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ISBN : 1030404704
Éditeur : Allia (05/01/2017)

Note moyenne : 3.44/5 (sur 9 notes)
Résumé :
"– Soixante-dix ans sans guerre, c’est pas normal.
– Vous trouvez ?
– Ça s’est jamais vu.
– Il y a un début à tout.
– Très juste. Et une fin aussi."

Il y a tant d’histoires : réelles, fausses, grandes ou petites...

Alors, quelle est la ‘‘vraie’’ histoire ?

Prenez Gaspard Boisvert, ex-conseiller du président le plus stupide que les États-Unis aient connu, deve... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Erik35
  22 juin 2017
COMME UN OURAGAN, L'HUMOUR A TOUT EMPORTÉ...
C'était, parait-il, une sorte de seconde nature, une pure obsession, chez Patrik Ourednik, en tout cas c'est ce qu'affirme son épouse : écrire un livre racontant la fin du monde ! Voilà qui est désormais chose faite, au grand dam de son éditeur nous est-il expliqué dès les premières pages, avec un humour mordant, un cynisme, un sens de la formule que n'aurait certainement pas mésestimé un Oscar Wilde ou un Ambrose Bierce : la fin du monde ? «Un thème éculé !», et de se faire expliquer par le menu tout ce qui peut encore fonctionner dans le monde éditorial actuel. L'auteur d'acquiescer mais de conclure, définitif : «Mon éditeur aurait fait un piètre écrivain. Aussi mauvais que les autres.» Circulez ! Y a rien à voir ! Tout est à l'encan dans cet ouvrage qu'on peine à savoir qualifier, tant il se refuse, avec ravissement, à entrer dans la moindre case : Roman, anti-roman, essai, non essai, pamphlet, aphorismes, projet d'ouvrage plus vaste, carnet de note, etc ? Sans aucun doute un peu de tout cela et rien de tel à la fois. Car, que le lecteur le garde en mémoire une bonne fois pour toute : l'auteur tchèque, francophile, traducteur, essayiste et écrivain Patrik Ourednik ne supporte pas de voir ses ouvrages enfermés dans quelque rangement que ce soit, répertorié, archivé, rayonné comme le demande à l'être l'immense majorité de la production éditoriale (on peine souvent à écrire "littéraire") actuelle. Qu'on ne s'y trompe pas. Si l'auteur du désormais fameux Européana - Une brève histoire du XXème siècle, texte dément, affolant, à la fois très proche dans les intentions mais très éloigné de celui-ci par sa conception.
Mais alors, qu'y trouve-t-on dans cette véritable foire d'empoigne thématique, référentielle, 'pataphysique et décapante ? Puis que nous sommes dans un supposé roman, on y croise, d'une page à l'autre, pas forcément la suivante, un certain Gaspard Boisvert, écrivain raté (un seul roman à son actif, invariablement retourné par les éditeurs), publicitaire de son état - plus exactement créateur de slogans publicitaires tels «buvez avec modération mais buvez ferme !» ou encore «Suze-moi» cependant refusé par la marque - amateur de baignoires-sabot, bref « conseiller auprès du président américain le plus bête de l'histoire du pays » (notons que l'ouvrage fut rédigé avec l'arrivée au pouvoir de Donald Trump) et, surtout, héritier d'un secret de famille d'un poids terrible : son grand-père aurait été le seul enfant d'Adolf "Le Boche" Hitler, ainsi qu'Ourednik le nomme au fil des apparitions, et elles sont nombreuses ! L'histoire de cet infortuné Gaspard - prénom d'un des antiques Rois-Mages de l'histoire sainte -, recherchant de loin en loin à savoir la vérité sur son origine maudite, quand ça ne sera pas la seule recherche de sa mémoire perdue sans motif compréhensible va ainsi servir de fil rouge à l'auteur pour passer en revue tout ce qui va de travers dans ce monde, en remontant un peu dans le temps puisque L Histoire est aussi l'un de ses sujets favoris. Passent ainsi sous les fourches caudines de l'auteur les religions et les croyants, qu'il affuble du qualificatif de «craignants-dieu», Dieu soi-même et ses mystères/misères, le bombardement de Dresde, les «barbus» fort peu appréciés du «président américain le plus bête de l'histoire du pays», l'âge de l'univers, le langage et son appauvrissement notoire dans notre époque «post-moderne», les écrivains et la lecture, la démocratie et les dictatures, les champions du monde modernes du nombre de victimes tuées à l'heure (Adolf le Boche, sacré champion toute catégories), les hommes politiques, les démocraties occidentales, les végétariens et les végétaliens, une blague juive, une autre, en épisode mais ni queue ni tête, sur deux chinois, la médiocrité universelle, même, pour être parfaitement exact, ce qu'Ourednik estime relever de la pure bêtise, laquelle trouve ses racines, peut-être ses justifications, dans nos langages hyper-policés, totalement sous emprise du politiquement correct et de la bien-pensance, une langue qui galvaude et qui abrutie. N'écrit-il pas, dans un élan d'humour désespéré et noir, «qu'à force d'être pris pour des demeurés, les gens étaient devenus des demeurés ?»
Fort heureusement, cet ouvrage qui, entre des mains moins habiles, moins distanciées, aurait pu devenir une quelconque entreprise macabre de pompes funèbres de nos temps pas toujours d'une grande fantaisie, il faut bien l'admettre, fait la part belle à cet humour peut-être très "pays de l'est" (on songe aux vagues d'humour souvent glaçant, désespéré, ironique d'un Emil Cioran ou d'un Milan Kundera, le premier roumain, le second tchèque devenu français d'adoption, comme Ourednik). C'est donc souvent drôle et grinçant, provocateur avec juste ce qu'il faut de vérité pour faire passer la pilule, cela fourmille de détails passablement superflus (des vrais faux tableaux supposés apporter un fond de sérieux à l'analyse, des questionnaires parfaitement farfelus, des mises en garde langagières qui ajoute à l'incongruité tragique de nos petits et grands travers de pensée, etc) ; le farfelu côtoie le