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Marianne Canavaggio (Traducteur)
ISBN : 2844851398
Éditeur : Allia (29/01/2004)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 43 notes)
Résumé :
Les Américains qui ont débarqué en 1944 en Normandie étaient de vrais gaillards et mesuraient en moyenne 1m73 et si on avait pu les ranger bout à bout plante des pieds contre crâne ils auraient mesuré 38 kilomètres.

Qu’est-ce que la vérité historique ? La vérité littéraire ? La vérité de la mémoire ? Ce livre ne fournit aucune réponse ou pire, il nous en fournit, nonchalamment, une telle quantité – on croirait assister à une dernière démarque de la so... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Erik35
  05 avril 2017
FOLIE QUE DE CE...
Oui ! Folie que ce texte complètement échevelé, pour ainsi dire inclassable, que l'on peine à ranger dans les essais historiques, philosophique, sociologique et autres si nombreux -iques ( hic !) dont ce XXème siècle enterré mais par forcément définitivement mort nous a abreuvé jusqu'à plus soif, jusqu'à la nausée, parfois. Ces -iques et ces -ismes (isthmes/impasses des pensées totalitaires et totalisantes) dont ce siècle fut si gourmand, comme il fut gourmand de morts et de massacres ? Folie d'un texte dont le style, la mise en page, la présence régulière de didascalies, - qui pointent d'ailleurs plus souvent des lieux communs, des absurdités, des détails sans grande importance qu'elles ne résument véritablement le texte en parallèle -, l'apparence de parfait salmigondis textuel et référentiel, les coq-à-l'âne incessants, des rapports volontairement équivoques entre propositions naturellement sans aucun rapports les unes avec les autres, des phrases plus ou moins longues mais d'où est ôtée toute ponctuation autre que celle du point -donnant l'étrange sensation de découvrir la récitation monotone, monocorde d'un élève à la mémoire phénoménale mais incapable de distinguer quelque hiérarchie, lien, sens ou chronologie que ce soit dans ce qu'il réciterait sans jamais pouvoir s'arrêter.
Folie d'un ouvrage qui s'apparente tout autant à un essai de pure littérature qu'à tout autre chose connue dans le domaine de la pensée.
Alors, on se laisse happer, bousculer, étonner, déranger, envoûter par ces espèces de "Je me souviens" extravagants, déments et pourtant vrais de bout en bout. Mais on aurait bien de la peine à retrouver de cette intemporelle tendresse qui donne vie et mesure au texte de Georges Pérec, dont on ressent pourtant un peu le côté rengaine hypnotique et sans logique apparente ainsi qu'il est emprunt d'une grande distanciation. Et de passer de la longueur totale des soldats engagés durant les Ières et IInde Guerre Mondiale, si l'on avait eu le loisir de les coucher, tête à pieds, les uns après les autres, à l'émergence de la psychanalyse ; de l'invention de la bombe atomique à la dramatique histoire de cette jeune violoniste juive ayant survécu à l'horreur parce qu'elle dû jouer des airs de - cynisme absolu - "La veuve joyeuse" à l'arrivée des déportés juifs du camp alsacien de Struthof ; de l'invention de la poupée Barbie à la mise en place des premiers véritables camps de concentration dans les premiers moments de l'encore jeune Russie soviétique... Et de revenir sans cesse - afin de mieux marquer les esprits - sur les horreurs guerrières et politiques de ce XXème siècle macabrement fou à lier, d'insister, salutairement, sur les horreurs morbides des nazis tout autant que sur les aberrations volontaires et mortifères des communistes soviétiques, d'y revenir sans cesse et d'y laisser sourdre des parallèles, des rapprochements sans doute osés puisque décontextualisés mais tellement opérants et sidérants dans leurs horreurs respectives.
