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EAN : 9782756096247
96 pages
Éditeur : Delcourt (31/05/2017)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 135 notes)
Résumé :
Publicité, télévision, clips, blogs, magazines, applications, le sexe n'a jamais été aussi omniprésent dans notre environnement culturel. On en parle de plus en plus, mais en parle-t-on réellement mieux ? Au lieu de nous imposer un énième guide censé faire de nous des amantes parfaites, Ovidie et Diglee nous proposent de nous "foutre la paix" dans ce livre drôle, déculpabilisant et décomplexant.
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
deidamie
  01 décembre 2018
« Bonjour les Babélionautes ! Aujourd'hui, on va parler féminisme avec Libres ! Manifeste pour s'affranchir des diktats sexuels, signé par Ovidie et illustré par Diglee.
-Ovidie, l'héroïne de Ptiluc, le bédéaste qui dessine les rats ?
-Non, l'ancienne actrice porno et actuelle autrice de reportages et de textes féministes. Et j'aimerais maintenant m'adresser aux féministes de tout genre et de tout poil et aux camarades de lutte LGBT. Célébrons nos victoires !
Nous avons obtenu le droit de vote…
-Ouaaaaaaais !
-La pilule et des tas d'autres moyens de contraception !
-Ouaaaaaais !
-Nous pouvons travailler et ouvrir des comptes en banque sans avoir besoin de permission !
-Ouaaaaaais !
-La loi qui nous interdisait de porter le pantalon sans tenir de vélo ou les rênes d'un cheval est abrogée* !
-Ouaaaaaais !
-L'homosexualité n'est plus une maladie** !
-Ouaaaaaais !
-On peut facilement porter plainte pour viol, obtenir justice à la hauteur des faits et bénéficier du soutien de la part des institutions psycho-médicales et de ses proches aussi !
-Ouuuu… quoi ?
-Non, je déconne, ‘faut pas exagérer non plus.
Or donc, ce livre se constitue de chapitres illustrés, et chacun de ces chapitres explore un aspect de la vie des femmes encore soumis au contrôle d'un peu tout le monde, sauf de la principale concernée. Pratiques sexuelles, épilation, mode, pression de l'apparence, de la performance, du libertinage, mais pas trop sinon tu es une salope…
Bref, Ovidie liste les raisons pour lesquelles le comportement ou la biologie des femmes sont jugés tout en analysant lesdites raisons et en les démontant, sinon, nous ne lirions pas un texte féministe.
-Bon, elle exagère un peu, non ? Ca vaaaa, la situation n'est pas si grave, on n'est pas opprimées !
-Mh-mh. C'était quand, la dernière fois que tu es sortie court vêtue avec tes poils aux jambes ?
-Chais pas… treize ans, peut-être ? J'crois que c'est cette année-là que P'pa a fait des remarques…
-Prendrais-tu le risque aujourd'hui de le faire, quand tu vois à quel point des photos de femmes poilues déchaînent la haine sur les réseaux ? Tu t'épiles, soit, mais tu le fais par goût, par culture ou pour te protéger du regard d'autrui ? Parce que tu as commencé pour que ton père te fiche la paix, je te rappelle. Toi, tu t'en fichais bien… jusqu'à ce que tu apprennes le contraire.
-Mais attends, Déidamie, ton Ovidie là, elle est bien gentille, mais on va quand même pas cesser d'épiler nos jambes pour être de bonnes féministes !
-Non, certes pas, mais ce n'est pas son propos. En fait, elle questionne la pratique et encourage son lectorat à le faire. Evidemment que non, elle ne dira pas « arrête de t'épiler, sinon t'es pas libérée ». L'important pour elle, c'est d'avoir le choix, quel qu'il soit et de cesser de considérer son corps comme sale parce qu'il saigne une fois par mois ou parce qu'il fait pousser des poils.
Choisir pour soi, sans céder à une pression, sans haïr ni mépriser son corps, voilà ce que prône ce livre et ce que j'y ai apprécié.
