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EAN : 9782742756339
166 pages
Actes Sud (17/08/2005)
3.22/5   132 notes
Résumé :
Dans le couchant d'une ville blanche, lumineuse et brûlante, une enfant attend le retour de sa mère. Sur les toits d'un immeuble au sommet de son monde, elle perçoit les bruits d'ailleurs et ceux de l'intérieur. Mais ce soir-là, au-delà du scintillement des vagues, l'angoisse est infinie : la mère ne revient pas. Le cliquetis de ses talons aiguilles, l'éclat synthétique de sa perruque blonde, l'acidulé de ses vêtements, le velours de sa voix ne sont plus. La belle a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
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Ellane92
  04 mai 2017
Rose vit avec sa mère, qui s'appelle Rose également, et son beau père, le Monsieur Loyal directeur de cirques. Elle aime passer du temps à s'occuper des lapins sur la terrasse ; pour l'occasion, elle met sa cape noire, doublée de satin rose. Elle passe certaines de ses journées à l'institut. Elle est très attachée à sa mère, une femme mystérieuse et sensuelle, qui porte une perruque blonde sur son crâne brulé, des talons hauts, répète souvent 3 fois les mêmes choses. Et puis un jour, cette mère n'est plus là.
Cela fait longtemps que "Ce que je sais de Vera Candida" est dans mon pense-bête. Ce livre n'étant jamais disponible dans ma bibliothèque, j'ai décidé, pour patienter, de découvrir cet auteur au travers d'un autre livre, et c'est comme ça, sans même avoir lu le 4ème de couverture ou avoir eu le choix (il n'y avait que ce livre d'elle en prêt !) que je me suis plongée dans le très étrange "Déloger l'animal".
A l'issue de cette lecture, le seul mot qui me vienne en tête est bien "étrange". Je n'ai pas compris qui est qui, quelle était la part de réalité, la part de rêve, la part de fantasme et la part de délire dans ce qui nous est narré. Rose (la narratrice, mais sa mère également) est tout en paradoxes : à 15 ans, elle en parait 7, ses réactions émotives sont puériles, mais elle manie des thématiques d'adulte...
Je n'ai pas apprécié non plus l'écriture de Véronique Olvadé dans ce livre. Je lui ai trouvé un côté forcé, artificiel, avec ses passages sans pause, sans point, sans paragraphe, avec des répétitions toutes les trois ou quatre virgules de thèmes ou de termes récurrents. L'ensemble donne un texte touffu voire étouffant. Et puis, au final, trop de questions restent sans réponse à la fin du livre.
Bref, je ne suis pas convaincue par cette lecture, à vrai dire, je n'ai pas compris grand-chose et en ai retiré encore moins, et je vais peut-être supprimer "Ce que je sais de Vera Candida" de mon pense-bête !
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LiliGalipette
  08 janvier 2012
Rose a quinze ans, mais son corps et son esprit sont ceux d'une enfant de sept ans. Fille spéciale, un peu attardée, elle vit dans un monde de songes et de représentations fantasmagoriques. Ses seuls amis sont les lapins qu'elle élève sur la terrasse. Vient un jour où sa mère disparaît. Rose se lance alors dans la découverte de l'histoire de ses parents et de leur rencontre. Aidée par une vieille voisine, Madame Isis, elle tente de percer les mystères de la calvitie de sa mère, de l'identité de son vrai père et des raisons du départ de sa mère. « Je fabrique quelque chose, j'ajoute à cet appareil une pincée de tout de que je connais de maman Rose et de Markus, je saupoudre, je colmate et j'invente jusqu'à ça tienne debout, je m'échine à ce que leur histoire tienne debout. » (p. 108) Mais à trop gratter sous la surface des choses, il apparaît souvent que la vérité est moins belle que l'imagination.
