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Éditeur : Paris-Méditerranée (01/01/1999)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Le henné, entre autres usages, sert à réaliser des tatouages sur les mains des jeunes mariées.
Aussi symbolise-t-il, dans les pays du Maghreb, l'emprise de la tradition, les mariages arrangés... Est-ce le destin promis à Kenza ? Depuis toujours, Kenza se sent différente des autres, en rien semblable à sa mère ou à ses camarades de classe. Habitée par un vif désir de connaissance, elle fera tout pour atteindre son but et échapper aux conventions de son milieu ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
fee-tish
  28 avril 2012
Après ma découverte des éditions Elyzad grâce au titre de Leïla Sebbar, Fatima ou les algériennes au square, c'est avec plaisir que j'ai renouvelé l'expérience avec cette maison d'édition tunisienne que je vous encourage à découvrir.
Dans ce livre, nous partons à la rencontre d'une femme, d'une religion et, surtout, du choc des cultures.
Kenza est une jeune tunisienne de trente ans, instruite, médecin de campagne, qui n'est toujours pas mariée et vit encore chez ses parents. Femme indépendante, elle a grandit entre un père instituteur et son bureau rempli de livres et une mère ancrée dans la tradition. Mais un jour, tout son équilibre est bouleversé lorsqu'un ami de la famille fait officiellement sa demande. Pour elle, ces fiançailles arrangées sont une opportunité : elle va ainsi pouvoir partir un an pour des recherches scientifiques à Paris. Une occasion à ne pas manquer pour une trentenaire tunisienne avide d'émancipation.
Ce livre est un petit bijou littéraire, où le style est aussi excellent que le contenu. le personnage de Kenza représente l'envie de liberté qui est inconsciemment bridée par la tradition culturelle et religieuse. En Tunisie, la jeune femme est plutôt étonnante puisque presque vieille fille et particulièrement instruite et utile à la société. Mais à Paris, quel choc pour elle de découvrir que les femmes peuvent regarder les hommes dans les yeux, qu'elles peuvent sortir seules le soir sans besoin de rentrer préparer le repas, etc.
Le choc des cultures est le sujet fondamental du roman. Peu à peu, Kenza va subir une transformation radicale en décidant de porter le voile et de se renfermer sur elle-même. L'amour qui se met sur son chemin va engendrer de la culpabilité envers tout le système culturel et religieux dans lequel elle baigne depuis sa naissance.
L'auteur nous offre un livre court et passionnant sur les traditions musulmanes et leur appréhension dans pays occidentaux. le plus de cette histoire est d'aborder le sujet du côté d'une musulmane et non d'un français.
Le style d'écriture est fluide et poétique, ce qui rend la lecture très agréable.
En conclusion, je vous conseille vivement ce livre mais aussi cette maison d'édition tunisienne, Elyzad, qui vous proposera une littérature orientale de très bonne qualité !
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chroniquesassidues
  14 septembre 2012
Kenza est une jeune femme médecin dans un hôpital de campagne en Tunisie. Depuis toujours, elle se sent différente, de sa famille et de ses connaissances au village. Grâce à son père cultivé, elle a pu étudier et choisir un métier qu'elle aime. Mais maintenant qu'elle est médecin, sa famille entend bien la faire rentrer dans le droit chemin : prendre un mari, faire des enfants et tenir une maison. Kenza se révolte d'abord et finit par accepter de se fiancer à condition qu'elle puisse partir un an à Paris pour travailler dans la recherche. Kenza vit alors une année riche en découvertes, chocs culturels et émotions. Va-t-elle trouver la liberté qu'elle recherche ?
