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Rina Viers (Traducteur)
ISBN : 2070389324
Éditeur : Gallimard (01/03/1998)

Note moyenne : 3.37/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Hanna, l'héroïne de Mon Michaël, déçue par son mari, par ses amis, par la vie, devient peu à peu étrangère au monde qui l'entoure. Tout lui paraît atteint d'une implacable érosion à laquelle elle-même ne peut échapper.
Dans son journal, qu'elle tient comme pour se prouver sa propre existence, fiction et réalité se mêlent.
C'est à travers ces pages d'une langue admirable que nous la voyons s'enliser dans la nostalgie de son enfance en Palestine, dans de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
aurelie_leroy
  17 juillet 2013
"Mon Michael" m'a rappelé certains films de Bergman : une écriture simple et une précision exceptionnelle dans la description des sentiments, des troubles de l'âme, d'une folie ordinaire, d'une forme d'aliénation. Un couple où chacun voudrait faire le bien mais où tout est choc, maladresse, déconvenue. A chaque page, on se dit qu'il est impossible d'aller plus avant, plus profond dans la psychologie des personnages, on se dit qu'Amos Oz va s'essouffler, perdre de la fraîcheur, de la nouveauté, de la surprise et pourtant, chaque page est une découverte. Superbe tout simplement.
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5Arabella
  26 juillet 2016
Récit à la première personne, Mon Michaël nous déroule la vie de Hanna, depuis sa rencontre avec celui qui va devenir son mari, Michaël, pendant une petite dizaine d'année, avec des retours en arrière dans son enfance.
La vie quotidienne d'une femme insatisfaite, qui somatise en partie ses peurs et souffrances, qui n'arrive pas à donner sens à sa vie, et à être avec les autres, même ceux sensés être les plus proches d'elle. Une femme un peu étrangère au monde et aux gens qui l'entourent.
L'auteur nous livre d'elle un portrait touchant mais sans complaisance, avec toute la complexité et toutes les ambiguïtés d'une âme humaine, elle a ses zones d'ombres, ses mesquineries, ses cruautés, ce qui nous empêche pas de nous sentir proche d'elle et de la comprendre, même si elle n'est pas toujours sympathique.
Tous les personnages du roman sont d'ailleurs extrêmement fouillés et riches, l'auteur nous donne une image plus ou moins approfondie suivant l'importance du personnage dans le récit, mais jamais simpliste ni stéréotypée. Et bien sûr en premier lieu de Michaël, dont on comprend qu'il insupporte par sa perfection et correction sa femme, mais en même temps on ne peut pas ne pas voir ses qualités et compatir aussi avec lui.
Amos Oz est décidément un fin analyste des profondeurs de l'âme humaine, un observateur avisé des soubresauts que traversent les pauvres hommes, un observateur sans complaisance, qui ne raconte pas de jolies histoires pour faire plaisir, mais qui essaie de rester au plus près de la réalité, avec empathie, sans juger, et surtout sans condamner. Il ne prend à aucun moment le parti de tel ou tel personnage, il nous les montre tels qu'ils sont, au plus près de leurs vérités intérieures, honnêtement. Et cela avec dans un style superbe, dans une écriture riche et dense. Sa façon de décrire est à la fois très prosaïque, il nous donne les détails les plus terre à terre d'existences très ordinaires, nous décrit les repas, les tâches ménagères, les vêtements, mais en même temps il nous entraîne à d'autres moments dans les rêves et les rêves éveillés avec une poésie et un rythme de la phrase qui nous font vivre aussi ces éléments oniriques avec une grande intensité.
A quelle moment et pourquoi une vie humaine prend une mauvaise direction, se perd dans le quotidien, comment construire une relation à deux qui ne soit pas qu'une contrainte, une capitulation devant les désirs de l'autre, comment dire sa vérité profonde et ses aspirations les plus authentiques à quelqu'un, déjà comment les formuler à soi-même ? Amos Oz aborde des thèmes essentiels avec sincérité talent, c'est sans aucun doute un écrivain exigeant vis-à-vis de lui-même, et qui apporte énormément à ses lecteurs.
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miriam
  26 novembre 2018
Relecture. Je l'ai lu autrefois en hébreu, et n'en avais aucun souvenir. Cette lecture était plutôt du déchiffrage. C'est donc une découverte, même si je lis très régulièrement romans et nouvelles de l'auteur.
J'ai eu du mal à m'attacher à la narratrice. Hanna, étudiante en littérature  épouse Michaël sans passion ;  elle fait de son mari le pivot de leur vie familiale après avoir abandonné la littérature ; il lui donne un fils qu'elle élève sans amour maternel excessif ; elle mène une existence maladive nourrie de rêves et de réminiscences littéraires qui surgissent sans prévenir dans le récit. Capricieuse, frustrée, consommatrice compulsive, elle m'a bien agacée. Michaël, est parfait : attentionné, gentil, modeste, intelligent, universitaire admiré par sa famille et ses pairs, un père parfait, pédagogue, aimant....Hanna  donne un portrait exemplaire de "son Michaël". Yaïr, leur fils est aussi l'enfant rêvé : un enfant raisonnable que passionne tant la roulette du dentiste que le soin d'une carie devient une expérience plaisante. Yaïr s'exprime très bien ; il sait qu'on ne coupe pas la parole aux adultes ; qu'il faut une conclusion à un raisonnement"terminé! " est la fin de chaque intervention.
Un malaise s'installe pourtant. Ces gens sont-ils capables de sentiments? de passions?  Simplement de colère? Sont-ils les héros de leur destin ou les jouets d'une vie mécanique?

