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ISBN : 2752909330
Éditeur : Libretto (07/02/2013)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Il y a l'amour à la plage et l'amour au jardin. Le visible et le discret. Ce que l'on sait des plaisirs humains et que l'on ignore totalement des habitants minuscules, pourtant si proches, qui réinventent l'ardeur et le désir à l'ombre de nos fleurs.
Comparé à Giono, Jean-Pierre Otte se fait, à l'échelle d'un jardin, l'interprète d'un monde caché, violemment érotique, où chaque végétal, chaque insecte fragile est le héros d'une aventure où le plus habile, le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Chouchane
  24 décembre 2013
Il a fallu que je lise l'amour au jardin pour découvrir que l'expression « il lui pousse des ailes » avait bien un sens propre. Il existe, en effet, dans les jardins, des tas de petits insectes mâles qui se voient pousser des ailes juste avant la période de la reproduction. Passionné de biologie et sans doute aussi de sexualité Jean Pierre Otte excelle dans la description de la reproduction des petits êtres... sans sexualité ou presque. Mais ne pensez pas que vous allez vous retrouver devant un ouvrage de biologie, tout dans l'écriture de Otte est poésie, imagination, vibration des phrases. Les descriptions sont si précises que l'on garde le souvenir d'images et non pas de mots. On peut déplorer trop d'anthropomorphismes ; des sentiments, des passions, des stratégies très humaines sont prêtés aux fleurs, aux insectes, aux gastéropodes ou aux batraciens. Si cela facilite parfois l'intérêt romanesque cela brouille aussi un peu le message : l'équilibre entre la partie littéraire et scientifique crée une frustration pour l'une ou l'autre de ces dimensions. Cela reste néanmoins excellent. J'ai adoré cette orchidée qui possède un pistil et une odeur identiques à une abeille, ainsi les faux-bourdons piégés vont-ils de fleurs en fleurs sans jamais arriver à déposer leur semence car il n'y a aucun réceptacle possible, en revanche, en se barbouillant de pollen, ils fécondent la fleur. L'arum lui va former une prison pour les mouches, lesquelles en cherchant la sortie vont mettre en contact les organes mâles et femelles de la fleur, une fois sa reproduction assurée la fleur flétrie presque instantanément libérant ainsi les insectes. Et les figues avec leurs milliers de fleurs minuscules à l'intérieur de la poche, sans oublier la femelle luciole qui s'illumine pour attirer le mâle à qui justement il vient de pousser des ailes pour voleter jusque vers sa dulcinée ! même les crapauds et les limaces saurons vous séduire. L'amour est partout et ça c'est toujours une bonne nouvelle.
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keisha
  17 octobre 2010
Rien d'exotique dans ce petit recueil, juste des plantes et bestioles observables sous nos climats, mais que c'est chaud parfois! La timide violette et la rustique primevère cachent bien leur jeu! C'est que l'affaire est d'importance : avant de mourir il faut se reproduire! Quand on ne peut bouger, que faire? Attirer les insectes qui se chargeront de la besogne, tiens! Et elles savent y faire, les coquines, pour arriver à leurs fins.
Ensuite voici les étreintes des carabes, des mantes et des araignées qui se terminent très très mal pour le mâle, dévoré après usage. Et chez les escargots et limaces, ça se passe comment, hein? Loin, très loin au dessus des Harlequin collection passion, c'est d'un érotisme torride!

"Voilà que, roulant chacun de son côté, ils se sont soudés par la sole. Ils se resserrent en bordure, s'enroulent, se déroulent dans une bave plus abondante, et reviennent s'accoler, s'épouser encore plus étroitement par succion. A chaque fois qu'ils se rétractent puis s'étirent, l'écume s'exprime, en réponse à d'autres stimuli. Ils se découvrent l'un pour l'autre voluptueusement visqueux, volubiles et souples dans l'euphorie musculaire qui s'empare d'eux jusqu'à l'absolu ravissement."

"Pour plaire en ce monde, la mante a d'abord pour elle une coloration d'un vert tendre, clair, uni, un peu pomme; quelque chose de translucide, qui ne perd cependant jamais son opacité. C'est une merveille d'esthétique, un mystère confiant et fier, qui se dresse d'évidence à la lumière."
Pour décrire ces amours campagnardes, Jean-Pierre Otte use d'un style absolument somptueux; ses récits sont précis, documentés, très (trop parfois quand il s'agit de penser comme eux) imaginatifs aussi quand il s'agit de décrire les pensées de ces êtres, mais le résultat est une petite merveille!
Vous ne regarderez plus votre jardin du même oeil.
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
AlzieAlzie   14 juin 2015
Mauvaises herbes, mauvaises pensées : elles ravagent obscurément, elles apparaissent périlleuses, d'une insidieuse stérilité. Entendez par là : indésirables, inconvenantes, subversives, contraires à l'ordre établi, à la culture autorisée. De mauvaise graine, elles ne conduisent qu'à nous marginaliser. Pourtant, dans l'impasse où nous sommes, dans l'étiage même de l'existence et la stagnation du temps, ne conviendrait-il pas d'avoir recours à ces "mauvaises herbes" et à ces "mauvaises pensées" ? Ne faut il pas marcher vers ces marges que la culture n'a pas atteintes et corrompues, nous aventurer dans la broussaille, la friche, la flache, l'îlot sauvage, le jardin à l'abandon, et nous retourner vers les sources que nous avons bannies, emmurées, exclues, proscrites (p. 74-75).

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AlzieAlzie   14 juin 2015
Il est à remarquer au passage que l'on éprouve naturellement - et cela, peut-être entièrement à tort - plus de facilité à se glisser dans la peau d'un papillon ou sous la carapace dorée d'un cétoine, que dans le corps d'un cachalot ou d'un éléphant de brousse par exemple. Nous avons plus d'aisance à nous réduire. La grandeur nous fait souvent éprouver des gouffres impossibles à combler. De la même manière, à la plupart d'entre nous, l'infini d'une fourmilière semble plus à notre portée, et à la mesure de notre compréhension, que l'infini des galaxies (p. 52).
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keishakeisha   17 octobre 2010
Voilà que, roulant chacun de son côté, ils se sont soudés par la sole. Ils se resserrent en bordure, s'enroulent, se déroulent dans une bave plus abondante, et reviennent s'accoler, s'épouser encore plus étroitement par succion. A chaque fois qu'ils se rétractent puis s'étirent, l'écume s'exprime, en réponse à d'autres stimuli. Ils se découvrent l'un pour l'autre voluptueusement visqueux, volubiles et souples dans l'euphorie musculaire qui s'empare d'eux jusqu'à l'absolu ravissement."

"Pour plaire en ce monde, la mante a d'abord pour elle une coloration d'un vert tendre, clair, uni, un peu pomme; quelque chose de translucide, qui ne perd cependant jamais son opacité. C'est une merveille d'esthétique, un mystère confiant et fier, qui se dresse d'évidence à la lumière."
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babounettebabounette   18 juin 2009
«Je me méfie de tous les paradis que l'on ne porte pas d'abord en soi-même.»
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Vidéo de Jean-Pierre Otte
Jean-Pierre Otte, "Ah! noms de dieux", une heure d'entretien en toute ivre liberté et pour le plaisir d'exister.
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