-Ouais, mais bon… ça va être écrit dans un style revanchard et aigri, non ?
-Pas du tout. Point d'aigreur, de l'humour sarcastique et ironique, en revanche. La blague principale du premier chapitre m'a fait rire aux éclats ! Je regrette un peu que le reste des textes n'aille pas aussi loin dans l'humour. J'adore l'humour drôle, je suis convaincue qu'il représente une arme puissante pour faire réfléchir et j'ai trouvé dommage qu'il n'y en ait pas davantage.
-Le passage sur les règles, là, ça m'a énervée.
-Ah bon ? Je l'ai trouvé bien, moi…
-Non ! ‘Fin, si ! Oui, le tabou est absurde, tout ça, je suis d'accord. Oui, ça se passe sans désagréments majeurs pour beaucoup de gens. Mais lire « ce n'est pas une maladie » quand toi-même as fait l'expérience de douleurs qui durent des heures et des heures, voire des jours, quand la fièvre et des douleurs atroces te réveillent la nuit, bref, quand tu éprouves mille souffrances que tu prends soin de dissimuler pour ne pas entendre « t'as tes règles ou quoi ? », je trouve pas ça bien féministe. Et nous n'avons pas tous ni toutes la même facilité avec les protections intimes. Donc oui, le « ça va flinguer mes vacances » reste légitime si tu voulais te baigner pendant les congés, mais que tu ne maîtrises ni coupe menstruelle ni tampon pour des raisons personnelles.
Dans un monde idéal, les règles seraient vécues dans la sérénité et la tranquillité, sans drame ni contrariété, je suis d'accord. Hélas, nous ne vivons pas dans un monde idéal, et le cycle s'accompagne parfois de souffrances terribles qu'il faut écouter et soigner.
-Moui… je peux difficilement réfuter… Heureusement, ce n'est qu'un passage fort bref. Il reste un livre intéressant et encourageant les femmes à ne céder à aucune contrainte, à faire leurs propres choix, bref, à vivre comme elles l'entendent et non pour faire plaisir à autrui.
Je salue également le travail de Diglee, la dessinatrice. Elle a pris soin de représenter des morphologies différentes. La diversité des corps qu'elle dessine a quelque chose de réjouissant. Elle célèbre différentes formes de beauté et cela m'a réjouie de voir autre chose que les corps parfaits des affiches dans la rue ou du cinéma. »
*Authentique. Si, si. Je me suis d'ailleurs demandé s'il fallait un cheval au bout des rênes ou si les rênes suffisaient pour avoir le droit de porter un pantalon.
**Bon, il y a encore du boulot, hein… si on pouvait maintenant arrêter de taper les gays et les lesbiennes dans la rue, ce serait bien aussi.
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ChtiteEmilie
  07 janvier 2019
Libres! Sommes-nous suffisamment libres pour nous affranchir des diktats sexuels que la société occidentale nous impose ?
Voilà la question que nous pose Ovidie, ancienne porn'star, qui a toute légitimité dans cette histoire.
C'est en voulant lire ce manifeste que je me suis aperçu que Madame Ovidie intéressait pas mal de monde.
Ce livre, que j'ai voulu réserver dans ma médiathèque, est emprunté depuis plus de 6 mois. Plus de 6 mois sur liste d'attente et je ne l'ai à l'heure d'aujourd'hui pas eut physiquement entre les mains.
Pour me faire patienter, il y avait bien l'extrait sur la liseuse... Oui mais j'ai craqué, j'ai finalement acheté ce livre en version électronique. Pour la version papier, j'attendrai sagement mon tour..., encore une personne avant moi à la médiathèque!
L'objet tant attendu devant moi, c'est avec une impatience non dissimulée que je l'ai dévoré.
L'objet en question est le fruit de la collaboration entre Ovidie et Diglee. Un essai avec un roman graphique (trop peu présent à mon goût).
C'est avec une écriture cash, trash, direct, qu'Ovidie nous embarque à la façon de Virginie Despentes dans King Kong théorie.