Les rêves, les romans et le souvenir des deux jumeaux palestiniens Halil et Aziz, illuminent la vie si terne d'Hanna.
Un autre "personnage" m'a vivement intéressée : la ville de Jérusalem dans laquelle les héros se promène fréquemment. La ville ancienne se transforme au cours des dix années que couvre le récit, les arabes qui peuplaient le quartier ont disparu, des maisons de béton remplacent les herbes folles, les populations migrent d'un quartier à un autre.
Une autre lecture est possible : l'évocation historique du pays, l'opposition entre la gauche travailliste des kibboutzim et de la droite exclue du pouvoir mais présente. 1956, Suez...une guerre sans tambour ni trompettes, quelques chants patriotiques à la radio, pas d'héroïsme (Michaël tombe malade et se trouve libéré). Évocation aussi de la vie au kibboutz, une traversée du pays en autobus particulièrement plaisante.
Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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hesbert3
  30 octobre 2016
Mon michaël est comme un recueil de poésie. Les mots nous bercent, nous sommes toujours légèrement en dehors du récit tout comme Hanna le narrateur, la femme de michaël, semble en dehors du temps, pas vraiment heureuse, pas complétement malheureuse.
Il y a un peu peu d'Albert Camus (l'étranger) dans ce roman.
Mon michaël est aussi une ôde à la vie, à Jérusalem, ses quartiers, sa lumière, son histoire, son identité, ses racines et aussi ses plaies et ses blessures.
Moi aussi je suis resté un peu à distance, baignant dans cette douce et froide langueur qui accompagne ce très beau roman.
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Loutre_des_Rivieres
  02 décembre 2012
Depuis toute petite Hanna est une grande rêveuse pourtant elle a épousé un homme austère, raisonnable et terre à terre. Elle l'a rencontré à l'université dans le Jérusalem des années 50 et l'a presque aussitôt épousé. Elle raconte dans son journal ses soucis depuis son mariage, la naissance de son fils Yaïr, ses désillusions, ses rêves bafoués, ses souvenirs d'enfance.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
miriammiriam   26 novembre 2018
"- Avec le temps et la persévérance tout ira mieux, Michaël. T'es-tu rendu compte  que c'est ton père Yehezquel qui vient de parler par ta bouche? 

-Eh bien, dit Michaël, je n'avais pas pensé à cela. Mais c'est possible, c'est naturel. je suis le fils de mon père.

-Bien sûr. C'est possible Michaël. C'est possible. Naturel. tu es son fils. C'est terrible, Michaël. Terrible.

Michaël a remarqué tristement:

-Qu'est-ce qu'il y a de terrible, Hanna?C'est dommage que tu n'apprécies pas mon père. c'est un homme intègre. Tu as tort. Tu n'aurais pas dû dire cela.

