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Critiques sur Ce que je sais de Vera Candida (195)
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Ptitgateau
  17 juillet 2016
J'ai beaucoup aimé cette histoire qui peut apparaître comme une histoire simple de femmes sur une île et dans un pays imaginaire, d'ailleurs, peut- être pas si imaginaire que cela : Véronique Ovalde a inventé l'île de Vatapuna ( bien que l'auteure ait déclaré que des personnes lui ont dit que cette île ressemblait étonnamment à je ne sais plus quelle île des Caraibes) mais elle expose clairement la condition des femmes en Amérique latine, le fait de se retrouver seule pour élever des enfants qui y est courant , le machisme, la violence, la corruption, la présence d'ex nazis réfugiés quelque part en Amérique du sud.

Histoire simple en apparence donc, mais une histoire d'une violence inouïe si on considère la vie de chacune des femmes de la lignée :

- Rose Bustamente, qui gagne sa vie en se prostituant, puis jusqu'à un âge avancé, est amenée à pêcher des poissons volants en mer pour se nourrir et nourrir sa fille née tardivement après une liaison avec Jeronimo, homme pas très recommandable dont on ignore le passé et qui semble être venu se réfugier sur l'île pour une raison inconnue du lecteur.

- Violette, pauvre petite fille sans repère ( bien que sa mère, Rose ait essayé de lui en donner avec les moyens qu'elle possédait),

- Vera Candida notre héroïne, femme à la fois de caractère, ne se laissant pas manipuler, et fragile à la fois : la vie lui imposera des épreuves qu'elle assumera tout en se montrant parfois passive face à certaines situations : exploitation dans le travail, accueil des événements sans révolte apparente. Par deux fois elle choisit la fuite par amour pour ceux qu'elle aime.

- Monica-Rose qui aura la chance de pouvoir s'instruire et vraisemblablement de s'émanciper.

En observant le parcours de Vera Candida, on peut penser à la résilience : mise au monde par une mère dans l'incapacité de l'élever, et éduquée par sa grand-mère, elle subit une épreuve qui générerait un traumatisme important chez toute femme ayant vécu une telle situation, elle choisit la fuite, elle décide de s'en sortir et de donner à sa fille une autre vie, une vie un peu moins difficile que la vie qui aurait été la sienne à Vatapuna et on peut à nouveau parler chez Monica-Rose de résilience car elle est porteuse de tout ce qu'ont pu subir ses aïeules, il serait intéressant connaître le point de vue d'un psychologue sur cette question.

Vera Candida porte en elle l'évolution de la lignée : Rose, sa grand-mère est ancrée à Vatapuna, elle y mourra, Violette incapable de s'en sortir, se laissera prendre dans les filets de cette île, Vera Candida fuira Vatapuna, sans doute pour échapper à un destin similaire à celui de sa grand-mère puis s'y réfugiera à nouveau, mais Monica Rose, elle partira vers une vie toute autre et ne connaîtra jamais cette île.

Les hommes dans la vie de Vera Candida ont également attiré mon attention : violeurs pour un certain nombre d'entre eux, et qui sont à l'origine de l'extrême méfiance de la jeune femme et de sa situation précaire, ou exploiteurs si on pense à son chef dans cette usine de paniers repas où elle travaille de nuit, et puis survient itxaga, journaliste à l'origine de la fermeture du refuge pour mères célibataires ou s'est installé Vera Candida, mais qui apparaît comme une sorte de justicier, personnage qui renforce la vision que l'on peut avoir de ces hommes tel que Vera Candida les considère : plus il se montre humain, plus les autres apparaissent comme des monstres.


En tant que lectrice de ce roman, c'est avec grand intérêt que j'ai suivi l'évolution de Vera Candida, un livre que je conseille à toute personne qui s'intéresse aux problèmes de l'Amérique latine, aux difficultés rencontrées par les femmes dans le monde, à la psychologie, même si d'autre ouvrages creusent certainement plus la question.

