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EAN : 9782876580817
352 pages
Souffles (26/11/2009)
4.7/5   10 notes
Résumé :
Dans La Dernière Frontière, son premier ouvrage paru en 1931, Grey Owl nous livre un témoignage de sa vie de trappeur dans les forêts du Grand Nord canadien. Dans cette ode à la beauté de la nature percent déjà ses inquiétudes sur les menaces qui guettent la faune de la forêt boréale. Peu à peu, converti à l’écologie, il abandonne sa vie de trappeur pour se consacrer à la défense de la nature et des animaux, notamment des castors. C’est ce combat, sa « croisade » en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Sur le site de la revue Slate, j'ai été étonné de voir récemment un article consacré à Gertrude Bernard, alias Anahareo, l'épouse numéro quatre de Archibald Belaney, plus connu sous le nom de Grey Owl. L'article, très bien rédigé et nuancé, fait la part des choses autour de ces deux personnages aux destins totalement incroyables. Un ouvrier écossais parti au Canada, qui mena la vie de coureur des bois, la prit tellement à coeur qu'il finit par s'inventer de toute pièce une identité indienne, épousa une vraie indienne, et sous le nom de Chef Grey Owl (chouette cendrée) devint un véritable phénomène médiatique ! Un imposteur total… Mais, souligne l'article, qui joua un rôle capital dans la naissance de l'écologie. Tout cela m'a rappelé ce livre lu il y a longtemps.

A vrai dire, dans ces pages la supercherie est assez évidente : Grey Owl s'y dit fils d'Apache (lesquels vivent au Nouveau-Mexique, à environ 3000 km des forêts canadiennes !) et y assume avoir acquis sa connaissance de la forêt grâce à l'amitié du peuple Ojibway, qui l'avait adopté et dont il avait appris la langue et les coutumes. Pas trop difficile non plus d'identifier les moments où il enjolive ses histoires, de manière généralement très réussie narrativement parlant mais médiocrement crédible.

C'est un livre autobiographique où il raconte sa vie de trappeur et son évolution mentale. Evidemment, il ne s'étend pas trop sur sa jeunesse ; les choses sérieuses commencent quand il rencontre Anahareo et qu'il l'épouse (alors qu'il est déjà légalement marié à trois autres femmes, mais ça il ne le précise pas). A l'époque, l'âge d'or des coureurs des bois est révolu ; les forêts sont largement colonisées et exploitées, le gibier se fait rare. Quand aux castors et loutres intensivement chassés pour leurs fourrures, ils sont en voie de disparition rapide. Mais c'est la vie qu'ils veulent mener. Ils ne s'en imaginent pas d'autre.

Ensemble ils décident de partir s'établir dans une zone de forêt qu'on dit préservée, et mettent la quasi-totalité de leurs maigres économies dans le projet. Mais arrivés sur place, c'est la déception : la région a déjà été intensivement chassée, et il ne reste plus qu'une poignée de castors éparses… Qu'ils entreprennent de piéger, car il faut bien vivre. Tout change le jour où, après avoir tué leur mère, son épouse convainc Grey Owl de recueillir deux bébés castors orphelins, et qu'ils entreprennent de les élever. Baptisés Mac Ginnis et Mac Ginty, ils font preuve d'un comportement étonnamment humain, et deviennent rapidement de véritables membres de leur famille. Quand ils disparaitront (probablement victimes d'un confrère) ce sera pour eux un véritable déchirement ; ils en recueilleront d'autres après cela.

Pour sensibiliser le public, Grey Owl décide d'écrire leur histoire ; c'est un succès immédiat. Rapidement, il commence également à donner des conférences, et acquiert une énorme popularité. Il fait des tournées à travers l'Amérique et l'Europe, rencontre la famille royale britannique, tourne un film avec leurs nouveaux castors… Et écrire des livres, où il raconte avec humour aussi bien leurs démêlés de parents castors adoptifs que le choc des cultures lors de son arrivée dans la bonne société londonienne, mais aussi ses espoirs et ses efforts pour préserver la faune sauvage.

