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ISBN : 2251799222
Éditeur : Les Belles Lettres (15/10/2002)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Si le lecteur, qui tient en mains ce livre, n'aime pas la légèreté, l'élégance, la grâce, le badinage, s'il ignore que le sérieux est compatible avec la futilité, qu'il ne l'ouvre pas, et qu'il condamne son auteur comme il condamnerait les “Illustres Bergers”, Théophile, Tristan, ou encore La Fontaine, Marivaux, Choderlos de Laclos…

Que cet improbable lecteur, que l'imagination ne concevrait pas, si de nombreux critiques n'avaient reproché aux Amours... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
frandj
  24 juillet 2017
Comme chacun sait, Publius Ovidius Naso a achevé sa vie dans un triste exil. Auparavant, il s'était illustré par ses poésies, notamment par "Les amours" dont la dernière version a été publiée en 4 av. J. C. C'est un recueil d'élégies écrites en distiques, c'est-à-dire avec des couples formés d'un hexamètre dactylique et d'un pentamètre. L'élégie est l'une des formes poétiques de la plainte. Le moteur de ce type d'expression est très souvent l'amour, amour impossible ou contrarié.
Dans le cas d'Ovide, l'amour n'a rien de platonique: jeune et ardent, il ne pense qu'à "ça". Il se fixe sur une certaine Corinne, pour laquelle il éprouve un fort désir. C'est avec une grande franchise que le poète nous parle de son amour (voir, par exemple, l'extrait que je mets en citation). Mais aussi il s'étend sur les intrigues nouées pour organiser les rencontres, sur ses sentiments de jalousie, et en général sur sa stratégie amoureuse. Ovide écrit dans sa subjectivité toute empreinte de désir, de sentiments enflammés, d'obsessions, d'égoïsme, et même d'humour. Je trouve délicieuse, par exemple, le face-à-face de l'amant avec sa maîtresse en présence du mari, lors d'un repas pris en commun (livre 1, élégie 4).
Faut-il croire qu'Ovide était un adepte fanatique de Priape ? Le rédacteur de la préface (dans l'édition dont je dispose) le nie; il en veut pour preuve le choix du narrateur de se désigner sous le nom de Nason (Naso) et non d'Ovide (Ovidius), sans doute pour prendre de la distance par rapport à ses aimables délires amoureux. J'ajoute que le poète n'oublie jamais toutes ses références culturelles (notamment mythologiques). De plus, il écrit d'une manière élégante et fluide. Le lecteur moderne peut lire sans grande difficulté cette poésie - à condition d'admettre les conventions du genre, évidemment.
P. S. Je dispose d'une édition bilingue. J'ai ainsi remarqué que la poésie en latin est beaucoup plus concise que sa traduction (en prose) en français moderne.
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matysim
  28 mars 2012
Ovide est facétieux, on le sait. Son caractère correspond donc totalement à ce genre "levis" qu'est l'élégie, par opposition à la pesante épopée. Mais Ovide s'amuse de tout, y compris de l'élégie, de ses codes, ses canons. N'en déplaise à l'empereur !
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Mana_
  23 janvier 2015
Je ressors déçue de cette lecture. Je m'attendais à quelque chose de plus prenant, plus accrocheur, et j'ai finalement eu du mal à suivre le filon de bout en bout. Cela ne me décourage pourtant pas à tenter les Métamorphoses dans leur ensemble.
Lien : http://la-riviere-des-mots.b..
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   29 novembre 2010
Qui pourra me dire pourquoi ma couche me paraît si dure, pourquoi ma couverture ne peut rester sur mon lit ? Pourquoi cette nuit, qui m'a paru si longue, l'ai-je passée sans goûter le sommeil ? Pourquoi mes membres fatigués se retournent-ils en tons sens, en proie à de vives douleurs ? Si quelque amour venait ainsi m'éprouver, nul doute, je m'en apercevrais. Veut-il me surprendre, et ce dieu rusé prépare-t-il contre moi des embûches secrètes ? Voici la vérité : dans mon sein ont pénétré ses flèches aiguës ; le cruel Amour tyrannise ce cœur dont il a pris possession. Lui céderai-je ? ou, par ma résistance, donnerai-je une force nouvelle à cette flamme soudaine ? Cédons-lui : pour qui sait le porter, un fardeau devient léger. J'ai vu, quand on mettait le tison en mouvement, la flamme, ainsi agitée, s'accroître, et je l'ai vue s'éteindre quand le mouvement cessait ; les jeunes bœufs, qui se révoltent contre le premier joug, sont plus souvent frappés que ceux qui, par l'habitude, se plaisent à le porter. On dompte avec le mors le plus dur le coursier dont la bouche est rebelle ; on fait moins sentir le frein celui qu'on voit prêt à voler aux combats. Ainsi l'Amour traite un cœur qui lui résiste encore avec plus de rigueur et de tyrannie que celui qui se reconnaît son esclave.