Challenge tour du monde
Challengue multi-défis.
Lien : http://1001ptitgateau.blogsp..
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latina
  29 avril 2012
Véronique Ovaldé est une magicienne ! Elle m'a emmenée dans une île où il fait toujours chaud, où la vie s'écoule, lente et tranquille…Puis lentement mais inexorablement, j'ai suivi la trajectoire de ces 3 femmes (la grand-mère, la mère, la fille) enchaînées à un homme, immonde. La plus jeune des 3 s'échappe. Elle a bien raison car elle fuit l'inconcevable.
Véronique Ovaldé est une magicienne…Elle m'a emportée au pays des mots justes et forts, au pays des images qui parlent d'elles-mêmes.
Véronique Ovaldé, vous m'avez séduite mais vous ne m'abandonnez pas. Je vous ai suivie jusqu'au bout de votre histoire, tumultueuse mais si claire. Et après avoir tourné la dernière page, celle-ci va me hanter encore longtemps…
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missmolko1
  10 octobre 2017
Véronique Ovaldé m'a encore conquise avec un de ses romans. Ce que je sais de Vera Candida m'a plu et m'a fait voyagé dans des contrées lointaines et imaginaire. Comme dans beaucoup de romans d'Amérique du sud, ici on côtoie une lignée de femmes sur plusieurs générations.

Rose, Violette et Vera vont toutes trois avoir une fille sans pouvoir révéler le nom du père. Ce sont des femmes fortes qui vont se battre et se débrouiller pour élevé leur progéniture. "L'odeur de Monica Rose faisait chavirer Vera Candida. Elle s'asseyait près de sa fille et plongeait le visage dans ses cheveux. Ils sentaient le sel et l'iode, le vent et quelque chose de plus souterrain et mammifère, comme la sueur d'un minuscule rongeur ou bien d'un petit loup. Monica Rose sentait la fourrure. Vera Candida se disait toujours, Comment ferai-je quand je serai une très vieille femme, que je n'y verrai plus, que je tenterai de me souvenir de cette odeur. Elle s'efforçait d'enregistrer comme sur des cylindres d'argile les sensations liées à sa fille : la main de la petite dans la sienne, la façon dont Monica Rose serrait son cou avec ses bras aussi fins que des roseaux, elle serrait serrait en y mettant toute sa minuscule force, et c'était inenvisageable de ne plus être deux un jour, c'était si injuste que cela paraissait impossible."

On suit leurs aventures avec beaucoup d'intérêt et le roman se lit très vite. L'écriture est toujours très belle et fluide.

Mon seul bémol serait la fin du roman et ce qui arrive a Vera... Pourquoi cette fin ? Je l'ai trouvé triste et j'aurais aimé quelque chose de différent, qu'elle retourne sur l'île de Vatapuna pour une autre raison. Mais comme le dit si bien le roman : "Dans la vraie vie, on ne comprend pas toujours tout, il n'y a pas de notice, il faut que tu te débrouilles pour faire le tri."
Lien : https://missmolko1.blogspot...
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Macha_Loubrun
  19 septembre 2013
« Ce que je sais de Véra Candida » est un roman d'une vitalité incroyable. Véronique Ovaldé nous transporte dans un lieu imaginaire, quelque part en Amérique du Sud et on suit avec un plaisir jubilatoire, trois femmes d'une même lignée. Son écriture est colorée, rythmée, les chapitres sont courts, pétillants, teintés d'une légère mélancolie, elle nous tient sous le charme de Rose, Violette et Rosa Candida. Rose était la plus belle prostituée de l'île de Vatapuna mais à quarante ans elle décida d'habiter une petite cabane en bois et de pêcher tranquillement des poissons volants. Fichu destin, le flamboyant Jeronimo vint construire sa villa au-dessus du village….
Bien des années plus tard, sa petite fille, Véra Candida s'enfuyait de l'île de Vatapuna à quatorze ans pour se délester de l'histoire familiale aux filles sans pères… A Lahomeria, où elle décida de faire table rase du passé, elle trouva sur son chemin, Itxaga, journaliste à L'Indépendant, venu mettre son nez dans le foyer d'hébergement pour jeunes mères abandonnées où elle résidait. A partir de là, rien n'arriva comme prévu.