dramatique, l'irrévérencieux succède au dépit, l'humour très noir et plus mordant que les toutes les gueules de Cerbère réunies vient conclure des prophéties de mauvaises augures dignes d'une Cassandre, sur laquelle il s'arrête d'ailleurs le temps d'un court chapitre... Ça dégomme à tout va, ça balance au fil de l'encre, ça déboulonne du héros, du grand homme, du saint ou du sacré, c'est à la frontière entre le pamphlet (on songe aussi à Léon Bloy, à Octave Mirbeau, tous deux maîtres es-langage dans leur détestation l'un de l'autre ou celle de leurs contemporains) et la sottie, c'est énorme et c'est peut-être un peu vain, cela frôle le vaniteux, le pédant, mais on ne parvient jamais à savoir si l'auteur croit vraiment à tout ce qu'il raconte, sinon en s'agrippant à toutes les branches de passage, tel un époustouflant comique désespéré mais solidaire, à son corps défendant, de ce monde. Dès lors, ce n'est pas la fin DU monde qu'il annonce, mais la fin D'UN monde, et - futur antérieur à l'appui de ce titre à l'incertitude terrible - peut-être en aurait-il été mieux ainsi ?
On ressort essoufflé de ce bizarre, cet inclassable bouquin. Sans prétendre à l'indispensable, sans crier invariablement au génie, celui-ci marque son temps d'une empreinte vive, sidérante, d'une voix vraiment à part, à laquelle il est bien malaisé d'attribuer le moindre qualificatif définitif, que l'on reprendra un peu plus tard sans nul doute - l'ensemble est dense mais plutôt bref -, une fois le premier vent fou passé.
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Petitevertu
  25 janvier 2017
C'est marrant, je viens de constater que Vladimir Orlov s'appelle chez Amazon - où il nous livre exactement, au mot près, la même appréciation du livre d'Ourednik - Sébastien Grandpierre.
Vladimir-Sébastien Orlov-Grandpierre semble avoir une dent contre Ourednik.
Pour moi La Fin du Monde est aussi géniale que Europeana (un chef d'oeuvre) ou Classé sans suite du même auteur. 111 petits chapitres, 111 éclats de rire et 111 sujets à réflexion. Lisez l'original plutôt que les commentaires d'Orlov-Grandpierre!
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VladimirOrlov
  21 janvier 2017
Ce livre est un bon brouillon, une bonne base pour un livre plus ambitieux. Là, l'auteur se contente d'un récit fantaisiste, sans saveur, décousu... Je ne comprends pas trop où il veut en venir. Si la forme semble originale, la fond est simpliste. C'est bien là le problème avec ce livre, la forme semble originale, simplement j'ai l'impression qu'elle n'est que le cache misère d'un manque d'ambition pour ce qui aurait pu être un livre. Ici nous n'avons qu'un morceau de livre, un fragment, l'auteur y met des idées aux hasard, sans vraiment y associer de cohérence.
La fin de la civilisation occidentale est un sujet passionnant qui mériterait plus d'esprit que ce petit bouquin sans intérêt.L'humour, s'il est présent dans ce livre, tombe souvent à plat, il est servi par une fausse modestie, un populisme aigre, une fausse idée anti-conformiste de la déchéance mondiale...
Bref, pour paraphraser Marc dans Art (que j'ai dévoré hier - de Yasmina Reza): "C'est une merde".
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jmb33320
  29 janvier 2017
Ce texte, si réjouissant, pourrait être une suite d'aphorismes, d'observations très variées, voire décousues, sur la folie de l'époque. Mais deux personnages donnent corps à un solide, quoi qu'en apparence ténu, arrière-plan romanesque... Il y a de la drôlerie, de l'ironie sans complexe de supériorité et un léger désespoir souriant. du grand art.
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jeinus
  23 mars 2017
Livre atypique sous formes de petits chapitres décousus, maintenant tout de même un fil d'Ariane en arrière plan. Écriture drôle, très intelligente, philosophique, humour noir, décalé, et caustique, sans langue de bois ni demi mesure.
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Les critiques presse (1)
Actualitte   22 juin 2017
Dire de ses livres que l’indice de romanesque y est faible est un euphémisme.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations & extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   20 juin 2017
Mais peu à peu, dans les démocraties aussi les gens se sont mis à penser les mêmes choses, démocratiquement. La seule différence avec les régimes totalitaires consistait dès lors à ce que les individus restaient persuadés qu'il s'agissait de pensées propres et originales, d'opinions authentiques. De temps à autres, ils dénonçaient les atteintes à la liberté d'opinion dans les pays non démocratiques, tout en ignorant, superbement, qu'ils avaient perdu la faculté de s'en forger une depuis belle lurette, si tant est qu'ils en eussent jamais eue.
Quoi qu'il en soit, les régimes autoritaires se gaussaient des démocraties en pointant leur incapacité à proposer à leur population une politique visionnaire et conquérante.
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Erik35Erik35   22 juin 2017
Le communisme et le capitalisme prévoyaient l'un et l'autre un futur toujours plus enviable. Ils ne se distinguaient que dans la forme : le capitalisme promettait le bonheur aux riches tout en laissant espérer aux pauvres d'en faire un jour partie ; le communisme promettait le bonheur à tous à condition qu'ils restent pauvres un bon bout de temps.
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Erik35Erik35   21 juin 2017
Le Sauveur était venu au monde en tant que Verbe incarné mais, comme l'écrivit plus tard l'un des ses amis, le monde ne l'avait pas entendu. Après le Logos inaudible, le temps était venu de l'Epilogos fracassant : maltraité, lapidé, éventré, assassiné, accablé : tel était le verbe à la charnière des siècles.