Les thèmes les plus crus sont abordés tels que le sperme, l'apparence féminine, les menstruations, le séant, l'orientation sexuelle, l'amour pluriel, la chirurgie esthétique, le point G, les poils, la sodomie, la fellation...
ça nous fait nous poser des questions sur nos pratiques, celles imposées par les effets de mode, celle que le patriarcat nous a dictées mais celles aussi que nous avons choisi à tort ou à raison.
Libres! met un coup de pied dans la fourmilière tout en enfonçant des portes ouvertes. ça fait réfléchir et ce n'est pas plus mal mais toujours de façon très cru, ce qui est très déconcertant.
Voilà j'avoue, j'ai adoré cet essai!
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IreneAdler
  26 décembre 2017
Oui, on peut être une ex-star du X et être féministe. Oui, on peut. Et d'ailleurs, qui mieux qu'elle pouvait parler du corps des femmes, des injonctions qui leur sont faites, du consentement... ? Et ne croyez pas qu'elle va faire l'apologie du sexe à tout va avec tout le monde. Non, c'est l'appel à faire ce que nous voulons et refuser ce que nous ne voulons pas. Cela concerne autant les pratiques sexuelles que les canons de beauté : fesses rebondies et corps maigre, épilation intégrale, faire un 36... En fait, elle met en évidence des injonctions contradictoires et toutes issues du patriarcat, qui sévit encore dans toute la sexualité, et notamment dans celle qui est médiatisée : porno, magazines féminins, 50 nuances de gris... Elle explore les 15 injonctions les plus présentes dans notre environnement médiatique : autant dire que tout est hétéronormé, même l'homosexualité qui ne peut être que féminine, dans certains cas. Mais elle dit aussi que si c'est qui nous plaît, ben tant mieux ; elle déconstruit simplement ce qui nous est présenté comme des évidences ou des vérités immuables depuis la nuit des temps. Alors que non, il s'agit "simplement" d'assoir la domination masculine sur le corps et l'esprit des femmes. Elle ne juge pas, donne des exemples issus de sa vie perso et c'est en plus bien écrit.
Et les dessins de Diglee sont très drôles et très justes par-rapport au texte. Et ils mettent en scène des corps de femmes crédibles, multiples, avec des amours multiples. Comme dans la vraie vie.
Challenge Plumes Féminines
Moralité : faites-vous plaisir !
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Lagagne
  21 avril 2018
"Faites ce que vous voulez, quand vous voulez, comme vous voulez, avec qui vous voulez, à partir du moment où c'est votre choix". Voilà comment je résume ce livre. Ovidie ne cherche pas à nous dire ce que nous devons faire ou ne pas faire, mais simplement à nous faire nous écouter, nos corps, nos envies, nos besoins. A nous détacher des pressions extérieures, à faire les choses pour soi, à cultiver une forme d'égoïsme en somme.
Les bd ponctuent de manière sympathique les rubriques, avec toujours un clin d'oeil, un peu d'humour. J'ai particulièrement aimé la diversité des corps représentés. Les femmes sont toujours belles, mais avec leur corps qui ressemble à un vrai corps.
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Pixie-Flore
  24 novembre 2019
Dans "Libres !", Ovidie et Diglee déglinguent les diktats sexuels féminins et masculins ! Tout y passe : les menstrues, la sodomie, la pornographie, les normes sociétales, le paraître, les pressions sur les corps, etc.
J'ai trouvé ce livre vraiment décomplexant et intelligent dans les propos. Ovidie et Diglee forment un bon combo pour parler du féminisme, de la liberté et de l'acceptation de soi. Les planches BD de Diglee sont drôles et plutôt représentatives de la multitude de corps et de personnes qui se côtoient sur cette planète. C'est appréciable.
Quant aux textes d'Ovidie, ils soulèvent des questions sociétales très intéressantes.