Mais « Quand on lui apprend qu'elle va mourir dans six mois, Véra Candida abandonne tout pour retourner à Vatapuna ».

On comprend mieux pourquoi en lisant ce conte merveilleux qui parle avec une apparente légèreté et beaucoup de grâce de sujets lourds et de l'amour.




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araucaria
  01 juin 2013
Très beau roman à l'écriture fluide. Un texte qui se lit très bien. C'est un livre captivant, prenant, qui n'offre pas de longueurs. Belle découverte.
Lien : http://araucaria20six.fr/
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Marcelline
  10 août 2012
Quand je pense que j'ai failli rendre ce livre à la bibliothèque sans le lire: à côté de quel bon moment je serais passée!...

C'est la quatrième de couverture qui m'a fait un peu peur, lorsqu'elle me parlait d'"Amérique du Sud imaginaire".

Et puis, dès les premières pages, j'ai été embarquée pour cette destination lointaine, à la suite de Véra Candida et de sa grand-mère, Rose Bustamente.
L'ambiance m'a évoqué celle du Soleil des Scorta, de Laurent Gaudé, qui, de même, nous parle de malédiction originelle et de pays chaud mal défini.
Finalement, c'est cette imprécision dans le lieu qui donne un goût de fable universelle à l'histoire. Tout le long de ma lecture, j'ai eu la sensation de lire un conte, pour adultes certes, mais quand même: une belle histoire dans laquelle l'héroïne décide de briser la chaîne de fatalités qui poursuit toutes les générations de femmes de sa famille et de partir pour assumer son propre destin.
Avec bonheur, j'y ai lu une magnifique histoire d'amour, entre Vera Candida et un homme qui l'aime pour ce qu'elle est, un homme que je rêverais de rencontrer. Fatalement, malgré toutes les épreuves terribles déjà évoquées dans le livre, que cela concerne les femmes de la lignée ou bien le journaliste Itxaga, c'est cette belle histoire qui m'a émue aux larmes...

Enfin, ce que je retiendrai aussi de ce très bon moment de lecture, c'est la découverte pour moi de l'écriture de Véronique Ovaldé: des phrases très longues par moments, qui donnent l'impression que l'esprit s'emballe et n'a pas le temps de mettre la ponctuation, des descriptions imagées au langage parfois cru, langage qui donne un contraste étrange à cette fable que l'on sent de portée universelle...

Finalement, une très belle découverte pour moi: une histoire et un auteur, dont je ne tarderai sans doute pas à essayer de découvrir les autres écrits!
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Fransoaz
  19 juin 2019
Le jour où Vera Candida, 15 ans, découvre qu'elle est enceinte, elle décide de fuir l'île de Vatapuna où elle vit avec sa grand-mère. Elle embarque pour la ville de Lahoméria et trouve refuge dans un foyer pour jeunes mamans. Après la naissance de Monica-Rose elle accepte de travailler, la nuit, dans l'usine de paniers-repas.
L'article d'un journaliste, surnommé « Billythekid » qui enquête sur la directrice du foyer et ses liens avec les nazis, va semer le trouble et annoncer la fin de cette institution. C'est dans ces conditions particulières que se fait la rencontre entre la jeune maman et le journaliste dénonciateur. Sans oublier les enseignements de sa grand-mère et ses mises en garde Vera Candida va peu à peu se construire un statut de maman et de femme.
Le roman de Véronique Ovaldé est un enchantement ! Elle prête aux femmes de grandes qualités : courage, audace, endurance, grandeur… Son écriture imagée recèle d'une pointe d'humour. La rencontre entre Itxaga, le journaliste, et Rosa Candida est d'une grande fraîcheur et n'est pas sans rappeler certains passages qui déjà nous faisaient fondre dans l'histoire d'Amélie Poulain! le personnage de Vera Candida nous épate elle ne compte que sur elle-même pour élever sa fille et pour s'élever elle même.