-Tu n'as pas compris Michaël. Ce qu'il y a de terrible ce n'est pas que tu sois le fils de ton père. Ce au'il y a de terrible c'est que ton père parle soudain à travers toi. Et ton grand-père Zalmann. Et mon grand-père. Et ma mère,. Et après nous il y aura Yaïr. Nous tous. Comme si un homme après l'autre, nous n'étions que des brouillons ratés. On recopie au propre et de nouveau on recopie, puis on efface et on froisse et on jette au panier et de nouveau on recopie en changeant un petit peu. Quelle bêtise, Michaël! Quel ennui. Quelle plaisanterie vaine. ...."
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5Arabella5Arabella   26 juillet 2016
A Jérusalem il y a de vieux marchands ambulants. Ils ne ressemblent pas au pauvre charbonnier du conte de la petite Hanna en robe blanche. Une lumière intérieure ne s’étale pas sur leurs visages. Ils sont enveloppés d’une haine implacable. Ce sont de vieux marchands ambulants. D’étranges artisans circulent dans la ville. Ce sont des étrangers. Je connais leur voix et leur silhouette depuis des années. Déjà quand j’avais cinq ou six ans ils me faisaient trembler de peur. Je vais les décrire, eux aussi, peut-être ne me feront-ils plus peur la nuit. J’essaie de déchiffrer leurs lois et leurs parcours. De deviner d’avance le jour où chacun d’eux criera dans les ruelles de notre quartier. Eux aussi sont soumis à un certain ordre, à un programme interne. « Vi-trier, Vi-trier », sa voix est rauque et sèche, il ne porte pas d’instrument ni de plaques de verre, comme s’il s’était résigné à l’idée que son cri n’avait plus aucun but évident.
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JacyerJacyer   17 octobre 2014

On avait fait une robe de fête à la petite Hannah, blanche comme la neige et de jolis souliers en daim véritable.
On avait recouvert ses boucles d'un foulard de soie car Hannah avait les cheveux dorés. Elle était sortie dans la rue et avait aperçu un vieux charbonnier plié sous son lourd sac noir.
Le Chabbat approchait, elle s'était précipitée pour l'aider à porter son sac de charbon car la petite Hannah avait bon coeur.
Sa robe fût couverte de charbon et ses souliers souillés. Elle éclata en sanglots car elle avait toujours été une petite fille propre et soignée.
Là-haut, la bonne lune l'entendit sangloter, la toucha de ses rayons et transforma chaque tache en une fleur de vermeil et chaque petit point noir en une étoile dorée,
car il n'est de souffrance au monde qu'on ne puisse transformer en grande joie.
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miriammiriam   26 novembre 2018
- Avec le temps et la persévérance tout ira mieux, Michaël. T'es-tu rendu compte  que c'est ton père Yehezquel qui vient de parler par ta bouche? 

-Eh bien, dit Michaël, je n'avais pas pensé à cela. Mais c'est possible, c'est naturel. je suis le fils de mon père.

-Bien sûr. C'est possible Michaël. C'est possible. Naturel. tu es son fils. C'est terrible, Michaël. Terrible.

Michaël a remarqué tristement:

-Qu'est-ce qu'il y a de terrible, Hanna?C'est dommage que tu n'apprécies pas mon père. c'est un homme intègre. Tu as tort. Tu n'aurais pas dû dire cela.

-Tu n'as pas compris Michaël. Ce qu'il y a de terrible ce n'est pas que tu sois le fils de ton père. Ce au'il y a de terrible c'est que ton père parle soudain à travers toi. Et ton grand-père Zalmann. Et mon grand-père. Et ma mère,. Et après nous il y aura Yaïr. Nous tous. Comme si un homme après l'autre, nous n'étions que des brouillons ratés. On recopie au propre et de nouveau on recopie, puis on efface et on froisse et on jette au panier et de nouveau on recopie en changeant un petit peu. Quelle bêtise, Michaël! Quel ennui. Quelle plaisanterie vaine. ...."
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Vidéo de Amos Oz
Écrivain et militant israélien, Amos Oz a été pressenti pour le Nobel de littérature et de la Paix. Il maniait avec perfection ces "deux stylos". Il est mort ce 28 décembre.
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Amos Oz (1939-2018) R.I.P

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