Folie ! Folie partout et dans tous les domaines de la pensée, de l'intelligence, de la recherche que Patrik Ourednik suggère - sans jamais apporter le moindre jugement moral, éthique, métaphysique ou philosophique explicite, ce qui ouvre la porte à des réflexions sans fin, possiblement sans réponse unique, mais indispensables - impossible à rassasier, explorant ainsi des mondes méconnus de la science, de l'épistémologie, des sciences prétendument "humaines", ou encore des avancées techniques parfois parfaitement innocentes, dans un premier temps, et que l'humanité s'est pourtant acharnée à détourner pour subvertir le bien en mal. Alors, on dévore, on dévore encore et encore cette espèce d'inventaire monstrueux et joyeusement dépressif - parce qu'il submerge un état de bouffonnerie monstrueusement désespérée et grinçante au sein même des évocations et des souvenirs du pire que ce siècle tout juste achevé, mais toujours ancré, a délivré à la postérité.
De ce texte démesurément fou - et pourtant si gravement exact - on ressort lessivé mais, paradoxalement, plein d'une énergie étrange, presque écoeurante et sombre. Car on ne peut s'extraire de Europeana, une brève histoire du XXe siècle comme on y est d'abord entré. de ces textes aussi rapides qu'ils sont indispensables. Et même si l'idée de "devoir de mémoire" nous semble toujours sujette à toutes les cautions possibles, même si l'histoire immédiate ou encore trop fraîche draine souvent plus de problèmes que d'éventuelles solutions, on ne peut s'empêcher de songer que ce XXème siècle fut celui de toutes les Folies Majeures, de la mort industrielle, des idéologies pestilentielles, de la Démocratie malmenée, du Capitalisme odieusement triomphant, des Grands Crimes Planifiés, et de nous rappeler, en une sorte de dernier rictus de clown dément que, même si "en 1989 un politologue américain inventa une théorie de la fin de l'histoire selon laquelle l'histoire avait pris fin [...]", il se trouvait malgré tout encore "beaucoup de gens [qui] ne connaissaient pas cette théorie et continuaient à faire de l'histoire comme si de rien n'était."
Mais sans doute Patrik Ourednik, dont il nous tarde désormais de mieux connaitre l'oeuvre, et tout particulièrement son dernier titre paru aux -toujours incomparables et magistrales - éditions Allia, intitulé, comme un nouveau pied de nez, "La fin du monde n'aurait pas eu lieu", au titre si savamment intrigant, sans doute cet auteur tchèque résidant en France depuis une vingtaine d'années, romancier, essayiste, praticien de l'imposture littéraire, écrivain non-conventionnel s'il en est, et traducteur, entre autres, de Samuel Beckett s'est-il inspiré de ce texte poétique déroutant du grand dramaturge d'origine irlandaise, traitant à sa manière de cette folie des temps, intitulé "Comment dire ?" :
Folie -
Folie que de -
que de -
Comment dire ? -
Folie que de ce -
[etc]
Oui ! Folie que ces cents années récemment passées... Mais que dire déjà de celles en cours...?
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fee-tish
  06 mai 2012
Imaginez-vous vos arrières-petits-enfants (ou plus loin encore !) qui seraient curieux de connaître les grandes lignes de l'histoire du XXe siècle. Avec Patrik Ourednik et son Europeana, une brève histoire du XXe siècle, ils auront matière à nourrir leur curiosité et à découvrir différentes facettes de 100 ans qui ont vu naître les pires atrocités.
Et en effet, Patrik Ourednik revient sur les évènements tragiques de l'Histoire, avec un ton assez neutre, presque détaché, didactique. Peu de thèmes abordés, mais en profondeur, avec notamment la Première Guerre Mondiale, la Seconde Guerre Mondiale (il parle d'ailleurs de « Deuxième » : imagine-t-il une troisième à venir ?), l'avènement des sectes comme la Scientologie, mais aussi l'ère de la consommation de masse et la société de l'information.