J'ai juste un bémol concernant ce livre, qu'une autre lectrice m'a fait remarquer. La narratrice, qui prône le non jugement et la liberté de chacun à disposer de son corps et de sa vie, cache parfois, paradoxalement, des jugements très tranchés. Certains le prendront plutôt sur le ton de l'humour, d'autres pourraient se sentir visé.e.s injustement. Libre à chacun.e d'interpréter cela comme il ou elle l'entend.
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critiques presse (3)
ActuaBD   26 janvier 2018
Manuel illustré d'éducation sexuelle plutôt destiné aux jeunes adultes, un ouvrage militant qui pourrait bien changer la donne dans les alcôves.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Bedeo   23 novembre 2017
Bouffée d’oxygène, Libres ! permet de se donner de l’air pour parler mieux et davantage de sexe, dans le respect des genres et dans la compréhension et l’envie de l’autre, davantage que le fantasme exacerbé et les banalités proches du harcèlement.
Lire la critique sur le site : Bedeo
Sceneario   06 novembre 2017
C'est évidemment caricatural au possible, mais on est bel et bien dans une revendication assez légitime, selon moi, donc pas besoin d'aller nuancer davantage, il faut simplement étayer les diverses démonstrations !
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
ChtiteEmilieChtiteEmilie   06 janvier 2019
J'éviterai égalent de commenter le twerk que je peinais à cerner jusqu'à ce qu'une de ses adeptes ne m'explique qu'il s'agissait à l'origine d'une danse abortive censée aider les femmes à décrocher les embryons non désirés. J'adore l'anecdote, mais je reste dubitative face à la mise en scène des nanas à quatre pattes twerkant dans des jacuzzis à côté de mâles très fiers d'étaler leur pognon de parvenus et boire du champagne en prenant des poses prétendues viriles. Je doute que les rappeurs y fassent l'apologie de l'avortement.
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LucilliusLucillius   19 octobre 2017
Même encore aujourd'hui, devenue adulte, je me sens obligée dans un réflexe pavlovien d'adapter ma tenue en fonction des dangers potentiels : je ne prends le métro qu'en chaussures plates ( pour pouvoir courir en cas de besoin), je tire sur ma jupe lorsque j'aperçois des groupes d'hommes dans la rue, si je sors le soir je prévois une tenue adaptée en cas de retour seule, je m'habille de manière asexuée (pantalon-chemise) dès que j'ai un rendez-vous officiel de manière à ne pas être perçue uniquement à travers le prisme de mon corps... Bref, comme beaucoup de femmes, je me camoufle pour avoir la paix.
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IreneAdlerIreneAdler   26 décembre 2017
La chatte est avant tout un lieu de paix, de recueillement, de plaisir et pourquoi pas une source de vie. Et si on commençait par transmettre cette vision positive, peut-être qu'on parviendrait à développer des rapports plus apaisés avec notre corps.
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AliceWAliceW   03 décembre 2018
Pendant longtemps, notre hantise a été d’avoir un gros cul ou du moins d’être grosse tout court. La majorité des femmes ont un rapport angoissé à la nourriture, peu importe leur poids. On pourrait se réjouir en se disant qu’enfin nous sommes libérées de cette injonction. Sauf qu’il y a un piège. Si imposer aux femmes de faire des régimes pour ressembler aux mannequins est un contrôle du corps, alors imposer aux femmes de faire tous les jours des séries de squats et autres exercices censés rehausser le postérieur (voire de faire un tour sur le billard) est également une forme de contrôle du corps. Il ne s’agit pas de se sentir bien dans sa corpulence, on n’encourage pas les femmes à s’assumer telles qu’elles sont, on n’explose pas les normes : on s’en impose simplement de nouvelles. La dernière injonction en date est d’avoir un bon pétard, certes, mais toujours avec une taille de guêpe, et pas un poil de gras.
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deidamiedeidamie   01 décembre 2018
La liberté sexuelle, c'est la liberté de disposer de son corps. (...) Mais c'est aussi la liberté de ne pas en avoir envie, sans passer pour une ringarde.
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