Rose est fascinée par sa mère, créature magnifique et outrageusement coquette. « Je m'appelle Rose comme ma mère. » (p. 21) Ce prénom en partage est un trésor extraordinaire pour la jeune fille. Si elle le pouvait, Rose ne ferait qu'un avec sa mère. Mais la distance de celle-ci sonne comme une dépossession : « C'est tout ce qui m'est resté de cette époque, l'anxiété de maman avant l'arrivée du livreur du journaux et le bruit du sable quand il fabrique des dunes. » (p. 38) Rose cherche tous les stratagèmes pour attirer l'attention de celle qui ne rêve que d'ailleurs. Sa disparition est alors la pire des trahisons : « Comment avait-elle osé partir et ne pas m'emmener ? J'ai pris la disparition de maman entre mes mains, j'en ai fait une boule toute serrée, je l'ai avalée pour que l'ennemi ne la trouve pas. » (p. 52)
Étrange personnage que Rose, entièrement tournée vers l'autodestruction qui devient moyen d'exister : « il s'agissait simplement de moi, moi qui ne me voulait peut-être pas du bien, moi contre moi, moi toute seule contre moi. » (p. 50) Entre la compassion et l'agacement, difficile de définir mes sentiments pour Rose et pour ce roman en général. L'auteure écrit du point de vue d'une enfant attardée : ce présupposé devrait enjoindre le lecteur à douter de toutes les réflexions de Rose. Mais la conclusion est tellement déceptive que l'on préfère les certitudes de Rose. Je suppose que le lecteur est mis dans la même position que l'héroïne quand elle voit s'effondrer la belle histoire qu'elle a conçue autour de ses parents. Je sors troublée de cette histoire après une lecture très dérangeante. le malaise persiste et je me demande si l'animal à déloger, ce n'est finalement pas le lecteur qui n'a pas le loisir de rester tranquillement derrière son livre.
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zabeth55
  25 septembre 2013
Quelle étrange petite fille que Rose ! Et comme son univers et les personnages qui l'entourent sont étranges aussi.
De longues phrases et de longues pages pour restituer une ambiance pesante, angoissante.
Quand sa mère disparaît, la laissant seule avec Mr Loyal, Rose, incrédule, tente de comprendre, échafaude des hypothèses, se forge une légende sur la vie de sa mère, avec la complicité de sa seule amie, Mme Isis.
Ce livre est un conte, un rêve (ou un cauchemar) éveillé, mais que Rose et attachante !
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mumuboc
  08 février 2022
Un court roman dont le personnage principal et narratrice s'appelle Rose, Rose la fille, 15 ans mais n'en paraissant que 7, qui vit entre Rose, sa mère et Monsieur Loyal, qui n'est pas son père mais tient la place du père.
"C'était une période où je me tenais le mieux possible, où j'étais si douce et si charmante que je les entendais se demander l'un à l'autre, on ferait mieux de la retirer de l'Institut, ou bien alors je ne les entendais pas se dire ça, j'espérais juste qu'ils se le dissent, peut-être se méfiaient-ils des accalmies, ou me connaissaient-ils assez pour savoir que je pouvais pendant un certain temps tenir à distance la petite folle qui sommeillait, que je pouvais la laisser frétiller sans y toucher ... (p40)"
Rose regarde, écoute et tente de comprendre ce qui l'entoure : pourquoi sa mère porte une perruque, qui est son vrai père, pourquoi sa mère disparait, où est le "cirque" de son père, qui est le lion, que sait sa voisine, Madame Isis, sur sa drôle de famille. Il y a bien des choses mystérieuses et Rose se construit un monde, son monde et répond aux questions que les adultes jugent parfois inutiles de répondre mais elle le fait à hauteur de son esprit, de ce qu'elle voit et interprète et à 7 ans tout n'est pas toujours ce que l'on voit et les mots n'ont pas toujours le sens qu'on leur donne.