Eh bien ! je l'avoue ; oui, Cupidon, je suis devenu ta proie.
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mathilde08mathilde08   12 avril 2014
La vie du chantre de Méonie durera tant que se dresseront Ténédos et l'Ida, tant que le Simoïs roulera vers la mer ses eaux impétueuses. La vie du poète d'Ascra durera aussi tant que le vin doux gonflera le raisin, tant que l'épi tombera dans sous la faucille recourbée. L'enfant de Battos sera vanté par tous les âges dans le monde entier, quoiqu'il y ait en lui plus d'art que de talent. Le cothurne de Sophocle ne s'usera jamais. Autant que le soleil et la lune d'Aratos vivra. Tant qu'il y aura un esclave rusé, un père dur, une entremetteuse malhonnête et une courtisane caressante, Ménandre vivra. Ennius dont le style manque d'art, Accius aux mâles accents ont un nom qui ne périra jamais. Varron, et le premier vaisseau, et la toison d'or enlevée sous la conduite du fils d'Eson, y aura-t-il un âge qui vous ignorera ? Les poèmes du sublime Lucrèce ne périront que le jour où le monde entier sera détruit. Tityre, les moissons, Énée et ses combats trouveront des lecteurs, tant que Rome sera la capitale du monde qu'elle a vaincu. Tant que le feu et l'arc seront les armes de Cupidon, on apprendra tes vers, élégant Tibulle ; Gallus sera connu des peuples du couchant, des peuples de l'Orient, et en même temps que lui sera connue sa chère Lycoris. Ainsi, le temps use les rochers, use le soc de la dure charrue ; mais les vers échappent à la mort. Que les rois, que les triomphes des rois cèdent donc le pas à la poésie ! Qu'elles le cèdent aussi, les rives opulentes du Tage qui roule de l'or !
La foule ignorante peut admirer des choses communes ; moi, ce que je demande, c'est qu'Apollon aux boucles d'or me verse à pleine coupe l'eau de Castalie, que ma tête soit couronnée du myrte qui craint le froid et qu'en cet appareil je sois lu souvent par les amants que tout inquiète. L'Envie se repaît des vivants ; quand leur destin est accompli, elle se tient en repos, protégés qu'ils sont par la gloire qu'ils ont méritée. Donc, même quand le bûcher suprême m'aura consumé, je ne mourrai pas et une grande partie de moi-même survivra.
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mathilde08mathilde08   08 avril 2014
Heureux anneau ! ma maîtresse va te manier. Hélas ! déjà moi-même je suis jaloux de mon cadeau. Oh ! que ne puis-je, par les enchantements de la magicienne d'Ea ou du vieillard de Carpathos, me transformer tout à coup en mon présent ! Alors, si je désirais toucher la poitrine de ma maîtresse et glisser sous sa tunique ma main gauche, je m'échapperais de son doigt, si étroitement que je le serre, et, m'étant élargi par un prodige étonnant, je tomberais sur son sein. De même, afin de pouvoir assurer par mon empreinte le secret d'un billet, sans que la cire reste attachée au chaton trop sec, je toucherais d'abord les lèvres de ma belle amie ; pourvu seulement que mon empreinte ne soit pas appliquée sur des lettres qui m'affligeraient ! Si elle veut me retirer pour me mettre dans mon écrin, je refuserai de partir et me rétrécirai pour m'attacher à ses doigts.
Et que jamais, ô ma vie, je ne devienne pour toi un objet de honte ou un fardeau que ton doigt délicat refuse de porter.
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mathilde08mathilde08   12 avril 2014
Il est une forêt antique, respectée pendant de longues années. Tout porte à croire que ce lieu est la demeure d'une divinité. Au milieu est une source sacrée avec une caverne à stalactites. De tous les côtés les oiseaux font retentir leur douce plainte. C'est là que je faisais les cents pas, protégé par l'ombre de ces bois, cherchant une inspiration pour ma muse. Je vis venir à moi l’Élégie, les cheveux peignés et parfumés ; si je ne me trompe, un de ses pieds était plus long que l'autre. Sa beauté était gracieuse, sa robe très légère, son expression celle d'une amante ; le défaut même de ses pieds était chez elle une beauté. Je vis venir aussi, à grands pas, la Tragédie, farouche, les cheveux épars sur son front menaçant ; sa longue robe balayait le sol ; sa main gauche, d'un geste large, agitait le sceptre royal ; le cothurne lydien chaussait haut ses pieds.
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frandjfrandj   24 juillet 2017
Livre 1, élégie 5

Quand elle fut devant moi debout sans aucun voile, je vis un corps parfait. Quelles épaules, quels bras je contemplai et je touchai ! Comme la forme de ses seins se prêtait aux caresses ! Sous cette poitrine sans défaut, quel ventre lisse ! Quelles hanches abondantes et belles ! Quelle jeunesse dans la jambe ! Mais pourquoi entrer dans tous ces détails ? Je ne vis rien qui ne mérite d’être loué, et nue je la pris contre moi. Qui ne sait le reste ? Quand nous fûmes las, nous nous reposâmes. Puisse souvent s’écouler ainsi pour moi l’après-midi !
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Videos de Ovide (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Ovide
Rencontre avec Jean-Louis Poirier le 18 décembre 2019 à la Librairie Guillaume Budé. Bibliothèque mythologique idéale. Les textes ici rassemblés sont tous fondateurs, qu'ils aient été sublimés par les géants de la poésie que sont Homère, Virgile, Ovide, ou composés par les petites mains érudites de la mythologie, les mythographes. Plus d'informations sur https://www.lesbelleslettres.com/livre/4102-bibliotheque-mythologique-ideale
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