Sans aucun chapitre, l'auteur exprime ses idées en vrac, séparées seulement par des changements de paragraphes. Ce qui pourrait paraître indigeste est au contraire très léger, puisque chaque paragraphe reste relativement court. Bien que j'ai apprécié la mise en forme, je n'ai pas saisi l'utilité d'écrire un texte sur la Première Guerre Mondiale, pour ensuite aborder le sujet des Amishes et revenir sur la Première Guerre Mondiale, puis le génocide des arméniens, etc. Ce qui est sûr c'est qu'un paragraphe peut débuter avec un thème pour finir sur un sujet complètement différent, en procédant par association d'idées. Ce concept est intéressant mais pas forcément compréhensible par tous les lecteurs.
Quoiqu'il en soit, vous en apprendrez beaucoup en lisant ce petit manifeste d'Histoire sur le XXe siècle, qui fut un moment de grands changements sociétaux :
- Les femmes prennent une place de plus en plus importante dans la société dès la fin de la Première Guerre Mondiale où leur participation à l'effort de guerre ne peut être niée. Et, conjointement, la liberté sexuelle fait son apparition et modifie les rapports hommes-femmes et parents-enfants.
- La façon de faire la guerre se modifie avec l'apparition de nouvelles armes de destruction. de plus, les moyens de locomotions se perfectionnant et rapprochant les Etats, les conflits peuvent désormais se dérouler à l'échelle mondiale.
- La science évolue de manière significative, avec des découvertes toujours importantes, des innovations toujours plus folles et futuristes.
- le monde se trouve connecté avec Internet et les nouvelles technologies de l'information.
Bref, tout un florilège de nouveautés qui fait du XXe siècle une période charnière dans l'histoire de l'humanité. Et c'est peut-être précisément ce qu'à chercher à montrer Patrik Ourednik à travers cet ouvrage.
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zazy
  28 mai 2012
« Les Américains qui ont débarqué en 1944 en Normandie étaient de vrais gaillards et mesuraient en moyenne 1m73 et si on avait pu les ranger bout à bout plante des pieds contre crâne ils auraient mesuré 38 kilomètres. » Ainsi débute cet OLNI à la jolie couverture rouge du sang de nos guerres inutiles.
Je le feuillette et vois des petites phrases en marge du texte, tiens, étonnant. En lisant, je découvre qu'elles servent de repères et, pour une relecture, très pratique. Quant au texte lui-même, j'ai froncé les sourcils ; drôles de longues phrases, souvent sans virgule, avec beaucoup de « et »… comme lorsque les enfants s'amusent et disent et puis on ferait ça et on serait ci….. D'abord étonnée par cette construction, je me suis laissée prendre à cette litanie. Patrik Ourednik mélange tout, passe d'une guerre à l'autre, d'un fait à l'autre sans d'autres liens apparents que sa mémoire, par association d'idées, comme dans une conversation. le sujet qu'il a effleuré dans un chapitre, revient beaucoup plus détaillé 3 chapitres suivants et tout ceci fonctionne, car, sous ses airs de Candide, de fausse ingénuité Patrik Ourednik sait très bien de quoi il parle et comment il en parle. Peu de dates, c'est plutôt le livre de sa mémoire. de temps à autre, l'on sent la colère de Patrik Ourednick, à d'autres moments il persifle, raille, ironise…. Bref ce n'est pas de tout repos. Ce XXème siècle non plus ne fut pas de tout repos. On y trouve le pire et le moins pire, je n'ose dire le meilleur !!!

Un OLNI à garder sous le coude pour des piqûres de rappel. Une brève histoire du XXe siècle longue des maux de notre société.