Grey Owl mourut en 1938 et, par respect, ce ne fut qu'après qu'un journaliste québécois (qui l'avait découvert depuis belle lurette) révéla le pot au rose. Si ce fut évidemment un choc pour beaucoup de gens, sa mémoire n'en fut pas moins saluée (et l'est toujours) pour sa contribution à la préservation de la faune sauvage, et même pour son respect de la culture ojibway, qu'il prit toujours garde à ne jamais dénaturer, quand bien même il n'était pas né ojibway. En somme, ce fut un imposteur éthique.
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Après ma critique à charge sur Todd et son essai La défaite de l'Occident, voici un livre apaisant pour ceux qui comme moi, devant le monde comme il ne va pas, s'angoissent de l'avenir et désirent revenir aux choses qui nous poussent à la tendresse, loin de la vie artificielle des Hommes. le livre de Grey Owl nous réconforte, nous amène à nous détourner des tristes affaires humaines, bien que la préoccupation de ce que l'humain commet de terrible à la nature occupe une place importante dans son récit. C'est l'empathie qui y domine finalement, pour des petits êtres (les castors) qui, plus nous tournons les pages, nous touchent profondément. Oui, heureux ceux qui regardent la nature, ils en agrandissent leur âme !
Aucun doute, je lirai d'autres livres de Grey Owl, dont l'écriture toute (ou tout ?) en sentiment et tintée parfois d'humour, ravie le lecteur boulimique que je suis.
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… ou « de l'éducation des jeunes castors ».

Un bien étrange personnage que ce Grey Owl ! Parfois grandiloquent, aimant se mettre en scène, cherchant à séduire son lectorat, homme de principe aux limites de l'agaçant, il devait être assez difficile à vivre au quotidien, entêté et solitaire.

On ne sait jamais trop s'il raconte la vérité, s'il enjolive, s'il brode sur des événements réels ou s'il invente (quoique cette dernière hypothèse me semble peu plausible). Mais au final… quel merveilleux conteur ! L'écriture est à la fois nette, simple et un peu malhabile, mais finit par s'affermir au fur et à mesure du livre. Sa volonté si forte de partager ses idées et ses sentiments sur la nature finit par être touchante et entraînante. On se laisse prendre au jeu de son habileté de raconteur d'histoires et ses petits amis poilus prennent corps et réalité pour longtemps dans notre esprit.

Animaux très bavards, communicatifs et tendres, curieux de tout, inventifs et parfois dévastateurs dans leur notion très particulière de l'ordre et de la propreté, les castors apparaissent sous un jour assez inconnu.

J'ai par ailleurs trouvé le livre en lui-même très sympathique. le papier (recyclé) est très agréable, sa coloration se marie harmonieusement avec les illustrations et l'image de couverture. L'ensemble respecte l'esprit du livre et forme un tout harmonieux. Un bel objet !
Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Quelques-uns d'entre eux me reprochaient ma tendresse pour les animaux et me disaient de prendre soin de mon âme. Je ne me permets pas de faire des marchés avec Dieu, et je crois que si j'agis comme je le dois envers mes compagnons de vie, humains et animaux, il sera pris soin de mon âme. Je pense que Dieu doit se sentir attristé parfois et un peu blessé en se voyant méconnu ainsi. Tant d'excellentes gens s'inquiètent servilement de se procurer un sauf-conduit pour la vie future, et en même temps considèrent avec une suffisance dédaigneuse tout le reste de l’œuvre divine, qu'eux seuls, et non pas Dieu, déclarent dénuée d'une âme. Et ils n'éprouvent que dégoût, et même hostilité, pour toute forme de culte autre que la leur, imaginée par eux, et non par Dieu. Ces hommes-là ne peuvent deviner que notre dévouement aux animaux naît d'un respect profond pour tout ce qu'a créé Celui qu'ils adorent eux-mêmes quoique d'une manière un peu différente. Dieu, pour nous, n'est pas la Présence redoutable, inabordable que décrivent beaucoup de leurs théologiens, il est le musicien invisible de qui les mélodies frémissent à travers le murmure des sapins ou résonnent dans la puissante symphonie des tempêtes. Il est Celui dont les desseins se manifestent par la chute des feuilles mortes et le gonflement printanier des bourgeons, par la course incessante des eaux vives, par le lever et le coucher du soleil, Celui qui nous fait trouver un enseignement dans les actes du plus humble animal. J'ai toujours pensé que la religion devait être simple et spontanée, et que toute croyance compliquée, mécanique, stéréotypée, travestissait la vérité, tandis que la prière pour certains esprits ne devient guère autre chose qu'une mendicité servile.
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