Une odeur de henné, publié en 1999, est le premier roman de Cécile Oumhani. Ce n'est pas le premier que je lis de cette auteure franco-britanno-tunisienne : j'avais beaucoup aimé le Café d'Yllka, publié aux éditions elyzad. C'est avec plaisir que j'y ai retrouvé la même belle écriture poétique et imagée :
"Elle marche, portée très loin de la foule qui se bouscule par la perspective qui s'ouvre à elle. La clameur des étourneaux nichés dans les ficus de l'avenue principale accompagne sa rêverie et l'isole des passants. Elle accueille l'éclat des gerbes de rose et de glaïeuls aux étals des fleuristes comme une autre bouffée de joie venue célébrer une journée très particulière. Elle repousse avec insouciance les oeillades des jeunes gens. L'arrogance de ces hommes qui remettent en question son droit de marcher seule dans une rue ne l'irrite même plus. Elle est déjà ailleurs, chargée d'une mission autre, sous des instances dont ils ne soupçonnent pas l'existence."
Le personnage de Kenza ne peut que toucher le lecteur, et surtout une lectrice. Elle est jeune, belle et intelligente, elle se révolte contre sa condition de femme destinée à se marier, à élever ses enfants et à s'occuper de sa maison. Elle est écoeurée, et le lecteur comme elle, par toutes les odeurs qui lui rappellent cette condition : l'odeur des tajines, des pâtisseries que les femmes cuisinent à longueur de journée, l'odeur du sang du mouton que l'on égorge et l'odeur du henné que l'on applique sur les mains des jeunes fiancées.
Alors, quand elle se rend à Paris, on pourrait croire qu'enfin, elle trouve cette liberté tant souhaitée. Pourtant, le choc est rude : elle est surprise par le comportement des hommes et des femmes dont les différences semblent gommées (le compagnon de son amie française, Claire, cuisine !), gênée par la spontanéité des rencontres, des contacts. Et surtout, elle est troublée par la naissance de sentiments inconnus envers un homme, Jacques, qu'elle rencontre. Pour se protéger, elle se renferme sur elle-même et sous le foulard et la tunique noire qu'elle choisit de porter.
Puisque ce n'est pas à Paris qu'elle trouve la liberté, elle choisit de quitter ce pays qui n'est pas le sien et de retourner auprès de sa famille et de son fiancé qui l'attend. Elle accepte en toute conscience son mariage, sans pour autant perdre la liberté de ses pensées. Alors, on peut être déçu ou interloqué par cette fin, car on n'aurait pas fait les mêmes choix que Kenza, et pourtant on admire son courage.
Ce roman fait la part belle aux femmes, à travers le personnage rebelle de Kenza mais aussi de Khadija la bédouine, sa plus proche amie et son exemple, qui ne quitte jamais ses pensées. Il y a aussi Faten, l'amie égyptienne qui partage la chambre de Kenza à Paris, soumise à la volonté de son frère au Caire qui l'oblige à porter le foulard, et qui ne fera pas les mêmes choix que Kenza. C'est aussi un roman universel qui aborde des questions toujours actuelles : la condition des femmes, leur droit à l'éducation, le port du voile. Une très belle lecture que je vous conseille vivement !
Lien : http://leschroniquesassidues..
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clairejeanne
  14 juin 2015
Une écriture délicieuse, sensuelle et poétique, qui met en scène en Tunisie une petite fille puis une jeune femme originale, qui se sent différente dès son plus jeune âge ; très douée pour les études et soutenue par son père, instituteur, Kenza devient médecin. Enfant elle aime aller avec sa grand-mère Khadija qui connait les plantes de la montagne et les remèdes traditionnels ; la petite fille révulsée par le sacrifice de l'Aïd et qui est si bonne élève, obtient un privilège que personne d'autre n'aura : l'accès à la bibliothèque, aux rayonnages des livres lus et conseillés par le père.
Les choses se gâtent quand Kenza devient trentenaire ; le poids des traditions la rejoint et son père, qui fut très fier de sa fille et de sa réussite, est de l'avis de ses frères, elle doit se marier et avoir des enfants ; tiraillée entre sa différence et son désir d'indépendance d'une part - surtout ne pas être comme sa mère - et son amour pour sa famille, son attachement à son pays, que peut-elle faire, que doit-elle faire ?