Quelqu'un qui traduit, en Tchèque, Rabelais, Jarry ou Queneau ne peut que me tenter et je vais essayer de trouver son autre livre : « le silence aussi »
Allia nous offre de petits bijoux d'une belle qualité d'imprimerie et d'une grande qualité littéraire.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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ericbo
  27 mars 2017
J'ai lu ce livre en quelques heures, d'une seule traite. Déconcertant au début, l'auteur nous relate l'histoire du vingtième siècle de manière distanciée et caricaturale avec beaucoup d'humour et de cynisme. Les deux guerres mondiales sont traitées en juxtaposition avec l'anecdotique et le social. En nivelant de cette manière tous l'évènementiel, l'auteur nous amène au côté dérisoire de l'évolution de l'humanité qui confine à l'absurde. Tout se vaut, tout se répète. L'Homme ne retient pas les leçons du passé.
Le style, quasiment sans ponctuation, avec des phrases très longues accentue cette absurdité.
Ce livre d'histoire est un petit bijoux qui nous oblige à nous repenser dans une perspective sociale et collective.
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Bunee
  30 mai 2008
"Les Américains qui ont débarqué en 1944 en Normandie
étaient de vrais gaillards et mesuraient en moyenne 1m73
et si on avait pu les ranger bout à bout plante des pieds contre crâne
ils auraient mesuré 38 kilomètres"
Avouez que le quart de couverture est particulièrement attractif.
Ce petit livre rouge (J'étais alors dans une frénésie de bouquins à couverture rouge. Il m'arrive de subir des frénésies acquisitives inexpliquées, parfois se focalisant sur un pays, d'autres fois se centrant sur une esthétique ou une couleur de couverture) est successivement intrigant, amusant, insolite, eclectique, déconcertant.
Une première prise de contact amène votre regard à errer dans les marges, qui contiennent comme autant de petits repères elliptiques hors contexte sous forme de mots et bribes de phrases comme autant de petites intrigues et provocations
(...)
http://lelabo.blogspot.com/2007/10/patrik-ourednik-europeana.html
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
GabySenseiGabySensei   03 novembre 2014
Les psychiatres disaient que la Première Guerre mondiale avait provoqué chez de nombreuses personnes des traumatismes restés enfouis dans l'inconscient et dans les années vingt et trente, les gens ont commencé à être névrosés par inadaptation à l'état intérieur ou extérieur et dans les années soixante l'Europe comptait 25 % de femmes et 15 % d'hommes névrosés et les journalistes disaient que c'étaient la maladie du siècle. Et dans les années soixante-dix le nombre de gens souffrant de dépression s'est mis lui aussi à augmenter et à la fin du siècle un Européen sur cinq était dépressif. Les sociologues disaient que la névrose et la dépression reflétaient les transformations culturelles de la société occidentale durant le vingtième siècle et que la névrose reflétait une société où dominait la discipline et la hiérarchie et les interdits sociaux et qu'il s'agissait de l'expression pathologique d'un sentiment de culpabilité alors que la dépression était l'expression pathologique d'un sentiment d'incapacité et de la conscience du vide. Et qu'autrefois les gens étaient névrosés parce qu'ils auraient voulu faire des choses interdites et ils se sentaient coupables quand ils transgressaient les interdits. Et plus tard quand tout ou presque a été permis ils ont commencé à être dépressifs parce qu'ils ne savaient plus ce qu'ils voudraient faire et ils se sont progressivement transformés en nouveaux sujets pathologiques et les psychiatres disaient que le sujet pathologique s'était totalement transformé. Et les sociologues disaient que la dépression était un mécanisme de compensation face à un monde dans lequel la liberté individuelle ne représentait plus un idéal à atteindre douloureusement mais un douloureux obstacle à surmonter. Et que si la névrose était l'angoisse de la transgression des interdits la dépression était l'angoisse du poids de la liberté. Et les gens qui cherchaient un sens à l'existence souffraient de frustration existentielle. Et les psychologues disaient que chercher un sens à l'existence découlait de la nécessité de ne pas laisser s'installer la mort dans la vie de l'individu et que cela permettait d'exister plus intensément. Et à la fin des années quatre-vingt l'Organisation Mondiale de la Santé a publié une déclaration selon laquelle la dépression était la pathologie la plus répandue dans le monde occidental. Mais peu à peu de nouveaux interdits sociaux en provenance des États-Unis ont commencé à faire surface et il ne fallait plus fumer ni abuser du sel ni raconter des blagues sur les homosexuels ni vivre oisivement etc. et à l'inverse on avait le droit de faire beaucoup de choses autrefois interdites si bien que les uns étaient névrosés et les autres dépressifs et d'autres encore névrosés et dépressifs à la fois et ils faisaient usage de psychotropes et les psychanalystes disaient que les gens abusaient des psychotropes et négligeaient les séances de psychanalyse et que les médicaments ne faisaient qu'enfouir encore plus loin les traumatismes dans l’inconscient alors que seule la verbalisation des angoisses et la redécouverte de la conscience de soi pouvait guérir l'homme.