Petite Rose, tu imagines et tu t'es bâti un monde avec ce que tu vois, tu crois voir, tu entends ou que tu crois comprendre. Mais la vie, Petite Rose, est parfois bien plus simple, bien plus dramatique et tu vas le découvrir parce qu'à un moment il faut voir les choses en face pour pouvoir avancer.
C'est un roman étrange, à hauteur d'un petit bout de femme dont l'apparence ne correspond pas à ce qu'elle est vraiment : un esprit de moitié son âge corporel, qui navigue entre le domicile de ses parents, l'Institut et l'appartement de sa voisine. Elle est fascinante cette petite narratrice, elle nous décrit son monde pendant les 150 pages, on s'interroge, on s'inquiète et puis en 5 pages apparait la réalité, la vérité lorsque les adultes décident de lui dire réellement les choses, de ne plus la laisser vivre dans ses histoires et qu'il est temps de lui avouer la vérité, que le miroir des illusions se brise.
C'est un roman mais cela pourrait être un conte noir, tout au long du récit pèse des mystères qui s'emmêlent les uns aux autres, que Rose tente de démêler mais transcrit dans sa manière de s'exprimer, avec des dialogues qui s'intègrent à son récit, de longues phrases qu'elle livre sans respirer, afin de suivre son ou ses idées. Et justement là est apparu pour moi un petit problème :  la narration et le langage de Rose n'est pas raccord avec l'âge qu'elle est supposée avoir mentalement, les mots qu'elle utilise et même parfois ses déductions ne sont justement pas en adéquation et cela m'a gênée car il y avait distorsion entre le supposé et ce que je lisais.
J'ai aimé parce qu'il est malgré tout bien construit, on sent qu'il y a des chausse trappes et qu'à un moment où l'autre il faudra bien que cela s'éclaircisse et Véronique Ovaldé nous livre un final où chaque pièce prend sa place avec ce qu'il faut de tendresse pour Rose et pour Monsieur Loyal malgré ce que la vie parfois peut réserver.
Lien : https://mumudanslebocage.wor..
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Malaura
  17 septembre 2011
Rose a quinze ans mais en paraît sept.
Petite et rondelette, elle a aussi une imagination débordante qui l'amène parfois à ne plus trop savoir où est le vrai, où est le faux.
Pour pallier à ces crises où son cerveau s'emballe, elle va dans un institut.
A la maison, Rose se partage entre l'amour de son père M.Loyal, le directeur de cirque et de sa mère, si belle, si mystérieuse avec ses hauts talons et sa perruque blonde.
Mais un jour, sa mère ne rentre pas et tout bascule.
Dans l'incertitude, l'attente, le chagrin, Rose se met alors à réinventer l'histoire de sa si jolie maman.
On pénètre dans les histoires de Véronique Ovaldé comme on entre dans l'univers des contes ou des fables, avec la sensation d'être au plus près de l'imaginaire et des rêves de l'enfance.
Les villes y sont chaudes et blanches, les personnages singuliers et intrigants, la réalité se transforme au gré des jeux de l'imagination et de l'esprit.
Ce côté enchanteur - pas forcèment enchanté - cette candeur déguisée, ces images de l'enfance à la fois fantaisistes et pleines de justesse, ont la saveur des songes qu'on fait les yeux ouverts, lorsque le réel se fait trop pesant.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
PaulinePauline   05 avril 2008
Fais-nous confiance, répétaient-ils, et je faisais l'étonnée, comment ne pas vous faire confiance les gars, vous avez de si jolies blouses blanches même pas tachées de sang, vos yeux sont si clairs et si francs, vos mains tremblent légèrement- abus d'armoires à pharmacie?- , mais c'est un élément rassurant, ces mains prises d'un léger tremblement, ça vous rend accessibles,vous n'êtes donc pas de parfaits androïdes, tes parents sont-ils gentils avec toi? , je les regardais et j'imaginais leur femme , leurs enfants, leur maîtresse, leur maison et leur Range Rover, et l'école ça va l'école?, eux cherchant une réponse, quelque chose qui étaierait les diagnostics déjà inscrits dans les dossiers avant même que j'ouvre la bouche, eux s'évertuant à me plier en cinq, à me presser sur la tête, pour que je rentre dans la boîte, que je ne bouge plus du dossier suspendu dans l'armoire métallique, que je ne détruise pas leur dogme avec mes réponses incongrues, non non non tout va très bien, je voulais juste tester la résistance du tissu et la résistance de mon corps à l'aplatissement-choc-écrabouillage-pulvérisation.
