perception nouvelle et méliorative de son talent si particulier, comme cela sera offert à d'autres auteurs par la suite par cette maison d'édition.
Sa technique si particulière de la carte à gratter révèle des dessins d'une haute précision, d'une intense profondeur, qui confère à ce récit précis une intensité émotionnelle touchante et poétique.
Je ne dévoilerai rien de l'histoire de ce jeune garçon et vous le laisserai découvrir... Thomas Ott est un scénariste et un conteur hors pair, qui réussit à faire jaillir des ténèbres l'intime rayonnement de l'innocence enfantine. Et je vous le recommande grandement.
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AliceW
  19 janvier 2021
Grand retour de Thomas Ott avec un récit sans parole sombre et flamboyant dans lequel l'on plonge et replonge avec fascination.
En 25 pages, Thomas Ott trace l'histoire d'un môme un jour de funérailles, qui décide d'aller prendre l'air dans la forêt avoisinante. Un récit très intime, beaucoup plus que les récits de l'auteur compilés dans R.I.P. qui tenaient plus du roman noir, du pulp et de la pop-contre-culture. Plus d'intimité donc, avec ce garçon face à lui-même, ses angoisses et ses souvenirs, dans un univers qui tient à la fois du conte, du rêve et de la chronique sociale.
25 planches qui agissent comme cent, avec une puissance qui se dégage de façon impressionnante.
Thomas Ott pratique la carte à gratter. Des coups de griffes minutieux au cutter japonais par lesquels il explore plusieurs niveaux de noirceur, au sens propre comme au figuré.
Un album enveloppant, où les branches craquent, le coeur en suspend, puis l'imaginaire fait le reste.
Avec la collection 25 images, les éditions Martin de Halleux invitent des auteurs à se glisser dans les pas de Frans Masereel et de ses 25 images de la passion d'un homme, premier roman sans paroles moderne publié en 1918.
Un sublime album, qui a d'ailleurs été récompensé en 2020 par le trophée de l'édition dans la catégorie "Fabrication du livre".
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MaKaM
  21 avril 2021
Les romans graphiques sont des virgules , une souffle presque nécessaire, qui ponctuent ma vie de lectrice.
Ce livre de Thomas Ott marque d'autant plus sa différence qu'il esquive totalement les mots.
« La forêt » est le premier ouvrage de la collection « 25 images » publiée aux Éditions Martin de Halleux.
25 images, 25 dessins d'artistes pour raconter une histoire sans texte.
En blanc sur noir, l'auteur nous entraine dans un voyage au coeur du deuil, et pourtant ce livre est une caresse onirique.
Il apaise.
L'auteur creuse le papier , au sens littéral, et s'enfonce dans les profondeurs d'une forêt, allégorie de nos peurs enfouies face à la perte.
Thomas Ott utilise la technique minutieuse de la carte à gratter au cutter. Touchant à la perfection, ses sculptures de papier libèrent une poésie et une émotion inclassables. Je me suis sentie un peu nue après avoir refermé ce livre, déshabillée de mes maux.
Son travail artistique a une âme. Elle transcende cette histoire à fleur de peau, à fleur de mots.
Magnifique découverte !
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IdeesLivres
  17 décembre 2020
Avant de donner mon avis, je tiens à remercier sincèrement Babelio de m'avoir offert cet album lors de la dernière masse critique.
J'ai beaucoup aimé cet album court et sans paroles qui illustre avec douceur et délicatesse la mort et le deuil, sans volonté de cacher pour autant ses côtés les plus sombres. le héros en deuil est un jeune garçon, ce qui ne peut laisser indifférent, et on le suit avec plaisir pas à pas dans son processus de deuil.
L'album a été dessiné selon la technique de la carte à gratter que je ne connaissais pas. J'ai trouvé que Thomas Ott maitrisait vraiment très bien la technique, qui sert le thème évoqué avec une grande justesse. Quelle précision dans les dessins! C'est impressionnant!
Je fais souvent vite le tour des albums sans parole, mais celui-ci fera incontestablement partie de ceux que je conseillerai.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
NofSetNofSet   20 décembre 2020
"A mes amours"
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