(P83)
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GabySenseiGabySensei   03 novembre 2014
A la fin du siècle les hommes fumaient trois fois plus que les femmes et conduisaient plus fréquemment l'automobile et les Américains et les Allemands avaient le plus grand nombre d'automobiles par habitant et les Grecs fumaient le plus grand nombre de cigarettes. Les femmes vivaient plus longtemps que les hommes et se suicidaient moins souvent et prononçaient en moyenne trois fois plus de paroles par jour et les gens des villes pratiquaient des activités sportives et faisaient du vélo et de la course à pied tous les matins pour se rafraîchir les poumons. La course à pied pour rafraichir les poumons fut inventée par les Américains qui se procuraient à cette fin des shorts en matière luisante et des chaussures à suspension d'air pour éviter les déviations de la colonne vertébrale et en 1985 cent trente-cinq Américains sont mort d'un infarctus lors d'une course à pied matinale. A la fin du siècle les hommes voulaient rester jeunes et dynamiques mais en même temps politiquement et sexuellement corrects et ne plus séduire les femmes à la va-vite ni leur adresser des sourires lubriques etc. ni raconter des blagues sur les juifs et les Allemands et les homosexuels. Et certaines femmes déposaient plainte contre leur supérieur parce qu'il avait eu devant elles des paroles à connotation érotiques ou leur avait proposé de les raccompagner chez elles avec un air salace et en 1997 un avocat américain dut payer quatre millions de dollars américains de dommages et intérêts à sa secrétaire pour lui avoir jeté des bonbons à la menthe dans le décolleté. Et en 1998 certains Américains voulaient destituer leur président pour avoir entretenu des relations incorrectes avec une stagiaire et lui avoir touché les seins et enfoncé un cigare cubain dans le vagin et lui avoir fait pratiquer des fellations pendant qu'il téléphonait avec le secrétaire à la défense et entre-temps les américains bombardaient l'Irak et les Irakiens que c'était pour détourner l'attention du comportement sexuellement incorrect de leur président. Les Européens aussi voulaient être politiquement corrects mais un peu moins sexuellement parce que surtout dans les pays latins la séduction était une tradition culturelle alors que l'Amérique était plutôt puritaine. L’espérance de vie dans les pays démocratiques était supérieure à celle des pays communistes parce que les gens allaient plus fréquemment chez le médecin et mangeaient des légumes frais etc. tandis que dans les pays communistes les gens fumaient davantage parce qu'ils ne comprenaient pas bien pourquoi ils devraient atteindre un âge avancé et l'espérance de vie la plus basse se trouvait dans les pays en voie de développement qu'on appelait pays du tiers-monde. Et à la fin du siècle l'espérance de vie était de 78 ans dans les pays développés et de 41 ans en Sierra Leone. Et les sociologues disaient que selon différents indicateurs la meilleure qualité de vie était au Canada et en France.