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kathykathy   21 mai 2011
Retournons à la caravane, dit-elle.
Il avala sa salive.
Il se dit, il faut que nous nous arrêtions en chemin, que je trouve un truc à fumer, que je puisse boire quelque chose de fort, que nous nous perdions en route, que la neige se remette à tomber, que nous soyons pris dans le blizzard, que son cinglé de frère surgisse, il faut que nous ne puissions pas atteindre la caravane, que nous fassions tous les bars du coin, qu’elle tombe, que je m’endorme brutalement sur le trajet, que je fasse un infarctus, qu’un nuage toxique s’abatte sur la ville, que se produise un grand incendie, que les Nord-Coréens attaquent, que ma mère débarque et me demande de l’aide pour sortir sa voiture des congères, il faut que je propose autre chose.
Puis Markus s’est dit, putain j’ai jamais eu aussi peur.
Alors ils ont marché en ville l'un à côté de l'autre, Rose tenait son vélo à la main, puis ils ont avancé le long du petit canal gelé pour rejoindre l'endroit où la caravane mourait tranquillement. Elle a parlé beaucoup, ce qui évitait à Markus de se servir de sa voix,... il entandait sa voix dans la neige, et ce ronronnement parvenait à lui faire reprendre des forces, lui permettrait de créer de brefs scénarios pour leur arrivée dans sa chambre, des projections qu'il abandonnait et modifiait au gré de son anxiété.
Quand il a ouvert la porte, espéré casser la clé dans la serrure, réussi tout de même à pénétrer dans la caravane, il s'est dit, on y est, je ne peux plus rien faire contre ça.
Il l'a prise dans ses bras et l'a embrassée.
Elle a semblé soulagée.
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WictorianeWictoriane   16 décembre 2009
Un soir Monsieur Loyal est rentré trop tôt.
Moi j'étais au lit dans ma chambre minuscule avec sa toute petite fenêtre grillagée (ce n'était pas une chambre me semblait-il, mais bien un garde-manger, un lieu où l'on avait jadis entreposé des jambons et des pommes de terre parce qu'il y faisait sec, frais et sombre, et où l'on m'avait rangée pour les mêmes raisons, c'était, disait maman, le meilleur endroit de la maison). Je dormais et ce furent les éclats de voix qui venaient du salon qui me réveillèrent.
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mumubocmumuboc   08 février 2022
C'était une période où je me tenais le mieux possible, où j'étais si douce et si charmante que je les entendais se demander l'un à l'autre, on ferait mieux de la retirer de l'Institut, ou bien alors je ne les entendais pas se dire ça, j'espérais juste qu'ils se le dissent, peut-être se méfiaient-ils des accalmies, ou me connaissaient-ils assez pour savoir que je pouvais pendant un certain temps tenir à distance la petite folle qui sommeillait, que je pouvais la laisser frétiller sans y toucher ... (p40)
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kathykathy   21 mai 2011
Markus M. est un garçon qui me plaît.
Je pense à lui maintenant que je sais qu'il a fait une tentative de suicide avec une corde à sauter dans la cellule d'une prison au milieu d'une ville où je n'ai jamais mis les pieds.
Je peux penser à lui et il m'apparaît sale et beau et tendre comme quelque chose qui sortirait d'une huche à pain, comme quelque chose qui serait précieux, qu'on aurait déposé dans la sciure pour ne pas le casser.
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