Les chapitres dans lesquels Kenza fait le point sur sa vie et se souvient, commencent très joliment par " En ce temps que Kenza voudrait vaincu..." ou "En ce temps que Kenza croyait révolu..." ; ce ne sont pas que des formules, Kenza est bel et bien partagée au plus profond d'elle-même.
Un jour au retour d'une garde harassante à l'hôpital, une femme est là qui parle mariage avec sa mère ; plus tard, c'est le père de Sami, un ami de ses frères, qui viendra demander sa main ; Kenza est cernée.
Une occasion de faire de la recherche à Paris lui offre le voyage en Europe que beaucoup lui envient et un répit de quelques mois. Après il faudra bien prendre une décision ...
L'ensemble est subtil et passionnant, le destin d'une femme tunisienne à la fin du XXème et au début du XXI ème siècle.
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Dosamuse
  01 avril 2015
Une belle plume. Je trouve que l'auteur a très bien réussi à rendre compte de cette quasi-schizophrénie qui touche les Tunisiens, surtout les jeunes, avec ces va-et-vient permanents entre tradition et modernité.
Il est aussi question du voile dans ce livre et je trouve que la manière dont l'auteur a abordé le sujet a le mérite d'être originale.
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miriam
  25 janvier 2015
Joli petit livre; couverture réussie (et solide), un bel objet de cette collection Elizad.
Lecture agréable.
l'Odeur du Henné fait référence au mariages tunisien. le mariage, but de la vie d'une jeune fille, destin de la femme.
Kenza est libre, médecin à l'hôpital, cultivée, fille chérie de son père l'instituteur progressiste qui, toute jeune lui a ouvert sa bibliothèque et favorisé ses études. Kenza a refusé tous ses prétendants jusqu'à ce que Sami, ami de ses frères, séduisant homme d'affaires, la demande en mariage.
Kenza ne peut refuser, même son père, ne le comprendrait pas.
Elle trouve une échappatoire, une formation dans un laboratoire de recherche à Paris. le père lui ferme sa bibliothèque .
Curieusement, c'est Sami, le fiancé qui lui permettra ce voyage.
je ne vais pas vous raconter la fin...
Racontée en courts chapitres, l'histoire de Kenza s'enrichit de nombreux portraits ou histoires de femmes, de Khadidja, la montagnarde, de petites mariées, de divorcées....vie au village ou dans la ville moderne.
L'histoire se joue aussi à Paris. Décalages, différences, rencontres avec des Européens mais aussi avec des étudiantes arabes.
Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
FortunaFortuna   26 octobre 2017
"C'est à son mari qu'on juge les qualités d'une épouse..." La phrase lancinante revient à intervalles réguliers dans la bouche des femmes. Un précepte fondamental à leurs yeux...Kenza le ressasse aux petites heures du matin. Elle prête à l'évocation de l'épouse idéale les traits de Saïda. Rite des vêtements, le matin, puis le soir. Saïda lave, étend, repasse, reprise, range. Saïda ouvre l'armoire vernie, la referme, sans voir dans la glace sa mine lasse, recrue de l'ennui du service de l'ombre. De l'armoire, elle sort le slip, les chaussettes, la chemise, le pantalon, la veste. Elle les dispose sur le lit. Elle les place de manière à ne pas froisser le linge soigneusement repassé. L'homme est là, au-delà du pli méticuleux, encore tenu à distance par l'odeur du savon qui uniformise les attributs de chacun. Ensuite, il y aura les enfants à préparer et il faudra les presser pour arriver à l'heure à l'école...
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Vidéo de Cécile Oumhani
Cécile Oumhani présente "Tunisian Yankee" dans La Danse des mots, au micro de Yvan Amar
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