« Quand Vera Candida pensait à la période précédant son installation chez Itxaga, elle avait l'impression d'avoir vécu coincée dans le tiers-monde et que peu à peu son pays - circonscrit à son corps, son pays et sa fille- s'était ouvert à une certaine forme de démocratie et de richesse. Elle se souvenait d'elle-même comme d'un petit animal fruste et effrayé. »
Elle est émerveillée et incrédule par ce que lui donne la vie: un travail, une jolie petite fille et l'amour inconditionnel d'Itxaga.
J'ai cependant trouvé le roman de Véronique Ovaldé assez inégal; si je me suis accrochée avec délices aux espadrilles silencieuses de Vera Candida je n'ai pas été séduite par la grand-mère, Rose Bustamente, et ai trouvé assez déprimante sa relation avec Jeronimo, le voyou.


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Rebus
  04 janvier 2017
Je me suis rendue compte il y a peu que beaucoup de mes lectures parlent de destins de femmes, d'histoires de femmes, de tragédies de femmes. Choix inconscient mais bien présent.

Dans Ce que je sais de Vera Candida, Véronique Ovaldé nous parle de 3 femmes, de 3 générations, de la grand-mère à la petite-fille, on y croise même l'arrière petite-fille. Et surtout du destin et des choix de Vera Candida, la petite-fille, qui choisit de fuir son île de Vatapuna à 15 ans, parce qu'elle est enceinte et ne veut pas décevoir sa grand-mère qui l'élève.

Les femmes ont donc la part belle dans ce beau roman, mais ne sont pas idéalisées, les hommes sont souvent minables, mais un rédempteur sera là pour équilibrer la balance, ou presque.

Dès les premières pages, j'ai été emportée par le tourbillon de leur histoire, happée sur cette île du soleil, compatissant à leurs malheurs, souriant de leurs bonheurs.

L'écriture est simple, dans le sens épuré du terme : pas de grande phrase, pas de grande éloquence, simplement les faits, les sentiments et les conséquences. C'est juste, concis, précis. Admirable.

Une vraie grande et belle découverte.
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SophiePatchouli
  31 janvier 2017
Un enchantement !
Le livre est refermé, le charme rompu...
Comme ensorcelée par la magie du verbe de Ovaldé, je m'en reviens d'une promenade à Vatapuna, là-bas dans les Tropiques, dans les Caraïbes toujours fantastiques... Était-ce d'ailleurs une balade ou bien une course ? le rythme de marche a été si empreint de cette formidable vitalité que j'en doute...
Je viens de suivre un canevas de trajectoires, canevas tissé grâce à des fils de couleurs chatoyantes, peau de chagrin à la fois tendre et résistante, escapade légère et profonde, extrait de ratafia de mangue...
fableviefableviefableviefableviefable...

(Combien de temps résonneront cette atmosphère si particulière, cet attachement à ces personnages, à ce pays ? Combien de temps passera avant que je n'oublie cette aventure qui semble s'être imprimée en moi comme l'ancre tient le bateau ou l'encre le papier?)
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nougat65
  19 juin 2012
Il y a dans ce roman un petit quelque chose d'Isabelle Allende : l'histoire qui se déroule dans un pays imaginaire d'Amérique du Sud, le destin, la malédiction qui vient peser sur l'existence des femmes d'une même famille, la révolte d'une d'entre elle et le désir de rompre enfin avec la fatalité...
J'ai adoré le style et l'écriture de Véronique Ovaldé, c'est rapide, drôle, original et surprenant. Les personnages sont attachants et l'univers dans lequel ils évoluent permet au lecteur une vraie rupture avec le quotidien : on se retrouve tout à coup très très loin...
A la différence des romans d'Isabelle Allende, ici, pas de magie ni de prières, pas de dieux ni d'églises, juste des êtres en rupture qui tentent de recoller les morceaux.
Ce roman est également un superbe cri d'amour d'une mère à sa fille. Véronique Ovaldé traduit avec une rare sensibilité et une vraie sensualité les liens qui unissent les êtres entre eux. C'est fort et bouleversant.
Une vraie pépite !
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