(P105)
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GabySenseiGabySensei   05 novembre 2014
Plus tard les historiens ont classé les régimes politiques du vingtième siècle en trois catégories totalitaire et autoritaire et démocratiques. Les régimes totalitaires étaient le communisme et le nazisme et les régimes autoritaires les dictatures fascistes et fascisantes apparue après la première guerre mondiale en Italie et en Espagne et au Portugal et en Bulgarie et en Grèce et en Pologne et en Roumanie et en Hongrie et en Estonie et en Lettonie etc. Les communistes disaient que le fascisme et le nazisme était la même chose mais la plupart des historiens ne partageaient pas cet avis et disaient que le fascisme était par nature universel et susceptible de s'implanter n'importe où en s'adaptant aussitôt aux conditions culturelles et historiques données tandis que le communisme et le nazisme étaient par essence inadaptables parce que la réalité des choses y était entièrement subordonnée à l'idéologie. Et que c’était justement en quoi ils étaient totalitaires. Et qu'au contraire le fascisme était adaptable et pouvait être de droite comme de gauche et destiné aux citoyens déjà âgés comme aux jeunes gens à tendance révolutionnaire et aux uns il promettait de rétablir l'ordre et aux autres d'instaurer un monde nouveau où tout resterait jeune à jamais.

(P132)
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GabySenseiGabySensei   03 novembre 2014
Les jeunes gens jugeaient qu'il fallait revenir aux racines de la sagesse et que la société industrielle et la scolarité obligatoire avait détérioré le rapport de l'homme à la connaissance véritable. Et ils disaient que ce que savaient autrefois tous les enfants n'était désormais connu que d'une poignée de spécialistes et qu'autrefois les enfants connaissaient différentes plantes et savaient faire des collets pour attraper des lapins et des balles avec de l'herbe fraîche et se rouler des cigarettes avec des feuilles de fraisier et se gargariser ensuite avec une décoction d'ortie pour ne pas se faire réprimander en rentrant chez eux. Et les vieilles personnes disaient qu'en revanche ce que savait autrefois une poignée de spécialistes était désormais connu dès le plus jeune âge les racines carrées etc. Mais les jeunes gens jugeaient que les racines carrées ne servaient à rien et partaient en Inde ou au Népal découvrir la sagesse orientale et disaient que la morale chrétienne asservissait l'homme et qu'en Europe les gens ne savaient que compter les arbres tandis que les Indous voyaient la forêt. Et ils refusaient de vivre dans un monde de violence et de misère et de pollution et partaient dans des régions désertes d'Amérique ou d’Écosse ou de France où ils fondaient des communautés et fumaient du hashish et de la marijuana et s'accouplaient sans arrière-pensées bourgeoise et chantaient des chants et apprenaient à leurs enfants à vivre en harmonie avec la nature et défendaient les traditions et battaient du tambour et dansaient autour du feu et prônaient des idées.

(P102)
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CeliaEmmaCeliaEmma   23 décembre 2012
Le camp de Buchenwald était un camp polyvalent camp d'extermination et camp de travail et au moment de leur arrivée on tatouait aux prisonniers un numéro sur l'avant-bras [...]. Et dans les premiers mois de la guerre on distribuait aux prisonniers des camps de concentrations des cartes postales avec texte pré-imprimé à envoyer à leurs familles : L’HÉBERGEMENT EST DE QUALITÉ. NOUS TRAVAILLONS SUR PLACE. NOUS SOMMES TRAITÉS CORRECTEMENT ET ON S'OCCUPE BIEN DE NOUS. Et quand les familles recevaient la carte postale et qu'elles se languissaient de son expéditeur elles allaient se déclarer aux autorités allemandes et demandaient à rejoindre leur parent dans tel ou tel camp. Et un prisonnier grec à Buchenwald envoya une carte à son père à Naxos et trois mois plus tard son père le rejoignait et dès la descente du train le fils se jeta sur lui et l'étrangla avant que les Allemands n'aient le temps de le fusiller.
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Videos de Patrik Ourednik (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrik Ourednik
Le 17.03, Patrik Ourednik était l'invité de l'émission italienne Fahreinheit pour évoquer Europeana.
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