«J'ai de plus en plus souvent l'impression d'être tombé dans un village de fous où le langage n'a pas le même sens qu'ailleurs.»

Bref, la langue évoluait. Fidèle à sa tâche d'exprimer la pensée du moment, elle était devenue gâteuse. Des orateurs d'une imbécillité à faire fondre les glaciers d'Antarctique circulaient dans la cité, en toute impunité. Ils savaient qu'ils avaient gagné la partie : à force d'être pris pour des demeurés, les gens étaient devenus des demeurés.
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F242F242   19 janvier 2017
Parmi les injures que j'avais dû apprendre pour pouvoir prouver à tout instant mon intégration réussie à la nation française, il y en a une que j’affectionnais particulièrement : trou du cul. Traiter simplement quelqu’un de cul n’aurait pas eu la même portée. Un cul est un cul, et le reste à jamais. Le trait de génie, c’est le trou. Le déficit. L’absence. Le néant.
L’insulte est philosophique.
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Erik35Erik35   21 juin 2017
Les livres ont pour objectif premier d’éviter le suicide collectif. Leur rôle est social. Il arrive que quelqu’un se suicide après avoir lu un livre : il s’agit d’un accident. La majorité des lecteurs ne se suicident pas, car ils savent que leur envie de renoncement est partagée par l’ensemble des lecteurs sensés. Ça soulage, et provoque en même temps un sentiment de solidarité : je ne peux pas leur faire ça, à mes compagnons d’infortune, mes frères en souffrance.
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Videos de Patrik Ourednik (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrik Ourednik
Le 17.03, Patrik Ourednik était l'invité de l'émission italienne Fahreinheit pour évoquer Europeana.
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