Le roman d'Outliskaya montre un homme malheureux dans sa vie, et pourtant il est entouré de femmes qu'il honore, qu'ils protège, son problème il ne sait pas dire non. C'est ce sentiment de compassion, cette frénésie sexuelle qui le ménera à sa perte. Car Chourik, insconciemment ne sait pas remis d'un amour de jeunesse. Portrait d'un homme élevé dans un monde de femmes (sa mère et sa grand-mère), dans le Moscou contemporain, un homme faible et pathétique. Un sujet délicat conté avec beaucoup de sincérité et de pudeur chez cette écrivaine remarquée pour "Sonietska". Avec aussi beaucoup d'humour et de légèreté, un roman réussit qui se lit avec un réel plaisir. Sincèrement votre, chers babeliophiles.
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Pauvre mais heureux Chourik! Les femmes l'adorent , à commencer pas sa Grand- Mère et sa Mère, qui l'entourent et veillent sur lui, jusqu'à ce que devenu homme, il prenne à son tour le rôle de protecteur des femmes incomprises, malheureuses, suicidaires ou handicapées. Tout un livre écrit comme un monologue intérieur avec une multitude de détails, de précisions et d'anecdotes, sans jamais prendre l'affaire au sérieux. De la belle littérature , un magnifique portrait d'homme enfant.
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C'est plutôt bien écrit, on s'attache aux personnages mais qu'est ce que ça traîne en longueur...il ne me reste que quelques pages avant la fin de ce roman et je ne suis pas certaine d'aller au bout !
Les rencontres "amoureuses" de Chourick se succèdent et je ne comprends toujours pas où tout ça va nous mener.
Les personnages secondaires sont nombreux et finement croqués, un condensé de la complexité de la société russe.
Sans plus pour ma part.
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Le livre raconte l'histoire de Chourik , une sorte de saint laïque dévoué aux femmes. En bon Saint-bernard, il secourt les coeurs et les corps des dames qu'il croise dans sa vie. le récit, fluide, se lit… mais, à la fin, cela me parait assez vain. Bien sûr, je retrouve la Moscou des années quatre-vingts que j'ai connue, cela allume les souvenirs, gais, tristes, nostalgiques. Heureusement, la fin reste conforme à “l'âme slave”…. славянская душа.
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C'est l'histoire de Chourik, oui, mais surtout des nombreux personnages (roman russe oblige !) que l'auteur accompagne jusqu'à leur ultime destin. Et le lecteur arpente Moscou avec Chourik, se préoccupe des difficultés de la vie quotidienne, fait connaissance avec des femmes de caractère (de la langueur à la folie) des hommes de conviction, partage leurs histoires et leurs émotions.
Une vue rapprochée et intime de la société moscovite de la fin du XXe siècle.
Et un bonheur de lecture servi par une traduction de qualité.
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Soit qu'elle se fût résignée, avec les années, au sentiment d'avoir raté sa vie, soit qu'elle l'eût surmonté, il lui arrivait de plus en plus souvent de défaillir d'un bonheur inconnu jusqu'alors, simplement comme ça, sans savoir pourquoi : à cause d'un oiseau qui passait, à la vue d'un tapis de fraises des bois fleurissant à qui mieux mieux, avec des fruits verts perchés sur le haut du crâne, ou devant Mourzik fourrageant à la table du petit déjeuner en s'efforçant d'émietter discrètement du pain pour l'apporter aux poussins, car Irina Pavlvna ne permettait pas que l'on nourrît la volaille avec du pain, uniquement avec du grain... Et Véra se souriait à elle-même, s'étonnant de cette bonne humeur perpétuelle.
" Quand même, les vêtements, quel puissant stimulant thérapeutique pour les femmes! Il va falloir que je réfléchisse là-dessus..." se dit-il
Mathilda, elle, souriait au tableau inverse : un jeune homme aux joues écarlates vêtu d'un petit blouson de sport, avec ses cheveux épais couverts de neige. Elle savais qu'il avait fait qu'il aurait couru comme ça non vingt minutes, mais toute la nuit, peut-être une semaine entière, pour la serrer dans ses bras le plus vite possible, car sa faim était jeune, animale, et elle se sentait prête à l'assouvir.
Et ils se mirent à prononcer des paroles qui n'avaient aucun rapport avec ce qui se passait, mais qui remplissait l'air autour d'eux, qui modifiaient sa composition et créaient un nuage sonore de souvenir vivant.
Eurasieexpress
Réflexion à haute voix : "La Lecture est un exploit", aux Journées du Livre russe à la Mairie du Vème arrondissement de Paris le 9 février 2020. Cette réflexion constitue une partie du prochain livre d'Oulitskaia, à paraître cette année.